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Les Fils de la vierge / Julio Cortázar / Blow Up / Michelangelo Antonioni

Personne ne saura jamais comment il faudrait raconter ça, à la première ou à la deuxième personne du singulier, ou à la troisième du pluriel, ou en inventant au fur et à mesure des formes nouvelles, mais cela ne servirait à rien. Si l’on pouvait dire : je vîmes monter la lune ; ou : j’ai mal au fond de nos yeux, ou, en particulier : toi, la femme blonde, étaient les nuages qui passent si vite devant mes tes ses notre votre leurs visages. Seulement voilà… Puisqu’il faut raconter, l’idéal serait que la machine à écrire (j’écris à la machine) puisse continuer à taper toute seule et moi, pendant ce temps, j’irais vider un bock au bistro d’à côté. Et ce n’est pas simple façon de dire. L’idéal en effet, car le trou qu’il nous faut raconter est celui d’une autre machine, un Contax 1,2 et il se pourrait bien qu’une machine en sache plus long sur une autre machine que moi, que toi, qu’elle (la femme blonde) et que les nuages. Mais si je n’ai même pas la chance qui sourit aux innocents et je sais bien que si je m’en vais, cette Remington restera pétrifiée sur la table avec cet air doublement immobile qu’ont les choses mobiles quand elles ne bougent pas. Donc, je suis bien obligé d’écrire. Si l’on veut que ce soit raconté, il faut bien que l’un de nous l’écrive. Autant que ce soit moi, qui suis mort, qui suis moins compromis que le reste ; moi qui ne vois que les nuages et qui ne peux penser sans être dérangé, écrire sans être dérangé (en voilà un autre qui passe avec un bord gris), moi qui peux me souvenir sans être dérangé, moi qui suis mort (et vivant aussi, je ne prétends tromper personne, on s’en apercevra bien à la fin), j’ai commencé, puisqu’il fallait bien que je démarre d’une façon ou d’une autre, par le bout qui se trouve le plus loin, celui du début ; tout compte fait, c’est encore le meilleur moyen quand on veut raconter quelque chose. Je me demande soudain quel besoin j’ai de raconter tout ça, mais si l’on commence à se demander pourquoi l’on fait ce que l’on fait, pourquoi, par exemple, on accepte une invitation à dîner (un pigeon vient de passer, et un moineau aussi, je crois) ou pourquoi, quand on vous a raconté une bonne histoire, on ressent comme un chatouillement à l’estomac qui vous pousse dans le bureau d’à côté pour raconter l’histoire du voisin ; ça soulage aussitôt, on est satisfait et on peut retourner à son travail. Personne, que je sache, n’a encore jamais expliqué ce phénomène ; de sorte qu’il vaut mieux passer outre ces sortes de pudeurs et raconter, car après tout, personne n’a honte de respirer ou de mettre des chaussures ; ce sont des choses qui se font et quand il arrive quelque chose d’anormal, lorsque, par exemple, on trouve une araignée dans sa chaussure, ou que l’on fait un bruit de verre brisé en respirant, alors il nous faut raconter ce qui arrive, le raconter aux copains du bureau ou au médecin : “Ah ! mon Dieu, docteur, chaque fois que je respire…” Toujours raconter, toujours se délivrer de ce chatouillement désagréable au creux de l’estomac. Donc, puisque nous allons recentrer cette histoire, mettons-y un peu d’ordre, descendons l’escalier de cette maison et débouchons dans ce dimanche 7 novembre, il y a de cela juste un mois. On descend cinq étages et l’on se trouve dans la matinée du dimanche avec un soleil étonnant pour le mois de novembre à Paris, avec une belle envie d’aller de droite et de gauche, de voir des choses, de prendre des photos (parce que nous étions photographes, je suis photographe). Je sais que le plus difficile va être de trouver la bonne manière de raconter tout ça, mais je n’ai pas peur de me répéter. Cela va être difficile parce qu’on ne sait pas au juste qui raconte, si c’est moi ou bien ce qui est arrivé ou encore ce que je vois (des nuages et de temps en temps un pigeon) ou bien si, tout simplement, je raconte une vérité qui n’est que ma vérité, mais alors ce ne sera la vérité que pour mon estomac, que pour cette envie de m’enfuir et d’en finir