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L’histoire est un cauchemar dont j’essaie de m’éveiller / G. Mar

HE WAR Nous sommes en jeep – moi et quelques autres mercenaires – le long d’une rivière équatoriale boueuse au débit rapide à la limite de la crue – c’est la rivière de la vie – la Liffey de Finnegans Wake – étrange qu’elle se trouve en Amérique du Sud je me dis – nous roulons très vite – nos fusils à la main serrées contre nos poitrines – mes compères ont le teint jaune des indiens colombiens – nous roulons très vite – il y a plusieurs jeeps – un long convoi – c’est un jeu électronique aux images égalant celles d’un film – c’est le monde tel qu’on le voit en fait – la guerre est un jeu – allons-y franchement – engage-toi dans la marine qu’il disait mon grand-paternel tu verras du pays et des filles – le convoi file à toute allure ne sachant pas où nous allons – ni à quoi cela mène – des tirs de mortier scandent notre avancée – explosion le long de la route et dans la rivière – nombreux geysers de boue – comme des éclats de vie – ou bien des morceaux de celle-ci qu’on voit par intermittence – comme dans des flashs – des épiphanies – nous passons alors sur un pont fait de planches clouées – à huit ans c’était la seconde guerre mondiale ma grand-mère vit une femme passer sur un pont sur ses épaules son jeune fils n’avait plus de tête elle le croyait toujours vivant ne voulant pas admettre que le sang qui lui coulait sur les épaules était celui de son enfant passé le pont des soldats allemands avaient pendus aux arbres une dizaine de moutons égorgés par les pieds comme pour la composition macabre d’un tableau de genre leurs têtes pendaient à moitié détachées du tronc – nous bifurquons après le pont sur la droite – toujours le long de la rivière vers l’amont – nous sommes au service de l’armée de libération – nous sommes les instruments de la révolution prolétarienne – mon grand-paternel fut résistant à l’âge de quinze ans il essuya ses premiers tirs sur le pont de Meuse à Donchery il ne m’en parlait jamais ses copains de bistrot s’en chargeait c’était un fou de guerre il n’avait peur de rien qu’ils disaient lui n’en disait jamais rien et buvait ses canons – tirs d’obus – lumière blanche – nous sommes dans un jeu électronique – tout cela semble très réel – nous changeons de niveau – de continent – et d’époque – Ardennes 2030 – troisième guerre mondiale – notre troupe avance à l’ombre de grands hêtres le long d’une petite rivière – c’est celle de mon enfance – celle qui traverse le paysage dans lequel j’ai grandi – je ne savais pas que son vrai nom était aussi la Liffey – c’est aussi le nom d’un cours d’eau d’Amérique du Sud – nous en remontons le cours – tout notre bataillon est fait de têtes blondes aux yeux clairs – nous devons retourner à sa source – notre blason est un saumon sautant par-dessus une barrière naturelles – le dos cambré – animal de la connaissance des origines dans les mythes irlandais – celui qui remonte le temps – mon grand-paternel ne voulait pas de discours de la part de ces vieux cons d’anciens combattants pour son enterrement quand on est passés devant le monument au mort en direction du crématorium le corbillard ne s’est pas arrêté devant eux ils se tenaient droits pour un dernier salut militaire et contre sa volonté avaient tenus à lui rendre un dernier hommage un de mes cousins leur tendit un doigt au passage – notre bataillon avance dans les feuilles – nos rangers écrasent des fougères – le lierre craque sous nos semelles – un bruit mécanique d’hélicoptères en suspension au-dessus de nous ils nous cherchent et tiennent à nous abattre – nous sommes au Viet Nam – nous sommes dans les Ardennes – le souffle de leurs hélices vient lécher nos têtes – l’haleine des hommes se perd au milieu des branches sous forme de petits nuages blancs – Stop ! – main levée du sergent – regard à gauche le souffle coupé – à droite une coulée de sanglier – leurs