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Freud et Oskar Panizza : l’amour des enfants / Penser et faire sont une seule et même chose / Mayette Viltard

En préparant le texte de présentation de ce colloque (1), j’avais écrit : « Comment accéder à une visibilité essentielle à la proclamation d’une sexualité déviante, tout en sachant que cette visibilité est également essentielle à la surveillance de ceux dont la vie est ainsi mise en écriture ? ». David Halperin, à qui je l’avais envoyé, m’a d’abord répondu : « Oui… Mais je ne l’aurais pas dit comme ça », ce qui m’a tourmentée. Heureusement, le lendemain, il m’a envoyé sa critique : « Tu ne vas quand même pas dire que les queers fabriquent leur propre surveillance ! ». L’avais-je dit ? Sans doute. J’ai donc tenté une autre formulation : « Comment accéder à une visibilité nécessaire à la proclamation d’une sexualité déviante tout en sachant que cette visibilité est ironiquement utilisée par la norme indispensable à la surveillance de ceux dont la vie est ainsi mise en écriture ? ». Ce n’était guère mieux. Formuler ainsi la question, n’est-ce pas déjà la mettre en impasse ?
Cette difficulté a renouvelé un des problèmes que j’ai régulièrement rencontré dans ma pratique et mon expérience psychanalytique : est-ce que participer à un certain nombre d’activités, en particulier institutionnelles, de prises de paroles, de publications, etc. qui contribuent de près ou de loin à faire émerger des visibilités nouvelles déclenche obligatoirement en retour la création d’un arsenal disciplinaire supplémentaire de la part des institutions, (gestion, administration, lois, police, etc.) venant détruire, et souvent, violemment, ce qui était en train d’émerger ? Le psychanalyste, par sa seule présence dans une institution (médico-éducative, judiciaire, psychiatrique, sociale, etc.) peut-il prétendre se situer dans un espace où le dicible, le visible ne sont pas encore formés ? Et la porte du cabinet ne fait-elle pas illusion sur une hypothétique fermeture d’un espace qui se penserait privé ?
Lors du colloque organisé par Clinic Zones en 2002 « Anna Freud mannequin de son cas », nous avions reçu Elisabeth Young Bruehl pour nous parler de son travail sur la biographie d’Anna Freud. Elle avait cité, à ce moment-là, ses affrontements terribles avec Jeffrey Masson et surtout Peter Swales, (remis au goût du jour par le Livre noir de la psychanalyse) lequel, nous avait-elle dit, lui envoyait par la Poste des produits pour douche vaginale pour qu’elle se rince les dents, et autres insultes variées. Je n’avais pas saisi pourquoi, dans nos échanges, elle insistait pour dire qu’elle était prête à abandonner son cabinet de psychanalyste de New York, à la fois pour suivre sa compagne à Toronto (2), mais aussi se consacrer à faire avancer les droits des enfants contre les abus sexuels. Je ne comprenais pas pourquoi ce sujet était pour elle essentiel, et au fond, je ne saisissais pas vraiment comment elle posait le problème.
Il se trouve qu’à partir des années 1970, j’ai eu diverses activités qu’on appelait contestataires, ou groupusculaires, ou libertaires, et j’ai participé à la création de nouvelles formes de pratiques avec des fous, et par la suite, avec « des enfants et des jeunes » en difficulté. On dit « des enfants » et « des jeunes ». Freud parlait « des impubères », mais aujourd’hui, on dit « enfant » ou « mineur », ou « jeune », ou « ado », pour dire inapte à un consentement, tout en différenciant « les enfants » et « les jeunes », ceux qui ont ou n’ont pas la majorité sexuelle. Il y a donc aujourd’hui des « enfants pubères ». J’ai ainsi participé « sans le savoir » à l’accession à la visibilité et au discours d’un nouveau concept et de ce qui a brutalement viré à une nouvelle pathologisation et criminalisation : la pédophilie.
René de Ceccatty parlait ce matin d’une sorte de mise entre parenthèses qu’ont été les années 1970 et disait qu’à l’évidence, quelque chose ne s’était pas transmis. Les tentatives que j’ai pu faire, avec beaucoup d’autres, de transformer les anciens mouroirs d’enfants en lieux de vie, comme on disait, ont connu un arrêt brutal, en 1982, et sont devenues suspectes. Avec l’entrée dans ce que Guattari a pu appeler les années d’hiver, il y a effectivement eu une amnésie collective. Qu’est-ce qui a fait que quelque chose s’est fermé et que les débats en cours ont été, à mon avis, clos ?