au plus vite avec ça, quoi que ce puisse être. Nous allons la raconter lentement, on verra bien ce qui arrivera à mesure que j’écrirai. Si je suis remplacé dans ma tâche d’écrire ou si je suis pris de court, si les nuages s’arrêtent, s’il se passe autre chose (car ce n’est pas possible que cela consiste à voir passer sans cesse des nuages et, de temps en temps, un pigeon) si… Et après le si, qu’est-ce que je vais mettre, comment vais-je boucler correctement ma phrase ? Mais si je commence à poser des questions je ne raconterai jamais rien. Il vaut mieux que je raconte, raconter est peut-être bien une réponse, au moins pour un de ceux qui lisent. Roberto Michel, Français-Chilien, traducteur, et photographe amateur à ses moments perdus, sortit du n°11 de la rue Monsieur-le-Prince le dimanche 7 novembre de cette année-ci. (Tiens, il en passe deux autres, plus petits, à bords argentés.) Depuis trois semaines il peinait sur la traduction du Traité des pouvoirs et recours de José Norberto Allende, professeur de l’université de Santiago. Il est rare qu’il fasse du vent à Paris et plus rare encore que ce soit un vent qui tourbillonne au coin des rues et monte fouetter les vieilles persiennes de bois derrière lesquelles des dames étonnées commentent de diverses façons l’instabilité du temps ces dernières années. Mais le soleil, ami des chats, était là, lui aussi, à cheval sur le vent, donc rien ne m’empêchait de faire un tour sur les quais et de prendre quelques photos de la Conciergerie et de la Sainte-Chapelle. Il était à peine 10 heures, et je me dis que vers 11 heures j’aurais une bonne lumière, la meilleure qui soit en automne. Pour perdre du temps je dérivai jusqu’à l’île Saint-Louis et me mis à marcher le long du quai d’Anjou, je m’arrêtai un instant devant l’hôtel de Lauzun et je me récitai quelques vers d’Apollinaire qui me viennent toujours à l’esprit quand je passe devant l’hôtel de Lauzun (il devrait plutôt me rappeler un autre poète, mais Michel est un entêté) et quand le vent tomba d’un coup et que le soleil devint au moins deux fois plus grand (plus tiède, veux-je dire, mais en fait, cela revient au même), je m’assis sur le parapet et me sentis terriblement heureux dans cette matinée de dimanche. Des mille façons de combattre le néant, une des meilleures est de prendre des photos, activité à laquelle on devrait habituer les enfants de bonne heure, car elle exige de la discipline, une éducation esthétique, la main ferme, le coup d’oeil rapide. Non pour être à l’affut du leurre comme le premier reporter venu et attraper la stupide silhouette du personnage important qui sort du n°10 Downing Street mais lorsqu’on se promène avec un appareil photo, on a comme le devoir d’être attentif et de ne pas perdre ce brusque et délicieux ricochet de soleil sur une vieille pierre, ou cette petite fille qui court, tresses au vent, avec une bouteille de lait ou un pain dans les bras. Michel savait que le photographe échange toujours sa manière personnelle de voir le monde contre celle que lui impose insidieusement l’appareil (il passe à présent un grand nuage presque noir) mais cela ne l’inquiétait pas outre mesure, sachant qu’il lui suffisait de sortir son Contax pour retrouver ce ton distrait, la vision sans cadrages, la lumière sans diaphragme. En ce moment même (quel mot : en ce moment, quel stupide mensonge) par exemple, je pouvais rester assis sur le parapet, au-dessus du fleuve, à regarder passer les péniches noires et rouges sans avoir envie de les penser photographiquement, me laissant simplement aller dans le laisser-aller des choses, courant immobile avec le temps. Le vent était tombé. Puis je suivis le quai Bourbon jusqu’à la pointe de l’île où il y a une petite place intime (intime parce que petite et non parce que secrète, elle est grande ouverte sur le fleuve et sur le ciel) qui me plaît sacrément. Il n’y avait qu’un couple et, bien sûr, des pigeons ; peut-être ceux qui passent maintenant dans ce que je regarde. D’un saut, je m’installai sur le parapet et je laissai le soleil m’envelopper, me ligoter, je lui tendis mon