empruntes ancrées dans la boue séchée – nous retenons notre souffle – nous avons peur d’être débusqués – le bruit de la rivière à nos flancs – un rayon de soleil vient s’échouer sur sa grève – l’ombre des hélicoptères également – ils risquent à tout moment de nous tirer dessus – l’une des deux seules choses qu’il me raconta à propos de la guerre c’est que quand il se mettait à pleuvoir des obus sur la ville lui partait dans les champs qui bordaient les jardins ouvriers et qu’alors il bouffait le pavot qui s’y trouvait et que pour avoir ce qu’il fallait de la plante comme il me le conseilla pour que ça fasse son effet le mieux c’était de tout bouffer tête feuilles tige et racines compris et qu’alors après ça il contemplait le feu d’artillerie s’abattre sur le paysage en attendant que ça passe il fut celui qui m’enseigna l’impassibilité face aux événements – le sergent tient toujours sa main levée – Ardennes printemps 2030 – toujours le bruit des hélicoptères – feuilles des arbres et du sol agitées en tous sens – branches se tordant sur elles-mêmes – corps recourbés – nerfs et muscles qui s’enroulent de trouille autour des fougères – souffle court retenu – visages peints en noir – maquillage dégoulinant avec la sueur – doigts crispés sur les gâchettes – souffle des hélices venant lécher l’écorce des doigts – moteurs de feu – nous sommes dans un jeu électronique – les machines à sentir et tuer les hommes dansent de droite à gauche au-dessus de notre bataillon immobile – vol de papillons d’acier voraces tueurs d’hommes au-dessus de nos têtes ou plutôt ce sont des libellules armées de mitrailleuses et de boules de feu – nous sommes bloqués au même niveau de jeu piégés là pour un bon bout de temps –  je revois mon arrière-grand-mère passer durant la première guerre mondiale alors qu’elle était enfant trois jours dans une cave sans vivres ni lumière la maison de ses parents écroulée au-dessus de la tête elle et son cheval mort sous l’éclat des mêmes bombes et le corps déchiqueté de trois déserteurs qui jouaient alors aux cartes dans le grenier dont on ne retrouva jamais que quelques membres éparpillés à plus d’un kilomètre de là – le bruit de la rivière –  le vent vrombissant des hélices – notre sang invisible sous nos treillis ne demande qu’à jaillir sous l’effet des balles pour faire ses libations à l’humus chaud qui borde la rivière – nous attendons que la mort nous délivre de notre situation l’index crispé sur le chien des gâchettes – l’œil des mitrailleuses au-dessus de nous guette le moindre de nos mouvements – visage congestionné du sergent – l’angoisse se fait pressante – une pluie se met à perler en surface de nos treillis pour nous rendre transparents – peu à peu nous disparaissons – nous nous fondons à l’eau de la rivière enveloppant de nos corps dilués quelques cailloux posés sur un lit de sable et d’argile – la fatigue et l’eau recouvrent nos carcasses – tout ce qu’il reste de traces de nous tient là dans quelques os – nos casques ne sont plus que des cailloux posés sur des squelettes dans l’attente qu’ils redeviennent poussière – nous sommes devenus un bataillon de morts au service de l’armée des ombres – Stop ! – main levée du sergent squelette – on ne peut laisser nos carcasses visibles en surface de la terre – il faut effacer toute trace de nous pour réellement disparaître – radio de nouveau branchée – fusils serrés sur nos poitrines sans chair avec moins de crispation – lampes torches éteintes – nous sommes dans un jeu électronique –  ressuscités d’entre les morts –reprise du mouvement – nous remontons la rivière comme on remonte le temps en portant nos croix – Ardennes 1944 – autour de la rivière et au-dessus des arbres des soleils blancs jaillissent dans l’axe des canons poster en amont sur le plateau – sol maintenant recouvert de neige tremblant à chaque détonation – dans l’air des traces comme le font les moteurs à hélice des avions – lignes de vapeur tordues et