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Anti, trop antipsychiatrique / Pierre Marshall

France, juillet 2007
« Humain, trop humain » / Friedrich Nietzsche

Chères Chimères,
Je suis psychiatre? Et ne je j’ai pas honte de l’être. Peut-être, en fin de compte, un peu quand même.
Je vous écrit cette lettre, ici et maintenant, en réponse à votre appel (que j’ai lu en français).
En cette présente époque, dans notre pays (la France), l’antipsychiatrie n’est plus qu’un souvenir historique. La psychothérapie institutionnelle a gagné, contre elle, le combat mené dans les années soixante-dix : la psychiatrie de secteur a gagné celui de l’organisation de la santé mentale de notre glorieuse nation. Et le rêve de l’antipsychiatrie de voir les hôpitaux psychiatriques, et jusqu’aux psychiatres eux-mêmes, disparaître n’est, justement, resté qu’un rêve.
Nous sommes donc en 2007 et, tout professionnel de la santé mentale vous le dira, la psychiatrie va mal. Les dits professionnels ne sont d’ailleurs pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme. Tout le monde l’affirme : la psychiatrie va mal ! Et l’hôpital, à nouveau, ressemble à l’asile, celui dont les psychiatres des années cinquante nous disaient qu’il ressemblait aux camps de concentration. Si aucun pavillon des hôpitaux psychiatrique de ce début du troisième millénaire ne ressemble à un baraquement d’Auschwitz, de plus en plus nombreux sont les services qui rappellent ces camps poussant comme des champignons aux quatre coins de l’Europe, destinés à concentrer les étrangers dits en « situation irrégulière » avant de les expulser vers des ailleurs qui s’avèreront mortels pour beaucoup. Une chose est sûre : le parcage a repris ses droits et la psychiatrie, à nouveau, participe de cette triste entreprise. Et je me prends à penser, dans des moments comme celui où je vis, il y a un an – en 2006 donc -, un de mes jeunes patients, âgé de 16 ans, enfermé dans une pièce vide avec comme seul contact sur l’extérieur, placée à bonne hauteur (bonne, c’est-à-dire inaccessible) une fenêtre grillagée, où je le vis dans cette pièce sombre, crasseuse et vide de tout sauf d’un seau servant de pot de chambre, où je vis ce garçon, dis-je, attaché à un lit métallique fixé au sol, alors, dans des moments d’horreur comme celui-ci, je me dis : peut-être que nous aurions (nous, c’est-à-dire : les fous et les autres) gagné à ce que l’antipsychiatrie gagne. Peut-être aurait-on gagné à ce que des gens de mon espèce – l’espèce des psychiatres – n’existe plus. Ce n’est certes pas dans mon service, dans ce service où nous travaillons, mon équipe et moi, avec la psychothérapie institutionnelle, ce n’est pas chez nous que ce garçon est ainsi traité : c’est dans le service adulte correspondant, unité qui a bien été obligé de l’admettre sous contrainte judiciaire (une ordonnance de placement provisoire dans l’établissement public de santé référent du domicile de ses parents) après qu’il avait été par trop hétéroagressif lors d’une énième crise de folie, c’est dans le service d’à côté – celui qui n’a pas le choix – qu’on lui fait subir un tel sort. Nous (mon équipe et moi-même) ne pouvions, de toute façon, pas l’hospitaliser, au vu de sa violence, dans notre service (il n’y a pas de chambre d’isolement dans l’unité de pédopsychiatrie où je travaille). Il n’empêche que, comme tous ceux qui font ce métier – je dis bien tous – j’ai laissé faire. Et ceci même si nous avons tenté, difficilement car ça a pris plusieurs jours, de le sortir de là. Vous, professionnels de la santé mentale, qui lisaient ces lignes, vous avez laissé Stéphane attaché, dans ces conditions inhumaines, dans cette cellule de l’HP. Il n’y avait certes sûrement pas d’autres places possibles, à ce moment-là, pour lui, et cet enfermement de quelques jours dans une chambre d’isolement en psychiatrie a sûrement été préférable à une cellule de prison. Mais si l’antipsychiatrie avait gagné et qu’il n’y ait, à présent, plus d’hôpitaux psychiatriques ni d’infirmiers ou de psychiatres, peut-être n’y aurait-il également plus, alors, ni prison, ni gardiens, ni juge… Et Stéphane aurait peut-être eu une autre place…
Il ne s’agit pas de faire de cette lettre un essai de psychiatrie-fiction ou de démontrer qu’il aurait mieux valu que l’antipsychiatrie l’emporte en France – non seulement je suis le premier, comme je viens de l’affirmer, à me revendiquer de la psychothérapie institutionnelle et à tenter de la mettre en pratique, tant bien que mal, au sein de l’hôpital public, mais de plus l’état de la psychiatrie italienne, qui va aussi mal que la nôtre, montre que l’antipsychiatrie n’a pas forcément ouvert sur des lendemains plus radieux. Il s’agit, plus simplement, d’émettre cette hypothèse, surtout en vous adressant ce texte à vous, chères Chimères (qui, Guattari en tête, êtes a priori, comme je le suis, dans le camp de l’ »institutionnel »), de l’émettre comme hypothèse de travail justement.