Le Coral et l’érotique puérile
On n’a pas oublié le FAHR, même si l’on ne sait plus très précisément quelles avancées il a produites, ni quelle formidable inventivité politique avaient les Gazolines ou les Gouines rouges, – je pense par exemple, à l’incroyable film sur la Banque du sperme… On n’a certes pas oublié le MLF. Mais il y a un silence (et pour le moment, sans doute justifié puisque la censure est féroce) sur l’énorme changement de la fonction de l’enfant dans la société qui s’est produit après les années 1970, à partir je dirais de 1982, ce que Guattari, à une année près, appelle les années d’hiver. Bref, qui se souvient qu’en mai 1977, Libé saluait la création du « Front de libération des pédophiles », immédiatement attaqué par le Parquet ?
Nous avons déjà parlé avec une partie d’entre vous qui êtes ici aujourd’hui, de la naissance du mot « pédophile ». Certes, le mot « pédophile » a été créé dans les années 1900, mais il n’était pratiquement pas utilisé. Et c’est bien dans le mouvement des années 1970 que le mot « pédophile » a pris corps. Gide disait pédéraste même s’il pouvait s’agir de « très jeunes » garçons. Gabriel Matzneff trouvait que le mot « pédophile » « sentait le camphre, la pharmacie, le bromure », (il faut dire que le mot avait fait une brève apparition à propos des Ballets bleus en 1959), aussi proposait-il « philopède ». Malgré les poursuites judiciaires, le Hors série du N°12 de la revue Recherches, « Trois milliards de pervers. Grande encyclopédie des homosexualités », de mars 1973, ou encore le N°19, « COïRE », de René Schérer et Guy Hocquenghem, d’octobre 1976, ou encore le Gai pied, journal des homosexualités, N°0, de février 1979, circulaient, à peine sous le manteau. Impossible de citer tous les débats naissants qui accompagnaient ces publications, tracts, journaux, affiches, (sans parler des graffitis), etc. imprimés sur du mauvais papier où l’on trouvait pêle-mêle la libération des mœurs, le droit à la différence, la liberté sexuelle, la défense de l’avortement, de la prostitution, la levée des tabous, l’amour des couples informels, les communautés, les homosexualités, la zoophilie, la pédophilie, etc. Le seul tabou qui perdurait était l’usage de la violence, et comme l’écrivait Jacques Dugué dans un article de Libé du 27 janvier 1979 : « Qu’on ne laisse subsister des lois que pour des actes sexuels consommés avec violence et qui sont d’ailleurs le plus souvent le fait d’hétérosexuels irascibles sur des petites ou des jeunes filles (3). Pourquoi un homme n’aurait-il pas le droit d’aimer un enfant ? »
Me voilà renvoyée à Freud et à ce qu’il disait à propos de l’amour pour les impubères. Il y a, dans Trois essais sur la théorie du sexuel, des passages très connus, je vais vous en lire un qui l’est peut-être un peu moins (4) : « L’immense force de l’amour ne se montre nulle part plus forte que dans ses aberrations, l’amour pour l’impubère, ou la zoophilie. Ce qu’il y a de plus élevé et de plus bas sont partout attachés de la façon la plus intime dans la sexualité. Du ciel à travers le monde jusqu’à l’enfer (5) ».
Ainsi, malgré beaucoup d’affrontements, – ou grâce à beaucoup d’affrontements –, les débats se poursuivaient. Jusqu’à l’affaire du Coral (6), déclenchée par une dénonciation calomnieuse, en septembre 1982.
Le 21 octobre 1982, une meute de journalistes, micros et caméras au poing, débarquent en hélicoptères en même temps que la police dans un lieu de vie, le Coral, à Aymargues et tournent des images d’arrestations et d’enfants apeurés qui accèdent brutalement à la pleine lumière du journal télévisé de 20 heures. Les enfants sont évacués vers des lieux psychiatriques, le directeur, le psychiatre et quelques éducateurs sont arrêtés. Ce fait divers est un tournant radical dans la cristallisation, quasi d’un seul coup, de toute une série de lois en œuvre aujourd’hui. La presse se déchaîne, pédophilie, inceste, attouchements sexuels, maltraitance de mineurs de moins de 15 ans, exploitation sexuelle des handicapés, etc. Claude Sigala, le directeur, finira par être condamné a trois ans de prison dont trente mois avec sursis, non pas pour pédophilie, mais pour « attentat à la pudeur sur mineurs de moins de quinze ans » (Le Monde, 14 mars 1987). Jean-Michel Carré a tourné, en 1995, au Coral réouvert, un film de fiction, Visiblement je vous aime (7), avec le magnifique acteur Denis Lavant, mais aussi avec les jeunes, les éducateurs, et le directeur Claude Sigala, à nouveau en fonction. Et simultanément, il a tourné un documentaire. Le festival de Cannes s’est extasié et a voulu voir dans le film de fiction un témoignage bien-pensant sur la créativité des handicapés, berk. Alors que le film (et le documentaire) sont très prudemment cryptés. Ils montrent, ou plutôt suggèrent, ce dont avaient été accusés les gens du Coral. À commencer par la première image (qui était à la base de la dénonciation), un jeune homme, nu, (décemment filmé, quoique…) s’arrose longuement avec délices avec un jet d’eau sur la pelouse. Innocemment ? On le regarde. Innocemment ? Tout le monde se touche, se pousse, les lits sont proches, ça gueule, ça rit, ça se roule par terre, on devine les journées au lit à se masturber, les déambulations la nuit dans le jardin, les affrontements musclés, les câlins, bref, tout ce qui est désormais interdit dans les institutions.