balayées par le vent – de plus en plus de détonations – les pins qui s’effondrent à nos flancs – la neige craque sous nos semelles – nous longeons la rivière – Stop ! – le sergent nous fait signe de faire une pause –il vient de nous éviter la mort – un obus éclate à quelques centaines de mètres de nous – de nombreux éclats de terre viennent mourir à nos semelles – le mouvement reprend –  nous remontons la rivière comme on remonte le temps en portant nos croix – vers Berlin – cette fois nous savons où nous allons – à dix-huit ans mon grand-paternel traversa le Rhin avec un bataillon formé de types issus de la résistance dans le sillage des colonnes blindées du Général Paton et la deuxième des seules choses qu’il me dit jamais sur ce qu’il vécut pendant la guerre après s’être descendu une bouteille de goutte c’est que quand on voit ce qu’ont fait les types avec lesquels on s’est battu aux Allemands après qu’on ait traversé la frontière toutes ces saloperies sans nom on se demande seulement pourquoi on s’est battu avec une larme à l’œil dans laquelle je crus voir reflétés des exécutions sommaires et des viols – Stop ! – main baissée du sergent nous indiquant de mettre cette fois ventre à terre – le bruit d’une colonne de chars argentés se mélange à celui du vent dans les arbres – la neige s’agglutine sur nos épaules – main du sergent battant les flocons de neige vers l’avant – il faut maintenant traverser la rivière – l’eau encercle nos chevilles puis le milieu de nos cuisses – cuire de nos chaussures devenu plus souple –  nous nous enfonçons en elle – nous en remontons le cours – source inépuisable du temps qu’on reçoit en baptême – nous plonger en elle telles des Lorelei – hommes de l’onde born again – nymphes masculines portant le costume kaki des morts-vivants – de longues algues filasses et dures comme des genêts s’enroulent autour de nos jambes pour nous retenir et nous tirer à elles comme si elle furent des Sirènes – nous résistons et traînons nos jambes lourdes à travers elles – les semelles glissent sur des pierres instables – le bois des crosses frappe la surface de l’eau – les chevilles se tordent entres deux cailloux – le souffle se fait plus pénible – la chair comme congelée – les articulations de moins en moins souples – le cri d’un des nôtres derrière nous nous fait craindre le pire – le pire n’est ni derrière ni devant mais tout autour de nous – bruit soudain ravageur de mitrailles suivit du cri des nôtres perçu avec le même lapse de temps que celui du tonnerre après qu’on en ait vu la lumière – les balles pleuvent en tous sens et je suis au milieu – l’eau de la Liffey clapote de toute sa surface comme sous une pluie de crapauds – les corps tombent – certains d’entre nous plongent pour se cacher sous la surface et n’en reviennent jamais – je les vois avec leur bouche ouverte et leurs dents – comme je vois l’eau prendre par nappes épaisses la couleur du cassis puis se diluer en des tons plus proches de celui des groseilles à mesure du courant – la chaleur de nos corps fumants et celui du sang des morts fait fondre la neige  en bord de la rivière – sur ses berges des épilobes se mettent à fleurir – c’est le printemps – les survivants dont je suis se mettent à courir – on croit sortir de la rivière quand on ne sort de fait que d’une énorme tranchée – c’est la fuite en avant et la chute des corps inlassablement – beaucoup de ceux qui restent tombent pour de bon – Meuse 1917 – paysage de boue retournée mille fois par une pluie continue d’obus – barbelés dessinant de futiles frontières – nous portons maintenant des uniformes couleur horizon et des casquettes – nos fusils sont montés de  baïonnettes – lignes télégraphiques pantelantes sur fond de ciel couleur boue – tapis bas des nuages qui recouvrent tout – à quinze ans l’un de mes arrière-grands-pères chargeait près de Verdun le corps de ceux qui étaient tombés dans les tranchées dans de grands camions près de la ligne