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Freud et Oskar Panizza : l’amour des enfants / Penser et faire sont une seule et même chose / Mayette Viltard

En préparant le texte de présentation de ce colloque (1), j’avais écrit : « Comment accéder à une visibilité essentielle à la proclamation d’une sexualité déviante, tout en sachant que cette visibilité est également essentielle à la surveillance de ceux dont la vie est ainsi mise en écriture ? ». David Halperin, à qui je l’avais envoyé, m’a d’abord répondu : « Oui… Mais je ne l’aurais pas dit comme ça », ce qui m’a tourmentée. Heureusement, le lendemain, il m’a envoyé sa critique : « Tu ne vas quand même pas dire que les queers fabriquent leur propre surveillance ! ». L’avais-je dit ? Sans doute. J’ai donc tenté une autre formulation : « Comment accéder à une visibilité nécessaire à la proclamation d’une sexualité déviante tout en sachant que cette visibilité est ironiquement utilisée par la norme indispensable à la surveillance de ceux dont la vie est ainsi mise en écriture ? ». Ce n’était guère mieux. Formuler ainsi la question, n’est-ce pas déjà la mettre en impasse ?
Cette difficulté a renouvelé un des problèmes que j’ai régulièrement rencontré dans ma pratique et mon expérience psychanalytique : est-ce que participer à un certain nombre d’activités, en particulier institutionnelles, de prises de paroles, de publications, etc. qui contribuent de près ou de loin à faire émerger des visibilités nouvelles déclenche obligatoirement en retour la création d’un arsenal disciplinaire supplémentaire de la part des institutions, (gestion, administration, lois, police, etc.) venant détruire, et souvent, violemment, ce qui était en train d’émerger ? Le psychanalyste, par sa seule présence dans une institution (médico-éducative, judiciaire, psychiatrique, sociale, etc.) peut-il prétendre se situer dans un espace où le dicible, le visible ne sont pas encore formés ? Et la porte du cabinet ne fait-elle pas illusion sur une hypothétique fermeture d’un espace qui se penserait privé ?
Lors du colloque organisé par Clinic Zones en 2002 « Anna Freud mannequin de son cas », nous avions reçu Elisabeth Young Bruehl pour nous parler de son travail sur la biographie d’Anna Freud. Elle avait cité, à ce moment-là, ses affrontements terribles avec Jeffrey Masson et surtout Peter Swales, (remis au goût du jour par le Livre noir de la psychanalyse) lequel, nous avait-elle dit, lui envoyait par la Poste des produits pour douche vaginale pour qu’elle se rince les dents, et autres insultes variées. Je n’avais pas saisi pourquoi, dans nos échanges, elle insistait pour dire qu’elle était prête à abandonner son cabinet de psychanalyste de New York, à la fois pour suivre sa compagne à Toronto (2), mais aussi se consacrer à faire avancer les droits des enfants contre les abus sexuels. Je ne comprenais pas pourquoi ce sujet était pour elle essentiel, et au fond, je ne saisissais pas vraiment comment elle posait le problème.
Il se trouve qu’à partir des années 1970, j’ai eu diverses activités qu’on appelait contestataires, ou groupusculaires, ou libertaires, et j’ai participé à la création de nouvelles formes de pratiques avec des fous, et par la suite, avec « des enfants et des jeunes » en difficulté. On dit « des enfants » et « des jeunes ». Freud parlait « des impubères », mais aujourd’hui, on dit « enfant » ou « mineur », ou « jeune », ou « ado », pour dire inapte à un consentement, tout en différenciant « les enfants » et « les jeunes », ceux qui ont ou n’ont pas la majorité sexuelle. Il y a donc aujourd’hui des « enfants pubères ». J’ai ainsi participé « sans le savoir » à l’accession à la visibilité et au discours d’un nouveau concept et de ce qui a brutalement viré à une nouvelle pathologisation et criminalisation : la pédophilie.
René de Ceccatty parlait ce matin d’une sorte de mise entre parenthèses qu’ont été les années 1970 et disait qu’à l’évidence, quelque chose ne s’était pas transmis. Les tentatives que j’ai pu faire, avec beaucoup d’autres, de transformer les anciens mouroirs d’enfants en lieux de vie, comme on disait, ont connu un arrêt brutal, en 1982, et sont devenues suspectes. Avec l’entrée dans ce que Guattari a pu appeler les années d’hiver, il y a effectivement eu une amnésie collective. Qu’est-ce qui a fait que quelque chose s’est fermé et que les débats en cours ont été, à mon avis, clos ?

Le Coral et l’érotique puérile
On n’a pas oublié le FAHR, même si l’on ne sait plus très précisément quelles avancées il a produites, ni quelle formidable inventivité politique avaient les Gazolines ou les Gouines rouges, – je pense par exemple, à l’incroyable film sur la Banque du sperme… On n’a certes pas oublié le MLF. Mais il y a un silence (et pour le moment, sans doute justifié puisque la censure est féroce) sur l’énorme changement de la fonction de l’enfant dans la société qui s’est produit après les années 1970, à partir je dirais de 1982, ce que Guattari, à une année près, appelle les années d’hiver. Bref, qui se souvient qu’en mai 1977, Libé saluait la création du « Front de libération des pédophiles », immédiatement attaqué par le Parquet ?
