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Danse « Delhi » (2) / Ivan Viripaev

Catherine – (…) Tu es un trouillard, Andréï. Tu as peur de toi, tu as peur du monde qui t’entoure. La seule valeur, que tu possèdes, c’est notre amour, mais tu ne crois pas en lui, le fantôme inexistant d’Auschwitz dans ton esprit t’en empêche. Tu te retrouves toi-même dans cet Auschwitz. Tu es l’enfant juif à partir duquel la vie fabrique du savon. Pour que les défenseurs des droits de l’homme de différentes nations puissent se savonner les mains avant de se rendre à leurs manifestations. Et même maintenant, quand je prononce ces mots, tu es saisi d’effroi, parce qu’à la place d’une compassion authentique, il n’y a dans ton coeur que des conceptions. Conception du bien, conception de la justice, conception de l’Holocauste. Celui qui souffre mange sa nourriture avec des mains crasseuses, alors que celui qui se savonne minutieusement les mains avant de manger, augmente le besoin de savon sur le marché mondial. On produit de plus en plus de savon, mais ce n’est pas pour ça que les mains deviennent plus propres. Tu penses que la balance a deux plateaux. Alors qu’en vérité, cette balance n’a qu’un seul plateau. Il n’y a qu’un seul plateau, et l’on ne pèse rien avec, ce plateau sert à boire. A boire sa vie. Chacun sa vie. Et il ne faut pas transformer le Saint-Graal en balance pour marchandise. Le fait que tu m’aimes est la conséquence d’une cause précise, alors que le fait que ta femme se soit empoisonnée est la conséquence d’autres causes. Il n’y a rien à peser ici, ici il faut boire.
Ivan Viripaev
Danse « Delhi » / 2009
Traduction Gilles Morel et Tania Moguilevskaia
Lire également : 1 et 2
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Danse « Delhi » / Ivan Viripaev

“Il faut qu’il y ait un chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse.”
Friedrich Nietzsche

Infirmière – Cette danse commençait par l’endormissement de la danseuse qu’elle nous montrait. Cette danse commence par le sommeil de la danseuse et la naissance chez elle pendant son sommeil des premiers mouvements de la danse. Tout son corps se met progressivement à obéir à ces mouvements. Mais en voyant cela, nous comprenons clairement, que cette danse est en train de naître hors de la volonté de la danseuse, cette danse est en train de naître de manière autonome à l’intérieur de son sommeil, elle émerge du sommeil, et la danseuse ne fait qu’obéir à cette danse. Ce n’est pas elle qui crée cette danse, c’est plutôt elle qui est cette danse même. Comment expliquer ça, je ne sais pas. Ce n’est peut-être que des suppositions de ma part. C’est simplement comme ça que je l’ai ressentie, c’est comme ça que l’ai comprise pendant que je la regardais. Parce que la danse n’explique rien, la danse se danse et c’est tout. Et ensuite, j’ai vu, qu’il y avait beaucoup de destins dans ces mouvements. Comment je l’ai compris ? grâce aux mouvements fluides de ses bras. Les lignes des bras telles les vagues de l’océan m’ont rappelé les destins de nous tous qui vivons sur cette planète. Tous nos destins étaient comme autant de vagues ou même de motifs. Oui. Voilà le mot juste. Tous nos destins sont comme des motifs. Mais quand on regarde plus attentivement, ce motif n’est qu’une seule ligne ininterrompue. Et toute notre douleur, notre souffrance, nos espoirs, nos joies et nos rêves, tout ça, sont des motifs magnifiques, créés par une seule ligne ininterrompue. C’est une seule ligne. Une seule douleur pour tous. Une seule ligne, et une seule beauté et un seul bonheur. Parce que, nous avons, une seule douleur pour tous. Une seule ligne, et une seule beauté et un seul bonheur. Parce que, nous avons un bonheur pour tous et un seul sommeil. Un seul sommeil pour tous. Quand nous dormons, nous sommes tous égaux. Nous sommes tous égaux dans notre sommeil. C’est par le sommeil que commençait et par le sommeil que se terminait sa danse. A nouveau, ces motifs sublimes de notre douleur et de notre joie, se transformaient en un fil de laine, celui avec lequel on tricote les chaussettes et les moufles, ce fil de laine, trouvait son commencement dans une grande pelote de laine. Cette pelote de laine se trouve être notre sommeil bienheureux. Nous plongions de nouveau dans les profondeurs de son sommeil. Dans un seul sommeil commun, à nous tous. Et voilà tout, en somme. Et toute la danse.
Ivan Viripaev
Danse « Delhi » / 2009
Traduction Gilles Morel et Tania Moguilevskaia
Second extrait : cliquer ICI
Lire également :
Danse « Delhi » au Théâtre de la Colline, mise en scène Galin Stoev

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Aude Antanse / Carine Bonnefoy / Alain Engeleare aux Rencontres des Arts
« La danseuse est oubli miraculeux de tout son savoir de danseuse, elle est cette intensité retenue qui manifeste l’indécidé du geste. » / Alain Badiou
Et Alain Badiou 1 et 2

Danse « Delhi » / Ivan Viripaev / Galin Stoev / Théâtre de la Colline

Nous voudrions rire de ce qui n’est pas, de l’invisible, de choses si subtiles qu’on ne peut pas les nommer. Nous voudrions nous propulser dans le haut genre où réside la vraie comédie, celle aujourd’hui absente, qu’a décrite Aristote dans son tractat perdu.
Voilà ce qu’on y aurait lu : la comédie, c’est ce qui définit le niveau de notre évolution, notre degré de conscience. Ce dont on rit constitue ce que nous sommes. Rire signifie surmonter, rire signifie se libérer.
Ivan Viripaev
Notes de répétitions / 2010

Sept pièces en un acte composent Danse « Delhi », chorégraphie poétique avec un thème et ses variations. Le lieu de l’action et les personnages restent les mêmes. Dans une salle d’attente d’hôpital, au nombre de six, ils perdent ou retrouvent un proche, pleurent, rient, s’aiment, se trahissent, se disputent, se réconcilient. Comme sur un échiquier, il y a un nombre défini de pièces et de combinaisons possibles, avec un champ d’expérimentation qui donne littéralement – et métaphoriquement – le vertige. Voyage passionnant à l’intérieur d’un réseau de réincarnations sans fin, l’histoire chaque fois commence par l’annonce d’une mort, finit par la signature de l’acte de décès. Images d’un kaléidoscope en perpétuel mouvement, les personnages ont de multiples visages, les situations chaque fois se redistribuent. Au coeur de l’histoire, une danse mystérieuse marque à jamais quiconque l’a un jour admirée. L’art de la pièce est de nous faire graduellement entrer dans la danse que nous ne verrons jamais. Par ses allers-retours constants entre mélodrame et vaudeville, art et réalité, elle embrasse toutes les contradictions irréconciliables de la vie, et du théâtre. Avec humour et tendresse, elle conduit le spectateur au-delà de tout dualisme. Ce théâtre avant tout nous parle de libération.
Galin Stoev

Danse « Delhi » de Ivan Viripaev / mise en scène Galin Stoev
Au Théâtre de la Colline, Paris, jusqu’au 1er juin 2011
avec Fabrice Adde / Caroline Chaniolleau / Océane Mozas / Marie-Christine Orry / et en alternance Anna Cervinka et Valentine Gérard

Extraits de la pièce : 1 et 2
(Traduction du texte en français : Gilles Morel et Tania Moguilevskaia)
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