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La vulve qui a sauvé le monde / Agnès Giard

Tout le monde connaît le mythe de Déméter, déesse des moissons : sa fille bien-aimée, Perséphone, lui a été arrachée par le maître du royaume des morts. Déméter pleure, cesse de se nourrir, néglige les récoltes qui périssent. L’univers plonge avec elle dans l’enfer glacé de la douleur… Pour consoler la déesse, une femme nommée Baubo (servante ou déesse mère, on ne sait pas exactement) exhibe alors sa vulve et lui explique par ce geste que l’énergie de la vie se trouve là… A cette vue, Déméter rit et retrouve le goût de vivre.
La vulve est-elle un antidépresseur ? Elle qui ressuscite les déesses. Elle qui rappelle aux femmes en deuil que la mort d’un enfant n’empêchera jamais les suivants de naître. Aucun hiver n’est définitif. Célébrant devant Déméter les vertus du plaisir, Baubo montre que la vulve n’est pas seulement l’origine du monde, mais la source de jeunesse éternelle, qui permet çà chaque femme de recommencer sa vie à zéro. La fontaine de jouvence.
Il existe de nombreux mythes similaires ou associés à celui de Baubo. Celui de Baubo-Phryne, par exemple, dont le culte est célébré en Egypte sous la forme d’une déesse crapaud qui préside aux accouchements. Elle est souvent représentée avec les cuisses écartées. Au Japon, la déesse Ame no Uzume exhiba son sexe pour ébranler le monde d’un rire cosmique et ainsi le sauver. Au détour des frontons d’églises irlandaises, on trouve aussi des femmes rieuses appelées Sheela Na Gig, qui tiennent les bords de leur vulve à deux mains et l’ouvrent comme s’il s’agissait d’une grotte… Elles ont le pouvoir, dit-on, de faire fuir les démons.
Agnès Giard
la Vulve qui a sauvé le monde / 2012
Publié dans Causette n°26, dossier « la Vulve sort du bois »
Illustré par les œuvres textiles de Claudie Guyennon-Duchêne
Blog d’Agnès Giard : les 400 culs

« (…) Entre les poils frisés comme la chair est belle sous cette broderie bien partagée par la hache amoureuse, amoureusement la peau apparaît pure, écumeuse, lactée. Et les plis joints d’abord des grandes lèvres baîllent. Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d’un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.(…) »
Louis Aragon / le Con d’Irène
La vulve qui a sauvé le monde / Agnès Giard dans Eros vulveclaudieguyennonduchen
Complément du Silence qui parle :
« (…) Son sexe ressemblait à une fleur de serre géante, plus grand que tous ceux qu’avait vus le Baron, avec une toison abondante et bouclée, d’un noir brillant. Elle passait du rouge sur ces lèvres avec autant de soin qu’elle l’aurait fait sur sa bouche, si bien qu’elles finirent par ressembler à des camélias rouge sang, que l’on aurait forcés à s’ouvrir, pour laisser apparaître le bouton intérieur encore fermé tel le cœur plus pâle, à la peau plus fine, de la fleur. »
Anaïs Nin / Venus Erotica

