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Les Bateaux noirs du genre / l’Unebévue n°28

Comité nomade
Ninette Succab-Glissant / Xavier Leconte / Anne-Marie Vanhove

Sommaire :

Penser le monde entier aujourd’hui comme somptueusement illégitime. En hommage à Édouard Glissant
http://www.unebevue.org/unebeweb/28/hommage

Un Carlyle représente le sujet pour un autre Melville. Copyleft / Xavier Leconte
Le moment où un jeune homme s’enrôle sur un bateau noir est aussi fatidique que l’instant où une moniale épouse le Christ. Comme la jeune fille au Carmel, le pirate se voue à l’absence. En prenant librement de la testostérone, Beatriz Preciado se proclame « pirate de genre », elle n’en passera pas par les fourches caudines d’un protocole, elle sera un usager copyleft. Faut-il suivre Lacan, qui déclare que le Sartor Resartus, de Carlyle, est l’annonce de ce qu’avec Marx et Freud, le sujet va subir ? Melville, dans Moby Dick, guerroie contre l’idéalisme et maugrée : « Ferme ta bouche, vieux Carlyle, toi et ton Goethe ! » Serions-nous devenus les poissonstenus du capitalisme pharmacopornographique, de drôles de poissons, ni corps vivants, ni corps morts, mais connecteurs présents ou absents, actuels ou virtuels ?

Akoma, traversée de mots parmi les arbres / Franz Succab
… Par-dessus tout cela, il y avait la langue ancestrale et le nombre inimaginable de choses et de gestes qu’elle pouvait déjà kriyé. Si bien que parler avec les parents cette autre langue obligatoire à l’école, impliquait de taire la nôtre de l’intérieur. Pire encore lorsqu’il a fallu passer à l’écrit. Quand on change de langue ou quand on passe de la bouche à la plume, on émigre d’un lieu à l’autre, d’un univers à l’autre. On mue. C’est ainsi que je suis parti, avec quelques autres, en me prémunissant contre toute nostalgie, qui-veut-dire, tout retour en enfance. Et ma langue, réputée babillarde, voire primitive, devint nomade.

Message d’une fille de rédacteur sportif : les espèces compagnes / Donna Haraway (traduction Denis Petit)
Les camarades accompagnant mon père – les nouages constitutifs d’espèces compagnes qui retiennent mon attention – ne sont ni moi ni aucun autre organisme, mais une paire de béquilles et deux fauteuils roulants. Ils furent ses partenaires dans le jeu pour mener sa vie. Il vivait en relation avec sa propre présence physique d’une façon qui n’a jamais considéré une seule minute que le déni ou l’immobilité – c’est-à-dire une vie hors du corps – soit une option viable. Le mode de vie viable, c’était la relation d’espèces compagnes.

Créoliser un fantasme de soumission. Isaac Julien, un artiste postcolonial / Ninette Succab-Glissant
http://www.unebevue.org/unebeweb/28/isaac-julien-un-artiste-postcolonial
« Je joue avec la surface de la scène pour qu’elle forme une relation importante entre la scène gay contemporaine et l’histoire ancienne » dit Isaac Julien. Sur fond d’un tableau de Briard, La traite des nègres, il crée des tableaux vivants qui présentent d’autres formes de sexualité de l’homme noir et articulent une tension entre les affirmations historiques ethniques et un discours qui veut dénier ces énoncés. Il nous amène à reconnaître que l’expérience coloniale a affecté la constitution sociale et psychique des deux parts. Il permet la fabrication d’une sorte de mémoire imaginaire où l’identité gay croise sans contestation un espace intermédiaire politiquement et psychologiquement fragmenté. En cela, son film, The Attendant, parle à la fois à la diaspora africaine et au monde occidental.

Basquiat / Warhol, une rencontre queer / Anne-Marie Vanhove
http://www.unebevue.org/unebeweb/28/basquiatwarhol
C’est l’histoire de la rencontre entre deux artistes majeurs, héros queer des années quatre-vingts, l’un, enfant noir des classes moyennes, de père haïtien et de mère portoricaine, vivant à Brooklyn, l’autre, enfant blanc timide et un peu chochotte, devenu une reine fabuleuse de la lascivité et la pornographie, l’un soumis au racisme, l’autre à l’homophobie. José Esteban Muñoz, professeur assistant de Performance Studies à l’école Tish d’Art de l’Université de New York fait de la rencontre Jean-Michel Basquiat / Andy Warhol un exemple de rencontre queer qui lui semble illustrer ce qu’il appelle la « désidentification ».

