Archive pour le Tag 'anne querrien'

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D’un mille ou mille et unième plateau ? / Séminaire Deleuze et Guattari 2014-2015 / Université Paris Ouest Nanterre / Anne Sauvagnargues – Anne Querrien

Les séances ont lieu le samedi de 14 à 17h à l’École Normale Supérieure
45, rue d’Ulm / Paris 5ème

Anne Sauvagnargues – Anne Querrien

La critique pour Deleuze et pour Guattari ne peut se borner à comparer le présent avec les expériences du passé. Prospective, elle conjugue le théorique et l’exploration concrète avec l’intervention sur les terrains d’expérimentations théoriques et politiques. Elle devient clinique parce que transformatrice.

Comme l’an dernier, nous proposons une torsade guattaro-deleuzienne, alternant des séances consacrées à Guattari et des séances portant sur Deleuze : l’agencement Foucault : pouvoirs, savoirs, diagrammes.

Nous poursuivons cette année la lecture suivie de Guattari, Cartographies schizoanalytiques (Galilée, 1989), amorcée l’an dernier, qui prolongeait elle-même nos exercices suivis de lecture de Chaosmose (1992) en 2012-2013 et de L’Inconscient machinique (1979) en 2011-2012.

Programme 2014-2015      

- 20 septembre 2014 – salle Weil :   Guattari : les ritournelles éthico-esthétiques. L’énonciation architecturale. La machine visagéitaire de Keiichi Tahara. Cracks in The Street  (Balthus), Cartographies schizoanalytiques (Galilée, 1989).

 - 4 octobre – salle Weil : Deleuze : l’agencement Foucault : pouvoirs, savoirs, diagrammes. Invité John Protevi : « Machines de guerre et appareil d’Etat ». « Un nouvel archiviste ».

 - 8 novembre – salle Weil: Guattari :  Le cycle des Agencements. Première approche globale », Cartographies schizoanalytiques (Galilée, 1989), p. 93-132.

 - 6 décembre – salle Weil. Deleuze : l’agencement Foucault : pouvoirs, savoirs, diagrammes. Un nouveau cartographe.

 - 10 janvier 2015 - salle Weil : Guattari :  Référence et consistance. Deuxième approche globale, Cartographies schizoanalytiques (Galilée, 1989), p. 133- 147.

 - 7 février - salle Weil. Deleuze : l’agencement Foucault : pouvoirs, savoirs, diagrammes. Les strates ou formations historiques : le visible et l’énonçable (Savoir).

 - 7 mars – salle Weil. Guattari :  Le Domaine des Flux, Cartographies schizoanalytiques (Galilée, 1989),  p 149-160.

 - 11 avril – salle Weil. Deleuze : l’agencement Foucault : pouvoirs, savoirs, diagrammes. Les stratégies ou le non-stratifié : la pensée du dehors (Pouvoir).

 - 23 mai - salle Weil. Guattari :  Le Domaine des Phylums, Cartographies schizoanalytiques (Galilée, 1989), p. 161-185.

 - 6 juin - salle Celan. Deleuze : l’agencement Foucault : pouvoirs, savoirs, diagrammes. Les plissements ou le dedans de la pensée (Subjectivation).

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Chimères 82 : L’herbe / Edito : Le désir de l’herbe/ Jean-Philippe Cazier / Présentation du numéro au Palais de la porte Dorée dimanche 29 juin

La nature de l’herbe implique une tension vers un futur sans fin, celui de la croissance, de l’extension. Par là, l’herbe ne cesse de transformer ce qui apparaît comme ses limites provisoires, vagues, même si, dans nos villes ou nos campagnes urbanisées, l’herbe est entourée de murs, assignée à des zones limitées circonscrivant l’espace défini où l’herbe existe ici, à telle place – herbe sous surveillance, entretenue, fantasmée. Cette herbe humanisée implique un espace distinct d’un extérieur autre, une altérité à laquelle le désir de l’herbe est pourtant indifférent.
L’herbe n’a pas de murs, pas de frontières, elle ne se définit pas selon une altérité à laquelle elle s’opposerait. L’extension qui est son mouvement la prolonge au-delà d’elle-même mais transforme aussi ce qui l’entoure, l’intégrant à des rythmes confus de tiges et de feuilles, l’additionnant à tout un réseau herbeux, un entrelacs fragile de racines, un rhizome toujours plus large. Le monde selon l’herbe ne se divise pas en zones distinctes et circonscrites : l’herbe tend à devenir coextensive au monde, à s’étendre à la surface du globe jusqu’à le recouvrir d’un inimaginable réseau de milliards de kilomètres carrés. Le fait que dans nos espaces urbains l’herbe soit rare et pousse où elle peut, comme elle peut, dans les espaces les plus improbables et clandestins, signifie son illimitation, indique son désir et ce que ce désir ouvre dans le monde.
Jean-Philippe Cazier
Extrait de l’éditorial de Chimères 82 / L’Herbe / juin 2014

En partenariat avec la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration,
les éditions érès et Chimères vous invitent à la présentation du numéro 82 : L’Herbe, coordonné par Anne Querrien
dimanche 29 juin de 15h à 18h
en présence des auteurs au Palais de la Porte Dorée
Salle du Forum – entrée libre

l’après-midi sera clôturée à 17h30 par une intervention du Mécanoscope
Sucs / Performance pour deux voix multiples et une machine
Alain Engelaere – composition électroacoustique
Aude Antanse – voix
Marco Candore – voix et texte
Installation : Francine Garnier