Je voudrais, dans cette lettre qui, si elle s’adresse à des chimères, ne s’adresse donc pas forcément à des professionnels de la psychiatrie (que ces derniers soient d’un côté où de l’autre de la barrière soignante), par delà tout débat pour ou contre (est-ce cela le anti de l »appel à ce numéro ?), pour ou contre la psychiatrie, je voudrais donc présenter en quelques paragraphes l’histoire de la psychiatrie telle que je me la suis construite – sachant que je suis ni historien, ni philosophe, ni sociologue. Je ne suis que psychiatre. Nous nous construisons tous nos histoires (avec un grand H ou non) : cela nous est indispensable pour vivre. Fabriquer des histoires n’est pas l’apanage des historiens ou des conteurs : c’est le propre de l’humanité : des romans familiaux aux Histoires Naturelles. Il me faut donc me mouiller à cet exercice qui fera probablement bondir les vrais historiens de la psychiatrie : cela m’est nécessaire afin, peut-être, de mieux comprendre où je me situe en tant que psychiatre. Car, mon problème, c’est que, dans cette histoire que je vais vous raconter, l’antipsychiatrie a du mal à trouver sa place. Sauf, comme je l’ai proposé plus haut, comme hypothèse qui ne se serait pas confirmé mais qui aurait encore, à un niveau fantasmatique, droit de cité (autrement dit, comme utopie), ou, et c’est peut-être préférable, comme parenthèse.
Mais je commence mon histoire :
Il y a maintenant plus de 100 ans, au lendemain de la Révolution française, un humaniste a dé-chaîné les fous. Il s’appelait Pinel. Il est mort maintenant, enterré au Père Lachaise. Sa tombe, fort modeste, est d’ailleurs difficile à localiser. Peut-être que, si vous la cherchez, un des fous qui y circulent de temps en temps vous aidera à la trouver.
Il a donc enlevé les chaînes aux aliénés et il a créé la psychiatrie moderne : celle qui permet 1) à la société de savoir quoi faire de ses fous et 2) aux fous de savoir où se placer dans la société. Pinel a créé des hôpitaux humains qu’on a alors pris l’habitude d’appeler asiles. Qu’est-ce qu’un asile ? Un hôpital suffisamment humain pour les fous.
Considérer, en 2007, un asile comme humain peut sembler particulièrement ridicule : seul quelqu’un de naïf ou de stupide pourrait associer les termes humain et asile ! Mais ne soyons pas si fiers de notre humaine critique de ces asiles des deux siècles passés : qu’il suffise de penser à l’écrasante majorité des gens qui sont persuadés qu’il faut humaniser les prisons !
Un jour, comme il se doit, Pinel est mort. Et d’autres humanistes, ses enfants (par l’esprit, pas par le corps), ont poursuivi son travail. Ils ont, de plus en plus, humanisés les asiles – comme nous le faisons sûrement de nos prisons. Ils ont, de plus en plus, donné d’humanité aux fous : ils en ont fait des malades mentaux, des psychotiques. L’un d’entre eux, Bleuler, a découvert que certains de ces aliénés n’étaient pas fous, mais « schizophrènes ». Un autre a un jour affirmé que, dans leur état de folie, ces malades ne disaient pas forcément n’importe quoi, mais qu’ils « déliraient » (ils ont même décrit cette pensée folle, par exemple grâce à l’ « automatisme mental »). De plus en plus donc, ces jeunes psychiatres, de génération en génération, ont injecté (ou ont cru injecter) de l’humanité aux asiles qui sont alors devenus des hôpitaux psychiatriques, puis des établissements de santé (où l’inverse, je ne sais jamais).
100 ans de psychiatrie
Les enfants ont eu des enfants, et puis d’autres, et puis d’autres. Chacun tentant de rendre plus humain encore ce que les aînés avaient rendu tellement humain que c’en était devenu, aux yeux des plus jeunes, inhumain.
Certains de ces enfants ont d’ailleurs, au lendemain de la guerre, trouvé les lieux en question tellement inhumains qu’ils ont décidé de renverser les choses : ils ont créés, aidés notamment par les communistes alors (un peu) au pouvoir en France, le secteur psychiatrique. Pour insister sur l’inhumanité de l’asile, ils ont fait le rapprochement des asiles avec les camps de concentration (qui n’avaient certes pas été créés pour donner plus d’humanité à l’humanité – quoi qu’un nazi ne dirait sûrement pas ça). Ils ont ouvert les asiles sur l’extérieur. Ils ont parlé de « traitement de l’institution » : ils ont expliqué pourquoi et comment l’institution était malade et ont affirmé que les énoncés de Lacan, entre autres énoncés, pouvaient les aider à la soigner.