Colère / Françoise Vergès
Tu t’es toujours promis d’éviter une colère aveugle. Tu as toujours voulu que la colère nourrisse la pensée, que ta colère soit à la hauteur de la pensée. Colère devant la violence du monde, devant la morgue et l’arrogance des puissants, devant leur soif de posséder, leur avidité, leur mépris. Tu te souviens que tu as remarqué dès ta petite enfance des marques de cette morgue, de ce mépris. Tu as grandi dans une de ces anciennes colonies, devenues département français en 1946. La misère était là sous tes yeux.

RER, dernière station / Claudine Davril
20 heures, le RER arrive à la dernière station. Je me lève et regarde derrière moi. Surprise : nous ne sommes plus que deux dans le wagon. Une jeune femme brune aux cheveux longs est déjà debout près de la porte, le visage tendu. Il faut sortir de mes rêveries et changer de rythme… Le passage est en partie obstrué. Quelques jndcit sont grimpés sur les portillons et envahissent l’accès vers la sortie.

Poèmes / Kpêdétin Ahouansou
http://www.unebevue.org/unebeweb/28/me-skin
Je. Ne suis pas folle

Les peintres « Saint Soleil » d’Haïti / Dany Ducosson
http://www.unebevue.org/unebeweb/28/saint-soleil
Le mouvement des peintres Saint Soleil est tout à fait singulier dans l’histoire de la peinture haïtienne. Il résulte d’un projet d’un artiste haïtien Jean-Claude Garoute dit « Tiga », décédé en 2006, qui voulait créer une communauté artistique qui serait en quelque sorte une production collective de résistance des pauvres, du peuple. J’ai eu, grâce à une amie peintre, Odile Latortue, la possibilité en 1997 de le rencontrer ainsi que quelques-uns des peintres : Dieuseul Paul, Louisiane Saint-Fleurant, Saint-Jean, Denis Smith.

N’y va pas sans la rage. De Dylan Thomas à Sherman Alexie / Traduction Nicolas Plachinski
Le poème du gallois Dylan Thomas vient subvertir le récit de Sherman Alexie, tout comme la femme indienne subvertit les sex toys américains. Rage, rage against the dying of the light. Les enfants du peuple indien n’accepteront pas sans rage la mort de la lumière.

Passer les plombs / Anne Marie Ringenbach
http://www.unebevue.org/unebeweb/28/passer-les-plombs
Rencontrer Lena Goarnisson met en demeure de nous confronter à notre propre version du deuil. Aux antipodes du compassionnel et du lacrymal, elle a développé, depuis 1997, une démarche de production artistique directe avec les personnes qui accueillent son projet Memento Mori. Il s’énonce comme point de départ d’une réflexion collective, à partir d’un objet qu’elle fabrique, un plomb, en échange du récit d’un événement dramatique ayant entraîné la mort d’une ou plusieurs personnes. Les plombs voyagent avec leurs porteurs, ce qui assure une circulation des morts parmi les vivants. Les morts acquièrent une certaine forme de nomadisme, traversant famille, pays, toutes catégories qui soutiennent mais aussi séparent les vivants entre eux.

Pléthore de morts-vivants / Rosine Liénard
« Zombie » : drôle de mot, né dans une île, Haïti, et issu d’un double drame, l’esclavage, et la traite des Noirs africains. Les zombies, depuis, ont couru le monde. On les croyait cantonnés à la culture populaire, aux films, aux comics books ou aux jeux vidéos, mais voilà qu’ils s’attaquent à la recherche, infectent le champ universitaire, parasitent les nouvelles technologies. Serions-nous devant un des mythes de notre monde moderne ?

Ceci n’est pas une sculpture / Mireille Lauze
http://www.unebevue.org/unebeweb/28/ceci-nest-pas-une-sculpture
Plus loin, de derrière les pins, une chose apparaît et fait signe, masse noire retenant un éclat de lumière. Une non-sculpture, bloc de matière indéfinie tourmentée de quelles forces… Nous saurons plus tard : elle est un fragment d’avion explosé en plein vol en 1963. Tout se mêle… minéral, humain, végétal… Chairs brûlées d’hommes, bois d’arbres calcinés, métaux en fusion.

