Archive pour la Catégorie 'Deleuze'

Entretien avec Pascal Auger : autour de Deleuze et du cinéma / Nicolas Rousseau

« Je m’intéressais au cinéma de recherche. J’avais vu à la télé des films de Norman MacLaren, tournés image par image, qui m’avaient bien plu. Je me disais que ce serait bien de trouver, s’ils existaient, des enseignants ayant à me dire des choses là-dessus, sur ces voies un peu inexplorées du cinéma. Je ne savais pas pourquoi, mais même si j’aimais comme tout le monde les films de fiction, ce n’était pas ce que je voulais tourner. Dans la réalité, à la fac de Vincennes, il n’y avait à cette époque presque pas de matériel pour réaliser des films. Les films coûtaient très cher, même en 16mm. On avait droit à environ trente mètres de pellicule par an, ce qui représente deux minutes trente de tournage. Ce n’est presque rien. La vidéo est arrivée au tournant des années 1980. »

Lire l’entretien intégral ICI / Actua Philosophia

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Deleuze, l’univers moléculaire / Jean-Clet Martin

Lorsqu’on promène son regard par la fenêtre, on pourra y apercevoir diverses choses, dans des moments qui ne sont pas forcément continus. D’une fenêtre à l’autre, d’un cadre à l’autre, je peux assez bien articuler les raccords, retrouvant la façade après le battant qui l’avait occultée. Cela se produit de façon ordonnée, successive. Le divers des éléments du réel, on s’y accommode assez bien et les minutes passent, avec leurs lots de rencontres, sans nous déstabiliser pour autant. Je peux faire des liens, établir des causalités, longer des intentions, nouer des projets qui seront finalement assez stables. C’est tout moi, avec des lignes qui se segmentent, mais qui se recollent comme un puzzle fait de pièces assez dures pour tenir ensemble. Cet espace est l’espace grossier du quotidien, les segments ne s’y présentent que pour ouvrir l’intérêt d’un jeu de recomposition que nous aimons tous jouer parce que rien n’y arrive vraiment, aucun danger disons. Deleuze, dans Logique du sens, nous apprend que ce jeu, n’est pas un jeu risqué et par conséquent n’est pas le jeu du réel. On fait semblant de jouer, de trouver les 7 erreurs qui ne sont pas des erreurs mais des oublis. Voici que la philosophie propose sans doute d’autres jeux…
Par exemple Pascal, que Deleuze rencontre dans ses livres sur le cinéma. C’est comme si Pascal était le nom d’un enchaînement qui ne marche plus du tout par segments durs, par images rafistolées. Il y a chez Pascal un jeu terrible, celui du choix. Mais c’est le choix adossé à un grand risque. Pascal nous place devant une alternative que vous connaissez sans doute : soit vous optez pour le néant, soit vous entrez en Dieu. Il y va du Pari. Je parie au moment crucial, terrible, qui décoiffe toutes les assurances. La conséquence du pari, c’est quoi alors ? Ce n’est pas du tout gagner. Au lieu de choisir une vie de néant et de boire un verre pour l’oublier, de mettre du son, de l’ambiance festive qui nous ferait rire du pire, qui nous ferait défier le vide à l’élastique, Pascal choisit Dieu. Mais, à ce moment précis, commence une drôle d’histoire. Il y a Abraham. Dieu lui demande de tuer son fils. Est-il vraiment le gagnant d’un tel choix ? Là, on entre dans le vrai jeu. Le risque, le risque non pas de perdre, mais de se perdre. Alors les gestes ne s’associent plus tranquillement, d’une fenêtre à l’autre. Chaque fenêtre devient profonde comme celles d’Edward Hopper. D’un immeuble à l’autre, on tombe dedans, on a le sentiment de plonger dans l’interstice, à  l’infini. C’est une expérience pas du tout segmentaire,  molaire, avec des ponts. Tout, au contraire, se délite, les atomes de lumière se détournent, se fissurent. On entre dans le moléculaire.