Psychothérapie institutionnelle
D’autres enfants de la psychiatrie encore, dans les années 60, ont découvert des médicaments qui pouvaient encore plus libérer les psychotiques, rendre leur condition plus humaine encore. Et, peut-être, les rendre eux-mêmes plus humains encore. Ils les ont appelé, ces médecines, des « neuroleptiques »… avant que leurs descendants, plus pudiques, et sûrement plus humain aussi, ne les renomment « antipsychotiques ».
Delay et Denicker
Plus récemment encore, beaucoup ont même arrêté d’appeler les grands malades psychiatriques des « psychotiques » pour ne plus les appeler que « schizophrènes ». Humaniser la situation des schizophrènes est devenue synonyme de travailler à leur « socialisation », à leur « intégration », à l’amélioration de leur « qualité de vie »… Et ces nouveaux psychiatres ont tellement bien intégré cette nouvelle façon, diagnostique et statistique, de voir les choses, qu’ils leurs ont ôtés, à ces « schizophrènes », toute responsabilité subjective, leur permettant de rejoindre les autres humains qui, du coup, ont également perdu leur statut de « névrosés » pour devenir des TOC, des TCA, des TDAH, et tant d’autres acronymes. L’idée était très simple : tout le monde qui est malade dans sa tête (psychiquement s’entend) l’est à cause de déterminations génétiques, biologiques ou, tout simplement, catégorielles.
DSM IV
Les hommes politiques, bien évidemment, ont eux aussi adopté cette façon de voir les choses et, s’ils ont accepté d’ôter aux schizophrènes leur responsabilité subjective, ils se sont empressés de leur restituer une responsabilité pénale. Et les prisons sont alors devenues psychiatriques elles aussi.
Ils ont fait de même avec les enfants qui, devenant de plus en plus blancs, purs et angéliques, se transformant du coup de plus en plus en proies pour ogres pédophiles, ont également vu leur responsabilité pénale devenir plus précoce : des enfants purs de 16 ans parqués en prison. Les jeunes que dessinaient Deligny rejoignent les schizophrènes écrits par Deleuze-Guattari – et sont bien souvent les mêmes.
Une parenthèse, quand même :
(— Parce qu’au milieu de tout ça il y a eu Mai 68. Mais il est vrai que ces quelques jours bordéliques n’ont somme toute eu que peu d’effets sur la pratique psychiatrique française : il ne faut pas oublier que la psychothérapie institutionnelle se fabrique avant les « événements » et que, par exemple, les propositions de l’Anti-Œdipe concernant la psychiatrie, propositions que Jean Oury mettrait probablement du côté de l’antipsychiatrie – qu’il honnit –, n’ont quasiment pas modifié le cours de la construction de la psychiatrie française.
— Pa’c’que, quand même, faudrait pas oublier qu’y’en a qu’y’ont dit qu’tout ça, de l’asile à l’institutionnel, des médicaments à la psychanalyse, c’était bullshit et qu’fallait tout péter !
— Parce que ces gens-là parlaient aussi d’humanité : ne pas être des « garde-fous » ; dépsychiatriser ; être « en lutte » ; et d’autres choses dans l’intérêt des patients qui ne devaient plus être considérés comme tels mais être envisagés comme tout le monde : comme des êtres humains.
— Antipsychiatrie)
Fin de la parenthèse.
On en arrive à la fin de cette courte histoire, c’est-à-dire à maintenant :
D’autres sont là qui continuent à vouloir humaniser la psychiatrie. De nouveaux enfants de Pinel qui se demandent si secteur est préférable à bassin de vie et si pôle est préférable à secteur, qui se demandent si on n’a pas fermé trop de lits (et si eux, ou d’autres, l’ont fait exprès ou à l’insu de leur plein gré – pour reprendre une expression branché, et éclairante –), qui se demandent si la psychanalyse est préférable au cognitivo-comportementalisme ou qui se demandent le contraire.
C’est là que j’interviens dans l’histoire :
Car je suis psychiatre en service public. C’est-à-dire que je suis, moi aussi, un fils de Pinel. Mais si j’assume et désire cette filiation, j’aimerais quand même aussi être, peu ou prou, un bâtard, je veux dire un enfant illégitime de Pinel. Autrement dit, malgré le sentiment de honte qui me submerge parfois et que je soulignais au début de cette lettre, je continue néanmoins à être fier d’être psychiatre ! Suis-je une victime – une de plus – de l’aliénation par le travail, psychiatre étant aussi un travail « comme un autre » ? (C’est curieux : je pense à Arendt et Eichmann en écrivant cela). Probablement qu’il y a un peu de ça.