visage, mes oreilles, mes deux mains (j’avais mis mes gants dans ma poche). Je n’avais pas envie de prendre des photos et j’allumai une cigarette pour faire quelque chose. C’est, je crois, au moment où j’approchais l’allumette de la cigarette que je vis le garçon pour la première fois. Ce que j’avais pris pour un couple ressemblait davantage à une mère et son fils mais je sentais pourtant que ce n’était pas un garçon avec sa mère, c’était bien un couple dans le sens que nous donnons toujours aux couples quand nous les voyons accoudés aux parapets ou enlacés sur les bancs des places. Comme je n’avais rien de spécial à faire, je pris le temps de me demander pourquoi le jeune garçon avait l’air si nerveux, comme un lièvre ou un poulain ; il enfonçait ses mains dans ses poches, en retirait une aussitôt, puis l’autre, il se passait les doigts dans les cheveux, il changeait de position, mais surtout, pourquoi avait-il peur car cela se devinait en chacun de ses gestes, une peur étouffée par la honte, une envie de se rejeter en arrière comme si son corps était au bord de la fuite, et que seul un ultime et pitoyable sens des convenances le retenait. Tout cela était si clair, là, à cinq mètres de moi – et nous étions seuls contre le parapet, à la pointe de l’île -, qu’au début la peur du garçon ne me permit pas de bien voir la femme blonde. Mais maintenant, quand j’y pense, je la revois mieux au moment où je compris indistinctement ce qui était peut-être en train d’arriver au garçon et où je me dis que cela valait la peine de rester et de regarder (le vent emportait les paroles, les à peine murmures). Si tant est que je sache faire quelque chose, je crois que je sais regarder et je sais aussi que tout regard est entaché d’erreur, car c’est la démarche qui nous projette le plus hors de nous-mêmes, et sans la moindre garantie, tandis que l’odorat… (mais Michel s’éloigne facilement de son sujet, il ne faut pas le laisser déclamer à tort et à travers). De toute façon, si l’on sait se méfier des erreurs du regard, regarder devient chose possible ; suffit-il peut-être de bien choisir entre regarder et ce qui est regardé, savoir dépouiller les choses de tous ces vêtements étrangers. Et bien sûr, tout cela est assez difficile. C’est plutôt l’image du gosse que je revois d’abord avant son corps véritable (on comprendra par la suite ce que cela veut dire) ; par contre, je suis sûr, à présent, que je revois beaucoup mieux le corps de la femme que son image. Elle était mince et svelte, deux mots injustes pour dire ce qu’elle était, et elle portait un manteau de fourrure presque noir, presque long, presque beau. Tout le vent de la matinée (il ne soufflait presque plus à présent, il ne faisait pas froid) était passé dans ses cheveux blonds qui encadraient un visage pâle et sombre – deux mots injustes – et l’on se sentait terriblement seul et démuni quand elle vous regardait de ses yeux noirs, ses yeux qui fondaient sur les choses comme deux aigles, deux sauts dans le vide, deux giclées de fange verte. Je ne décris rien, j’essaie plutôt de comprendre. Et j’ai dit deux giclées de fange verte. Soyons justes, le garçon était assez bien habillé, il avait même des gants jaunes qui devaient appartenir, je l’aurais juré, à son frère aîné, étudiant en droit ou en Sciences sociales, et c’était un peu comique de voir les doigts des gants sortir de la poche de sa veste. Pendant un long moment, je ne vis de son visage qu’un profil assez sensible, oiseau effrayé, ange de Fra Filippo, riz au lait, et un dos d’adolescent qui veut jouer les costauds et s’est battu deux ou trois fois pour une idée ou une sœur. Dans ses quatorze ans, peut-être quinze, on le devinait nourri et habillé par ses parents mais sans un sou en poche et obligé de tenir conseil avec les copains avant de pouvoir se décider pour un café, un cognac ou un paquet de cigarettes. Il devait déambuler dans les rues en pensant aux copines de classe, ou que ce serait chouette de pouvoir aller au cinéma ou alors de s’acheter des romans ou des cravates ou des bouteilles de liqueur à étiquette verte et