La philosophie commence par une chute hors du divers, hors du divertissement. On sombre, on tombe, on descend d’un cran, dans un dernier mouvement pour se retourner vers le chaos. Le risque ici n’est pas de gagner ou de perdre. On ne perd pas grand-chose dans des jeux pour champions. On ne perd rien dans les jeux savants, ni dans des sondages qui examinent notre degré trivial de culture. Là, on ne peut qu’étaler et s’étaler. Le jeu philosophique, c’est une entreprise tout autre, le grand risque, celui qui descend, qui arpente des plateaux, des surfaces superposées, chaque surface étant un monde. J’ai appelé cela un plurivers, depuis le début, depuis que j’ai commencé à penser avec Deleuze. Deleuze, lui, parle de Mille plateaux pour dire un peu cette chute d’intensité. A chaque degré de votre chute, la règle change, un autre plateau se déploie. Alice apparaît comme l’initiatrice d’un tel jeu. Elle n’est pas seulement de l’autre côté, mais du même côté quand les règles ne cessent de muter et que, à chaque donne, tout se modifie. On comprend alors que nous ne sommes pas dans le monde du divers, avec des lapins et des rats différents, avec des espèces et des genres. C’est autre chose que le divers. C’est autre chose que ce que nous pouvons bien agencer dans des lignes dont la segmentarité serait assez composite pour produire des morceaux qui se recollent. Aussi ne s’agit-il plus de compter le nombre de dimensions. Nous sommes toujours trop dans un divers divertissant, bien à l’aise, placés dans un espace de restauration des unités et des ensembles. Mais lire Deleuze, c’est une aventure très nouvelle. Avec lui, nous avons pris plutôt un ascenseur qui traverse des couches non-raccommodables, un accélérateur de particules qui nous envoie dans une paysage désaccordé, avec des images qui ne collent plus l’une avec l’autre, des images qui demandent du temps pour passer de l’une à l’autre, une durée, parce qu’elles changent vraiment, que tout change de manière déjà moléculaire.
Moléculaire veut dire que l’association entre éléments produit des niveaux d’organisation méconnaissables, des strates hautement perturbées. Moléculaire veut dire encore que si vous associez de l’oxygène et de l’hydrogène vous entrez dans un réel qui vous noie, en pleine mer, liquide. Un autre monde virulent, virtuellement dangereux, plus étrange que celui des molécules dont vous étiez partis : un autre univers que celui du gaz, un univers qui coule, qui glisse, qui produit des vagues, des turbulences, des tempêtes, des marées dévastatrices, des trombes dont le poids écrase le rivage par des tonnes que vous n’aviez pas dans l’hydrogène qui s’envole, dans l’oxygène qui se volatilise. Bon, il faut donc un peu sombrer, tomber selon une chute qui nous fait passer par des niveaux dissemblables. C’est seulement à cette condition qu’on va pouvoir parler de réalité, pressentant toutes les virtualités qu’elle contient à chaque pas. Alors le jeu devient un jeu réel. Et, au lieu de parler de multiples, de diversité, il faudrait enfin pouvoir parler de multiplicités.