Mais, quoi qu’il en soit, je ne peux m’empêcher de penser que j’ai aussi le devoir de rendre tout cela plus humain encore.
Allez comprendre…
Mais j’en arrive maintenant, chères Chimères, à la raison profonde de l’envoi de cette missive : comment pourrais-je, aujourd’hui, ne pas seulement envisager l’antipsychiatrie comme une parenthèse ou une utopie, ne pas en parler de façon extérieure, mais la prendre à bras le corps ? Comment pourrais-je actualiser mes lectures de Cooper ou de Basaglia ?
En démissionnant ? Mais cela ne résoudrait certes pas le problème et me rendrait plus précaire encore (discours de lâche peut-être).
En faisant la révolution dans le service où je travaille ? Mais je suis si seul, nous sommes tous tellement seuls pour une telle entreprise.
Heureusement, au milieu de ces questions qui hantent mon esprit depuis longtemps déjà, votre appel m’a donné une idée : le problème véritable est d’arriver à n’être ni contre ni pour, mais de parvenir à l’anti. L’antipsychiatrie n’est pas pour une autre psychiatrie ni contre la présente psychiatrie : elle est, tout bêtement, anti. Et si les professionnels de la psychiatrie (qui sont, je le répète, de chaque côté de la barrière soignante) ne parviennent pas à mettre en œuvre leur devenir antipsychiatrique, c’est qu’il leur est impossible, comme à moi, d’être ou pour ou contre la psychiatrie.
Dès lors, je me suis demandé ce qui, hic et nunc, me mettait dans une position subjective que je pourrais qualifier de anti. Autrement dit, qu’est-ce qui pourrait faire de moi, psychiatre des hôpitaux, un antipsychiatre ?
Et j’ai pensé à celui qui, en 2007, nous empêche (au moins pour la plupart d’entre nous qui ne cherchons pas que l’avantage immédiat, celui d’être du côté du manche, et qui souhaitons rester de gauche) de penser tout positionnement politique, à celui qui fait en sorte que plus l’on est contre lui, plus l’on joue pour lui – car si être pour lui est facile (il suffit d’accepter les miettes de son pouvoir), être contre lui semble le renforcer plus encore.
Aussi, si vous me le permettez, je voudrais conclure cette lettre par vous expliquer comment je tente d’être, pour ma part, vis-à-vis de ce signifiant maître qu’est s-a-r-k-o-z-y, anti, et combien une telle tentative est difficile et laborieuse.
L’actuel président de la République française l’affirme : on ne peut pas être traître à sa nation. Surtout à une nation qui est celle des « droits de l’homme », de la « terre d’asile », de la « francophonie », et de tant d’autres choses si respectables – et qui le sont en effet. Or, ce président de la République, en tant qu’élu par le peuple français, il affirme également qu’il est la nation. Comme l’est un souverain ou comme l’est un représentant du peuple ? Cela n’est, en notre ère post-moderne, pas clair mais, visiblement, majoritaires sont ceux qui pensent comme lui et qui lui donnent cette place, à savoir celle d’être la France. Et comme, donc, il n’est pas raisonnable d’être contre la France (il faudrait être fou pour ne pas vouloir tant de belles et bonnes choses), il n’est pas raisonnable d’être contre ce Président de la République française. C’est ainsi, je pense, qu’il récupère tous les contre et les transforment en pour. Ceux qui sont contre s-a-r-k-o-z-y, étant néanmoins pour leur pays (non pas pour la nation – le pays n’étant pas du tout la même chose que la nation : j’entends ici pays au sens du sol nietzschéen, celui qui fonde une partie de notre subjectivité et qui peut s’étendre jusqu’à englober la planète toute entière), se retrouvent, dans l’équation où s-a-r-k-o-z-y réussit à être la France, pour s-a-r-k-o-z-y. Autrement dit, les hommes de son espèce nous ont fait oublier que la France n’est pas une nation, mais qu’elle est avant tout un pays.
L’intérêt d’une telle équation, certes quelque peu paranoïaque, est bien entendu d’empêcher toute résistance. Car, en d’autres mots, il semble aujourd’hui impossible d’être contre s-a-r-k-o-z-y sans être contre la France. Et même si on pourrait s’affirmer contre la nation France mais pour le pays France, les deux termes étant en réalité tellement difficiles à différencier (cela étant probablement dû, j’imagine, au contexte géopolitique), un tel discours risque de tourner à vide. Car, ne parvenant en fin de compte pas clairement à différencier pays et nation, dans de telles conditions seul un fou – qui n’est pas, par définition, raisonnable – pourrait se dire contre la France. Seul un fou ou un traître : quelqu’un qui serait un traître à la nation française, un de ceux qu’on condamne juridiquement pour avoir bafoué le drapeau français ou la Marseillaise, et qui, sans s’en rendre compte, deviendrait un traître aux Lumières qu’a fait naître de ses entrailles le pays France, Lumières dont le plus bel enfant serait la Révolution française (qui a donné naissance à ma caste : celle des psychiatres), un traître à la lumière, quoi ! C’est-à-dire un fou. Car seul un fou qui préférerait l’ombre à la lumière pourrait assumer une telle position : qui peut, à part un fou, préférer l’ombre à la lumière, si ce n’est un cloporte qui vit sous les pierres, ou un rat qui vit dans les égouts, ou encore un ténia qui vit dans l’intestin ?