blanche. Chez lui (une maison respectable, déjeuner servi à midi, paysages romantiques aux murs, vestibules sombre avec porte-parapluies d’acajou près de la porte) le temps de l’étude, d’être l’espoir de maman, de ressembler à papa, d’écrire à la tante d’Avignon, devait tomber en pluie fine. C’est pour cela que tant de rues, tout le fleuve pour lui seul (mais sans le sou) et la ville mystérieuse des quinze ans avec ses signes sur les portes, ses chats inquiétants, le cornet de frites, la revue pornographique pliée en quatre, la solitude comme un vide dans les poches, les rencontres heureuses, la ferveur pour tant de choses incomprises mais illuminées d’un amour total, d’une disponibilité pareille au vent et aux rues. C’était la biographie de ce garçon, ou celle de n’importe quel autre, mais ce qui distinguait celui-là, à présent, ce qui le rendait unique à mes yeux, c’était la présence de la femme blonde qui continuait à lui parler. (Cela m’ennuie d’y revenir sans cesse, mais il vient encore de passer deux longs nuages effilochés, et dire que ce matin-là je n’ai pas regardé le ciel une seule fois car dès l’instant où je pressentis ce qui arrivait au garçon avec cette femme je ne pus en détacher mes yeux, les regarder et attendre, les regarder et…) Pour résumer, le garçon était nerveux, et l’on pouvait deviner sans trop de peine ce qui était arrivé quelques minutes plus tôt, tout au plus une demi-heure. Le gosse était parvenu à la pointe de l’île, il avait vu la femme et l’avait trouvée sensationnelle. C’est ce que la femme attendait car elle était là pour attendre ce genre de choses, mais peut-être le garçon était-il arrivé le premier et la femme l’avait-elle vu d’un balcon ou d’une voiture et elle était venue à sa rencontre, elle avait engagé la conversation sous le premier prétexte venu, sûre depuis le début qu’il aurait peur d’elle et qu’il voudrait s’échapper, mais qu’il resterait quand même, timide et fanfaron, feignant l’expérience et le plaisir de l’aventure. La suite était facile à prévoir, cela se passait à cinq mètres de moi et n’importe qui aurait pu marquer les étapes du jeu, les passes dérisoires ; le charme de la scène résidait non pas en ce qui se passait, mais en la prévision du dénouement. Le garçon finirait par prétexter un rendez-vous, une obligation quelconque et il s’éloignerait, butant maladroitement contre les pavés, se voulant une démarche désinvolte mais se sentant nu sous le regard moqueur qui le suivrait jusqu’au bout. Ou bien alors il resterait, fasciné ou simplement incapable de prendre une initiative et la femme commencerait à lui caresser le visage, à le dépeigner, elle lui parlerait sans voix et le prendrait soudain par le bras pour l’emmener, à moins que lui, avec une audace déjà colorée de désir, de goût de l’aventure, ne se risquât à la prendre par la taille et à l’embrasser. Toutes ces choses étaient possibles, mais rien ne se passait encore, et Michel, perversement attendait, assis sur le parapet, préparant presque machinalement son appareil pour prendre une photo pittoresque, à la pointe de l’île, de ce couple peu banal qui se parlait et se regardait. Etrange que cette scène (presque rien en fait : un homme et une femme qui ne sont pas du même âge) ait eu comme une aura inquiétante. Je pensai que c’était moi qui y ajoutais cette tonalité et que ma photo, si je la prenais, replacerait les choses dans leur sotte vérité. J’aurais aimé savoir ce qu’en pensait l’homme au chapeau gris, assis au volant de la voiture arrêtée sur le quai près de la passerelle et qui lisait un journal ou dormait. Je venais seulement de le découvrir, car les gens qui sont dans une voiture arrêtée disparaissent presque, ils se perdent dans cette cage misérable privée de la beauté que lui confèrent le mouvement et le danger. Et cependant la voiture était là depuis le début, faisant partie (ou défaisant cette partie) de l’île. Une voiture, autant dire un réverbère, un banc. Mais pas le vent ni le soleil, éléments toujours neufs pour la peau et les yeux, ni non plus le garçon et la femme, uniques, placés là pour changer