Archive pour le Tag 'Flux'

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Abécédaire – « D comme désir » / Gilles Deleuze, Claire Parnet

Pierre-André Boutang
l’Abécédaire de Gilles Deleuze / 1988 / 1996
Voir également : G comme Gauche

Spasme Désir Panique / Franco Berardi / Chimères n°77 : Chaosmose

Le chaoïde est une espèce de multiplicateur, d’agent de re-syntonisation, un agent linguistique qui permet de trouver une ritournelle, un rythme qui ne soit pas le rythme et la ritournelle du spasme, mais qui soient capables de filtrer et réduire le rythme du spasme : « La cartographie écosophique, écrit encore Félix, n’aura pas pour fin de signifier ou communiquer, mais de produire des agencements d’énonciation aptes à capter les points de singularité d’une situation ». (1) Quels sont donc, aujourd’hui, les agencements qui nous permettront et permettront aux organismes conscients et sensibles de sortir de la cage du spasme qui s’appelle dictature financière ? La dictature du capitalisme financier est le spasme d’aujourd’hui. C’est un spasme qui n’est pas seulement en train d’exploiter le travail des hommes et des femmes, pas seulement d’assujettir le travail cognitif à une accélération folle et totalement abstraite, mais qui est en train de détruire la possibilité même du langage, de l’empêcher de créer, de trouver sa forme concrète, charnelle, sensuelle d’expression. Je crois que le chaoïde dont Félix nous a parlé doit aujourd’hui être traduit dans les termes d’une lutte, d’un combat qui oppose la poésie à la dictature financière. Et ce n’est pas simplement parce que nous sommes des fous ou des artistes. Mais c’est parce que la dictature financière est essentiellement une dictature de l’abstraction sur le langage, c’est l’imposition d’une férocité mathématique sur la vie de l’organisme conscient, de l’organisme sensible. Et la poésie, ce ne sont pas seulement des mots, la poésie c’est la réactivation du corps désirant, et non pour des raisons seulement idéologiques. Le mouvement qui a explosé à Londres ou à Athènes, au Caire, à Tunis, à Rome, à Madrid, n’est pas un mouvement de la politique, c’est un mouvement de la poésie, un mouvement du corps qui se cherche et qui cherche à reconstituer un rythme qui soit concret et désirant, en soustraction par rapport à la dictature financière. Voilà les richesses et les jouissances imprévisibles dont Félix nous parla dans ses derniers mots : la richesse et la jouissance imprévisibles du langage de la poésie qui réactive la force désirante du corps collectif.
Franco Berardi
Spasme Désir Panique / 2012
Extrait du texte publié dans Chimères n°77 / Chaosmose
Spasme Désir Panique / Franco Berardi / Chimères n°77 : Chaosmose dans Anarchies cliniczones2011
1 F. Guattari, Chaosmose, Paris, Galilée, 1992, p.177.

Aujourd’hui, Dieu c’est nous / l’Unebévue n°30

MTB / Adolpho Bergerot
… non, je mens, c’est bien en 2011 que je pus confirmer que Lacan était mon grand-père et que tout a commencé. Enfin, tout, c’est un peu trop. Quand je dis tout, je veux dire que c’est à ce moment-là que je découvris que ma grand-mère paternelle – que je n’ai jamais connue – fut la première maîtresse de Lacan, et que l’enfant qu’ils eurent, caché, jusque-là secret, était mon père. Ce que j’entrepris alors fut une reconstitution.

Parce que mon père a toujours dit… / Sherman Alexie, traduit par Nicolas Plachinski
Ton père a toujours été à moitié fou, me dit ma mère plus d’une fois. Et l’autre moitié prenait un traitement…

La question de l’être et la valeur de la vie / Anne-Marie Ringenbach
La formule avancée par Guattari, « Aujourd’hui, Dieu c’est nous », vient pointer notre responsabilité actuelle dans la question de l’Être. Guattari avance cette formule avec ses concepts, ceux formés avec Gilles Deleuze, de déterritorialisation, de circuits rhizomatiques, d’énonciation collective, qui lui donnent son assise et écartent tout contresens quant à l’interprétation à donner à cette place prise à Dieu par les hommes. « Aujourd’hui, Dieu c’est nous » s’entend bien sûr à l’aune de la question de la mort de Dieu et la position centrale de cet énoncé dans la philosophie de Nietzsche.

Workshop sur l’entretien de Félix Guattari à la télévision grecque
Transcription établie par Mayette Viltard
En vue du workshop du 10 mars 2012, au bar-forum de l’Entrepôt, à Paris, j’ai envoyé les vidéos de l’entretien de Félix Guattari avec G. Vestlos, de 1991, diffusé en 1992, disponibles sur youtube, à tous ceux qui fréquentent habituellement Place Publique. J’ai reçu beaucoup de mails témoignant de la difficulté de certains, intéressés par ses travaux, à véritablement entrer dans ses écrits. La matinée a été consacrée au débat, et l’après-midi, des échanges très animés se sont entremêlés avec la diffusion des images et la présence de Félix Guattari à l’écran.

Notes pour le workshop sur l’entretien avec Guattari / Anne-Marie Vanhove
Examinons de près le rapport entre les trois composantes des « tourniquets » : le concept, le réel appelé événement ou lutte des classes, et le désir ; la philosophie, la politique et la psychanalyse. Le « tourniquet des concepts » est composé des deux premières, et celui « du désir », de la première et de la troisième. Notre intérêt est d’observer ce qui se passe entre les composantes avant qu’elles n’aient deux points nodaux, deux « tourniquets ». Il s’agit d’un rapport à trois termes, d’un système de trois « lieux », qui produit deux sortes de rapport à deux termes.