Faut-il donc être un traître envers la France (entendu comme le signifiant de l’indiscernabilité entre nation et pays) pour pouvoir exprimer de l’antagonisme politique vis-à-vis d’un homme qui porte des idées (et surtout des actes) avec lesquelles on est radicalement en opposition ?
Je crois, chères Chimères, que c’est en effet ce qu’il faut faire.
Et c’est ce que moi, un psychiatre du service public (qui est une émanation de la France), je vais faire – devenant ainsi, forcément, un antipsychiatre :
Aussi continue-je ma lettre en l’adressant à la plus chimérique des chimères :
France !, pays dont je sais que je te défendrai de mon corps si un jour tu es réellement attaquée – et je ne fais pas allusion à ces soi-disant attaques qui seraient le fait de pauvres gens venant s’échouer sur tes côtes et que les véritables traîtres à ce que tu représentes renvoient manu militari (et inhumainement) chez eux, je pense plutôt aux vrais dangers, y compris, comme à présent, intérieurs –, je sais que je te protégerai car c’est ce que je vais faire à l’instant en exposant mon corps social d’employé de l’Etat à l’opprobre et à d’éventuelles conséquences juridiques ; France !, si je suis obligé d’être, pour ne pas t’abandonner aux mains de ces véritables traîtres, un traître envers toi, et bien, pour toi, je le serai. Et j’affirme donc, avec tout le contrecœur (l’anticœur) nécessaire pour être réellement politique :
— Je suis un traître à la France parce qu’elle est une nation, et qu’une nation, ça ne vaut pas un pays.
— Je suis un traître aux Trois couleurs car le sens qu’on leur donne à présent me dégoûte : je ne crois ni à la liberté, ni à l’égalité, ni à la fraternité qu’ils promeuvent. J’en ai assez de ces idéaux paravents qui nous empêchent de voir la réalité et de pouvoir agir sur elle. De toute façon, un drapeau national ne devrait avoir que la valeur de ce à quoi il sert ; et n’importe quel morceau de papier cul usagé qui traîne dans les fonds jamais nettoyés des chiottes des foyers Sonacotra a sûrement été plus utile à l’homme que ne l’est le drapeau français depuis bien longtemps.
— Je suis un traître à l’égalité car je ne supporte plus ceux des handicapés qui se laissent avoir par le discours ambiant (qui n’a qu’une fonction lénifiante) et qui pensent qu’ils sont comme les autres alors que les autres, ceux de la norme qu’on nous balance chaque jour à la télé, ne le sont pas, handicapés – que l’immense majorité de nos gouvernants ne le sont pas, et que, s’ils l’étaient, ils ne seraient pas là où ils sont.
— Je suis un traître à la liberté car je conchie les messages hygiénistes de santé publique qui me donnerait plutôt envie d’être pour les cigarettes dans les lieux publics justement parce qu’elles donnent le cancer même à ceux qui ne fument pas et qu’elles gênent la liberté de ces derniers.
— Je suis un traître à la fraternité car j’abhorre les enfants qui se laissent manipuler par les adultes pour vendre, avec leurs couettes ridicules, des tranches de jambon. Et je hais les porcs qui se laissent éventrer par des ouvriers exploités dans des abattoirs pour être vendus par les minables suscités.
J’assume donc d’être un traître à celle qui me nourrit (ne serait-ce que par le versement mensuel de mon salaire). Mais pas un traître comme ceux qui sont au gouvernement de celui qui, à de si nombreuses reprises, a pu montrer le raffinement de ses traîtrises. Je leur laisse le Paradis, à lui et à sa bande de traîtres. Car je suis un traître qui assume : je suis un traître qui sais qu’il ira en enfer. Pour l’amour de son pays. A côté de Judas, qui aimait le Christ, Dante ajoutera à Lucifer une bouche pour qu’il me dépèce jusqu’à la fin des temps.
C’est le moins que je dois à tous ces patients que j’ai « aidé » à être, comme je le suis, trop humains.
Veuillez recevoir, chères Chimères, l’expression de mes salutations antichimériques.
Pierre Marshall
Anti, trop antipsychiatrique / 2007
Publié dans Chimères n°64 Anti !
