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Conseils d’un disciple de Morrison à un fanatique de Joyce / Roberto Bolaño et Antoni García Porta

Cant de Dédalus aunciant fi
SYNOPSIS
Dedalus comme homme mûr. Autodidacte. Lassitude et abandon de la littérature. Repli sur un seul auteur : Joyce. Prétention à transformer certains moments de sa vie en copie de celle du maître. Séparation avec la femme et le fils. relation hebdomadaire avec une prostituée. Le dur comme érudit. Relation avec un groupe terroriste (son encadrement dans le groupe). Travail dans le bureau qu’il quittera lorsqu’il se verra plus tard poursuivi par la police. Problème existentiel. Pratiques de braquages. La nouvelle vie. Discussions politiques avec le groupe armé (divergences) qui se sert de lui, à son insu, pour faire perdre la piste à la police. Nécessité de mettre du fric de côté pour avoir une planque confortable à proximité, le cauchemar. La solitude. Le problème oedipien dans les lettres qu’il envoie à sa mère. L’alcool et les drogues. Ses mouvements dans la ville. Enquête policière. Surveillance de la prostituée. Fuite en France. Voyage d’amour. Abandon à Paris. Séjour. Promenades. Le héros Joyce. Solitude parisienne. Désirs de retour. Discussion avec le chef de la bande. Interdiction faite par ses compagnons de retourner dans la péninsule. fuite spectaculaire après un attentat. Personne ne désire courir le risque de sa capture. Retour à Barcelone. Il se sait recherché. Trouve refuge chez d’anciennes amitiés. Erreur. Fusillade et mort.
DONNÉES POUR UNE BIOGRAPHIE DE DEDALUS
Naissance à Barcelone / A trois ans, la famille déménage au Brésil / Souvenirs du départ / Images comme des flashs sans bande-son / Printemps, père, mère, frère, valises / Escale aux Canaries / La mère malade / Recherche de médicaments sur le port / et ses alentours la nuit / Peur que le bateau lève l’ancre sans eux / Les lumières de la ville / Etat de Sao Paulo / Divers domiciles dans des agglomérations nouvelles / Cofondateurs de celles-ci avec d’autres familles / Idée tropicale / Villa Santo Eduardo / Villa Rica / Villa Formosa / Vie avec les Noirs / Maison type : deux pièces, un lit pour les quatre / Enfouissement des excréments dans la forêt / Chaleur / Inondations / Noirs à cheval armés de pistolets / Père vendeur de cadenas / Manoeuvre dans la construction / Rapiéçages / Courtier e produit de grande consommation / Douze heures de travail / Inondations ; un noir ivre qui se noie dans la rivière / La mère lui apprend à lire / Jeux dans la boue / La forêt : serpents et autres animaux / La famille décide de retourner à Barcelone / Croit découvrir une sensation amoureuse lorsque, pendant le voyage, avant de prendre le bateau, il découvre une fillette blonde et blanche / S’établissent dans la quartier de la Horta / Rentrée dans une école « nationale » du quartier / Poêle au pétrole : intoxication / Films de Charlot, Laurel et Hardy, etc., dans la rue / Confection de tapis de fleurs pour les processions / Silhouette physique mince et élancée / Manque d’amis / Entrée dans une école de formation professionnelle / Vit dans le Carmelo et à Mirasol / Retour à Horta / A treize ans fait une crise d’appendicite qui est considérée comme grave et frôle la mort / A quatorze ans s’enfuit de son foyer / Motif : son père veut qu’il soit dessinateur, lui veut être écrivain / Arrive au monastère de Montserrat, son père va le chercher / Epoque de liberté / Finit les études de dessin : Va étudier alternativement sculpture et peinture / Abandonne ses études / Ses parents se convertissent à la religion protestante, secte des baptistes / Barrio Chino, hippies, drogues, musique / Travail de dessinateur / Premières petites amies à quatorze et quinze ans / Première relation sexuelle à dix-sept ans avec une prostituée / Quelques mois plus tard avec une fille du bureau.
LECTURES
