Archive pour la Catégorie 'Eros'

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La Machine molle / William Burroughs

Traversez les galaxies blessées
Salles de machines-à-sous vues stéréoscopiques long procédé de formes différentes.
Dans un col de la maladie-murmure sauta dans nos gorges, toussant et crachant dans le matin argenté. gel sur nos os. La plupart des formes-singes sont mortes là sur les pentes déboisées. des yeux de bêtes sur « moi » amenèrent la maladie des cavernes temples blancs bloquée dans ma gorge pour éclore dans les terres vaporeuses tièdes une chanson crachat-pourpre éclate en chair d’œuf. Dépassant le col des collines calcaires descendent sur la haute savane verte et le vent-herbe sur nos génitaux. sommes arrivés à un marécage nourri par des sources chaudes et de la glace de montagne, et sommes tombés tels tas de chairs. singes malades crachant un rire-sang. bruit bouillonnant dans les gorges déchirées par la maladie-parlote. visages et corps couverts d’écume de pus. poils d’animaux dans la chair-sexe pourpre. bruits malades tordus dans le corps. musique sous-marine bouillonnant dans des lits-sang. visages humains vont viennent dans une tentative de mise au point. Nous pataugeâmes dans l’eau boueuse tiède. chair de poil et de singe pelée en lamelles hurlantes. debout des corps humains nus couverts de gelée verte phosphorescente. chair molle tentative coupée de plaies-singes. pelant d’autres génitaux. doigts et langues effaçant la gelée-couverture. corps fondant les bruits-plaisir dans la boue tiède. jusqu’à ce que le soleil disparaisse et un vent bleu silencieux effleura les visages humains et les cheveux. Quand nous sommes sortis de la boue nous avions des noms.
Dans le col des fleurs arctiques-murmures. bourrasques de vent gelé. les os et la plupart des singes étaient toujours sensibles. collines invisibles. crachant les courbes sang os humains hors de la mise au point, et chair-singe corps humains nus. Cavernes gelées dans ma gorge. génitaux de gelée verte. Collines calcaires couvrant nos corps fondus dans la savane et la boue-herbier. merde et sperme venaient chaud jusqu’à ce que le soleil disparaisse. La montagne effleura les gorges bouillonnantes humaines. Déchirés nous sortîmes de la boue rampant visages et corps couverts de la chair-sexe pourpre. et la maladie sauta dans notre corps musique sous-marine bouillonnant dans le gel argenté du marin. visages vont viennent dans une tentative de forme-singe. dans la boue tiède et les collines d’eau. maladie hurlante froide du temps blanc. couverts de phosphorescence faisant peu neuve dans les terres tièdes. crachant des plaies-singes. sentant la chair œuf. bruits-plaisirs verts réchauffent nos génitaux. vent bleu silencieux. Singes crachant des visages-sons à travers l’écume de pluie. la maladie parlote avait des noms. Le bruit était là debout nu dans l’herbe. la musique bouillonnait dans le sang. œufs de grenouille tremblaient sonnaient dans nos gorges et échangeaient nous avions des noms pour chacun. rire va-et-vient tentative et en riant nous avons lavé les poils. jusqu’à ses génitaux. Humains nos corps et fondus dedans quand nous sommes sortis.