Nous avons déjà parlé avec une partie d’entre vous qui êtes ici aujourd’hui, de la naissance du mot « pédophile ». Certes, le mot « pédophile » a été créé dans les années 1900, mais il n’était pratiquement pas utilisé. Et c’est bien dans le mouvement des années 1970 que le mot « pédophile » a pris corps. Gide disait pédéraste même s’il pouvait s’agir de « très jeunes » garçons. Gabriel Matzneff trouvait que le mot « pédophile » « sentait le camphre, la pharmacie, le bromure », (il faut dire que le mot avait fait une brève apparition à propos des Ballets bleus en 1959), aussi proposait-il « philopède ». Malgré les poursuites judiciaires, le Hors série du N°12 de la revue Recherches, « Trois milliards de pervers. Grande encyclopédie des homosexualités », de mars 1973, ou encore le N°19, « COïRE », de René Schérer et Guy Hocquenghem, d’octobre 1976, ou encore le Gai pied, journal des homosexualités, N°0, de février 1979, circulaient, à peine sous le manteau. Impossible de citer tous les débats naissants qui accompagnaient ces publications, tracts, journaux, affiches, (sans parler des graffitis), etc. imprimés sur du mauvais papier où l’on trouvait pêle-mêle la libération des mœurs, le droit à la différence, la liberté sexuelle, la défense de l’avortement, de la prostitution, la levée des tabous, l’amour des couples informels, les communautés, les homosexualités, la zoophilie, la pédophilie, etc. Le seul tabou qui perdurait était l’usage de la violence, et comme l’écrivait Jacques Dugué dans un article de Libé du 27 janvier 1979 : « Qu’on ne laisse subsister des lois que pour des actes sexuels consommés avec violence et qui sont d’ailleurs le plus souvent le fait d’hétérosexuels irascibles sur des petites ou des jeunes filles (3). Pourquoi un homme n’aurait-il pas le droit d’aimer un enfant ? »
Me voilà renvoyée à Freud et à ce qu’il disait à propos de l’amour pour les impubères. Il y a, dans Trois essais sur la théorie du sexuel, des passages très connus, je vais vous en lire un qui l’est peut-être un peu moins (4) : « L’immense force de l’amour ne se montre nulle part plus forte que dans ses aberrations, l’amour pour l’impubère, ou la zoophilie. Ce qu’il y a de plus élevé et de plus bas sont partout attachés de la façon la plus intime dans la sexualité. Du ciel à travers le monde jusqu’à l’enfer (5) ».
Ainsi, malgré beaucoup d’affrontements, – ou grâce à beaucoup d’affrontements –, les débats se poursuivaient. Jusqu’à l’affaire du Coral (6), déclenchée par une dénonciation calomnieuse, en septembre 1982.
Le 21 octobre 1982, une meute de journalistes, micros et caméras au poing, débarquent en hélicoptères en même temps que la police dans un lieu de vie, le Coral, à Aymargues et tournent des images d’arrestations et d’enfants apeurés qui accèdent brutalement à la pleine lumière du journal télévisé de 20 heures. Les enfants sont évacués vers des lieux psychiatriques, le directeur, le psychiatre et quelques éducateurs sont arrêtés. Ce fait divers est un tournant radical dans la cristallisation, quasi d’un seul coup, de toute une série de lois en œuvre aujourd’hui. La presse se déchaîne, pédophilie, inceste, attouchements sexuels, maltraitance de mineurs de moins de 15 ans, exploitation sexuelle des handicapés, etc. Claude Sigala, le directeur, finira par être condamné a trois ans de prison dont trente mois avec sursis, non pas pour pédophilie, mais pour « attentat à la pudeur sur mineurs de moins de quinze ans » (Le Monde, 14 mars 1987). Jean-Michel Carré a tourné, en 1995, au Coral réouvert, un film de fiction, Visiblement je vous aime (7), avec le magnifique acteur Denis Lavant, mais aussi avec les jeunes, les éducateurs, et le directeur Claude Sigala, à nouveau en fonction. Et simultanément, il a tourné un documentaire. Le festival de Cannes s’est extasié et a voulu voir dans le film de fiction un témoignage bien-pensant sur la créativité des handicapés, berk. Alors que le film (et le documentaire) sont très prudemment cryptés. Ils montrent, ou plutôt suggèrent, ce dont avaient été accusés les gens du Coral. À commencer par la première image (qui était à la base de la dénonciation), un jeune homme, nu, (décemment filmé, quoique…) s’arrose longuement avec délices avec un jet d’eau sur la pelouse. Innocemment ? On le regarde. Innocemment ? Tout le monde se touche, se pousse, les lits sont proches, ça gueule, ça rit, ça se roule par terre, on devine les journées au lit à se masturber, les déambulations la nuit dans le jardin, les affrontements musclés, les câlins, bref, tout ce qui est désormais interdit dans les institutions.