Freud et Oskar Panizza : l'amour des enfants / Penser et faire sont une seule et même chose / Mayette Viltard dans Désir microbook
Quelles « personnalités » furent directement emprisonnées, ou inquiétées, ou citées ? René Schérer, Félix Guattari, Gabriel Matzneff, Guy Hocquenghem, Tony Duvert, Michel Foucault, Jack Lang qui dans le Gai Pied du 31décembre 1991 avait écrit : « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages ». Et malgré tous les soutiens, les pétitions, le quasi acquittement de tout le monde, la réouverture du Coral ensuite, le ver était dans le fruit : « Jusqu’où sont-ils allés exactement ? », murmurait-on. Je vais revenir sur cet argument, le pire.
Le tout fut orchestré par la psychanalyse, nous fait remarquer René Schérer dans Une érotique puérile. Jenny Aubry, Maud Mannoni, Françoise Dolto ont été les chevilles ouvrières de la disciplinarisation de l’enfance en fournissant les bases de ce qui sera ensuite retenu pour les transformations des lois pénales. Je laisserai de côté ici Jenny Aubry, avec sa note ambiguë de Lacan (8) sur les utopies communautaires, ou Maud Mannoni et sa façon de soutenir que le symptôme de l’enfant répond à ce qu’il y a de symptomatique dans la structure familiale (9), pour ne retenir ici que Françoise Dolto, contre laquelle René Schérer soutient un brillant pamphlet (10). Car c’est elle qui va déplier tous les termes de la nouveauté psychanalytique des années 1980, elle et tous ceux pour qui elle servait de référence dans la psychanalyse d’enfant. C’est donc elle, le Savonarole des nurseries, comme l’appelle René Schérer, qui va clairement établir que le développement de l’enfant dans sa route vers le génital est dévié par la rencontre d’un adulte pervers et de ce fait, est atteint d’un traumatisme ineffaçable.
Dans la préface à Psychanalyse et famille (11), 1976, Dolto va soutenir que l’adulte éducateur doit être, pour l’enfant, un exemple vivant. Il doit « être prêt à abandonner les plaisirs du corps », il doit être « castré de ses jouissances archaïques » vis-à-vis de l’enfant. Ces mères trop aimantes, (ou parfois les grands-parents, ou même le père) qui considèrent l’enfant comme leur chose, « sont au sens propre, des pédérastes ». Et enfin, des parents si aimants « sont en fait des parents peloteurs ».
La question n’était plus la répression de la masturbation, c’était le contraire. Il était prescrit que l’enfant se masturbe, c’était la preuve d’un bon développement et de la santé de ses pulsions, mais à une condition, c’était qu’il se touche lui- même. Pas question que quiconque d’autre le touche. Comment un geste de « contact » pouvait-il être garanti comme étant strictement dépourvu de tout érotisme ? Tout geste, de fait, devenait corrupteur ! Nous avons donc assisté à cette transformation incroyable, la naissance de l’enfance intouchable. Il est désormais interdit de jouer avec un enfant en pointant un index sur sa joue : « Tu as une tache ! Pistache ! » Et on lui donne une « petite claque ». C’est un des jeux qu’on trouve dans le film sur le Coral dont je vous parlais. C’est aussi le geste érotique qui fait basculer le roman de la Gradiva : une mouche sur la joue, une claque, un baiser. Mieux, l’enfant doit être averti, et très jeune, des risques précis qu’il encourt si un monsieur lui propose des bonbons, ou veut l’aider, ou s’intéresse à lui de quelque façon que ce soit. Aujourd’hui, les enfants de six ans manient avec facilité le vocabulaire de la Brigade des Mineurs, j’en ai de nombreux témoignages.