Et l’autre ne voulait pas me toucher à cause de la chose-vermisseau blanche à l’intérieur mais personne ne pouvait refuser si je voulais et ai mangé la mollesse-peur dans d’autres hommes. Le froid entourait nos os. Et je pouvais voir le temps avant la chose quand il y avait du vert partout et ce goût vert dans ma bouche et le merde plant vert sur mes jambes avant le froid… Et quelques-uns ne mangeaient pas ma chair et mouraient parce qu’ils ne pouvaient vivre avec la chose à l’intérieur… une fois nous avons pris un des hommes poilus avec nos filets de vigne vierge l’avons attaché au-dessus d’un feu lent l’avons laissé là jusqu’à ce qu’il meure et la chose lui a sucé ses cris bougeant devant mon visage comme de la fumée et personne ne pouvait manger la peur-chair de l’homme poilu et dans la caverne une odeur se pencha au-dessus de nous… nous avons déménagé pour sortir de notre excrément d’où les vers blancs se tortillaient pour nous atteindre et la maladie-vermisseau dans tous nos corps. Nous prîmes nos poses et nos lances et partîmes vers le Sud et avons laissé la chair noire là dans les cendres… Sommes arrivés à la grande plaine sèche et seuls ceux qui ont survécu ont appris à laisser la chose faire surface et à manger l’excrément animal dans les trou d’eau marron… Puis l’herbe épaisse et les arbres et les animaux. J’ai tiré la peau sur ma tête et j’ai créé un autre homme j’ai mis sa peau et ses cornes et nous avons baisé comme des animaux collés ensemble et nous les avons tués et je savais que la chose à l’intérieur de moi trouvera toujours des animaux pour nourrir ma bouche-viande… Ai vu des animaux nous pourchasser avec des lances et me suis réveillé mangeant ma propre main et le sang dans ma bouche me força à recracher un jus âcre et vert. le jour suivant, j’ai mangé de la chair et chaque nuit nous nous revêtîmes de peaux d’animaux et nous nous badigeonnâmes les jambes d’excrément vert animal et nous baisâmes avec force grognements et geignements et collés ensemble ombres sur le mur de la caverne, et nous mangeâmes des hommes-surfaces… la peau sur ma tête et le goût vert et les cornes et nous baisâmes avant que la chose à l’intérieur de moi ne pût le faire. Nous avons pris un des hommes poilus et l’avons animalé sur un feu mangeant ma propre main, la chose suça ses cris en jus vert âcre. Veux qui apprennent à laisser entrer la mollesse, mangeaient l’excrément animal dans des os marron… J’ai forcé un autre homme à mettre a peau vert-plant-merde sur la chair animaux collés ensemble. Alors j’ai su qu’avec la chose à l’intérieur trouverai toujours animaux à nourrir avec nos filets de vigne vierge. Sang dans ma bouche me forçait à recracher bougeant dans mon visage comme le jour suivant j’ai mangé de la chair… avons déménagé vers des jambes genoux et nous baisâmes entortillés ressentant collés ensemble ombres sur nos corps.
Blizzard de verre dans les rues calcaires rouillées faisait exploser la chair d’os rieurs. sang éclaboussant traversant murs d’urine. Nous vivions dans les égouts de la ville, crabes parasites dans nos génitaux effleurant notre chair malade à travers nous sur un long fil de muqueuse rectale. endroit des ténias aux visages d’os blancs bouches-disques cherchant la muqueuse molle de l’autre. les années. les longs. les beaucoups. un tel endroit. Dans une terre d’herbe sans mémoire, seule la nourriture des hordes se déplaçant vers le Sud, la chair sombre tatou tuée dans l’herbe fraîche du matin avec des javelots. Les femmes et leurs choses-polices mangeaient la chair et nous nous sommes bagarrés pour leurs morceaux de gras-tatous merdes-incrustées.
Blizzard de verre sans mémoire. seule nourriture pour la chair était l’urine puante de la ville. les crabes parasites mangeaient la chair. à travers les jungles d’haleines nous copulâmes avec des visages d’os blancs. endroits d’orties et de scorpions pour la muqueuse molle de l’autre. intestins poussant de l’espace mauvaises herbes dans les murs frais matinaux. les femmes dans les génitaux et dans nos entrailles. nous nous sommes bagarrés pour leurs merdes, effleurant notre viande-chair malade sur un fil de muqueuse ; déchirant l’endroit merdeux de ténias avec nos griffes dans quelques bouches-disques. corps-larves cherchant la punition. les années. le long. les beaucoups. de telles pousses jaillissantes.
Assis nus au fond d’un puits. la boue fraîche du soir touchant nos rectums. Nous avons partagé un morceau de gras-tatou mangeant dans la bouche l’un l’autre. au-dessus de nous une cosse sèche de corps insecte le long du mur de pierre du puits et les sorties recouvrant la bouche du puits contre le ciel vert du soir. léchant le gras de ses dents et gencives rieuses j’ai dit : « Je suis Allah. Je t’ai créé. » Une brume bleue coupa et remplit de pluie notre haleine-mot. Mes mains plongèrent dans son corps. Nous nous sommes endormis dans d’autres chairs. Odeurs sur notre ventre et nos mains Nous nous sommes réveillés dans le soleil de midi, des jalousies d’orties coupant notre chair molle de la nuit.
