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Flasball, peur et mutilation / Clément Alexandre, Florent Castineira, Joan Celsis, John David, Pierre Douillard, Joachim Gatti, Salim, blessés et mutilés par la police française

Nous avons en commun le fait d’avoir été blessés et mutilés par la police française après avoir reçu un tir de flashball en pleine tête. Etre touché par une de ces armes, c’est s’effondrer, être évacué, hospitalisé et subir par la suite un nombre considérable d’interventions chirurgicales lourdes qui s’étendent sur plusieurs mois. Les lésions sont nombreuses et irréversibles : œil crevé, décollement de la rétine, enfoncement du plancher orbital, multiples fractures, dents cassées, joue arrachée, etc. Pour plusieurs d’entre nous, l’implant d’une prothèse a été nécessaire. Sans parler des migraines, des cauchemars et de la peur chevillée au corps. A Marseille, un homme, Mostefa Ziani, est mort d’un arrêt cardiaque après avoir été touché en plein thorax. Le flashball peut donc tuer à bout portant et il produit des dommages qui ne sont en rien des accidents. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, équiper la police avec ces armes, c’est lui reconnaître le droit de mutiler. Ce qu’elle a bien compris.
S’il n’existe aucune réparation possible, il est difficile de laisser le terrain libre à la violence policière. Plusieurs d’entre nous ont porté plainte contre l’auteur du tir. Sans succès. A Nantes, le policier qui a tiré sur Pierre Douillard en 2007 et dont l’identité est clairement établie bénéficie d’une relaxe : sa responsabilité ne peut être engagée puisqu’il a obéi à un ordre. A Toulouse par contre, pour Joan Celsis, blessé en 2009, le juge ordonne un non-lieu au motif cette fois que l’identité du tireur n’est pas établie. A Montreuil, pour Joachim Gatti, le procureur bloque le dossier depuis maintenant deux ans. Sans surprise, la justice couvre la police. Il y a belle lurette en effet que l’action de la police s’est affranchie du droit. Pour le flashball, les distances de sécurité et les zones autorisées ne sont jamais respectées, pas plus que le tir ne correspond à un état de légitime défense comme le prescrit pourtant la réglementation officielle.
Face aux limites du pénal, nous nous sommes lancés dans une nouvelle procédure. Clément Alexandre, le collectif Face aux armes de la police et leur avocat, Étienne Noël, ont déposé en octobre 2012 une requête au Tribunal administratif qui consiste à attaquer directement la responsabilité du préfet de police et plus seulement le policier qui tire en pleine tête, même si celui-ci mérite tout notre mépris. Pour la première fois, l’État a été condamné mercredi, le 18 décembre, à verser une indemnité et sa responsabilité est reconnue, tout comme le lien entre la blessure et le flashball. D’autres jugements sont attendus. Nous pensons que sur le terrain juridique, il est capital de multiplier ce type de riposte.
Toutes ces blessures rendent lisible la façon dont la police maintient l’ordre. Chaque fois derrière nos noms propres, il y a des complicités et des amitiés – souvent des luttes. A Nantes, des lycéens et des étudiants occupent un rectorat. A Toulouse, des dizaines d’étudiants sortent d’un Monoprix sans payer pour protester contre la précarité étudiante. A Montreuil, des habitants se rassemblent contre l’expulsion d’un squat. Et des lycéens bloquent leur établissement pour protester contre une énième réforme des retraites. A Notre-Dame-des-Landes, des milliers de personnes résistent à un projet d’aéroport : parmi les centaines de blessés, certains se retrouvent avec des bouts de métal sous la peau. A Strasbourg, des métallos manifestent contre ArcelorMittal. A Montpellier, c’est un groupe de supporteurs qui est visé. Dans les quartiers populaires, le flashball fait partie de la vie quotidienne et intervient systématiquement quand les habitants se révoltent contre la violence de la police. C’est le cas à Trappes pour Salim, qui cet été, a eu le malheur de se trouver à proximité du commissariat où des habitants protestent contre une arrestation musclée. Mais aussi à Montbéliard, Villemomble, etc.
Ce que la langue policière appelle littéralement «neutraliser une menace» désigne de toute évidence la nature réelle du flashball : écraser et faire taire ce qui échappe au pouvoir. C’est là le travail normal de la police. Mais ce qui est nouveau, c’est la méthode utilisée. Le flashball est le nom d’un nouveau dispositif politique qui repose sur la peur et la mutilation – en un mot la terreur. Il s’agit cette fois de frapper les corps mais aussi les cœurs et les esprits en nous marquant dans notre chair et dans celles de nos amis. Présenté comme défensif, le flashball est clairement une arme offensive qui donne à nouveau à la police le pouvoir de tirer sur la foule. Le déploiement de la violence policière, en l’état actuel du rapport de force, ne doit pas entraîner la mort. Mais la police doit être assurée de rester la plus forte pour que l’ordre soit maintenu.
Cette militarisation des opérations de police exprime la vérité d’une époque : le développement de ces armes depuis maintenant dix ans s’explique par le fait qu’elles ont manqué dans certaines émeutes. Qu’en Tunisie, une foule déterminée puisse faire tomber un gouvernement dont la longévité semblait assurée indique assez l’angoisse qui habite le pouvoir à tout moment. Le terrain d’intervention véritable du flashball, c’est la révolte.
En maintes occasions, la police se présente comme un obstacle – à nos mouvements, à nos désirs et à nos luttes. La question de savoir comment le défaire mériterait d’être prise au sérieux. Si les blessures se produisent toujours dans des moments de tension, se défendre et se protéger devient une question pratique dont la nécessité a pu être éprouvée en Grèce, comme à Notre-Dame-des-Landes où des boucliers sont apparus ; de la place Tahrir à la place Taksim, où des milliers de manifestants venaient casqués. Quand Michèle Alliot-Marie propose d’exporter le savoir-faire de la police française en Tunisie, nous pensons plutôt à importer la puissance des révolutions arabes.
C’est parce que nous demeurons attachés à nos luttes et à nos amitiés que nous ne nous laisserons pas terroriser par le flashball. Là où nous sommes attaqués, il y a à riposter collectivement pour être capable de penser et de contrer les pratiques policières. Et ça, on ne le fait pas dans l’enceinte d’un tribunal, mais on l’élabore avec tous ceux qui les subissent. Ici, comme ailleurs, ce qui relève du possible dépend d’un rapport de force. Nous lançons un appel à toutes les personnes blessées avec la certitude que nous avons plus à partager que nos blessures.
Pour Salim, ce sont ses proches qui signent la tribune.

