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La pulsion, la psychose et les quatre petits foncteurs / Félix Guattari

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Publié dans Chimères n°20 / automne 1993

stadium cattelan

Vivre avec la folie / Olivier Apprill / Édito de la revue Chimères n°84 : Avec Jean Oury

« Refaire le club thérapeutique, tout le temps. » Cette petite phrase de Jean Oury, extraite d’un dialogue avec Danielle Sivadon en 2004 (1), aurait pu être prononcée au printemps dernier comme il y a cinquante ans. Elle exprime une constance mais aussi une exigence : donner du pouvoir aux malades, créer de la responsabilité, du mouvement, du possible. C’est à ces tâches essentielles que le fondateur de la clinique psychiatrique de La Borde se consacrait encore quelques jours avant sa mort, le 15 mai dernier, à l’âge de 90 ans.
Rendre hommage à celui que ses pairs considèrent comme l’un des meilleurs connaisseurs de la psychose, c’est d’abord prendre la mesure de cette passion médicale (2) qui voit en chaque individu, plus ou moins fou, un sujet à part entière. C’est surtout honorer un engagement au jour le jour, une disponibilité, une présence confondue avec l’accueil permanent de l’autre.
Jean Oury n’a jamais cessé de l’affirmer : dans l’abord de la folie, le plus petit détail, un simple geste ou un sourire peuvent avoir une valeur inestimable. Ce souci de l’ambiance, ces paroles qui soignent, cet humour, cette bienveillance, ces moments féconds au cours desquels une existence parfois bifurque constituent l’arrière-fond sensible dont ce numéro de Chimères se veut l’écho, nourri d’expériences, de témoignages et de récits souvent placés sous le signe d’une « vraie rencontre ». Une sorte de constellation affective où les voix de plusieurs générations de patients, de « psychistes », d’artistes, d’amis proches ou de compagnons de route se mêlent pour composer un portrait multiple, polyphonique, de l’homme qui a tracé « son chemin en marchant » et su s’adresser, avec une qualité de parole incomparable, à ce qu’il y a de plus singulier en chacun.
En soutenant l’hypothèse que l’hôpital peut devenir un instrument thérapeutique et que la folie est aussi création, Jean Oury abroge toutes les formes de ségrégation et tout réductionnisme de la maladie mentale. Autant de révolutions partagées au long de son parcours commun avec son ami Félix Guattari : la machine bicéphale Oury-Félix occupe une place privilégiée dans ce numéro de Chimères. Un agencement foisonnant, tour à tour créateur et conflictuel, qui constitue le caractère le plus visible de cette amitié – terme sans doute à entendre ici dans le sens d’une « condition pour l’exercice de la pensée » (3). Pensée en extension chez l’un, locale et intensive chez l’autre, dont la complémentarité aura permis d’instituer un milieu et un lieu « qui n’en a jamais fini de se construire» (4).
Ce lieu de soin, bien réel et pourtant toujours à venir, Jean Oury en a lui-même élaboré la formule logique, la topique, dans son concept princeps de « collectif ». Réussir à déchiffrer ce qui se passe dans la vie quotidienne, sur le terrain, au travail, entre les gens, afin qu’une organisation d’ensemble puisse tenir compte du désir inconscient, est au principe même d’une « psychiatrie concrète » (autre nom de la psychothérapie institutionnelle) pour laquelle le médecin directeur de La Borde a oeuvré sans relâche.
Tel est peut-être l’un des legs les plus manifestes de Jean Oury aux pensées qui n’ont pas renoncé à transformer l’état des choses. Un legs clinique, philosophique, politique, poétique, éthique, dont la « valeur humaine » imprègne toutes les pages qui suivent. Accueillir, soigner, penser, vivre avec la folie : la contingence, une vie…
Olivier Apprill
Vivre avec la folie / 2015
Édito du n°84 de la revue Chimères : Avec Jean Oury

Numéro dirigé par Olivier Apprill et Jean-Claude Polack

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4 CH 84

1 Jean Oury et Danielle Sivadon, « Constellations », Chimères n° 79.
2 « La fonction du médecin, l’exercice de la médecine ont toujours été vécus par Jean Oury comme passion, passion du réel, passion éthique », écrit Pierre Couturier dans un numéro spécial des Nouvelles Labordiennes (été 2014).
3 Gilles Deleuze et Félix Guattari, Qu’est-ce que la philosophie ?, Paris, Minuit, 1991.
4 Éditorial de Jean Oury dans les Nouvelles Labordiennes n° 496, 2013.