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Trois problèmes de groupe (2) / Gilles Deleuze

La manière constante dont les groupes révolutionnaires ont trahi leur tâche est trop connue. Ils procèdent par détachement, prélèvement et sélection résiduelle : détachement d’une avant garde supposée savoir ; prélèvement d’un prolétariat bien discipliné, organisé, hiérarchisé ; résidu d’un sous-prolétariat présenté comme à exclure ou à rééduquer. Or cette division tripartite reproduit précisément les divisions que la bourgeoisie a introduites dans le prolétariat, et sur lesquelles elle a fondé son pouvoir dans le cadre des rapports de production capitalistes.
Prétendre les retourner contre la bourgeoisie est perdu d’avance. La tâche révolutionnaire est la suppression du prolétariat lui-même, c’est-à-dire dès maintenant la suppression des distinctions correspondantes entre avant-garde et prolétariat, prolétariat et sous-prolétariat, la lutte effective contre toute opération de détachement, de prélèvement et de sélection résiduelle, pour dégager au contraire des positions subjectives et singulières capables de communiquer transversalement (cf. le texte de Guattari : l’Etudiant, le fou et le Katangais).
C’est la force de Guattari de montrer que le problème n’est nullement celui d’une alternative entre le spontanéisme et le centralisme. Pas d’alternative entre guérilla et guerre généralisée.
Il ne sert à rien de reconnaître du bout des lèvres un certain droit à la spontanéité dans une première étape, quitte à réclamer l’exigence de centralisation pour une seconde étape : la théorie des étapes est ruineuse pour tout mouvement révolutionnaire.
Nous devons être dès le début plus centralistes que les centralistes. Il est évident qu’une machine révolutionnaire ne peut pas se contenter de luttes locales et ponctuelles : hyper désirante et hyper centralisée, elle doit être tout cela à la fois. Le problème concerne donc la nature de l’unification qui doit opérer transversalement, à travers une multiplicité, non pas verticalement et de manière à écraser cette multiplicité propre au désir. C’est dire en premier lieu que l’unification doit être celle d’une machine de guerre et non d’un appareil d’Etat (une Armée rouge cesse d’être une machine de guerre dans la mesure où elle devient rouage plus ou moins déterminant d’un appareil d’Etat). C’est dire en second lieu que l’unification doit se faire par analyse, doit avoir un rôle d’analyseur par rapport au désir de groupe et de masse, et non pas un rôle de synthèse procédant par rationalisation, totalisation, exclusion, etc. Ce qu’est une machine de guerre par différence avec un appareil d’Etat, ce qu’est une analyse ou un analyseur de désir par opposition avec les synthèses pseudo-rationnelles et scientifiques, telles sont les deux grandes lignes où nous porte le livre de Guattari, et qui marquent selon lui la tâche théorique à poursuivre actuellement.
Dans cette dernière direction, il ne s’agit certainement pas d’une « application » de la psychanalyse aux phénomènes de groupe. Il ne s’agit pas davantage d’un groupe thérapeutique qui se proposerait de « traiter » les masses. Mais constituer dans le groupe les conditions d’une analyse de désir, sur soimême et sur les autres ; suivre les flux qui constituent autant de lignes de fuite dans la société capitaliste, et opérer des ruptures, imposer des coupures au sein même du déterminisme social et de la causalité historique ; dégager les agents collectifs d’énonciation capables de former les nouveaux énoncés du désir ; constituer non pas une avant-garde, mais des groupes en adjacence avec les processus sociaux, et qui s’emploient seulement à faire avancer la vérité sur des chemins où elle ne s’engage jamais d’ordinaire ; bref, une subjectivité révolutionnaire par rapport à laquelle il n’y a plus lieu de se demander ce qui est premier, des déterminations économiques, politiques, libidinales, etc., puisqu’elle traverse les ordres traditionnellement séparés ; saisir ce point de rupture où, précisément, l’économie politique et l’économie libidinale ne font plus qu’un. Car l’inconscient n’est pas autre chose : cet ordre de la subjectivité de groupe qui introduit des machines à explosion dans les structures dites signifiantes comme dans les chaînes causales, et qui les force à s’ouvrir pour libérer leurs potentialités cachées comme réel à venir sous l’effet de rupture. Le mouvement du 22 mars reste exemplaire à cet égard ; car s’il fut une machine de guerre insuffisante, du moins fonctionna-t-il admirablement comme groupe analytique et désirant, qui ne tenait pas seulement son discours sur le mode d’une association vraiment libre, mais qui peut « se constituer en analyseur d’une masse considérable d’étudiants et de jeunes travailleurs », sans prétention d’avant-garde ou d’hégémonie, simple support permettant le transfert et la levée des inhibitions. Et une telle analyse en acte, où l’analyse et le désir passent enfin du même côté, où c’est le désir enfin qui mène l’analyse, caractérise bien les groupes sujets, tandis que les groupes assujettis continuent à vivre sous les lois d’une simple « application » de la psychanalyse en milieu clos (la famille comme continuation de l’Etat par d’autres moyens). La teneur économique et politique de la libido comme telle, la teneur libidinale et sexuelle du champ politique-éconoinique, toute cette dérive de l’histoire, ne se découvrent qu’en milieu ouvert et dans les groupes-sujets, là où se lève une vérité. Car « la vérité n’est pas la théorie, ni l’organisation ». Ce n’est pas la structure ni le signifiant, mais plutôt la machine de guerre et son non-sens. « La vérité, c’est quand elle a surgi que la théorie et l’organisation auront à s’en démerder. L’autocritique, c’est toujours à la théorie et à l’organisation de la faire, jamais au désir. » Une telle transformation de la psychanalyse en schizoanalyse implique une évaluation de la spécificité de la folie. Et c’est un des points sur lesquels Guattari insiste, rejoignant Foucault quand celui-ci annonce que ce n’est pas la folie qui disparaitra au profit de maladies mentales positivement déterminées, traitées, aseptisées, mais au contraire les maladies mentales, au profit de quelque chose que nous n’avons pas su comprendre encore dans la folie *. Car les vrais problèmes sont du côté de la psychose (pas du tout des névroses d’application).