Et actuellement, nous assistons à la naissance d’une cohorte de lois sur l’enfance qui donnent raison de A jusqu’à Z à René Schérer et Guy Hocquenghem. La claque du jeu érotique est devenue une maltraitance. La violence est devenue un concept qui nécessite un protocole pour y répondre. On signale, on décrit, on dénonce : il y a la levée du secret professionnel pour la pédophilie et la maltraitance. Nous bénéficions du Portail Unique pour tous les dégénérés : les vieux, les fous, les enfants en retard, les déviants, tous ceux qui dépassent de la case des normaux doivent passer par le même Guichet de la Maison De la Personne Handicapée. Une Maison, bien sûr, comme la Maison d’arrêt… Chaque dévié bénéficie d’un projet personnel de redressement, pour définir les prestations qu’on doit lui appliquer. Et à l’abri d’un discours médical et d’un serment d’Hippocrate généralisé, – tu ne désireras pas celui que tu soignes –, l’intouchabilité des enfants est devenue totale, on ne change plus un enfant dans une crèche, on lui donne un soin. Sans oublier les descentes de police dans les établissements si la moindre plainte est déposée pour un supposé non-respect de tout cela : c’est ainsi que la directrice d’un IME, institut médico-éducatif que je connais bien, a vu débarquer récemment, un matin, à l’heure de l’ouverture, une vingtaine de policiers qui se sont dispersés au pas de charge dans tout l’établissement, comme au Coral, pour traquer la maltraitance et empêcher les éducateurs de communiquer entre eux. Quant à elle, embarquée derechef dans un fourgon de police sous les yeux des enfants et des éducateurs pour une mise en garde à vue, on lui a pris dès l’arrivée, le cordon de sa capuche d’anorak, ses collants, et son ADN. Avec discours poli des flics en fin de journée lorsqu’il l’ont relâchée avant la nuit, n’ayant rien « trouvé ».
Quand j’ai lu le livre de Michel Tort, Fin du dogme paternel (12), j’ai en particulier été intéressée par un paragraphe intitulé la « Relance de la gauche libertaire », à propos du courant psychanalytique « nouvelle gauche libertaire lacanienne, post-sadienne » comme il dit, dans lequel il situe Jean Allouch, avec Éthification de la psychanalyse. Calamité (13), ou Marcela Iacub, dans Robopsy – Des lois pour des âmes des âmes pour les lois (14). Il note que ce courant récuse le psychanalyste comme bon pasteur. Mais il critique que dans ce courant libertaire, la psychanalyse, en invoquant la transposition des pulsions qui fait que le sexe n’est pas localisable en quoi que ce soit, serve à ouvrir à l’inéluctable liberté de faire n’importe quoi non pas avec l’autre, mais de l’autre (15). Certes, il précise que ce n’est ni le cas de Jean Allouch pour ce qui concerne la psychanalyse, ni le cas de Marcela Iacub pour ce qui concerne le droit, mais il pose cependant une question. Si on ne dit rien des crimes sexuels, est-ce qu’il n’y a pas là un déni qui rejoint la position qui était celle d’avant les années 1970, de 1880 à 1970 ? Autrement dit, s’agit-il d’une posture libertaire, et peut-être libertine, qui reproduit un déni des violences sexuelles au profit d’un flirt avec la débauche d’antan, et qui équivaut au déni qui recouvrait la pédophilie homosexuelle ?
Nous revoilà avec l’argument qui nous clouait le bec quand nous voulions soutenir le Coral : savez-vous jusqu’où ils sont allés dans leur amour des enfants ? Qu’est-ce que vous en dites ? On n’en disait rien du tout, puisque le débat ayant dégénéré de cette façon, on ne pouvait que se taire. L’humanisme avait repris le dessus. Exactement comme les débats sur les prisons, qui avaient dégénéré en « de bonnes conditions de détention », repeindre les cellules avait remplacé le fond scandaleux de l’affaire qui était de faire bouger les frontières des notions d’innocence et de culpabilité.
Toutefois, j’ai conservé de mes années soixante-dix mes trois intercesseurs freudiens préférés. Je ne dirai rien de Gide aujourd’hui, qui écrivait « Je ferais aussi bien de publier Corydon, voilà quinze ans que je fais de la psychanalyse sans le savoir », ni de Pasolini qui fait le tour du lac dans sa grosse bagnole avec Laura Betti qui doit lire à sa demande les Cinq cas de psychanalyse « parce qu’il y a tout là-dedans » et elle disait « ça donne mal au cœur ». J’aurai recours à Werner Schroeter, véritable obsédé, à une époque, de « l’Homme aux rats », à qui je vais aujourd’hui demander d’intercéder pour entrer dans les arcanes du rêve de Freud qu’on appelle classiquement « le rêve du Comte Thun », une façon de brouiller les cartes d’emblée. Car ce comte s’appelait Faire, le Comte Faire, Graf Thun, et ses ennemis appelaient Graf Nichtsthun, le Comte qui ne fait rien. Et à son propos, Freud rêve cette phrase : « Est-ce que penser et vivre réellement ce qu’on pense sont une seule et même chose ? » L’intention équivaut-elle l’action ? Ses associations l’amènent au Concile d’amour, une pièce d’Oskar Panizza, de 1895, interdite, qui expédia Panizza en prison pendant un an. Werner Schroeter a fait en 1981 le film Le Concile d’amour, inédit en France, interdit en 1985 au Tirol sur demande du diocèse d’Innsbruck, arrêt confirmé par la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 1994.
Mayette Viltard
Freud et Oskar Panizza : l’amour des enfants
Penser et faire sont une seule et même chose