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Squizodrame et schizo-scènes / Anne Querrien, Flore Garcin-Marrou, Marco Candore / Édito Chimères n°80

En octobre 2012 paraissait à Barcelone un livre coordonné par Gabriela Berti : Félix Guattari, los ecos del pensar. La jeune philosophe de Barcelone nous proposait un tour du monde des groupes qui se réclament de la pensée de Deleuze et Guattari. Nous connaissions au Brésil Suely Rolnik et ses livres, Cartographies du désir et Micropolitiques ; nous connaissions Peter Pál Bart et le théâtre Ueinzz. Mais nous avons découvert avec stupéfaction l’activité schizoanalytique collective de Gregório Baremblitt et les différentes institutions qu’il a créées. Nous sortions d’une année de lectures collectives de Chaosmose et de philo-performances qui nous avaient alertés sur l’affinité entre certains théâtres et la pensée de Guattari. Nous avions commencé à redécouvrir le théâtre de Félix Guattari.
Apprendre que Gregório Baremblitt avait mis au point le schizodrame comme dispositif de recherche et d’intervention clinique nous semblait s’inscrire dans la suite logique des travaux en cours de Chimères. Ne peut-on percevoir notre société comme un entremêlement de schizodrames, comme un champ de forces opposées dans lequel chacun ou chaque groupe ont à construire sa propre dramatisation, sa propre ligne de fuite ? La théâtralisation récente des manifestations politiques, notamment des manifestations altermondialistes, avec l’usage de masques, de marionnettes, de slogans satiriques, indique cette nouvelle importance de la dramatisation dans le traitement des situations politiques. Nous avons proposé que ce numéro 80 de Chimères s’appelle « Schizodrames » au pluriel.
Halte-là nous a fait savoir Baremblitt en brésilien pendant que nous lui écrivions en français. – Le schizodrame, c’est du sérieux, c’est une invention que j’ai faite en composant, de manière éclectique, autour de la colonne vertébrale des travaux de Deleuze et Guattari, l’ensemble des apports de la pensée institutionnaliste et critique contemporaine. Un travail de transformation de la psychanalyse commencé avant de lire L’Anti-Œdipe – dans lequel j’ai ensuite trouvé la théorie qu’il me fallait pour créer des dispositifs d’accompagnement de militants, de créateurs d’entreprises autogérées, de travailleurs sociaux en Argentine, en Uruguay et au Brésil, mais aussi des dispositifs cliniques qui ne sont que des indications pour une pratique schizoanalytique de masse. Mais le schizodrame ne se trouve pas dans la nature sociale comme vous avez l’air de le penser, ce n’est pas une manière d’observer des pratiques hétérogènes, mais une manière bien précise de construire des dispositifs d’intervention. Le schizodrame ne se décline pas au pluriel, il n’existe qu’au singulier, comme invention théorique et pratique de Baremblitt.
Qu’à cela ne tienne ! Nous avons rebaptisé notre numéro « Squizodrame et schizo-scènes » pour rassembler dans une même production la pratique latino-américaine du squizodrame (transcrit squ-) et la diversité des tentatives théâtrales qui se sentent proches de la schizoanalyse de Deleuze et Guattari (notée sch-) sans se concevoir comme des applications. La schizodramatisation du monde est rendue ici sensible par l’exemple de la ville de Detroit, autrefois championne de l’industrie automobile et aujourd’hui, territoire d’invention d’un nouveau mode d’existence fait d’agriculture, de recyclage, de pauvreté, à la recherche d’un nouveau chemin entre des perspectives contradictoires, lieu forcé de la création. Créations théâtrales avec des prisonniers et/ou des fous, accueil de Rroms, théâtres-forums sur des questions politiques complexes, poésies, images, textes, corps, villes, rêves, concepts dialoguent avec l’interventionnisme latino-américain pour tracer une nouvelle cartographie partielle du deleuzo-guattarisme tel qu’il se pratique de part et d’autre de l’océan atlantique. Symptomatologie de dramaturgies qui nous aident à penser un « théâtre clinique », un « schizo-théâtre » et le renouveau d’un théâtre politique, dont s’emparent d’autres générations de militants, en écho aux soulèvements des populations arabes, sud-américaines, européennes, appelant à l’agencement des inconscients et à l’émancipation des consciences.
En poursuite et en lien avec une discussion ouverte ici sur le cinéma en tant que « machine asignifiante » –, en agencement avec son support papier, ce numéro de Chimères se prolonge, via son site, par la mise en ligne d’images filmées de fiction (Lipodrame), de performances (Mayte Bayón, Damien Schultz) ou sur le mode documentaire (Mukhtadara), les « schizo-scènes » ne se limitant pas au seul espace théâtral. Le sujet n’est pas épuisé : nous aurons à cœur de proposer une suite, un ou plusieurs rendez-vous, journée(s) et/ou soirée(s) de philo-performances, de lectures de textes – Sarraute, Woolf, Joyce, peut-être, et entre autres…
À suivre !
Anne Querrien, Flore Garcin-Marrou, Marco Candore
Squizodrame et schizo-scènes / novembre 2013
Edito Chimères n°80
de toutes les couleurs
De toutes les couleurs / Gérard Fromanger

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