Elles sont fragiles, les relations ! / Xavier Leconte
Quelques mots à propos de ce que Deleuze qualifie de coup de tonnerre dans la philosophie : les relations sont par nature extérieures à leurs termes, et de ce qu’il dit dans son cours de décembre 1982 : « Tapez pas sur les relations, c’est du fragile. Tapez tant que vous voudrez sur les attributs, c’est du solide ! Mais les relations, oh là là !… ».

Dieu à l’étable / Nunzio d’Annibale
Il y a un texte d’Artaud, Les mères à l’étable. On est en 1946. Artaud note que ce texte est un rêve.

Une esthétique immanente, une esthétique de l’existence / Françoise Jandrot
C’est dans Différence et Répétition que René Schérer trouve les arguments critiques qui démontent l’interprétation de l’Éternel retour, de Nietzsche, par Heidegger. La position de Deleuze, souligne Schérer, rompt avec ce que serait une nouvelle lecture « nietzschéenne » de Heidegger pour passer à de nouveaux repères et à un autre ordre d’affirmation.

Bonhomme de vent / Marie Jardin
Au dos du DVD de Sima Khatami, Boris Charmatz a écrit : « Il y a une littérature qui est encore de la danse, et dans le cas de Hijikata, celle-ci n’est pas seulement méconnue, elle est inouïe, elle n’existait pas encore. Nous sommes soudain face à un trésor qui déchire les représentations ».

Littéralité : diagramme et analogie esthétique / Claude Mercier
Annonçant les thèmes de sédentaire et de nomade, Deleuze va les lier respectivement à la représentation (l’analogie) et à l’univocité. La représentation implique l’analogie de l’être alors que l’univocité de l’être et la différence individuante sont hors représentation. Univocité, nomadisme, actuel/virtuel, et jugement, feront toujours partie des analyses de Deleuze, seul ou en compagnie de Guattari. Les deux figures de l’analogie (de proportion et de proportionnalité) ne conviennent pas à cette écriture à même le réel – à la lettre – ni analogie ni métaphore. On est comme prisonnier du quadruple carcan de la représentation. La problématisation porte sur une possible sortie de la similitude productrice de ressemblance.

Trans/vers/alice aux pays des esquizos / Alicia Guerrera Diaz
La création, par opposition à l’œuvre finie, projette, du sujet, quelque chose qui est à décrypter, un pré-antérieur au transfert possible. Nous n’avions pas idée de l’ampleur que cela allait prendre dans un atelier avec les esquizos et débiles mentaux.

Quand Michel Foucault invitait les psychanalystes à jouer / Michèle Duffau
Dans le laboratoire comportementaliste mondial, l’autisme faisait office de dernier résistant, mais une fois renommé et reclassé, il peut – enfin – être disponible pour les opérations de la Grande Équivalence, de l’Homogénéisation, qui ne produisent de la différence que pour la digérer et transformer en Prestations les grands problèmes de l’existence. Par on ne sait quelle impuissance à penser ce qui se passe, ou peut-être en raison d’un passif qu’il s’agirait de lever, il faut bien constater que Michel Foucault manque cruellement dans le débat !

Tissage / Jocelyne Lagand
Passage Verdeau, dans un cabinet de curiosités devant lequel je passais depuis des années, était exposée une créature osseuse et molle, cousue ou infibulée, qui m’avait piquée dans la chair.

Collures : du cinéma expérimental à l’anthropologie / Barbara Glowczewski
Félix Guattari n’avait pas imaginé à quel point l’image – art, installation ou cinéma – et la critique de sa représentation ethnocentrique feraient l’objet d’une réappropriation par les peuples colonisés, subalternisés et d’autres résistants au Capitalisme mondial intégré, mais il avait eu l’intuition et l’espoir de ce potentiel de créativité au début des années « d’hiver », espoir revenu à la veille de sa mort lorsqu’avec ses propres mots – mais aussi ses yeux –, il dit être sorti d’une dépression.

L’art comme transport-station du trauma
Bracha L. Ettinger traduction Dimitra Douskos
Je propose d’ajouter l’idée de non-vie et les idées de décalantbord, reliantbord, et espaçantbord féminins au coeur de la pensée au sujet du moment créatif et de son « âme », au moyen d’un type différent de femme-Autremère-archaïque-Chose. Ceci signifierait, pour paraphraser l’expression de Lacan, une vie qui pourrait être vécue ou pensée, depuis la place de cette limite où la vie est encore à venir, où elle est déjà sur l’autre rive, mais d’où elle est vue et vécue dans la forme de quelque chose qui n’est pas encore ici en temps ou en place.

Dessin, peinture, carnet / Bracha L. Ettinger

Du transfert au paradigme esthétique : Conversation avec Félix Guattari
Bracha L. Ettinger
En 1989, j’ai interviewé plusieurs amis psychanalystes au sujet de l’état de la psychanalyse en France « après Lacan », et entre autres, Félix. Ce qui m’intéressait particulièrement était d’apprendre quelque chose sur les résidus du transfert qu’ils avaient effectué sur Lacan à partir de la scène parisienne, lieu tellement spécifique, tellement extraordinaire, avec ce qui m’apparaissait alors comme une espèce particulière de susceptibilité et même de violence plus ou moins contenue.

l’Unebévue
Aujourd’hui, Dieu c’est nous / décembre 2012
Voir également :
Ecole Lacanienne de Psychanalyse
Jean Allouch
Aujourd'hui, Dieu c'est nous / l'Unebévue n°30 dans Deleuze maurizio-cattelan-thefirsttheysaid

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