Freud et Oskar Panizza : l'amour des enfants / Penser et faire sont une seule et même chose / Mayette Viltard dans Désir microbook
Quelles « personnalités » furent directement emprisonnées, ou inquiétées, ou citées ? René Schérer, Félix Guattari, Gabriel Matzneff, Guy Hocquenghem, Tony Duvert, Michel Foucault, Jack Lang qui dans le Gai Pied du 31décembre 1991 avait écrit : « La sexualité puérile est encore un continent interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages ». Et malgré tous les soutiens, les pétitions, le quasi acquittement de tout le monde, la réouverture du Coral ensuite, le ver était dans le fruit : « Jusqu’où sont-ils allés exactement ? », murmurait-on. Je vais revenir sur cet argument, le pire.
Le tout fut orchestré par la psychanalyse, nous fait remarquer René Schérer dans Une érotique puérile. Jenny Aubry, Maud Mannoni, Françoise Dolto ont été les chevilles ouvrières de la disciplinarisation de l’enfance en fournissant les bases de ce qui sera ensuite retenu pour les transformations des lois pénales. Je laisserai de côté ici Jenny Aubry, avec sa note ambiguë de Lacan (8) sur les utopies communautaires, ou Maud Mannoni et sa façon de soutenir que le symptôme de l’enfant répond à ce qu’il y a de symptomatique dans la structure familiale (9), pour ne retenir ici que Françoise Dolto, contre laquelle René Schérer soutient un brillant pamphlet (10). Car c’est elle qui va déplier tous les termes de la nouveauté psychanalytique des années 1980, elle et tous ceux pour qui elle servait de référence dans la psychanalyse d’enfant. C’est donc elle, le Savonarole des nurseries, comme l’appelle René Schérer, qui va clairement établir que le développement de l’enfant dans sa route vers le génital est dévié par la rencontre d’un adulte pervers et de ce fait, est atteint d’un traumatisme ineffaçable.
Dans la préface à Psychanalyse et famille (11), 1976, Dolto va soutenir que l’adulte éducateur doit être, pour l’enfant, un exemple vivant. Il doit « être prêt à abandonner les plaisirs du corps », il doit être « castré de ses jouissances archaïques » vis-à-vis de l’enfant. Ces mères trop aimantes, (ou parfois les grands-parents, ou même le père) qui considèrent l’enfant comme leur chose, « sont au sens propre, des pédérastes ». Et enfin, des parents si aimants « sont en fait des parents peloteurs ».
La question n’était plus la répression de la masturbation, c’était le contraire. Il était prescrit que l’enfant se masturbe, c’était la preuve d’un bon développement et de la santé de ses pulsions, mais à une condition, c’était qu’il se touche lui- même. Pas question que quiconque d’autre le touche. Comment un geste de « contact » pouvait-il être garanti comme étant strictement dépourvu de tout érotisme ? Tout geste, de fait, devenait corrupteur ! Nous avons donc assisté à cette transformation incroyable, la naissance de l’enfance intouchable. Il est désormais interdit de jouer avec un enfant en pointant un index sur sa joue : « Tu as une tache ! Pistache ! » Et on lui donne une « petite claque ». C’est un des jeux qu’on trouve dans le film sur le Coral dont je vous parlais. C’est aussi le geste érotique qui fait basculer le roman de la Gradiva : une mouche sur la joue, une claque, un baiser. Mieux, l’enfant doit être averti, et très jeune, des risques précis qu’il encourt si un monsieur lui propose des bonbons, ou veut l’aider, ou s’intéresse à lui de quelque façon que ce soit. Aujourd’hui, les enfants de six ans manient avec facilité le vocabulaire de la Brigade des Mineurs, j’en ai de nombreux témoignages.
Et actuellement, nous assistons à la naissance d’une cohorte de lois sur l’enfance qui donnent raison de A jusqu’à Z à René Schérer et Guy Hocquenghem. La claque du jeu érotique est devenue une maltraitance. La violence est devenue un concept qui nécessite un protocole pour y répondre. On signale, on décrit, on dénonce : il y a la levée du secret professionnel pour la pédophilie et la maltraitance. Nous bénéficions du Portail Unique pour tous les dégénérés : les vieux, les fous, les enfants en retard, les déviants, tous ceux qui dépassent de la case des normaux doivent passer par le même Guichet de la Maison De la Personne Handicapée. Une Maison, bien sûr, comme la Maison d’arrêt… Chaque dévié bénéficie d’un projet personnel de redressement, pour définir les prestations qu’on doit lui appliquer. Et à l’abri d’un discours médical et d’un serment d’Hippocrate généralisé, – tu ne désireras pas celui que tu soignes –, l’intouchabilité des enfants est devenue totale, on ne change plus un enfant dans une crèche, on lui donne un soin. Sans oublier les descentes de police dans les établissements si la moindre plainte est déposée pour un supposé non-respect de tout cela : c’est ainsi que la directrice d’un IME, institut médico-éducatif que je connais bien, a vu débarquer récemment, un matin, à l’heure de l’ouverture, une vingtaine de policiers qui se sont dispersés au pas de charge dans tout l’établissement, comme au Coral, pour traquer la maltraitance et empêcher les éducateurs de communiquer entre eux. Quant à elle, embarquée derechef dans un fourgon de police sous les yeux des enfants et des éducateurs pour une mise en garde à vue, on lui a pris dès l’arrivée, le cordon de sa capuche d’anorak, ses collants, et son ADN. Avec discours poli des flics en fin de journée lorsqu’il l’ont relâchée avant la nuit, n’ayant rien « trouvé ».