de front il entendait le bruit qui fut le cri de notre vieux siècle à obus puis les déchargeait à quelques dizaines de kilomètres de là dans de grands charniers pour toucher quelques ronds et les recouvrir de croix – généalogie engluée dans la guerre comme dans la boue du siècle – l’histoire familiale est un cauchemar dont j’essaie de m’éveiller… le bruit des chars se mélange à celui du vent avant qu’ils ne se perdent dans une brume épaisse et tout ce qui était jusqu’ici visible du monde n’est plus qu’une masse gris-blanche. Game Over. Le jeu est terminé. Je regarde mon score. J’ai bien dû réussir à ressusciter quelques ancêtres. J’augmenterai mon score la prochaine fois. Il m’en reste bien une dizaine à exhumer de la fange des siècles. Sur un écran d’ordinateur mes compères indiens de Colombie se grillent des Camelles couchés dans l’herbe aux pieds de nos jeeps. Ils se racontent leur vie. L’un d’eux me tend un paquet mou après en avoir fait sauter une clope d’un coup de pouce sec et franc. Je l’attrape par le filtre et la porte à mes lèvres. Elle a une odeur de tourbe sèche. Je repense à l’eau noire de la Liffey auquel celle-ci donne sa couleur depuis les Wicklow Mountains en amont où j’imagine que j’ai dû passer mon enfance. Il est l’heure de remonter dans nos caisses. Les moteurs grondent. Le convoi est immense. Nous voici de nouveau à rouler le long de cette rivière boueuse au débit rapide à la limite de la crue – la vie continue. WE WAR. Nous allons faire la guerre.
G. Mar
L’histoire est un cauchemar dont j’essaie de m’éveiller / 2012
http://lapartdumythe.blogspot.fr/
A lire également : les Envahisseurs
Photo : William S. Burroughs, The Curse of Bast, 1987
L'histoire est un cauchemar dont j'essaie de m'éveiller / G. Mar dans Anarchies William-S.-Burroughs-The-Curse-of-Bast-1987

Le festival de la couille / Chuck Palahniuk

Une jolie blonde repousse sur l’arrière son chapeau de cow-boy. De cette façon, elle peut sucer son partenaire sans que le bord du Stetson vienne lui frotter le bide. La chose se passe sur une scène, dans un bar bondé. Ils sont tous les deux nus et barbouillés de pudding au chocolat et de crème Chantilly. On appelle ça « Concours mixte de Body Painting ». La scène est couverte d’un tapis rouge. Lumières fluo. La foule scande : « On veut la pipe ! On veut la pipe ! »
Le cow-boy vaporise de la crème Chantilly entre les fesses de la blonde et commence à la lécher. Elle le masturbe d’une main pleine de chocolat. Un autre couple monte sur scène et l’homme se met à sucer le pudding dans la chatte rasée de sa copine. Une fille avec une queue-de-cheval châtain et les seins à l’air fait un pompier à un ado non circoncis.
Pendant ce temps, les spectateurs chantent You’ve Lost That Loving Feeling.
Lorsqu’elle quitte la scène, une de ses copines hurle « Tu l’as sucé, espèce de petite salope ! »
Les gens sont serrés comme des sardines, ils fument des cigares, boivent de la bière Rainier, de la Schmidt’s et de la Miller, tout en mangeant des testicules de taureau frits dégoulinant de mayonnaise à l’ail. Ça sent la sueur et quand quelqu’un lâche une caisse, le pudding au chocolat fait soudain penser à autre chose.
Testy Festy, le festival de la couille du Rock Creek Lodge vient de commencer.
Il se tient à environ trente-cinq kilomètres à l’est de Missoula, Montana, où au cours de ce même week-end des drag queens venues d’une douzaine d’Etats se retrouvent pour couronner leur impératrice. Du coup, des centaines de chrétiens envahissent la ville et s’installent sur des chaises de jardin aux coins des rues et montrent du doigt les drag queens qui se pavanent e minijupe et les quinze mille motards en cuir qui tournent dans les rues sur leur chopper bruyant. Les chrétiens agitent la main et hurlent sur leur passage : « Démon ! Je te vois, démon ! Je t’ai repéré ! »
Une fois dans l’année, pour le premier week-end de septembre, Missoula est le centre de notre putain d’univers.