Le soir toucha nos rectums. coassements de grenouilles et de coquillages de boue. léchant le gras endormi avec d’autres chairs. la boue fraîche de l’haleine et les corps que nous partagions. branches dans le vent. ses genoux. d’autres bouches. contre le ciel vert du soir. « Nous dents et gencives rieuses », j’ai dit. Mains réveillées dans le soleil de midi chair molle de la nuit. odeur sur notre ventre. jalousies-orties coupantes. salles de machines-à-sous et vues stéréoscopiques – long procédé de formes différentes – Doigts morts parlent en Braille.
Crois que la Police garde tous les rapports de la Chambre de Conseil – et nous n’avons pas la permission d’offrir les Comptes désastres – Main-vent prise dans la porte – Explosifs Bio-avance Homme hors de l’espace pour employer un électricien d’essence fissure de l’histoire – dernier des héros galants -
« Je suis vous sur rail, Mr Bradly Mr Martin » – Ne pouvais atteindre la chair dans son interrupteur et temps zéro vers les rails malades – Un long moment entre les soleils et je tenais le pardessus rassis – glissant entre lumières et ombres – score peu familier murmurant dans les chiens – traversons les galaxies blessées que nous interceptons, poison d’un soleil mort dans votre cerveau disparaissant doucement – Migrants de singes en essence fissure de l’histoire, bio-avance explosifs en dehors de l’espace vers le néon – « Je suis vous, Main de vent prise dans la porte » – Ne pouvais atteindre la chair – Au soleil j’ai tenu le manteau rassis, Main Morte étirant la gorge – Dernier à offrir le compte désastre sur rail. « Voyez Mr Bradly Mr » -
Etant aveugle pouvais ne pas refuser d’entendre : « Mr Bradly Mr Martin désastre pour mon sang que j’ai crée » – (L’eau peu profonde est entrée avec la marée et la Rivière suédoise de Göteborg.)
William Burroughs
la Machine molle / 1961-1968
William Burroughs sur le Silence qui parle
La Machine molle / William Burroughs dans Anarchies naked-lunch-le-festin-nu

Pornotopie – Playboy et l’invention de la sexualité multimédia / Beatriz Preciado

Grâce à une soigneuse distribution verticale et horizontale, ainsi qu’à une une multiplication des procédés de technicisation du regard, d’enregistrement et de diffusion médiatique d’information, le Manoir Playboy, authentique dispositif pornographique multimédia, réunit dans un même bâtiment des espaces traditionnellement incompatibles : l’appartement du célibataire, le bureau central du magazine Playboy, le plateau de télévision, le décor cinématographique, le poste de surveillance audiovisuelle, le pensionnat de jeunes filles et le bordel.
En utilisant l’expression que Gilles Deleuze et Félix Guattari ont choisi pour interpréter la littérature de Kafka, nous pourrions définir la pornotopie Playboy comme la création d’une architecture mineure, un projet à travers le quel Playboy mènera la production d’ »un monde au sein d’un autre monde » (1), un lieu de pli et de juxtaposition des espaces privés et publics, réels et virtuels, en créant un nouveau type de domesticité masculine dans laquelle, d’après Hefner, le nouveau célibataire pourrait jouir des privilèges de l’espace public (et nous devons ici comprendre des privilèges sexuels, de genre et de représentation, ainsi que les prérogatives de la consommation capitaliste) sans être assujetti aux lois (familiales, morales, antipornographiques) et aux dangers (nucléaires, de la guerre froide) de l’extérieur.
Le Manoir est un gigantesque et délirant bureau dans lequel il est possible de vivre et de jouir ; un bordel à la fois centre opérationnel d’un groupe de presse et plateau d’un reality show dont le protagoniste est un homme marié (Hefner s’est marié plusieurs fois), accompagné d’une trentaine de jeunes femmes ; un strict pensionnat de jeunes filles où les résidentes sont candidates à se transformer en playmates et à poser nues devant l’Amérique entière ; un bunker hermétique surveillé par une télévision à circuit fermé dont les images peuvent à tout moment devenir publiques.