Quand j’ai lu le livre de Michel Tort, Fin du dogme paternel (12), j’ai en particulier été intéressée par un paragraphe intitulé la « Relance de la gauche libertaire », à propos du courant psychanalytique « nouvelle gauche libertaire lacanienne, post-sadienne » comme il dit, dans lequel il situe Jean Allouch, avec Éthification de la psychanalyse. Calamité (13), ou Marcela Iacub, dans Robopsy – Des lois pour des âmes des âmes pour les lois (14). Il note que ce courant récuse le psychanalyste comme bon pasteur. Mais il critique que dans ce courant libertaire, la psychanalyse, en invoquant la transposition des pulsions qui fait que le sexe n’est pas localisable en quoi que ce soit, serve à ouvrir à l’inéluctable liberté de faire n’importe quoi non pas avec l’autre, mais de l’autre (15). Certes, il précise que ce n’est ni le cas de Jean Allouch pour ce qui concerne la psychanalyse, ni le cas de Marcela Iacub pour ce qui concerne le droit, mais il pose cependant une question. Si on ne dit rien des crimes sexuels, est-ce qu’il n’y a pas là un déni qui rejoint la position qui était celle d’avant les années 1970, de 1880 à 1970 ? Autrement dit, s’agit-il d’une posture libertaire, et peut-être libertine, qui reproduit un déni des violences sexuelles au profit d’un flirt avec la débauche d’antan, et qui équivaut au déni qui recouvrait la pédophilie homosexuelle ?
Nous revoilà avec l’argument qui nous clouait le bec quand nous voulions soutenir le Coral : savez-vous jusqu’où ils sont allés dans leur amour des enfants ? Qu’est-ce que vous en dites ? On n’en disait rien du tout, puisque le débat ayant dégénéré de cette façon, on ne pouvait que se taire. L’humanisme avait repris le dessus. Exactement comme les débats sur les prisons, qui avaient dégénéré en « de bonnes conditions de détention », repeindre les cellules avait remplacé le fond scandaleux de l’affaire qui était de faire bouger les frontières des notions d’innocence et de culpabilité.
Toutefois, j’ai conservé de mes années soixante-dix mes trois intercesseurs freudiens préférés. Je ne dirai rien de Gide aujourd’hui, qui écrivait « Je ferais aussi bien de publier Corydon, voilà quinze ans que je fais de la psychanalyse sans le savoir », ni de Pasolini qui fait le tour du lac dans sa grosse bagnole avec Laura Betti qui doit lire à sa demande les Cinq cas de psychanalyse « parce qu’il y a tout là-dedans » et elle disait « ça donne mal au cœur ». J’aurai recours à Werner Schroeter, véritable obsédé, à une époque, de « l’Homme aux rats », à qui je vais aujourd’hui demander d’intercéder pour entrer dans les arcanes du rêve de Freud qu’on appelle classiquement « le rêve du Comte Thun », une façon de brouiller les cartes d’emblée. Car ce comte s’appelait Faire, le Comte Faire, Graf Thun, et ses ennemis appelaient Graf Nichtsthun, le Comte qui ne fait rien. Et à son propos, Freud rêve cette phrase : « Est-ce que penser et vivre réellement ce qu’on pense sont une seule et même chose ? » L’intention équivaut-elle l’action ? Ses associations l’amènent au Concile d’amour, une pièce d’Oskar Panizza, de 1895, interdite, qui expédia Panizza en prison pendant un an. Werner Schroeter a fait en 1981 le film Le Concile d’amour, inédit en France, interdit en 1985 au Tirol sur demande du diocèse d’Innsbruck, arrêt confirmé par la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 1994.
Mayette Viltard
Freud et Oskar Panizza : l’amour des enfants
Penser et faire sont une seule et même chose

Extrait du texte publié dans Saint Foucault, un miracle ou deux ?
Ouvrage collectif sous la direction de Mayette Viltard
Cahiers de l’Unebévue /
2013
Site de l’ELP
Site de l’Unebévue

morton-bartlett Désir dans Flux
1 Colloque « Saint Foucault : un miracle ou deux ? » Paris, 12 et 13 mai 2012, organisé par la revue l’Unebévue et l’école lacanienne de psychanalyse.