Arrive à la littérature à travers la musique et les mouvements protestataires nés aux Etats-Unis par l’intermédiaire de chanteurs et de poètes. En lisant Morrison, Dylan, ginsberg, Kerouac ou Jones, il prend connaissance d’autres noms auxquels il va s’intéresser. C’est comme ça qu’il arrive à Pound, Cummings, Gertrude Stein et d’autres, tissant un immense réseau de noms. Président de la séance : James Joyce. Son intérêt pour la littérature catalane est une affaire différente ; les vers de Ferrater lui plaisent, il ne crache pas sur Pedrolo, même s’il préfère les Barcelonais qui écrive en castillan. Avec les Français, il est plus à l’aise : il découvre Georges Perec et JMG Le Clézio. dans un courrier à un ami, il cite également comme écrivain qui a eu une grande influence sur lui Nestor Sanchez : l’homme perdu, l’homme disparu – est-ce pour des raisons politiques ou parce qu’il l’a voulu, on ne le sait pas ; enfin, le musicien qui offre une mort miséricordieuse à l’écrivain.
NOTES
- Critique littéraire J. Joyce. Plusieurs oeuvres.
- Fidèles du rognon de porc à ce jour-là (jeudi 16 juin 1904, « Bloomsday »)
- Décadence parallèle d’Ulysse et de Dedalus.
- Oreille musicale.
- Première partie. Jusqu’à la fuite en France.
- Deuxième partie. Paris.
- Troisième partie. Le retour : Dedalus revient à la maison.
- Attention aux vêtements.
- Périodes de l’année par lesquelles la narration passe.
- La question des barbituriques et des biodramines.
- Rencontre avec de vieux compagnons littéraires.
- Première édition en castillan d’Ulysse. (Année ?…)
- Voyage en France. Amour dans le train : Giacomo Joyce, bourjoyce.
- L’Odyssée. Est-ce de cet oeuvre que proviennent des chapitres comme Télémaque, Pénélope, Charybde et Scylla ? Ne pas commettre d’erreur à cause de cela.
- Paris. Lieux où a habité Joyce. Restaurants, Les Trianons, Shakespeare and Company – Left Bank Facing Notre-Dame (même si celle-là n’était pas la même. Celle d’origine se trouvait, d’abord, au numéro 8 de la rue Dupuytren, puis, à l’été 1921, au numéro 12 de la rue de l’Odéon).
- Beatles : nostalgie.
- Action dans le hold-up d’une banque. Préparation. Braquage. Fuite. Partage du butin.
- Lien de chapitres confus avec un dernier où tout sera clair.
- Deuxième chapitre de Paris : Libération, 19 octobre 1977. Baader.
- Quelques armes :
Pistolet Manlicher 7.63, 880 grammes
énergie : 25,8 kilogrammètres
Pistolet Parabellum 9 mm., 880 grammes
énergie : 37 kilogrammètres
Revolver Nagant (modèle russe), 785 grammes
énergie : 36 kilogrammètres
Revolver Smith & Wesson de 38 (9,3 mm), 900 grammes
- Sur comment « Hem » a fait entrer Ulysse aux Etats-Unis.
- Couverture imprimée en bleu grec.
- Projet d’Eisenstein pour tourner Ulysse.
- Une photographie de Bloom. « Monsieur Bloom a beaucoup en commun avec Bouvard et Pécuchet. »
- Robert McAlmon… Contact Editions.
- Monsieur Darantière de Dijon.
- Deux disques avec la voix de Joyce.
- Joyce au piano.
- Les dossiers dans la maison de Paul Léon.
- Saint Thomas taquin.
- « Je crains que beaucoup d’écrivains n’aient pas approuvé mon désir de ne publier que du Joyce ; mais ils ne comprenaient sans doute pas que je me trouvais déjà submergée avec mon unique auteur. » Sylvia Beach dans Shakespeare an Company.
QUELQUES ELEMENTS POUR UNE CRITIQUE DE JOYCE
Saint Thomas. L’éducation jésuite. Langage. L’exactitude en littérature. Ingénieur de mots. Indifférenciation entre littérature et réalité. Mythification du vulgaire et du quotidien. Le clergé irlandais. Irlande : principal exportateur de curés. Nationalisme. Littérature crue. Etre différent. La seule manière de penser : « Ça été magnifique, mais tu es fou à lier. » La provocation. Simultanéité de ce qui est bon, héroïque, doux, propre et honnête et de ce qui est triste, violent, stupide et lâche. Auto-exil. Autocompassion, « masochisme ». L’égoïsme. Nora Barnacle : la femme comme support et être unificateur de l’oeuvre face à la possible dispersion de l’auteur entre une infinité d’éléments. Les yeux : une vision spéciale des alentours. Capacité. Transformation de l’écriture. La question de la postérité. Malheur et instabilité. La boisson. Pound : le salut de l’érudit errant. Le passé familial. L’homme réel et le génie. Les classiques en…
Roberto Bolaño et Antoni García Porta
Conseils d’un disciple de Morrison à un fanatique de Joyce / 1984
Archivo Bolaño
Conseils d'un disciple de Morrison à un fanatique de Joyce / Roberto Bolaño et Antoni García Porta dans Bolaño marilyn-monroe-ulysse-joyce