Extrait du texte publié dans Saint Foucault, un miracle ou deux ?
Ouvrage collectif sous la direction de Mayette Viltard
Cahiers de l’Unebévue /
2013
Site de l’ELP
Site de l’Unebévue

morton-bartlett Désir dans Flux
1 Colloque « Saint Foucault : un miracle ou deux ? » Paris, 12 et 13 mai 2012, organisé par la revue l’Unebévue et l’école lacanienne de psychanalyse.
2 Elizabeth Young Bruehl est effectivement allée vivre à Toronto en 2007 avec Christine Dunbar, elle est décédée en décembre 2011. Son livre posthume vient d’être publié : Understanding and Preventing Prejudice Against Children, Yale University Press, 2012.
3 Sous Vichy l’attentat à la pudeur a été codifié différemment selon qu’il était hétéro ou homo, et ce, jusqu’à 1982.
4 S. Freud, Trois essais sur la théorie du sexuel, traduction Christine Toutin, Eric Legroux, Mayette Viltard, édition bilingue, La transa. (interdite jusqu’à janvier 2010).
5 J’ai annoncé mon intervention au colloque par ces quelques lignes : « Dans la forêt obscure le panneau est là. OAPI. Œuvre d’Accroissement des Peines Infernales. L’avais-je déjà vu ? Je suis tellement amnésique. Et sur la pente, une pauvre petite fleur, autre- fois appelée érotique puérile. Comme un soldat disparu. » Un appel à Pasolini et sa Divine mimésis, sa remontée des enfers sur la dure pente fienteuse pour atteindre le purgatoire, sur la plage d’Ostia.
6 Guy Hocquenghem, dans son livre Les Petits garçons, Albin Michel, 1983, raconte l’affaire.
7 Dans le film, tous les jeunes ont évidemment plus de 15 ans, comme la Lolita de Kubrick, sinon, le film aurait été interdit.
8 Jacques Lacan, « Note sur l’enfant 1969 », rédigé par Jenny Aubry à partir de notes manuscrites que Lacan lui a données, dans son livre Enfance abandonnée, Scarabée, 1983, repris dans Ornicar ? 1986, puis dans Autres écrits, Seuil, 2001, p. 373.
9 Maud Mannoni, l’Enfant arriéré et sa mère, Seuil, 1964, L’enfant, « sa maladie » et les autres, Seuil, 1967, etc.
10 René Schérer, Une érotique puérile, Paris, Galilée, 1978.
11 Françoise Dolto, Préface à Psychanalyse et famille, du Dr. David, Paris, Armand Colin, 1976.
12 Michel Tort, Fin du dogme paternel, Paris, Flammarion Aubier, 2005.
13 Jean Allouch, Éthification de la psychanalyse. Calamité, Cahiers de l’Unebévue, 1997.
14 Marcela Iacub, « L’esprit des peines et les transformations réelles du droit pénal en matière sexuelle », in « Robopsy, des lois pour les âmes, des âmes pour les lois », l’Unebévue, revue de psychanalyse, N°20, Paris, unebévue-éditeur, 2002.
15 Il ne cite aucun exemple.