La couleur comme caravansérail philosophique. Les fondements de la phénoménologie & l’inventaire de Romano / Jean-Claude Dumoncel
Cet article est un compte rendu rigoureux de l’ouvrage de Claude Romano, Au coeur de la raison, la Phénoménologie dont le chapitre VIII est un véritable Compendium de la Couleur considérée d’un point de vue philosophique. Ce chapitre roule essentiellement sur trois types de propositions qui sont respectivement illustrés par les trois exemples suivants : (a) La couleur est étendue. (b) Une même surface ne peut être entièrement bleue et jaune. (c) Entre le rouge et le jaune il y a l’orangé. La proposition (a) est à comprendre selon la thèse de Berkeley quand il énonce en passant, comme allant de soi, que la couleur ne peut exister sans étendue.
La proposition (b) offre un exemple de la pierre d’achoppement à laquelle s’est heurté selon Wittgenstein l’atomisme logique exposé dans son Tractatus logico-philosophicus. La proposition (c) offre un paradigme de la Grammaire ou Géométrie des couleurs développée par le second Wittgenstein, paradigme de sa Grammaire Philosophique.
l’Unebévue n° 28
les Bateaux noirs du genre / juin 2011

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Testo Junkie / le féminisme d’Etat / Beatriz Preciado

La pilule et le féminisme d’Etat.
Le coup de maître du régime pharmacopornographique est d’avoir utilisé les rhétoriques révolutionnaires du mouvement féministe des années 60 afin de faire passer la nouvelle gestion pharmacopornographique du corps pour une étape de la libération sexuelle (dans le cas de la pilule). Parallèlement, le féminisme abolitionniste confie la gestion de la production de représentations pornographiques et du marché de la prostitution à l’Etat en exigeant l’abolition de la prostitution et la pénalisation de la pornographie (*). Dans le cas de la pornographie, le résultat de ces mesures est la réduction de l’industrie du sexe à une économie souterraine, la marginalisation et la paupérisation de ses travailleurs. Concernant la « politique de planning familial », le résultat est l’administration massive d’oestrogène et de progestérone à toute bio-femme en âge d’être fertile. Nous pouvons affirmer, non sans une certaine angoisse, que le féminisme libéral abolitionniste a pu fonctionner comme un des appareils idéologiques para-étatiques du régime pharmacopornographique. Dans cette situation, il ne nous reste que peu d’options : il est nécessaire de mettre en pratique un féminisme moléculaire et post-pornographique contre le féminisme d’Etat. Il faut se réapproprier la grammaire et les techniques dont le féminisme libéral nous a spoliés pour déclencher une nouvelle révolution pharmacopornographique.
Comme méthode contraceptive, le féminisme aurait pu décréter obligatoire la masturbation technique, promulguer la grève sexuelle des femmes hétérosexuelles et fertiles, le lesbianisme de masse, la ligature des trompes obligatoires dès l’adolescence, l’avortement libre et gratuit, voire l’infanticide, si nécessaire. Une scénario encore plus prometteur : il était possible, d’un point de vue biotechnologique, d’exiger l’administration à toutes les femmes en âge de tomber enceinte d’une microdose mensuelle de testostérone, à la fois comme contraceptif et comme méthode de régulation politique du genre. Cette mesure en aurait terminé une fois pour toutes avec a différence sexuelle et l’hégémonie hétérosexuelle. Cela ne signifie pas que les biofemmes (testostéronées) auraient cessé de baiser avec les biohommes, mais cet acte n’aurait pas pu continuer d’être interprété comme purement hétérosexuel. Il n’aurait eu aucune fin reproductrice ; en outre il n’aurait plus été question de la rencontre entre deux personnes de sexe opposé, mais plutôt de sexe gay avec possibilité de pénétration vaginale. Le féminisme de l’après-guerre aurait aussi pu s’intéresser à la gestion du corps des biohommes et déclarer d’intérêt national : la castration, l’homosexualité, l’utilisation obligatoire du préservatif, l’obturation du canal séminal, l’administration généralisée d’une androcure (qui diminue la production de testostérone chez les biohommes), etc. Oui, il y avait d’autres possibilités, mais le féminisme libéral a conclu un pacte avec le système pharmacopornographique.
Beatriz Preciado
Testo Junkie / 2008
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* Le cas le plus représentatif de l’utilisation du féminisme comme technique étatique de contrôle de la prostitution et de la pornographie a eu lieu dans les années 90 au Canada, où l’Etat sollicite les rhétoriques féministes pour mettre en place sa politique abolitionniste.

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