Venus Erotica (2) / Anaïs Nin

Comment me voit-il, lui ? se demanda-t-elle. Elle se leva et alla chercher un grand miroir qu’elle posa face à la fenêtre, par terre contre une chaise. Puis elle s’assit sur un tapis, en se regardant, et écarta doucement les jambes. Le spectacle était un enchantement. La peau était sans défaut, et les lèvres roses et pleines. Cela lui fit penser à la feuille d’un caoutchouc dont il sort un lait secret lorsqu’on la presse avec les doigts, une sécrétion à l’odeur particulière, comme celle des coquillages. Ainsi de la mer, était née Vénus, portant en elle ce petit noyau de miel salé, que seules les caresses pouvaient extraire des profondeurs cachées du corps. Mathilde se demanda si elle pourrait le faire sortir de son mystérieux noyau. Elle ouvrit, de ses doigts, les petites lèvres et se mit à les caresser avec une douceur de chat. D’avant en arrière, elle se caressait comme le faisait Martinez avec ses doigts sombres et plus nerveux. Elle se rappelait la couleur mate de ses doigts qui contrastait tellement avec sa peau, ainsi que leur grosseur, qui semblait les destiner à irriter la peau plutôt qu’à éveiller le plaisir. Mais avec quelle délicatesse il la touchait, pensait-elle, frottant les petites lèvres entre ses doigts, comme du velours. Maintenant elle les massait comme lui, entre le pouce et l’index, tandis que de sa main libre elle continuait les caresses. Elle éprouva la même impression de dissolution que sous les doigts de Martinez. De quelque part se mit à couler un liquide salé couvrant la toison de part et d’autre de l’orifice qui maintenant luisait. Puis Mathilde voulut savoir à quoi elle ressemblait quand Martinez lui disait de se retourner. Elle s’allongea sur le côté gauche et présenta ses fesses au miroir. Elle pouvait ainsi voir son sexe par-derrière. Elle remua, comme elle, le faisait pour Martinez. Elle vit sa propre main apparaître au-dessus de la petite colline que formaient ses fesses qu’elle commença à caresser. Son autre main glissait entre ses jambes et elle la voyait par-derrière dans le miroir. De cette main, elle se caressait le sexe d’avant en arrière. Son majeur pénétra en elle et elle le fit aller et venir. Elle eut soudain envie d’être prise des deux côtés à la fois et de glisser son autre majeur entre ses fesses. En remuant d’avant en arrière, elle sentait tour à tour les deux doigts comme cela lui arrivait parfois lorsque Martinez et un ami la caressaient en même temps. L’approche de l’orgasme l’excita, elle se mit à faire des gestes convulsifs, comme pour attraper le dernier fruit d’une branche ; tirant, tirant sur la branche pour faire éclater le tout en un orgasme sauvage, qui l’envahit alors qu’elle se regardait dans la glace, et voyait ses mains actives, et le miel briller, mouillant tout son sexe et ses fesses, entre les jambes.
Anaïs Nin
Venus Erotica / 1940
Venus Erotica (2) / Anaïs Nin dans Eros Cyd-Charisse

Venus Erotica / Anaïs Nin

Lorsqu’il avait besoin d’argent, il épousait une riche héritière qu’il ruinait jusqu’au dernier sou puis changeait de pays. La plupart du temps, ses femmes ne se révoltaient pas et ne prévenaient pas la police. Les quelques semaines ou quelques mois d’idylle les avaient frappées bien davantage que la perte de leur fortune. Elles avaient le sentiment d’avoir connu la grande vie, celle qui vaut d’être vécue, fût-ce pour un moment.
Il les transportait si haut, d’enchantement en enchantement, que son départ ressemblait à un envol, paraissait presque naturel, aucune partenaire n’aurait pu le suivre dans ses grandes envolées. Cet aventurier libre, insaisissable, qui bondissait ainsi d’une branche dorée sur l’autre, se fit presque prendre au piège, le piège de l’amour, quand, par une belle nuit, il rencontra la danseuse brésilienne Anita au Théâtre péruvien. Ses yeux en amande ne se fermaient pas comme ceux des autres femmes mais comme ceux des tigres, des pumas et des léopards, les deux paupières se rejoignant avec une paresseuse lenteur, semblant presque cousues ensemble au niveau du nez, ce qui lui donnait un regard oblique et lascif, tel celui d’une femme qui ne voudrait rien savoir de ce que l’on fait avec son corps. Elle avait l’expression d’une femme à qui l’on est en train de faire l’amour, ce qui excita au plus haut point le Baron dès leur première rencontre.
Lorsqu’il se rendit dans les coulisses pour la voir, elle était en train de se préparer pour la scène au milieu d’une profusion de fleurs et pour le délice de ses admirateurs assis autour d’elle, elle était, à ce moment précis, occupée à passer du rouge à lèvres sur son sexe, ne permettant évidemment à personne d’esquisser le moindre geste d’approche. Quand le Baron entra, elle leva à peine la tête et lui sourit. Elle avait posé un pied sur une petite table, relevé sa robe à volants, et recommençait à passer du rouge sur ses lèvres en riant de l’excitation des hommes qui l’entouraient.
Son sexe ressemblait à une fleur de serre géante, plus grand que tous ceux qu’avait vus le Baron, avec une toison abondante et bouclée, d’un noir brillant. Elle passait du rouge sur ces lèvres avec autant de soin qu’elle l’aurait fait sur sa bouche, si bien qu’elles finirent par ressembler à des camélias rouge sang, que l’on aurait forcés à s’ouvrir, pour laisser apparaître le bouton intérieur encore fermé tel le cœur plus pâle, à la peau plus fine, de la fleur.
Anaïs Nin
Venus Erotica / 1940
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