Une multiplicité, c’est une forme de réalité dont le jeu n’est jamais pareil. Vous passez d’une strate, par exemple celle de l’hydrogène, à une autre strate, celle de l’eau. Et d’une strate à l’autre les règles ont changé, les lois ont bifurqué. Alors tout se corse, et on ne sait plus, il faut expérimenter, une multiplicité ne pouvant se juger, s’évaluer à l’avance. Voici que l’empirisme devient radical. On passe d’un espace électromagnétique à un espace gravifique ou peut-être nucléaire. Les lignes de segmentarité deviennent élastiques, souples, étranges. Elles se découpent avec d’autres effets que ceux des causes. Il en va comme d’un mille-feuille avec sur chaque feuillet une nouvelle réalité. D’un plan à l’autre, on saute un ravin, on expérimente une durée, une descente, des ralentis, des accélérations qui changent tout dans ce qu’on pensait rencontrer. Dans l’un des univers Achille dépasse la tortue, dans un autre il se fait rattraper par elle, pèsera des tonnes quand la tortue sait se débrouiller avec la gravité, avec le poids de sa carapace, avec la lenteur habituelle de son corps, sûre d’elle quand tout devient intolérable pour des êtres habitués de courir et sauter. Dans Différence et Répétition, Deleuze fait la tortue et nous apprend le pli extraordinaire de sa tête, de son os qui devient une carapace. On devient un animal, on entre dans un autre royaume, une anarchie couronnée.
Deleuze, pour toutes ces raisons est le philosophe des multiplicités. Il est le seul philosophe à avoir thématisé cette notion, à avoir traversé des multiplicités quand les autres parlent du multiple, de « l’un et du multiple ». Parce qu’on peut confondre. On peut toujours collectionner des clefs multiples dans un seul tableau et en faire un bel ensemble. Mais ce n’est pas cela une multiplicité. Pour affronter une multiplicité, il faut réaliser un saut, une chute, descendre en enfer, éplucher des mondes dont aucun n’obéit aux mêmes répartitions. C’est ce que Deleuze nomme variations et c’était le sujet même de mon livre sur lui. La philosophie est une création par variations. Elle passe comme le danseur de Minnelli par des décors qui ne sont pas les mêmes, par des scènes qui ne peuvent s’associer mais dont chacune ne peut que basculer, basculer dans la suivante selon une division, une rupture dans l’image qui prend du temps, fût-il absolument bref. Deleuze, la pensée de Deleuze, passe par des expériences, des variétés qui ne se divisent pas sans changer à chaque cran, à chaque étape. Aussi ne s’agit-il plus de compter, de nombrer les dimensions. Au contraire, une dimension ne se construit qu’en ôtant l’unité, pratiquée plutôt à n-1. Et sans cette unité du multiple, on risque tout. On risque de perdre à chaque porte, à chaque seuil, avec les règles qu’on utilisait pour s’y déplacer. Le pari n’est plus seulement en début de partie, mais à chaque tirage, à chaque section qu’on emprunte.