2 Elizabeth Young Bruehl est effectivement allée vivre à Toronto en 2007 avec Christine Dunbar, elle est décédée en décembre 2011. Son livre posthume vient d’être publié : Understanding and Preventing Prejudice Against Children, Yale University Press, 2012.
3 Sous Vichy l’attentat à la pudeur a été codifié différemment selon qu’il était hétéro ou homo, et ce, jusqu’à 1982.
4 S. Freud, Trois essais sur la théorie du sexuel, traduction Christine Toutin, Eric Legroux, Mayette Viltard, édition bilingue, La transa. (interdite jusqu’à janvier 2010).
5 J’ai annoncé mon intervention au colloque par ces quelques lignes : « Dans la forêt obscure le panneau est là. OAPI. Œuvre d’Accroissement des Peines Infernales. L’avais-je déjà vu ? Je suis tellement amnésique. Et sur la pente, une pauvre petite fleur, autre- fois appelée érotique puérile. Comme un soldat disparu. » Un appel à Pasolini et sa Divine mimésis, sa remontée des enfers sur la dure pente fienteuse pour atteindre le purgatoire, sur la plage d’Ostia.
6 Guy Hocquenghem, dans son livre Les Petits garçons, Albin Michel, 1983, raconte l’affaire.
7 Dans le film, tous les jeunes ont évidemment plus de 15 ans, comme la Lolita de Kubrick, sinon, le film aurait été interdit.
8 Jacques Lacan, « Note sur l’enfant 1969 », rédigé par Jenny Aubry à partir de notes manuscrites que Lacan lui a données, dans son livre Enfance abandonnée, Scarabée, 1983, repris dans Ornicar ? 1986, puis dans Autres écrits, Seuil, 2001, p. 373.
9 Maud Mannoni, l’Enfant arriéré et sa mère, Seuil, 1964, L’enfant, « sa maladie » et les autres, Seuil, 1967, etc.
10 René Schérer, Une érotique puérile, Paris, Galilée, 1978.
11 Françoise Dolto, Préface à Psychanalyse et famille, du Dr. David, Paris, Armand Colin, 1976.
12 Michel Tort, Fin du dogme paternel, Paris, Flammarion Aubier, 2005.
13 Jean Allouch, Éthification de la psychanalyse. Calamité, Cahiers de l’Unebévue, 1997.
14 Marcela Iacub, « L’esprit des peines et les transformations réelles du droit pénal en matière sexuelle », in « Robopsy, des lois pour les âmes, des âmes pour les lois », l’Unebévue, revue de psychanalyse, N°20, Paris, unebévue-éditeur, 2002.
15 Il ne cite aucun exemple.

Le voile intégral comme trend hypermoderne / Raphaël Liogier

Depuis les années 2000 apparaissent en Europe des jeunes femmes portant un voile intégral, en général un niqab qui recouvre tout le visage sauf les yeux, dans la tradition des pays arabes du golfe persique. On pourrait croire que la résurgence de ce voile relève d’une imposition masculine, et (ou) d’une poussée de radicalisme islamique. Or ce qui en prend l’apparence et est perçu comme telles par les autres, n’est ni l’une ni l’autre pour ses protagonistes. Ce voile – spécifiquement celui que se développe maintenant dans les sociétés industrielles avancées et non le voile musulman en général – est non seulement majoritairement volontaire mais hypervolontaire, si l’on peut dire : il traduit un désir d’ascétisme, de changement existentiel total, le désir d’une reconversion radicale, d’exhiber son identité, de la rendre visible. C’est aussi parce qu’un tel vêtement est pénible à porter qu’il est désiré, car il exprime ainsi non pas la soumission à un ordre social, à une culture archaïque, mais un choix profond, contraignant et… ostensible. C’est un voile de distinction, entendons une façon de se distinguer aux yeux de Dieu et… des autres, il n’est donc pas prosélyte. Si tout le monde le portait, il en deviendrait moins désirable. Le problème n’est pas de savoir, comme il a pu être discuté dans les médias, s’il s’agit d’un « vrai » accoutrement musulman. Les Evangiles ne prescrivent pas de se vêtir d’une manière ou d’une autre, ce qui n’empêche pas les Souverains Pontifes successifs de l’Eglise catholique et romaine de porter des bijoux symboliques ; ce qui n’empêche pas non plus des millions de chrétiens d’arborer fièrement une croix sur leur poitrine.