C’est toujours une joie de susciter les moqueries du positivisme : Guattari ne cesse de réclamer les droits d’un point de vue métaphysique ou transcendantal, qui consiste à purger la folle de la maladie mentale et non l’inverse : « Viendra-t-il un temps où l’on étudiera avec le même sérieux, la même rigueur, les définitions de Dieu, du président Schreber ou d’Antonin Artaud, que celles de Descartes ou de Malebranche ? Continuera-t-on longtemps à perpétuer le clivage entre ce qui serait du ressort d’une critique théorique pure et l’activité analytique concrète des sciences humaines ? » (comprenons que les folles définitions sont en fait plus sérieuses, plus rigoureuses que les définitions rationnelles- maladives par lesquelles les groupes assujettis se rapportent à Dieu sous les espèces de la raison). Précisément, l’analyse institutionnelle reproche à l’antipsychiatrie non seulement de refuser toute fonction pharmacologique, non seulement de nier toute possibilité révolutionnaire de l’institution, mais surtout de confondre à la limite l’aliénation mentale avec l’aliénation sociale et de supprimer ainsi la spécificité de la folie. « Avec les meilleures intentions du monde, morales et politiques, on en vient à refuser au fou le droit d’être fou, le “c’est la faute de la société” peut masquer une façon de réprimer toute déviance. La négation de l’institution deviendrait alors une dénégation du fait singulier de l’aliénation mentale. » Non pas du tout qu’il faille poser une sorte de généralité de la folie, ni invoquer une identité mystique du révolutionnaire et du fou. Sans doute est-il inutile d’essayer d’échapper à une critique qui sera faite de toute façon. Juste pour dire que ce n’est pas la folie qui doit être réduite à l’ordre du général, mais au contraire le monde moderne en général ou l’ensemble du champ social qui doivent être interprétés aussi en fonction de la singularité du fou dans sa position subjective elle-même. Les militants révolutionnaires ne peuvent pas ne pas être étroitement concernés par la délinquance, la déviance et la folie, non pas comme des éducateurs ou des réformateurs, mais comme ceux qui ne peuvent lire que dans ces miroirs-là le visage de leur propre différence. Témoin ce morceau de dialogue avec Jean Oury, dès le début du présent recueil : « Il y a quelque chose qui devrait spécifier un groupe de militants dans le domaine psychiatrique, c’est d’être engagé dans la lutte sociale, mais aussi d’être assez fou pour avoir la possibilité d’être avec des fous ; or il existe des gens très bien sur le plan politique qui sont incapables de faire partie de ce groupe-là… »
L’apport propre de Guattari à la psychothérapie institutionnelle consiste en un certain nombre de notions, dont on suivra la formation ici même : la distinction des deux sortes de groupes, l’opposition des fantasmes de groupe et des fantasmes individuels, la conception de la transversalité. Et ces notions ont une orientation pratique précise : introduire dans l’institution une fonction politique militante, constituer une sorte de « monstre » qui n’est ni la psychanalyse ni la pratique d’hôpital, encore moins la dynamique de groupe, et qui se veut applicable partout, à l’hôpital, à l’école, dans le militantisme – une machine à produire et à énoncer le désir. Ce pourquoi Guattari réclamait le nom d’analyse institutionnelle plutôt que de psychothérapie institutionnelle. Dans le mouvement institutionnel tel qu’il apparaît avec Tosquelles et Jean Oury s’amorçait en effet un troisième âge de la psychiatrie : l’institution comme modèle, au-delà de la loi et du contrat.