Tout le reste n’est que vocabulaire et nomenclature qui n’a rien à voir avec de la philosophie. Se dire « réaliste » ou « phénoméniste » ou encore « nouveau réaliste », « nouveau philosophe », c’est se payer de mots. Le réalisme de Deleuze n’est pas dans telle chose, dans tel objet que je peux ramasser et m’approprier par paquets. Il commence quand l’objet que je croyais connaître se délite, comme un morceau de sucre qui va fondre et me faire entrer dans un niveau terrible, entrer dans la composition du corps, avec des pics de diabète qui confinent à l’évanouissement. C’est très spinoziste comme art d’agencer, comme agencement. Deleuze ne s’intéresse pas aux classements, aux classifications. S’il considère un ensemble, c’est toujours pour en créer la transformation. Il procède par « groupes de transformation » et non par des nombres, ni par des comptes d’éléments. Parler d’universalité ou de particularité pour nombrer les choses, ce n’est qu’un jeu de peu d’intérêt. Deleuze veut des singularités. Comme c’est singulier, tel moment étrange, telle image bizarre, tel mouvement aberrant ! Deleuze veut du singulier, des singularités qui ne sont pas des individus, ni des parties, ni mêmes des éléments, mais des coupes, des segmentations, des lignes et des événements. Au lieu d’aller d’un point à un autre, on change de ligne. Chacun de ses livres compose des lignes de vie et des lignes de mort, des lignes de petites filles avec des lignes de vieillards, des lignes souples avec des dures. Ce n’est pas la même chose qu’assembler des points. Là, on travaillera plutôt avec des vitesses qui chutent, des courbures qui enflent, des zigzags qui vont dans des sens inattendus, des plis qui vont à l’infini. On ne peut lire Deleuze sans affronter ces devenirs, ces mutations. Ainsi toute philosophie est une expérience, les autres façons de penser n’intéressant jamais Deleuze. Tout est dans la chute quand s’ouvre un nouveau cran d’intensité, un nouveau degré de réalité pour lequel je suis toujours un étranger, différent dans le retour de tel ou tel plan.
Je profite de ce mouvement de chute pour dire contre les ânes sans humour que Deleuze n’a jamais fait l’apologie de l’individu, du jouisseur, de celui qui tient à son petit monde, qui tire les ficelles de son égoïsme, ne songeant qu’à soi, à ses petits plaisirs, à filer le coton de sa gloire. Il est plutôt celui qui porte le moi dans sa fêlure, celui qui se dépeuple hors de tout individualisme, qui fuit d’un mouvement d’horreur tous les individualistes pour devenir impersonnel, pour éprouver des dimensions qui sont pré-individuelles. C’est là même le début de sa philosophie sur Hume, quand l’individu ne suffit plus à imposer ses règles au soleil dont les lois ne sont pas du tout celles du vouloir : un mouvement physique, une cinétique paradoxale qui pourrait  bien cesser de se reproduire demain. Un astre qui, au lieu de se lever le lendemain, ne pourra que décevoir nos attentes. Cela se nomme empirisme, empirisme et subjectivité. Dès lors, le moi n’est plus une substance, mais succombe au principe d’incertitude, se risquant à un jeu qui appelle de nouvelles figures, de nouvelles postures pour arpenter des paysages inconnus.
Jean-Clet Martin
Deleuze, l’univers moléculaire / 2015
Publié le 18 janvier 2015 sur le blog Les Invités de Mediapart
http://blogs.mediapart.fr/edition/gilles-deleuze-aujourdhui/article/180115/jean-clet-martin-deleuze-lunivers-moleculaire