Au Rock Creek Lodge, pendant deux jours, des gens se succèdent sur le Stairway to Heaven, la scène en plein air, pour faire… vous savez quoi.
A un jet de pierre à l’est, les camions filent sur l’Interstate 90 et klaxonnent à mort, tandis que des filles, sur scène, serrent les barrières entre leurs jambes et soulèvent leur sexe rasé vers le ciel. A un jet de pierre à l’ouest, les conducteurs des trains de marchandises de la Burlington Northern ralentissent pour se rincer l’oeil et jouent de la sirène.
« J’ai construit cette estrade avec treize marches, dit le fondateur du festival, Rod Jackson. Elle pourrait toujours servir de gibet. »
Et à part qu’elle est peinte en rouge, elle ressemble en effet à une potence.
Des motards, des étudiants, des yuppies, des camionneurs, des cow-boys décharnés et des péquenauds se pressent pour assister au concours des plus belles femmes en tee-shirt mouillé. Une blonde chaussée de talons hauts minables aposé une jambe sur la balustrade et s’est accroupie sur l’autre pour que les spectateurs du premier rang puissent lui planter un doigt dans la chatte.
La foule s’époumone : « Le Barbu ! Le Barbu ! Le Barbu »
Une blonde aux cheveux courts avec un piercing dans une de ses grandes lèvres, arrache le tuyau de jardin des mains du juge du concours.
Elle s’inonde avec puis elle s’avance au bord de la scène et douche le public.
Deux brunettes se lèchent mutuellement leurs seins dégoulinants et s’embrassent à pleine bouche. Une autre femme monte sur scène avec un berger allemand. Elle s’allonge, place la gueule du chien entre ses cuisses et fait des va-et-vient avec ses hanches.
Un couple entièrement vêtu de fringues en daim commence à se désaper, puis il copule dans différentes positions tandis que les spectateurs entonnent : « Baise-la ! Baise-la ! Baise-la ! »
Une étudiant aux cheveux vénitiens se suspend à la balustrade par les jambes et approche lentement son sexe rasé vers le visage hilare de l’organisateur du concours, Gary « Le Tuyau », et la foule chante London Bridge Is Falling Down.
Dans la boutique de souvenirs, des gens à poil, cramés par le soleil, font la queue pour acheter des tee-shirts du festival (11,95 dollars). Des types en cache-sexe noirs du Festival de la couille (5,95 dollars) s’offrent des godes sculptés à la main, les fameux « Piverts du Montana » (15 dollars). Sur la scène extérieure, dans la chaleur du Montana qui tape dur, tandis que les routiers et les conducteurs de locomotive klaxonnent, un « pivert » explore la fente d’une fille nue.
Les clients passent devant un tonneau plein de cannes d’un mètre de long, couleur cuir, qui collent aux doigts. Une femme corpulente qui attend pour payer un tee-shirt explique : « Ce sont des bites de taureaux séchées. » Elle dit que l’on peut s’en procurer dans des boucheries ou des abattoirs, puis elle précise comment on les étire et les fait sécher. On s’en sert comme décoration, après un léger ponçage et plusieurs couches de vernis.
Un type nu, à côté d’elle, le corps aussi marqué et tanné que les cannes en question, lui demande si elle s’en est fabriqué une.
Elle pique un fard et répond : « Bon sang, non ! Je serais trop gênée de demander une queue de taureau à mon boucher…
- Il penserait probablement que c’est pour t’en servir sur toi… », persifle le bronzé.
Et tout le monde, y compris la grosse, rigole à n’en plus finir.
Chaque fois qu’une nana monte sur scène, une forêt de bras lève des appareils photo orange jetables et le cliquetis des obturateurs sonne comme une invasion de criquets.
Ici, ces appareils coûtent 15,99 dollars.