La répétition des symboles / Brian Evenson / à propos de Thomas Pynchon et de Vente à la criée du lot 49 / Vision de Pynchon / Don DeLillo

Puisque je suis naturellement sujet à la paranoïa, il ne devrait surprendre personne surprendre personne que mon roman préféré de Pynchon soit Vente à la criée du lot 49. Comme dans La Passion de Martin Fissel-Brandt de Christian Gailly, la nouvelle s’amuse à un jeu de dupes avec la vraisemblance, accumulant coïncidence sur coïncidence jusqu’à un point de non retour. Contrairement à Gailly, cependant, Pynchon ne cherche pas à nous laisser croire que ses apparentes coïncidences sont de simples et entières coïncidences : il y a toujours « une sorte de frisson glacé [qui] souffle tout à coup à travers ces vers » (1). Il y a toujours une possibilité pour que ce qu’Œdipa Maas expérimente ait étonnamment été construit pour elle, ne soit pas une coïncidence après tout, et soit même la preuve de l’existence d’un monde secret. Au lieu d’amener vers une résolution ou une solution, chaque pas qu’Œdipa fait dans son enquête sur Tristero ne fait que confirmer son incapacité à comprendre ce qui lui arrive et pourquoi. Elle ne peut jamais être sûre (du moins dans les limites du livre, qui finit sur une révélation potentielle qui, c’est difficile à croire, ne révèle rien du tout) de ce qui forme exactement la nature du monde autour d’elle. Vente à la criée du lot 49 est un livre qui cherche moins à dépeindre la naissance d’une « paranoïa relative » (2) ou un soi-disant complot qu’à incarner ces deux possibilités en une forme concentrée, à la fois pour Œdipa Maas et pour le lecteur. Il semble que ce roman de Pynchon soit considéré comme le plus lisible en partie parce que l’auteur accomplit un bon pourcentage de son travail pour le lecteur à un niveau infratextuel, en construisant patiemment ses effets narratifs afin que l’ambiance du livre vous possède avant que vous sachiez vraiment de quoi il s’agit.
Tout commence avec le choix de Pynchon d’une voix narrative : un troisième personnage au caractère bien trempé qui n’est jamais identifié mais qui s’adresse au moins une fois directement au lecteur dans un vocabulaire typiquement XIXème. (« Le gynécologue ordinaire aurait été bien incapable de diagnostiquer ce qu’elle couvait ») (3) Il se lance aussi dans des passages d’anticipation, affirmant une supériorité sur le point de vue du lecteur en faisant allusion à d’éventuelles fins et suggérant qu’il en sait plus que nous : « Ce nom semble suspendu [...] les lumières s’éteignent. Pour intriguer Œdipa Maas, sans exercer cependant le pouvoir qu’il n’allait pas tarder à avoir sur elle. » (4) Il, si l’on peut considérer que c’est un homme, agit par-dessus l’épaule d’Œdipa, ne la délaissant jamais, sauf de manière abstraite pour l’abandonner dans des spéculations qui pourraient être celles de son personnage comme elles pourraient être les siennes ou quelque combinaisons des deux (on pourrait aussi penser que la présence du narrateur est la mnifestation d’une rupture dans l’esprit d’Œdipa et que le livre est un coup de tonnerre à la Deleuze et Guattari, entre la schizophrénie et la psychose). Quand on en arrive ici, il n’y a (comme Nabokov l’a déjà démontré) rien de comparable à un troisième narrateur : il reste toujours un « je » qui signifie « elle », « il » ou « eux ». Dans Vente à la criée du lot 49, Pycnhon fait le choix d’être une sorte d’ombre planant sur le roman, une apparition disparaissante, ce que l’on peut sentir dans la texture même de la langue, dans ses signes, sans jamais le saisir de manière tangible.
Brian Evenson
La répétition des symboles /2008
Extrait du texte publié dans Face à Pynchon / Collectif
à lire sur le Silence qui parle : extrait de Vente à la criée du lot 49
à voir : Lipodrame / Mécanoscope

« C’était comme si, un jour, selon une étrange  loi de la nature, Hemingway mourait et, le lendemain, naissait Pynchon. Une mutation de la littérature trouvait son origine dans une autre. Pynchon a rendu la littérature américaine plus ouverte, plus intense. Il a discerné des murmures et des apparitions à la lisière de la conscience moderne sans amoindrir la dimension physique de la prose américaine ; la vigueur d’un fusil à pompe, l’humour de la rue, les fluides du corps, la présence.
J’étais en train d’écrire des textes publicitaires pour des pneus de camion quand un ami m’a donné un exemplaire de poche de V. Je l’ai lu et j’ai pensé, d’où est-ce que ça peut bien venir ?
L’envergure de ce travail, géographiquement vaste et n’ayant pas peur des sujtes majeurs, nous aide à placer notre fiction non pas dans un petit recoin anonyme, humain et dérisoire, mais en dehors, dans l’étendue de l’imagination élevée et des rêves collectifs. »
Don Lellilo
Vision de Pynchon #2 in Face à Pynchon / Collectif

à lire sur le Silence qui parle : Point Omega

Photo : Juno Temple in Kaboom / Gregg Araki

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1 Vente à la criée du lot 49, Points Seuil, 2000, p.80.
2 Ibid, p.157.
3 Ibid, p.202.
4 Ibid, p.84.

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