Psychanalyse de restauration, exception française / Michel Tort

Dans le cadre du débat engagé sur le mariage pour tous et l’homoparentalité, on a vu refleurir les discours d’un courant de psychanalystes qui s’étaient exprimés depuis les années 80 sur les problèmes de filiation et de parenté. Invoquant des normes transcendantes, en dehors de l’histoire, dans lesquelles on reconnaît le discours transparent des religions, ils prétendent y ajouter la caution de la psychanalyse. Les arguments «psychanalytiques» de ce genre ne résultent nullement de la clinique psychanalytique : ils s’enracinent dans une logique de «bon sens», réactive, phobique, qui fabrique la lie du débat social en France et qui nourrit le discours des comptoirs. Reste la question : quelle est l’origine de ce courant réactionnaire dans la psychanalyse en France ?
Le modèle familial père – mère – enfant, où dominaient le mariage et la filiation indivisible, ayant explosé depuis les années 60 et s’étant diffracté en une myriade de formes de parentalité, la parenté a cessé d’être considérée comme une relation naturelle. Or, c’est le moment qu’a choisi ce courant de psychanalystes pour se mettre en tête qu’il leur revenait de légiférer en dernière analyse sur la filiation et la parenté, en raison du règne souverain exercé par la psychanalyse sur l’inconscient et ses fonds sous-marins. Ils sont partis en guerre contre les notions mêmes de parentalité et de genre, qui les obligeaient à tenir compte de l’histoire et des rapports de pouvoir.
Quel est l’enjeu du débat ? C’est le remplacement progressif du dispositif social ordonné jadis au principe paternel par un dispositif de parentalité. L’ordre social soumis au principe paternel rappelle les sujets à l’ordre théologique de la nature en disqualifiant les bâtards, les filles mères, les contre-natures, les avortées, divorcés, etc. Dans le dispositif de parentalité, on décrit des situations multiples de parentalité en respectant leurs droits. Ce changement a pris plusieurs siècles. Les termes de parenté, «père» et «mère» auxquels il ne faudrait pas toucher sont aussi le lieu de rapports de pouvoir masculin – féminin historiques. On ne peut dénier la réalité des transformations dans le dispositif de parentalité. Elles modifient les rapports de domination entre hommes et femmes, nommés suavement complémentarité par le Saint-Père. La dimension symbolique n’appartient pas aux religions qui l’ont vampirisée. Liberté, égalité définissent aussi des relations symboliques. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, le dépositaire de la fonction de tiers entre parents et enfants et entre parents n’est plus «le Père» mais de facto et de jure l’Etat des citoyens et citoyennes : le débat actuel l’illustre.
Or, l’invocation par nombre de psychanalystes d’une prétendue «fonction paternelle» étrangère à l’histoire revient à maintenir en surplomb une figure «symbolique» qui garde jusqu’à la caricature les anciennes fonctions sociales du Père. Il s’agit de montrer le caractère universel, structural, de cette «fonction paternelle». Déplumée de ses pouvoirs politiques, elle se transforme astucieusement en une capacité symbolique de séparer la mère et l’enfant, objectif patriarcal inchangé. Le Saint-Père est devenu «infaillible» quand il a été dépouillé de tous ses Etats et parqué au Vatican. Le Père, le pater patriarcal, s’est transformé en Père symbolique, quand le statut des pères a changé. Le père est devenu l’interlocuteur prosaïque des enseignants, des travailleurs sociaux, du personnel de la justice et de la police, gestionnaires de facto et de jure des fonctions parentales. C’est contre cette évolution qu’on lui a attribué une «fonction paternelle» symbolique éternelle, quand il s’agit d’un symbolique des cavernes.
Il s’est constitué dans les années 50-80 en France, dans une sorte de contre-réforme, un corps de croyances théoriques retraitant certains éléments du freudisme, avec lesquels on a construit une «fonction paternelle», base irréfragable de la parenté. C’est avec cette construction de la «psychanaLacan» ajoutée à son original catholique du père, avec ce schéma théologique sous ses oripeaux «psychanalytiques» que certains tentent de faire pièce aux bouleversements vertigineux des parentalités en Occident. Or, il n’y a pas de «fonction paternelle» hors des rapports de sexe et de genre. Les fonctions des pères ou des mères dépendent du dispositif parental historique et géographique. Mais la problématique de la «fonction paternelle», loin d’appartenir au seul courant lacanien, circule dans l’ensemble de la psychanalyse française, réconciliant paradoxalement sur un mode œcuménique les courants majeurs de la psychanalyse officiellement divisés.
Ce courant réactionnaire met en danger depuis des années la psychanalyse sur tous les fronts. A travers sa clique médiatisée, il ne représente pas la psychanalyse, mais il lui nuit. Il est responsable d’une partie des critiques qui se sont accumulées depuis la même époque environ contre la psychanalyse. C’est une évidence si l’on considère la dernière des «affaires» qui défraient la chronique, la polémique concernant l’autisme. Un documentaire montrait sur un mode caricatural les cantiques de la «fonction paternelle», le Notre Père «psychanalytique» qui dit : les mères sont responsables de l’autisme, le bâton paternel est le Sauveur, etc. Jusqu’à quand laisserons-nous l’adhésion au credo paternel, qui sous-tend les résistances de la psychanalyse aux évolutions des rapports de parentalité et aux transformations sociales en général, ridiculiser la psychanalyse et compromettre pour la communauté les bénéfices du travail clinique remarquable qui se fait par ailleurs? Alexandre Koyré, dans Du monde clos à l’univers infini, décrit comment Dieu sort discrètement du paysage scientifique. Il relate que l’astronome Laplace répond à Bonaparte, qui l’interroge sur la place qu’il réserve à Dieu dans son Exposition du système du monde : «Citoyen Premier Consul, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse.» C’est de nos jours le tour du «père», la figure patriarcale du père que ce Dieu éclipsé représentait, de quitter la scène à son tour.
Michel Tort
Psychanalyse de restauration, exception française / 10 janvier 2013
Publié dans Libération
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Psychanalyse de restauration, exception française / Michel Tort dans Agora francis-bacon-pape-innocent-x

Roms : la commune humanité bafouée / Pétition : le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien

Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.

Cela, nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il importait déjà de se dresser en opposition à la politique de stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la responsabilité du président de la République et de son premier ministre par leur ministre de l’Intérieur.

Manuel Valls renoue en effet avec une rhétorique qui avait mené un de ses prédécesseurs à la présidence de la République, et la République au bord de l’abîme. Or combien sont-ils, ceux qu’on veut expulser? 12 000 ? 15 000 tout au plus ? Sont-ils à ce point une menace pour l’ordre public qu’il faille impitoyablement les déloger sans solution de rechange ?