Pendant le concours des hommes torse nu, la foule entonne « La queue et les couilles ! La queue et les couilles ! » tandis que les motards, les cow-boys et les étudiants bourrés du Montana se mettent en rang pour se désaper et agiter leurs parties sous le nez du public. Un gars qui ressemble à Brad Pitt arbore une belle érection.
Une femme lui saisit le sexe par-derrière et entreprend de le masturber. Soudain, il se retourne et il la gifle avec sa queue.
Elle l’entraîne en bas de la scène en le tirant par le membre.
Des vieux, assis sur des rondins, boivent de la bière et lancent des pierres sur les toilettes préfabriquées en fibres de verre où les filles vont faire leurs besoins. Les mecs, eux, pissent un peu n’importe où.
A présent, le parking est couvert de boîtes de bière écrasées.
A l’intérieur du Rock Creek Lodge, des femmes rampent sous une statue de taureau pour embrasser son paquet – il paraît que ça porte bonheur.
Sur un chemin de terre qui longe la propriété, les bikers participent au concours de morsure de la couille. Assise à l’arrière de la moto, une fille doit réussir à planter ses dents dans un testicule de taureau qui pend sur le parcours et en arracher un morceau au moment où l’engin passe dessous à toute vitesse.
A l’écart de la foule principale, un sentier conduit au champ où on a monté les tentes et garé les camping-cars. Deux femmes sont en train de se rhabiller. Elles disent qu’elles sont « juste deux filles normales de White Fish, avec des boulots ordinaires et tout ça ».
L’une d’elles ajoute : « T’as entendu ces appalaudissements ? On a gagné. On a absolument gagné.
- Z’avez gagné quoi ? » grommelle un jeune type bourré.
La fille répond : « Il n’y a pas de prix, ni rien. Mais on est les vainqueurs, sûr de sûr. »
Chuck Palahniuk
le Festival de la couille et autres histoires vraies / 2005
voir aussi Fight Club
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le 8 mars, journée de la salope / La Gabin / Siné hebdo

Le 8 mars, c’est la fête de ma race. La journée de la femme. Ce jour-là, mesdames, si votre homme vous demande « Qu’est-ce qu’on mange ? », vous avez le droit de lui répondre « Ma chatte, mon amour ». Et la journée de la sodomie, c’est quand ? C’est où la Foire au cul ? L’année de la cochonne, c’est déjà passé ? Et la journée des hommes, elle tombe en même temps que la nôtre ? Parce que c’est quoi, une femme, quand y a personne dedans ? Le problème, désormais, ce n’est plus pour qui on nous prend, c’est comment on nous prend. Mais où sont les hommes ?
On est passées du coq à l’âne, de Casanova à Lalanne, du stade anal au stade de foot, du septième ciel au trente-sixième dessous. On est passées au bas débit. C’est le supplice de tantale, le temps des queues de cerises. Arrêtez avec vos bouquets de marguerites. Etes-vous vraiment devenus l’ombre de nos chiens ? On connaît la chanson. Depuis le temps qu’on roule des pelles aux crapauds, on le sait, nous, que c’est fini les contes de fées, la queue de Mickey et le prince charmant avec son cheval. Quitte à ce qu’il y ait des chevaux dans l’histoire, on aimerait autant que ce soit la horde sauvage.
On apprécie les bas-reliefs, la petite goutte qui perle, l’odeur sous vos bras, les gros mots et l’éjaculation faciale ; l’amour quoi. L’amour ouf !
Nous, ce qu’on voudrait, c’est la journée de la femme légère. On veut des formes à épouser, des coups de foudre en pagaille, des preuves d’amour, des oiseaux rares qu’ont le sens du vice. Ça va être notre fête, mais il est où le roi des cons ?
Descendez de vos Vélib’. Restez pas planqués sous la minijupe de votre mère. Arrêtez de partir avec nos frères. Revenez, on ne sait plus sur quoi s’asseoir.
La journée de la femme deviendrait la plaie de la police des moeurs.
En attendant, avec Miss.Tic, le jour de la femme on ira au musée de l’homme.
La Gabin
in Siné Hebdo / 4 mars 2009
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