Ce sont les motivations des fidèles qui importent, le sens de leur désir. L’expression de la foi se traduit d’ailleurs toujours, même si l’habit ne fait pas le moine, par une tenue, au sens de se tenir, de se mouvoir d’une certaine manière, mais aussi de se vêtir d’une certaine manière. Si la foi ne se démontre pas, force est dès lors de constater qu’elle se montre. C’est même parce qu’elle ne peut absolument pas, par nature, se démontrer que la foi a besoin en contrepartie de se montrer, qu’elle a besoin de lustre, d’éclat, de décorum. Au point que l’on définit parfois le sacré par ce décorum. Par le décor, par la pompe et par l’habit, un lieu, un moment ou un mode de vie sont sacralisés. Les bijoux, les parures, racontent l’histoire de ce que nous voudrions être. Ce qui distingue extérieurement un temple d’un simple bâtiment, c’est aussi sa parure. Prendre une résolution consiste, d’abord, à se raconter cette résolution, à s’en donner des preuves tangibles, visibles dans la glace le matin, jetant un œil discret sur l’arrangement de notre physionomie. Changer, c’est changer ses habitudes alimentaires, son habillement, radicalement parfois, en se perçant de part en part de bijoux de métal, se maquillant et se vêtissant en noir ébène comme les jeunes adeptes du gothisme. Sans aller jusqu’à l’entrée en religion stricto sensu, le seul fait de se raser, de se vêtir autrement, participe à l’état d’esprit d’une journée que l’on veut réussie, participe à renforcer une intention. Or, il s’agit exactement de cela chez ces femmes et jeunes filles qui arpentent fièrement les rues des grandes métropoles occidentales en voile intégral. En tout cas, nous n’avons pu rencontrer aucune femme, même s’il y en a sûrement par hypothèse, qui déclare, même anonymement et après plusieurs mois de prise de contact régulière, se sentir contrainte. Qu’une telle contrainte existe dans certaines conditions sociales n’est pas l’objet de cet article.
L’enquête menée pendant près d’un an par Agnès de Féo, et soutenue par l’Observatoire du religieux (1), qui a donné lieu à un documentaire ethnographique saisissant (2), décrit les aspects innovants, hypermodernes, du voile intégral. La décision de porter ce vêtement apparaît très réfléchie, acte fort participant de la reconversion à un islam réimaginé, et déconnecté de son histoire traditionnelle. Les femmes qui le portent entendent « se retrouver », « se rapprocher de Dieu » mais surtout « d’elles-mêmes ». Cette métamorphose intérieure s’exprime d’abord par un changement dans le décor (l’ameublement de leur habitation) et dans la présentation de soi (le voile intégral !). Elles tiennent, pour la plupart, un discours très libéral et rationnel, sur leur « engagement spirituel », sur la voie qu’elles entendent suivre pour se transformer, sur le fait que chacun doit pouvoir exprimer ses engagements intérieurs comme il le désire.
Trois catégories apparaissent (3). Les jeunes filles ayant entre 17 et 29 ans, pour la plupart nées en France, issues de famille d’origine musulmane mais souvent ni croyantes ni pratiquantes. Comme dans le cas de Khadîdja, d’origine maghrébine, qui affirme que ses parents sont architecte pour l’un et médecin pour l’autre, et ne comprennent pas son attitude, mais qui dénie surtout à quiconque (à ses parents en priorité) le droit de juger son « choix ». Elle affirme qu’elle veut choisir sa vie, que personne n’a le droit de lui imposer une ligne directrice. Ces jeunes filles n’adhèrent en général à aucune organisation fondamentaliste particulière, mais entendent être des musulmanes totales si l’on veut, comme beaucoup de jeunes aujourd’hui entendent être totalement quelque chose, absolument différents, originaux et en même temps appartenir à un groupe, à un petit monde d’élus. Cette volonté d’appartenir totalement à un petit monde choisi, à un groupe, à une identité, est typique de l’hypermodernité. Célibataires pour la plupart, elles se projettent sur la scène d’un monde où elles s’apparaissent comme hypermusulmanes. Certains quartiers, comme la rue Jean-Pierre Timbaud à Paris, où les boutiques d’accessoires musulmans, les librairies « fondamentalistes » sont pléthore, deviennent, comme certaines rues gay, des lieux où il est de bon ton d’exhiber un style, de se montrer plus-que-musulman, musulman hype. Dans ce sens, les formes variées de la radicalité se déclinent, elles aussi, selon des modalités esthétiques. La modernité, d’ailleurs, est la liberté, juridiquement protégée, de vivre selon différents modes de vie, différentes modalités esthétiques, de suivre tel mode de pensée, telle religion ou telle autre, et de suivre aussi, vestimentairement, telle mode ou telle autre. Pousser à l’extrême, cette multiplication des modes, radicalisée dans leurs expressions volontairement visibles, autrement dit ostensibles, est exactement ce qui définit l’hypermodernité.
La deuxième catégorie de ces reconverties est aussi embarquée dans la quête du retour au « vrai » soi. Âgées entre 30 et 47 ans, ces femmes entendent s’amender d’un passé regrettable (du moins qu’elles disent regretter), qui aurait été empreint de mauvaises fréquentations, de délinquance, de promiscuités sexuelles, d’usage de drogue. Le voile intégral est, pour elles, une rédemption, une façon de changer intégralement de chemin. Soit elles sont célibataires (parfois divorcées), soit mariées. Dans ce dernier cas, elles imposent à leur époux leur propre exigence spirituelle et leurs principes dans la vie quotidienne. C’est une manière, aussi, de prouver à l’époux leur attachement et leur dévouement, et d’exiger en retour une fidélité pointilleuse. Le voile est donc ainsi un instrument de contrôle, un vecteur de puissance féminine au sein du couple.