Playboy 1959 : notre futur
Les émissions de télévision créées par Playboy et inspirées de la vie dans le Manoir, bien qu’éphémères, ont été pionnières non seulement de la tradition des reality shows, mais aussi de ce que nous pourrions appeler les « spectacles d’enfermement domestique » : ces émissions de télévision montrant un certain nombre de personnages populaires ou anonymes surveillés vingt-quatre heures sur vingt-quatre par une télévision à circuit fermé, sur un plateau qui simule un espace domestique clos. Foucault nous a appris à penser l’architecture comme une matérialisation des rapports de pouvoir, mais aussi comme une machine d’extraction du savoir. L’hôpital n’est pas seulement un lieu de soin, mais également une mégastructure destinée à la production de connaissance. Pour Foucault,l’hôpital et la prison sont au corps social du XVIII° siècle ce que la table de dissection et le microscope sont respectivement au corps anatomique et à la cellule (2) : des instruments qui produisent des formes spécifiques de savoir et de représentation. L’enfermement et la surveillance sont des mécanismes grâce auxquels il est possible d’extraire du savoir et de produire du capital. Dans ces conditions, quel type de machine épistémologiques et économique, avec son architecture d’enfermement et ses techniques des surveillance, fait fonctionner l’émission de télévision de Playboy ? Les espaces clos où se déroule l’action du Playboy Penthouse ou du Playboy After Dark, tout comme les futurs Girls of the Playboy Mansion, Big Brother, Loft ou Secret Story, ne sont ni des lieux naturels ni des espaces purement symboliques : ce sont des laboratoires médiatiques dans lesquels la subjectivité est stratégiquement spatialisée, distribuée, communiquée, et finalement capitalisée grâce à des techniques d’enfermement, de surexposition, de surveillance, de dissimulation et de production du plaisir.
Le fonctionnement de l’émission de télévision ressemble à ce que Foucault appelle un « miroir inversé » : elle projette dans l’espace ultra-domestique des spectateurs l’intérieur post-domestique du Manoir Playboy. Ainsi, pour un instant, le pavillon de banlieue contient son double inversé : l’appartement urbain du célibataire. Cette même ville de Chicago qui vantait la famille, approuvait la prohibition et promouvait la ségrégation raciale de l’espace urbain, jouissait de la consommation télévisuelle d’une fantaisie carnavalesque pop digne de Bakhtine où dominaient la nudité féminine, la polygamie, la promiscuité sexuelle et une apparente indifférence raciale (3). Le Manoir fonctionnait comme une poronotopie dans laquelle on pouvait simultanément voir représentée, récusée et inversée la sexualité américaine de la fin des années 50 et du début des années 60.
L’enseigne en latin qui surmontait la porte d’entrée du Manoir Playboy prévenait : « Si non oscillas, nili tintinare » (« Si tu ne te déhanches pas, ne sonne pas »). ce qui ressemblait à une invitation faite à tous : la seule condition était d’être prêt à s’amuser. Néanmoins, et ainsi que Foucault l’avait prévu : « En général, on n’accède pas à un emplacement hétérotopique comme dans un moulin… Il y en a d’autres au contraire qui ont l’air de purs et simples ouvertures, mais qui, en général cachent de curieuses exclusions ; tout le monde peut entrer dans ces empalcements hétérotopiques, mais, à vrai dire, ce n’est qu’une illusion : on croit pénétrer et on est, par le fait même qu’on entre, exclu » (4).