Si les nouveaux responsables invoquent autant la sécurité que les anciens, ils revendiquent (à l’instar de François Hollande pendant la campagne) un juste milieu entre « fermeté » et « humanité ». Mais qui peut croire que c’est pour leur bien qu’on détruit le lieu de vie de ces migrants ? En tout cas, pas les premiers intéressés. Car ils l’ont vite compris : si l’on se souciait tant de leur bien être, on ne les abandonnerait pas ensuite à leur sort, en oubliant de les reloger. Ils ne font qu’aller un peu plus loin. S’ils parviennent à se cacher, c’est au risque d’être encore plus abandonnés à eux-mêmes et privés des droits sociaux les plus élémentaires. Déplacer ainsi les gens, c’est bien sûr redoubler leur précarité, et faire obstacle à la scolarisation de leurs enfants.

Certes, Jean-Marc Ayrault préconise la concertation. Mais sur le terrain (faut-il s’en étonner ?), ces engagements ne sont pas respectés. Des centaines de familles se retrouvent dans des situations inextricables. À Lyon comme à Lille ou à Marseille ou en région parisienne, le travail des associations de bénévoles a été ruiné en quelques heures. En Essonne, plusieurs expulsions de bidonvilles ont eu lieu sur arrêtés municipaux, sans solution de relogement réel. Dans de nombreux départements, trop de communes tentent de ne pas scolariser les enfants Roms.

La majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez loin. La droite, en attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les urnes. En tout cas, les sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien – pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra récolter les fruits de cette politique.

En outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien au contraire. S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut rassembler, agir. Singer la droite ? C’est décidément un mauvais calcul.

Il ne suffira pas davantage de renvoyer cette réalité migratoire à son origine – en l’occurrence la Roumanie, ainsi que la Bulgarie. Comme dans de nombreux pays de l’Europe de l’Est, la violence ordinaire vis-à-vis des « Tsiganes » se poursuit et risque de s’intensifier à mesure que la situation économique se dégrade. En même temps, la légitimation par l’État français de leur caractère indésirable ne peut que renforcer ce racisme.

Surtout, plutôt que de faire peser cette migration sur les gouvernements nationaux d’origine, comme l’a fait le ministre de l’Intérieur, il faut faire valoir une responsabilité de l’Union au lieu de mettre en péril l’idéal européen en la réduisant aux politiques néolibérales sans même la caution des droits de l’homme. Bref, il faut que Viviane Reding, commissaire européenne aux Droits fondamentaux, parle haut et fort comme en 2010, et non qu’elle soit réduite au silence face à l’État français.

Nous ne ressentons pas moins d’indignation qu’alors ; en revanche, notre colère est plus grande. Pourquoi changer de Président, sinon pour changer de politique ? Or plus ça change, plus c’est la même chose : les Roms sont encore et toujours pris pour boucs émissaires. Au lieu de jouer à son tour sur les peurs et les ressentiments, ce gouvernement aurait pu faire le pari des valeurs démocratiques : la liberté et l’égalité, pour les Roms aussi. Nous en sommes loin. Après l’éviction de la droite éhontée, on assiste à l’avènement d’une gauche honteuse.

Aujourd’hui, nous voulons donc interpeller la majorité gouvernementale :

Rien ne vous oblige à ce choix. Il est contraire aux principes que vous revendiquez ; pour autant, il n’est pas davantage dans vos intérêts. Votre responsabilité n’en est que plus grande. Nous vous tenons donc comptables aujourd’hui, comme l’histoire vous tiendra comptables demain, de cette banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français, au mépris des leçons du passé et des menaces qui pèsent sur l’avenir.