Enfin, la dernière catégorie, beaucoup moins présente en Europe, qui se trouve surtout dans les pays majoritairement musulmans comme l’Indonésie, est celle du voile que j’appelle ménopausée. En effet, après la ménopause il n’est plus traditionnellement exigé des femmes musulmanes la même rigueur, la même pudeur que celle que l’on attend des jeunes (4), et c’est exactement ce moment qui est choisi par certaines d’entre elles pour porter le niqab. Cette reconversion, souvent soudaine, décrite par les intéressées comme une exigence de leur foi retrouvée, d’un revival, relève aussi, au moins de la coquetterie, au plus de la tentative d’entretenir le mystère sur leur âge réel et de maintenir ainsi une charge érotique. Ces femmes sont en général très évasives sur leur âge, éludant la question, et peuvent même, nous en avons fait l’expérience, aller jusqu’à se rajeunir par quelque pieux mensonge. Cette dimension érotique n’est pas absente dans les deux premières catégories : entretien du mystère d’une beauté qui se dérobe, se voile, et doit donc être méritée et conquise tant elle est extra-ordinaire. Ces catégories bien que schématiques, et très approximatives, apparaissent clairement à l’écoute attentive et continue des discours de ces femmes.
Ces femmes européennes qui décident de porter le voile intégral ne se refusent pas pour autant à faire du sport, à aller au cinéma, à sortir au restaurant, bien au contraire. Elles se veulent des croyantes modernes mais ascétiques, engagées dans une voie spirituelle rigoureuse. Si elles n’étaient pas d’origine maghrébine, subsaharienne ou pakistanaise, elles auraient pu choisir de devenir gothic, néo-bouddhiste, néo-hindouiste, de se lancer corps et âme dans un groupe new age, de devenir végétalienne, de se teindre les cheveux en jaune paille, de faire dix heures de méditation par jour et de réciter des mantras. L’islam était à la fois plus proche d’elles (nostalgie des racines) et dérobé (racines perdues), par conséquent plus désirable, mystérieux, et, en même temps, certes, sulfureux et provocant. La décision est souvent déclenchée par une « rencontre exceptionnelle », quelqu’un qui fait figure de modèle, ou bien elle est un simple élément d’un contexte plus large, celui d’une résolution matrimoniale par exemple.
Nous avons affaire, indéniablement, à du fondamentalisme : désir de retourner à des fondements, à une pure origine (si pure qu’elle ne peut qu’en être imaginée). Mais ce fondamentalisme musulman nouveau ressemble à celui d’un néo-bouddhiste contemporain qui ne se contenterait pas comme la majorité de ses coreligionnaires européens ou américains de suivre quelques enseignements du dalaï-lama en cdrom et de faire un stage de méditation de temps à autre, mais se prendrait plus radicalement au jeu de la spiritualité en rasant ses cheveux, pour extirper la racine des désirs (ainsi que l’énoncent les textes), s’accoutrerait d’une saillante robe safran, et se baladerait hardiment et pieds nus sur le Pont Neuf à Paris ou dans Central Park à New York en pleine journée devant des touristes amusés. Seulement voilà, avec le voile intégral, les touristes ne sont pas amusés mais saisis par la peur. Parce qu’ils projètent l’image de l’islamisme, caractérisée au mieux par l’enfermement de ces femmes derrière cette « terrible prison de tissu », au pire par une déclaration de guerre contre l’Occident, une machiavélique conspiration contre la démocratie, contre « nos » valeurs sacrées, dont ce vêtement auto-stigmatisant ne peut qu’être l’effrayant et intolérable emblème. Alors que, non seulement il ne s’agit pas d’une imposition, en général (5), mais d’un phénomène nouveau de décrochage entre le fondamentalisme islamiste (politisé, organisé en réseaux, avec une idéologie, un projet qui peut déboucher sur le terrorisme) et un nouveau fondamentalisme, individualiste, voire narcissique, proche du développement personnel, qui se caractérise par une volonté de changement intérieur, mystique, par un désir de retour aux fondements certes, mais apolitique et spiritualiste, ce qui le rapproche des néo-bouddhistes occidentaux. Un des points communs de ces femmes est de n’appartenir, pour la plupart d’entre elles, à aucune organisation islamique spécifique, de ne se soumettre à aucun réseau, et de n’être sensibles qu’au discours spiritualiste.
Le simple voile, qui s’est développé chez les jeunes filles et les femmes musulmanes dès les années 80, traduisait déjà un revival, avec une tendance esthétisante, que j’avais déjà appelé à l’époque le voile de distinction, mais aussi avec une tendance fondamentaliste plus politisée, réactionnelle, réagissant au fait de se sentir une minorité oppressée. En revanche, ce simple voile n’avait pas la signification spiritualiste new age que l’on retrouvait à l’époque exclusivement chez les néo-soufis (6).