S’il est vrai que l’ancien asile était régi par la loi répressive, en tant que les fous étaient jugés « incapables », et par là même exclus des relations contractuelles unissant des êtres supposés raisonnables, le coup freudien fut de montrer que, dans les familles bourgeoises et à la frontière des asiles, un large groupe de gens nommés névrosés pouvaient être introduits dans un contrat particulier qui les ramenait par des moyens originaux aux normes de la médecine traditionnelle (le contrat psychanalytique comme cas particulier de la relation contractuelle médicale-libérale). L’abandon de l’hypnose fut une étape importante dans cette voie. Il ne nous semble pas qu’on ait encore analysé le rôle et les effets de ce modèle du contrat dans lequel s’est coulée la psychanalyse ; une des principales conséquences en fut que la psychose restait à l’horizon de la psychanalyse comme la véritable source de son matériel clinique, et pourtant en était exclue comme hors du champ contractuel.
On ne s’étonnera pas que la psychothérapie institutionnelle ait impliqué dans ses propositions principales une critique du contrat dit libéral non moins que de la loi répressive, auquel elle cherchait à substituer le modèle de l’institution. Cette critique devait s’étendre dans des directions très diverses, tant il est vrai que l’organisation pyramidale des groupes, leur assujettissement, leur division hiérarchique du travail reposent sur des relations contractuelles non moins que sur des structures légalistes. Dès le premier texte de ce recueil, sur les rapports infirmiers-médecins, Oury intervient pour dire : « Il y a un rationalisme de la société qui est plutôt une rationalisation de la mauvaise foi, de la saloperie. La vue de l’intérieur, ce sont les rapports avec les fous dans des contacts quotidiens, à condition d’avoir rompu un certain « contrat » avec le traditionnel. On peut donc dire en un sens que savoir ce que c’est qu’être en contact avec les fous, c’est en même temps être progressiste. […] Il est évident que les termes mêmes infirmier-médecin appartiennent à ce contrat qu’on a dit devoir rompre. » Il y a dans la psychothérapie institutionnelle une sorte d’inspiration à la Saint-Just psychiatrique, au sens où Saint-Just définit le régime républicain par beaucoup d’institutions et peu de lois (peu de relations contractuelles aussi). La psychothérapie institutionnelle se fraie son difficile chemin entre l’antipsychiatrie, qui tend à retomber dans des formes contractuelles désespérées (cf. une interview récente de Laing), et la psychiatrie de secteur, avec son quadrillage de quartier, sa triangulation planifiée, qui risquent de nous faire bientôt regretter les asiles fermés d’autrefois, ah le bon temps, le vieux style. C’est là que se posent les problèmes propres à Guattari sur la nature des groupes soignants-soignés capables de former des groupes-sujets, c’est-à-dire de faire de l’institution l’objet d’une véritable création où la folie et la révolution, sans se confondre, se renvoient précisément ce visage de leur différence dans les positions singulières d’une subjectivité désirante. Par exemple, l’analyse des UTB (unités thérapeutiques de base) à La Borde, dans le texte Où commence la psychothérapie de groupe ? Comment conjurer l’assujettissement à des groupes eux-mêmes assujettis, auquel concourt la psychanalyse traditionnelle ? Et les associations psychanalytiques, sur quel versant de l’institution sont-elles, dans quel groupe ? Une grande partie du travail de Guattari avant Mai 68 fut « la prise en charge de la maladie par les malades eux-mêmes, avec l’appui de l’ensemble du mouvement étudiant ». Un certain rêve du non-sens et de la parole vide, instituée, contre la loi ou le contrat de la parole pleine, un certain droit du flux-schizo n’ont jamais cessé d’animer Guattari, dans une entreprise pour abattre les divisions et les cloisonnements hiérarchiques ou pseudo-fonctionnels-pédagogues, psychiatres, analystes, militants… Tous les textes de ce recueil sont des articles de circonstance. Ils sont marqués d’une double finalité, celle de leur origine dans tel tournant de la psychothérapie institutionnelle, tel moment de la vie politique militante, tel aspect de l’Ecole freudienne et de l’enseignement de Lacan, mais aussi celle de leur fonction, de leur fonctionnement possible dans d’autres circonstances que de leur origine. Ce livre doit être pris comme le montage ou l’installation, ici et là, de pièces et rouages d’une machine.
Parfois des rouages tout petits, très minutieux, mais en désordre, et d’autant plus indispensables. Machine de désir, c’est-à-dire de guerre et d’analyse. C’est pourquoi l’on peut attacher une importance particulière à deux textes, un texte théorique où le principe même d’une machine se dégage de l’hypothèse de la structure et se détache des liens structuraux (Machine et structure), un texte-schizo où les notions de « point-signe » et de « signe-tache » se libèrent de l’hypothèse du signifiant.
Gilles Deleuze
Préface à Psychanalyse et transversalité, Essais d’analyse institutionnelle de Félix Guattari / 1974.
*Michel Foucault, Histoire de la folie à l’age classique, 1976.
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