Vai ~E ~Vem (Va et vient) / João César Monteiro

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João César Monteiro
Vai ~E ~Vem / 2003
Avec João César Monteiro, Rita Pereira Marques, Joaquina Chicau, Manuela de Freitas, Ligia Soares, José Mora Ramos, Rita Durão, Maria Do Carmo Rôlo, Miguel Borges, Rita Loureiro, Tiago Diaz, Ana Brandão, Rui Luís…

La vulve qui a sauvé le monde / Agnès Giard

Tout le monde connaît le mythe de Déméter, déesse des moissons : sa fille bien-aimée, Perséphone, lui a été arrachée par le maître du royaume des morts. Déméter pleure, cesse de se nourrir, néglige les récoltes qui périssent. L’univers plonge avec elle dans l’enfer glacé de la douleur… Pour consoler la déesse, une femme nommée Baubo (servante ou déesse mère, on ne sait pas exactement) exhibe alors sa vulve et lui explique par ce geste que l’énergie de la vie se trouve là… A cette vue, Déméter rit et retrouve le goût de vivre.
La vulve est-elle un antidépresseur ? Elle qui ressuscite les déesses. Elle qui rappelle aux femmes en deuil que la mort d’un enfant n’empêchera jamais les suivants de naître. Aucun hiver n’est définitif. Célébrant devant Déméter les vertus du plaisir, Baubo montre que la vulve n’est pas seulement l’origine du monde, mais la source de jeunesse éternelle, qui permet çà chaque femme de recommencer sa vie à zéro. La fontaine de jouvence.
Il existe de nombreux mythes similaires ou associés à celui de Baubo. Celui de Baubo-Phryne, par exemple, dont le culte est célébré en Egypte sous la forme d’une déesse crapaud qui préside aux accouchements. Elle est souvent représentée avec les cuisses écartées. Au Japon, la déesse Ame no Uzume exhiba son sexe pour ébranler le monde d’un rire cosmique et ainsi le sauver. Au détour des frontons d’églises irlandaises, on trouve aussi des femmes rieuses appelées Sheela Na Gig, qui tiennent les bords de leur vulve à deux mains et l’ouvrent comme s’il s’agissait d’une grotte… Elles ont le pouvoir, dit-on, de faire fuir les démons.
Agnès Giard
la Vulve qui a sauvé le monde / 2012
Publié dans Causette n°26, dossier « la Vulve sort du bois »
Illustré par les œuvres textiles de Claudie Guyennon-Duchêne
Blog d’Agnès Giard : les 400 culs

« (…) Entre les poils frisés comme la chair est belle sous cette broderie bien partagée par la hache amoureuse, amoureusement la peau apparaît pure, écumeuse, lactée. Et les plis joints d’abord des grandes lèvres baîllent. Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d’un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.(…) »
Louis Aragon / le Con d’Irène
La vulve qui a sauvé le monde / Agnès Giard dans Eros vulveclaudieguyennonduchen
Complément du Silence qui parle :
« (…) Son sexe ressemblait à une fleur de serre géante, plus grand que tous ceux qu’avait vus le Baron, avec une toison abondante et bouclée, d’un noir brillant. Elle passait du rouge sur ces lèvres avec autant de soin qu’elle l’aurait fait sur sa bouche, si bien qu’elles finirent par ressembler à des camélias rouge sang, que l’on aurait forcés à s’ouvrir, pour laisser apparaître le bouton intérieur encore fermé tel le cœur plus pâle, à la peau plus fine, de la fleur. »
Anaïs Nin / Venus Erotica

Filmer la psychanalyse ? / Pierre Marshall

Ces dernières années, la psychanalyse est devenue un objet pour la caméra. Peut-on filmer la psychanalyse ? Comment rendre compte de cette expérience si singulière? On connaissait bien le documentaire sur la « grande histoire » de la psychanalyse, dont certains se sont faits les hérauts, et on peut également se souvenir des époques lointaines où Serge Leclaire poussa l’exercice télévisuel assez loin.
Aujourd’hui la psychanalyse se plie à la forme du documentaire. Ainsi, à la fin 2009, Gérard Miller a réalisé pour France télévision, la Première séance. Plus récemment Daniel Friedmann a réalisé un coffret aux Editions Montparnasse, intitulé Etre psy. On peut se demander pourquoi de telles productions arrivent maintenant. Est-ce parce la psychanalyse cherche à reconquérir un public en désaffection ? S’agit-il de démontrer, par le témoignage, son efficacité ? Il est vrai que la démarche ne manque pas de pédagogie et de didactique. Mais on peut s’interroger à plusieurs titres.
Que penser d’une démonstration qui exhibe, telle une icône, la femme d’un président (Miller) ? De même, malgré la bonne volonté de Friedmann et sa démarche moins populiste, on peut s’interroger. Tout d’abord dans le choix du titre : « être psy ». Car « d’être », il n’y est nullement question, seulement de certaines grandes figures psy un peu vieillissantes… Nulle vie n’est présente… de telle sorte que d’aucuns rebaptiseront volontiers ce coffret « Tombeau pour la psychanalyse » (cela dure tout de même 33 heures !).
On ne s’étonnera pas que dans ces productions monotones et très parisiennes, le rapport de la psychanalyse au pouvoir n’est jamais questionné (on peut noter au passage la parution prochaine d’un livre d’un jeune anthropologue, Samuel Lézé, qui déconstruit le pouvoir des psychanalystes aujourd’hui. Samuel Lézé, l’Autorité des psychanalystes, Paris, PUF, 2010). Difficile, dans ces cas, de défendre l’hypothèse de l’inconscient et du désir.
Une autre tentative de filmer la psychanalyse, chronologiquement antérieure, et malheureusement moins aperçue, mériterait l’attention tant elle évite les écueils des précédentes. C’est celle de Pierre Carles dans son film Enfin pris. Proche de Bourdieu, Carles n’échoue pas pour autant dans un réductionnisme sociologique. C’est qu’il s’agit de sa propre analyse… qu’il filme ! Son documentaire expérimental retrace son parcours. Critiquant un de ses anciens collègues journaliste qui a réussi sa carrière, il se rend compte qu’il s’acharne contre lui. Réalisant sa bévue et ce qu’il y a de douteux dans son affaire, il se rend chez son psychanalyste pour lui en parler. Allongé sur le divan, sa caméra sur le ventre, Carles confie sa colère. Le psychanalyste (Jean-Paul Abribat), écoute, « pipe au bec », et délivre des interprétations pleines de malice, pendant que son chat aux longs poils roux vient se frotter à ses jambes. Un moment jubilatoire, atypique, loin des rengaines nostalgiques, et des enjeux de pouvoir psy. Rafraîchissant.
Pierre Marshall
Filmer la psychanalyse ? / 2010
Publié dans Chimères n°72, Clinique et politique
http://www.dailymotion.com/video/x1c3mm
Etre psy / Jerôme Blumberg, Daniel Friedmann, DVD, coffret 14 CD, Paris, Editions Montparnasse, 2009.
la Première séance / Gérard Miller, diffusé le 7 novembre sur France 3, Paris, 2009.
Enfin pris ? / Pierre Carles, C-P productions, Paris, 2002.

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