Paradoxalement donc, cette nouvelle radicalité, qui s’habille d’une certaine excentricité, ne traduit pas une résurgence de l’islamisme, mais plutôt son décrochage, sa perte d’audience relative dans les nouvelles générations de musulmans au profit d’une spiritualisation dépolitisée, qui n’existait pas à ce point dans les années 80. Non pas infiltration islamique de la modernité donc, mais au contraire, et contrairement aux apparences, infiltration hypermoderne de l’islam. Le niqab fait aujourd’hui partie des objets religieux mondialisés qui se retrouvent non seulement en Europe, mais aussi en Australie, aux États-Unis, au Canada, (etc.), avec les mêmes profils d’individus hypervolontaires qui entendent dire fièrement et ostensiblement avec leur corps, comme Menahal Begawala, jeune femme de 28 ans d’origine indienne élevée dans le Queens : « je suis musulmane » (7). Que porter ce vêtement paraisse masochiste à certaines, qu’il le soit d’ailleurs, ne change rien au fait qu’il s’agit d’une expression – inattendue peut-être, agaçante sans doute ! – d’un désir. Ces femmes n’ont véritablement pas le sentiment de brider leur corps, de l’étouffer (encore une fois celles avec qui nous avons été en contact), mais de faire quelque chose avec lui, de le rendre plus précieux (si ce n’est, pour certaines d’entre elles, désirable), de le spiritualiser. Cette tendance – comme il y a des tendances dans l’évolution des modes (des trends) – est d’ailleurs aussi inattendue et angoissante pour la plupart des musulmans classiques, aux États-Unis comme en Europe, que pour les non musulmans. Par ailleurs, et pour finir, et puisque les voix anti-niqab (8) les plus virulentes s’élèvent au nom de la lutte contre la domination masculine, je crois qu’il n’y a pas pire manifestation de domination masculine que d’estimer que ces femmes ne sont pas capables de dire ce qu’elles pensent, comme si nous avions affaire à des incapables au sens juridique du terme, des personnes mentalement retardées. N’accorder aucun crédit à leur parole alors même qu’elles argumentent, expliquent, illustrent en général leur choix, et répéter inlassablement (et mécaniquement), qu’elles sont manipulées, relève d’une forme discrète, mais très efficace, de mépris. Réduites comme elles le sont à de vulgaires potiches, à de pauvres femmes qui ne peuvent pas, par principe, savoir ce qu’elles veulent, et qui, en premier lieu, ne peuvent pas vouloir une chose pareille, il convient de prendre, pour elles, dans leur intérêt, des mesures protectrices, comme l’on protège un enfant contre lui-même, ou… une femme contre elle-même dans la plus belle tradition politico-médicale de contrôle de l’hystérie au XIXe siècle si bien décrite par Michel Foucault. Ce sont d’ailleurs de telles mesures, entre hygiène publique et rééducation républicaine, que réclamait le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale : envoyer des médiatrices dans « les quartiers » pour faire revenir ces femmes dans le droit chemin, les déniaiser en quelque sorte, et, en cas d’échec de cette rééducation républicaine, passer à proprement parler à la contrainte par corps !
Raphaël Liogier
le Voile intégral comme trend hypermoderne / 2010
publié dans Multitudes n°42, Gouines rouges, viragos vertes
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1 www.world-religion-watch.org
2 Agnès de Féo, Sous la burqa, Paris, Sasana Productions, 2010.
3 Sur 53 femmes enquêtées en l’état, mais l’enquête se poursuit (sachant que les évaluations les plus sérieuses du nombre de femmes portant cet habit ne permettent pas d’aller au-delà de 600 femmes pour la France). L’échantillon est donc tout à fait honorable.
4 L’explication est assez simple : n’étant plus fécondes, les femmes ménopausées ne représentent plus un risque de conflit.
5 Si le cas d’une imposition peut exister, on a du mal à comprendre ce que changerait l’interdiction du voile intégral dans les espaces publics, car, en effet, si problème de violence faite aux femmes il y a, c’est un problème de violence intime, secrète, une violence masculine protégée par les murs du foyer familial. Interdire le voile dans la rue n’empêchera pas aux hommes de l’imposer dans le foyer, mais imposera aux femmes qui souhaitent le porter de ne pas le faire. Si violence est faite par le biais du voile, il semble préférable de chercher à punir l’homme qui s’en est rendu coupable plutôt que de proscrire le voile. Même si nombre de femmes ont pu être physiquement abusées au moyen de ceintures de cuir, personne n’a jamais sérieusement songé à proscrire la ceinture, mais plutôt à punir la main qui s’en saisi pour frapper ou pour étrangler.
6 Raphaël Liogier, Une laïcité légitime, Paris, Entrelacs, 2006, pp.113-152.
7 Lorraine Ali, “Behind the Veil”, The New York Times, June 11, 2010.
8 Je tiens à préciser que je ne suis a priori ni pour ni contre le niqab. Je suis seulement contre une loi qui interdirait à des gens de se vêtir comme ils le désirent… dans la limite de l’ordre public (tranquillité, salubrité, sécurité publique).




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