Signer la pétition ICI

Les premiers signataires

Karim Abboub, psychanalyste / Benjamin Abtan, Président du Mouvement Antiraciste Européen EGAM / Michel Agier, directeur d’études EHESS / Eric Alliez, Philosophe, Université Paris 8 / Kingston University / Jean-Loup Amselle, anthropologue / Etienne Balibar, philosophe / Fethi Benslama, Professeur de Psychopathologie / Anne Emmanuelle Berger, professeure de littérature et d’études de genre, Paris 8 / Jacques Bidet, professeur émérite à l’Université de PARIS OUEST / Bertrand Binoche, professeur à Paris-I / Luc Boltanski, directeur d’études à l’EHESS / Matthieu Bonduelle, président du Syndicat de la magistrature / Frank Burbage, Professeur de philosophie  / Alain Brossat, Professeur de philosophie (émérite), Université Paris 8 / Cécile Canut, linguiste, Paris Descartes / Alice Cherki, psychiatre, psychanalyste, essayiste / Ariane Chottin, psychologue / Nathalie Chouchan, Professeur de philosophie / Hélène Cixous, Ecrivain  / Olivier Clochard, président de Migreurop / Michèle Cohen-Halimi, maître de conférences en philosophie à l’Université de Paris Ouest Nanterre / Patrice Cohen-Séat, Président d’Espaces-Marx / Catherine Coquio, professeure de littérature à Paris-Diderot (Paris 7) / Philippe Corcuff, maître de conférences à l’IEP de Lyon et membre du conseil scientifique d’Attac / Claude Corman, cardiologue / Marie Cuillerai, département de philosophie de Paris 8 / Jean-Pierre Dacheux, docteur en philosophie / Françoise Dastur, Professeur honoraire des universités, Archives Husserl de Paris / Marianne Denicourt, comédienne / Ivaylo Ditchev, Professor of cultural anthropology / Suzanne Doppelt, auteur / Stéphane Douailler, Professeur de philosophie, Université Paris 8 / Espaces Marx / Eric Fassin, sociologue, Paris 8 / Michel Feher, philosophe, président de l’association cette France-là / Goran Fejic, analyste politique, ancien fonctionnaire international / Franck Fischbach, Philosophe, Univ. Nice Sophia-Antipolis / Geneviève Fraisse, philosophe, directrice de recherches CNRS / Frédéric François, linguiste / Marie Gaille, philosophe, chargée de recherche au CNRS / Patrick Gonin, Enseignant chercheur Université de Poitiers / Elisabeth Gauthier / François Gèze, éditeur / Lisa Ginzburg, journaliste / Alfredo Gomez-Muller, Professeur Université de Tours / Robert Guédiguian, cinéaste / Serge Guichard, Association de Solidarité en Essonne aux Familles Roms / Hugo Haas, architecte, La Cigüe / Jean-Frédéric de Hasque, réalisateur – anthropologue / Chantal Jaquet, Philosophe, professeur à l’université Paris1-Panthéon-Sorbonne / Alain Joxe, ancien directeur d’études à l’EHESS, directeur du CIRPES / Alain Keler, Photographe / Françoise Kerleroux, linguiste, professeur à la retraite, Paris 10 Nanterre / Cécile Kovacshazy, maître de conférences en littérature comparée / Denis Lachaud, écrivain / Thomas Lacoste, cinéaste et éditeur, La Bande Passante / Catherine Larrère, Université Paris 1 / Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire / Jean-Pierre Lefebvre, Ecole Normale Supérieure / Olivier Legros, MCF Université de Tours et membre Urba-Rom / Catherine Lévy, sociologue / Jean-Marc Lévy-Leblond, Professeur émérite de l’université de Nice / Jean-Pierre Liégeois, sociologue / Daniėle Lochak, universitaire, présidente honoraire du Gisti / Isabelle Lorand, chirurgienne, responsable Droits et liberté PCF / Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS, Paris / Seloua Luste Boulbina, Directrice de programme, Collège International de Philosophie / Charles Malamoud, Indianiste, directeur d’études honoraire, Ecole pratique des hautes Études / Philippe Mangeot, enseignant / Nicolas Martin-Granel, chercheur associé à l’ITEM (CNRS/ENS) / Stéphane Maugendre, président du Gisti / Jacques Message, Chaire supérieure de philosophie (Amiens) / Renée Le Mignot co-présidente du MRAP / Christophe Mileschi, écrivain, italianiste / Ariane Mnouchkine, metteuse en scène / Richard Moyon, Réseau Education sans frontières, RESF / Laurent Mucchielli, sociologue / Jean-Luc Nancy, philosophe / Pap Ndiaye, historien EHESS / Catherine Neveu, Directrice de recherche au CNRS / Gérard Noiriel, EHESS, Paris / Bertrand Ogilvie, professeur de philosophie, psychanalyste, université Paris 8-Saint Denis / Salvatore Palidda, DISFOR-UNIGE, Universita’ degli Studi di Genova / Claude Pennetier, Directeur du Maitron, chercheur CNRS, Centre d’histoire sociale du XXe siècle / Germinal Pinalie, Revue Classes / Mathieu Potte-Bonneville, Collège International de Philosophie / ENS de Lyon / Jean-Luc Poueyto, anthropologue, Université de Pau et des Pays de l’Adour / Vincent Rafis / Isabelle Rèbre, cinéaste / Marie-Joëlle Redor, Enseignant chercheur à l’Université de Caen Basse-Normandie / Judith Revel, philosophe, maître de conférences, univ. paris 1 panthéon-sorbonne / Revue Vacarme / Claire Rodier, vice-présidente de Migreurop / Diogo Sardinha, Directeur de programme au Collège international de philosophie / Pierre Sauvêtre, Doctorant en science politique, chargé de cours à Sciences-Po Paris / Guillaume Sibertin-Blanc, Philosophe / James T. Siegel, anthropologue émérite, Cornell University / Andrée Tabouret-Keller, linguiste / Sébastien Thiéry, politologue / Louis-Georges Tin, président du CRAN / Michel Tort, psychanalyste / Transform ! / Eleni Varikas, Professeur émérite, Université Paris 8 / Patrick Vauday, Professeur à l’Université Paris 8 / Patrice Vermeren, Directeur du département de philosophie, Paris 8 / Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherche au CNRS
Roms : la commune humanité bafouée / Pétition : le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l'ancien dans Action Maurizio-Cattelan-04

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