Le monde est devenu inflammable, Athènes est la première étincelle / Mike Davis

Je pense que nos sociétés sont sursaturées de colère, une colère non-reconnue qui peut d’un seul coup se cristalliser autour d’un incident de bavure policière ou de répression étatique. Alors même qu’elle a abondamment semé les germes de la révolte, la société bourgeoise y reconnaît rarement ses propres fruits.
En 1992 à Los Angeles, tous les jeunes dans la rue (mais aussi tous les flics sur le terrain), savaient que l’apocalypse se préparait. Les lignes de faille grandissantes qui se creusaient entre la jeunesse urbaine et la municipalité auraient du sauter aux yeux de n’importe quel observateur, même le plus naïf : des arrestations de masse chaque semaine, un nombre effarant de gamins sans armes abattus par la police, la stigmatisation indifférenciée de la jeunesse de couleur comme un ramassis de « gangsters », une justice apparaissant de façon de plus en plus éhontée comme un système à double vitesse… Et pourtant, lorsque l’éruption se produisit suite au verdict qui exonérait la police d’avoir presque battu à mort Rodney King, les élites politiques et médiatiques réagirent comme si je ne sais quelle obscure force imprévisible avait surgi des entrailles de la terre. Les médias (depuis le point de vue surplombant de leurs hélicoptères) s’efforcèrent alors de modeler la perception que le monde aurait de l’émeute à grand renfort de simplifications réductrices et de stéréotypes convenus : c’étaient des « gangs noirs » qui incendiaient et pillaient dans les rues de la ville. En réalité, le verdict du procès Rodney King était devenu un noyau autour duquel une série de récriminations très diverses avaient fait coalescence. Parmi les milliers de personnes arrêtées, il s’avéra que très peu étaient membres d’un gang, et que même un tiers seulement d’entre-elles étaient afro-américaines. La majorité était des immigrants pauvres ou leurs enfants, arrêtés pour avoir dévalisé des commerces de proximité pour y prendre des paquets de couches, des chaussures, ou des postes de télévision. L’économie de Los Angeles connaissait à l’époque (et aujourd’hui encore) une crise très profonde et les quartiers latino pauvres de l’ouest et du sud Downtown étaient durement touchés. Mais la presse ne s’était jamais fait l’écho de la misère de leurs existences et la dimension « émeute de la faim » de l’insurrection fut par conséquent très largement ignorée.
De façon similaire en Grèce aujourd’hui, une atrocité policière « normale » finit par déclencher une éruption que l’on cherche à décrire de façon stéréotypée comme une colère inexplicable et à mettre sur le dos de ténébreux anarchistes. En fait, depuis longtemps, c’est bien une « guerre civile de faible intensité » qui semble avoir caractérisé les relations entre la police et les diverses strates de la jeunesse.

Je n’ai aucune compétence particulière pour commenter la spécificité de la situation grecque, mais j’ai l’impression qu’elle présente d’importants contrastes avec les événements de 2005 en France. Si la ségrégation spatiale de la jeunesse pauvre et immigrée semble moins extrême qu’en région parisienne, les perspectives d’emploi pour les enfants de la petite bourgeoisie sont bien pires : le croisement de ces deux facteurs met dans les rues d’Athènes une coalition plus diverse d’étudiants et de jeunes adultes sans emploi. Par ailleurs, ils héritent d’une tradition continue de protestation et d’une culture de résistance unique en Europe.