Si l’espace de l’émission de télévision Playboy Penthouse imitait l’intérieur du Manoir, ce dernier, quant à lui, satisfaisait dans ses moindres détails aux exigences techniques de production télévisuelle. Comme dans l’hétérotopie déviée évoquée par Foucault, la possibilité de pénétrer et d’habiter librement dans le Manoir, un lieu apparemment  privé et secret, n’était qu’un simple illusion visuelle, car cet espace avait été soigneusement conçu et éclairé comme un plateau de cinéma d’Hollywood, les scènes avaient été théâtralisée et les personnages dirigés sur la base d’un scénario bien précis. La maison tout entière, pièce par pièce, était surveillé par un circuit fermé de caméras scrutant chaque coin et enregistrant vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ainsi, en entrant dans la maison, l’invité pouvait se croire privilégié car il avait été accepté dans le refuge privé de Hefner, alors qu’en réalité il venait de pénétrer un territoire médiatiquement surexposé, hautement surveillé et commercialisable. Pour franchir le seuil de cet endroit exceptionnel, le prix à payer par l’invité était de devenir l’un des acteurs anonymes d’un film sans commencement ni fin. Ici aussi, la logique de réversibilité régnant sur l’architecture intérieure de la maison, sur les meubles et les dispositifs techniques (le canapé convertibe, les cloison coulissantes, la bibliothèque-bar giratoire, les miroirs sans tain et surtout les caméras), transformait le visiteur en acteur, le caché en visible, et bien entendu le privé en public.
Beatriz Preciado
Pornotopie / 2010-2011
A lire sur le Silence qui parle : Olivier Razac / l’Ecran et le zoo – Spectacle et domestication, des expositions coloniales à la télé-réalité
Pornotopie - Playboy et l'invention de la sexualité multimédia / Beatriz Preciado dans Dehors inside-story-pin-up-gil-elvgren-1959
1 La formule « projet architectural mineur » reprend le concept de « littérature mineure » développé par Gilles Deleuze et Félix Guattari à propos de Kafka : « Une littérature mineure n’est pas celle d’une langue mineure, plutôt celle qu’une minorité fait dans une langue majeure », Gilles Deleuze et Félix Guattari, Kafka : Pour une littérature mineure, Minuit, Paris, 1975, p. 29.
2 Voir Michel Foucault, Blandine Barret-Kriegel, Anne Thalamy et Bruno Fortier, Les Machines à guérir : aux origines de l’hôpital moderne, Institut de l’environnement, Paris, 1976.
3 Russell Miller, Bunny : The Real Story of Playboy, Michael Joseph, Londres, 1984, p. 10. L’affaire des « invités noirs » fit l’objet de controverses parmi les membres de l’équipe de l’émission, quand bien meme la plupart des Afro-Américains qui amusaient le public blanc étaient des musiciens extrêmement connus (comme Ray Charles et Sammy Davis). Mais dans tous les autres cas, les Afro-Américains ne faisaient pas parti des invités, et apparaissaient juste en qualité de musiciens ou de garçons de café. Jusqu’en 1965, il n’y eu pas une seule playmate afro-américaine. Voir Gretchen Edgren, Playboy, 40 ans, Hors Collection, Paris, 1996. Cependant, il est certain que Playboy a été pionnier pour ce qui concerne l’implantation de politiques égalitaires en termes de genre, de race et de sexualité, aussi bien dans l’entreprise que dans la représentation multimédia que celle-ci propose. Notons, néanmoins, dans ce carnaval pop, l’impossible présence de l’homosexualité masculine.
4 Michel Foucault, « Des espaces autres », Dits et écrits, 1976-1988, Gallimard, Paris, 2001, p. 1579.

Sexus / Henry Miller

J’ai le mal d’amour. A en mourir. Un rien, l’ombre d’une dartre, et je crèverais comme un rat empoisonné.
Mon corps est de plomb quand je le jette au lit. Je perds aussitôt conscience pour plonger au plus bas du rêve. Ce corps, qui s’est transformé en sarcophage à poignées de pierre, gît parfaitement immobile ; le rêveur s’en échappe, telle une vapeur, pour se lancer dans une navigation autour du monde. Le rêveur cherche en vain le moule et la forme qui conviendraient à son essence éthérée. Comme un tailleur céleste, il essaie un corps après l’autre, mais tous sont ratés. Finalement, il est contraint de se rabattre sur son propre corps, de réintégrer le moule de plomb, de redevenir prisonnier de la chair, de continuer dans la torpeur, la peine et l’ennui.
Henry Miller
Sexus / 1949
Sur le Silence qui parle : Anaïs Nin
Sexus / Henry Miller dans Eros 1222mags201j

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