À lire : Ariane s’est pendue / Michel Foucault sur Gilles Deleuze, Différence et répétition

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Cours Cinéma 3 du 24 novembre 1981 / Gilles Deleuze

Je dirai le premier pôle de l’image expressionniste ou du montage expressioniste, ça va être la vie non-organique des choses. Et encore une fois, la vie non-organique des choses renvoie au facteur intensif du mouvement dans l’espace en tant que ce facteur intensif, n’existe que par sa relation indécomposable avec un état de la matière égale zéro. C’est pas difficile tout ça, ça s’enchaîne très bien. Ah oui bon, ah ben ça c’est très connu tout ça. C’est très connu et je et dans VÖHRINGER l’esthéticien qui invente le mot expressionnisme et qui va l’appliquer tour à tour à toutes sortes de choses mais qui va finir par l’appliquer au cinéma. Comment il le définit lui le baptiseur ? il faut bien puisque c’est lui qui invente, qui se sert du mot. Et ben c’est très curieux, dans tous les textes de VÖHRINGER, il y a quelque chose qu’il ne perd pas de vue enfin dans les plus beaux textes. Il nous dit « La ligne expressionniste c’est la ligne qui exprime une vie non organique ». C’est à la fois du non organique et pourtant c’est du vivant. Et il oppose la ligne expressionniste ou non organique, la ligne vitale non organique, il l’oppose à la ligne organique de l’harmonie classique.
Quel hommage à EISENSTEIN, l’harmonie classique. C’est le grand classique du cinéma EISENSTEIN. Et comment il définit la ligne non-organique ? La ligne organique ce sera le cercle ou la spirale. Et la ligne non organique ? Ah celle-là elle est violente, dit VOHRINGER, c’est la ligne violente. Qu’est-ce que c’est que la ligne violente ? C’est la ligne qui ne cesse pas de changer de direction ou bien la ligne qui se perd en elle-même comme dans un marais. Il dit pas ça, il dit presque ça, hein il dit « comme dans du sable » c’est pareil, du sable mouillé quoi. La ligne qui ne cesse pas de changer de direction c’est ce qu’il appelait et la première forme d’art expressionnisme, selon VÖHRINGER, c’est l’art gothique. C’est l’art gothique avec sa ligne perpétuellement brisée, qui ne cesse de changer de direction. Qui s’oppose perpétuellement à un obstacle pour reprendre force en changeant de direction. Ça, c’est une ligne qu’aucun organisme ne peut faire et qui est pourtant la ligne de la vie elle-même en tant qu’elle déborde tout organisme.
-  Donc à la ligne organique de l’art dit classique, VÖHRINGER oppose la ligne non organique, également vitale pourtant, de l’art dit gothique – par là, ce sera l’expressionnisme.
Cette ligne se brise et ne cesse de changer de direction ou se perd en elle-même. C’est le mouvement même de l’intensité. Bon alors, bien, est-ce que c’est étonnant que dès lors, le mouvement dans l’espace tel que l’expressionnisme allemand va le concevoir, est fondamentalement un mouvement – où paraît être pour le moment, tout va être corrigé, on va voir … paraît ëtre un mouvement de la décomposition.
-  L’âme va se décomposer, l’âme intensive va se confondre avec le mouvement d’une décomposition qui la ramène à une matière marécageuse.
Mon dieu quel malheur ! et ça va être la promenade dans le marais et ça va être ces décors étouffants et ça va être ces décors étouffants, pas parce que fermés suivant une courbe organique, mais parce que perpétuellement brisés et changeant de direction. Le cabinet CALIGARI, CALIGARI avec ses décors extraordinaires qui sont des décors de plein cinéma et qui introduisent précisément, c’est où il n’y a plus aucune ligne droite, une ligne droite, ça c’est une ligne organique.
La diagonale. Ah la diagonale, c’est louche, c’est ce qui passe entre les deux. De la diagonale à la ligne brisée, il y a des rapports très intimes. La diagonale qui renvoie à une contre diagonale. Oh mais c’est plus du tout l’opposition de mouvements ça. C’est les intensités, c’est les facteurs intensifs qui font pencher la droite. On peut toujours traduire en opposition de mouvements, à ce moment là on perd l’originalité de l’expressionnisme.
C’est pas du tout une pensée de l’opposition, c’est une pensée de l’intensité et c’est très très différent, hein. Ils ont choisi autre chose, une autre direction et c’est comme dans un tableau de SOUTINE où la ville devient folle. La ville devient folle puisqu’il n’y a plus de verticale ni d’horizontale. Il y a des diagonales avec une diagonale qui évoque la contre diagonale.
-  Toutes les choses ont l’air ivres, toutes les choses sont marécageuses et l’âme et l’âme trouve son miroir dans les choses c’est-à-dire son intensité en tant qu’âme du mouvement, est inséparable de la matière nue et cette âme du mouvement, cette âme intensive du mouvement ne peut être saisie que dans le mouvement qui la rapporte à la matière nue, c’est- à-dire aux marécages, aux clapotis. Et là tout l’expressionnisme y passe, je ne dis pas qu’ils se réduisent à ça. Mais que ce soit AURORE de MURNAU, LOULOU de PABST, NOSFERATU de MURNAU ou alors car je crois qu’à certains égards, il est très profondément expressionniste, LA SYMPHONIE NUPTIALE, LES RAPACES de STROHEIM.  En quoi est-ce de l’expressionnisme ? Je peux toujours le dire si je donne un critère d’après lequel pour moi, c’est bien de l’expressionnisme.
Gilles Deleuze
Cours Cinéma 3 du 24 novembre 1981
Texte intégral ici
Cité par Flore Garcin-Marrou sur Labo-LAPS

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