Que veut la jeunesse grecque ? Il est sûr qu’elle perçoit avec une clarté très crue la façon dont la récession mondiale se surimpose aux traditionnelles réformes du système éducatif et du marché de l’emploi. Pourquoi, dans un tel contexte, placeraient-ils la moindre foi en un énième retour du PASOK et de son cortège de promesses non-tenues ?
Ce à quoi l’on assiste est une espèce originale de révolte, préfigurée par les émeutes de Los Angeles, Londres et Paris, mais qui se déploie à partir d’une compréhension plus profonde du fait que l’avenir a été de toute façon pillé d’avance. Et en effet, on peut se le demander : quelle génération dans l’histoire moderne (mis à part les fils de l’Europe de 1914) a-t-elle été à ce point entièrement trahie par ses patriarches ?
Cette question me tourmente parce que j’ai quatre enfants et que même le plus jeune d’entre eux comprend que leur avenir sera radicalement différent de mon passé. Ma génération, celle du « baby-boom » lègue à ses enfants une économie mondiale en ruines, des inégalités sociales extrêmes, qui atteignent des niveaux stupéfiants, des guerres brutales sur les marges impériales et un climat planétaire devenu incontrôlable.

Athènes est largement vue comme la réponse à la question : « Y-a-t-il une vie après Seattle ? »
Souvenez-vous des manifestations contre l’OMC et de la « bataille de Seattle » en 1999 qui ouvrirent une nouvelle ère de protestation non-violente et d’activisme local. La popularité des forums sociaux mondiaux, les millions de manifestants contre l’invasion de l’Irak par Bush et le large soutien aux accords de Kyoto – tout cela véhiculait l’immense espoir qu’un « alter-monde » soit déjà en train de naître. Dans le même temps, la guerre n’a pas pris fin, les émissions de gaz à effet de serre ont monté en flèche et le mouvement des forums sociaux a dépéri. C’est tout un cycle de protestations qui est arrivé à son terme le jour où la chaudière du capitalisme mondialisé a explosé à Wall Street, laissant dans son sillage à la fois des problèmes plus radicaux et de nouvelles opportunités pour la radicalité.
La révolte d’Athènes répond à une soif de colère : elle met fin à la récente sécheresse en la matière. Il est vrai que ceux qui l’animent semblent n’avoir qu’une faible tolérance pour les slogans d’espoir et les solutions optimistes. Ils se distinguent ainsi des revendications utopiques de 1968 ou de l’esprit rêveur et volontaire de 1999. C’est bien-sûr cette absence de demande de réformes (et ainsi l’absence de toute prise permettant la gestion de la protestation) qui est l’élément le plus scandaleux – et pas les cocktails Molotov ou les vitrines brisées. Cela rappelle moins les mouvements étudiants des années 1960 que les révoltes intransigeantes de l’anarchisme des bas-fonds dans le Montmartre des années 1890 ou du « Barrio Chino » à Barcelone au début des années 1930.
Certains activistes américains y voient un simple renouvellement du style de protestation hérité de Seattle, qu’il faudrait dorénavant et provisoirement agrémenter d’une pincée de passion toute méditerranéenne. Cela rentre bien dans leur paradigme du « changement – Obama » qui consiste à comprendre le présent comme un remake des mouvements de réforme politique des années 1930 et 1960.
Mais d’autres jeunes gens que je connais rejettent complètement cette interprétation. Ils se pensent eux-mêmes (à l’instar des anarchistes « fin de siècle ») comme étant une « génération perdue » et voient dans les rues d’Athènes un bon système de mesure pour leur propre rage.
Il y a bien sûr le danger d’exagérer l’importance d’une éruption qui se déroule dans un contexte national donné, spécifique, mais le monde est devenu inflammable et Athènes est la première étincelle.
Mike Davis
Entretien accordé à un journal grec
Traduit par GC pour la revue Contretemps / décembre 2008

http://www.dailymotion.com/video/x7reyv




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