Clément Alexandre, Florent Castineira, Joan Celsis, John David, Pierre Douillard, Joachim Gatti, Salim blessés et mutilés par la police française
Flasball, peur et mutilation / 22 décembre 2013
Tribune parue dans Libération
Contact : http://faceauxarmesdelapolice.wordpress.com

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11 mai 2013 : une chaîne humaine contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

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11 mai 2013 : une chaîne humaine contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes dans Action aeroport-notre-dame-des-landes-non
Sur le Silence qui parle :
deux films : Notre-Dame des luttes ! / Au coeur de la lutte
Réponse à deux tribunes parues dans le journal Le Monde
Suite au passage en force de la Préfecture, recours et détermination

Concert de soutien à la Parole errante

Concert de soutien à Notre-Dame-des-Landes / Vendredi 15 février à La Parole Errante / Montreuil

« If I can’t dance, I don’t want to be part of your revolution » / Emma Goldman

Dansons, la lutte décolle !
En octobre dernier, les premières expulsions des occupant.e.s de la ZAD – « Zone A Défendre » pour les personnes mobilisé-e-s contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et « Zone d’Aménagement Différé » pour les aménageurs du territoire – ont soulevé une vague de solidarité partout en France.
Depuis, ce projet d’aéroport a pris du plomb dans l’aile et près d’une centaine de comités locaux de soutien ont essaimé dans tous les coins de l’Hexagone.
Car si l’ombre de Jean-Marc Ayrault et de Vinci planent toujours sur Notre-Dame-des-Landes, nous gardons en mémoire les victoires populaires passées comme au Carnet, à Plogoff ou au Larzac : nous savons désormais que leur projet peut être stoppé. Alors, parce que la lutte contre les grands projets imposées s’amplifie jour après jour, retrouvons-nous le vendredi 15 février prochain et dansons, la lutte décolle !

Matériel, affiche et tracts à télécharger :
fichier pdf Affiche chataigne notre dame des landes
fichier pdf tract 15 fevrier nda

Le collectif de soutien à la lutte de Notre Dame des Landes Paris-Ile-de-France
AG tous les mardi au Transfo
57 Av. de la République – Bagnolet (L3 Gallieni ou L9 Robespierre)

Liens :
http://nddl-paris.effraie.org
http://zad.nadir.org

Concert de soutien à Notre-Dame-des-Landes
Vendredi 15 février / La Parole Errante
9, rue François Debergue / Montreuil / 18h – 02h / Entrée : prix libre

Initiation aux danses de Festnoz (18h-19h) / Repas en musique (avec La Fanfare Invisible) / Festnoz avec Eien & Yod de Bretagne / Les Chevals (fanfare dada funk) / Enfance Sauvage (chérubins énervés) / Boum Cumbia !
Concert de soutien à Notre-Dame-des-Landes / Vendredi 15 février à La Parole Errante / Montreuil dans Action affiche-chataigne-notre-dame-des-landes

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