l’île, pour me la montrer sous un jour différent. Il était d’ailleurs fort possible que l’homme au journal fût attentif, lui aussi, à ce qui se passait et ressentît comme moi cet arrière-goût pervers de l’attente. A présent, la femme avait doucement pivoté sur ses talons de façon que le gosse se trouvât entre elle et le parapet. Je les voyais presque de profil, lui était plus grand qu’elle mais pas beaucoup plus, et de toute façon c’était elle qui le dominait, qui planait au-dessus de lui (son rire soudain comme un fouet de plumes) ; elle l’écrasait par le seul fait d’être là, de sourire, de promener une main en l’air. Pourquoi attendre davantage ? A 16 d’ouverture, avec un cadrage où n’entrera pas cette horrible auto noire, mais oui cet arbre qui rompra cet espace trop gris… J’élevai mon appareil à hauteur des yeux, feignant d’étudier un cadrage qui ne les incluait pas et je restai à l’affût, sûr de pouvoir saisir le geste révélateur, l’expression qui résume la manœuvre, la vie que le mouvement rythme mais qu’une image rigide détruit en sectionnant le temps, si nous choisissons par l’imperceptible fraction essentielle. Je n’eus pas à attendre longtemps. La femme achevait de ligoter doucement le garçon, de lui enlever fibre à fibre ses derniers restes de liberté, en une très lente et délicieuse torture. J’imaginai les dénouements possibles (cette fois, c’est un petit nuage écumeux en pointe, seul dans le ciel), je prévoyais l’arrivée chez elle (un rez-de-chaussée probablement, encombré de coussins et de chats) et je pressentais l’effroi du gosse et ses efforts désespérés pour n’en rien laisser paraître, pour faire comme s’il avait l’habitude. Fermant les yeux, si tant est que je les aie fermés, j’ordonnais la scène, les baisers moqueurs, la femme repoussant avec douceur les mains qui prétendaient la déshabiller comme dans les romans, sur un lit à édredon mauve, mais l’obligeant par contre, lui, à se laisser déshabiller, comme mère et fils, sous une lumière jaune d’opaline, et pour finir le dénouement habituel, peut-être, à moins que tout ne se passât différemment, l’initiation de l’adolescent ne dépasserait peut-être pas, on ne la laisserait pas dépasser, un long prologue où les maladresses, les caresses exaspérantes, la course des mains se résoudraient en Dieu sait quoi, en un plaisir solitaire, en un refus désinvolte mêlé à l’art de fatiguer et de déconcerter tant d’innocence blessé. Cela pouvait se terminer ainsi, cela pouvait fort bien se terminer ainsi ; cette femme ne cherchait pas un amant dans ce garçon et pourtant elle s’emparait de lui pour des fins impossibles à comprendre, à moins d’imaginer un jeu cruel, le goût du désir non satisfait, le besoin de s’exciter avant de revenir à un autre, quelqu’un qui ne pouvait en aucune façon être ce garçon. Michel est coupable de littérature, d’échafaudages invraisemblables. Rien ne lui plaît tant qu’imaginer des exceptions, des individus hors de l’espèce commune, des monstres qui n’ont pas forcément un aspect répugnant. Et cette femme invitait à mille suppositions, elle donnait même peut-être les clefs nécessaires pour deviner la vérité. Avant qu’elle ne s’en allât, et puisqu’elle allait occuper mon esprit pendant plusieurs jours car j’ai tendance à ruminer, je décidai de ne plus attendre : je mis tout dans le viseur (l’arbre, le parapet, le soleil de onze heures) et j’ai pris la photo… en m’apercevant qu’ils venaient de se rendre compte de mon manège et qu’ils me regardaient, le garçon d’un air surpris et interrogateur, mais elle, irritée, résolument hostile de corps et de visage qui se savaient volés, ignominieusement pris dans cette petite image chimique. Je pourrais vous raconter la suite en détail, mais cela n’en vaut pas la peine. La femme prétendit que personne n’avait le droit de prendre une photo sans permission et elle exigea qu’on lui remît la pellicule. Tout cela d’une voix sèche et claire, à l’accent bien parisien, qui montait de couleur et de ton à chaque phrase. Personnellement, cela m’était bien égal de lui donner la pellicule, mais ceux qui me connaissent savent qu’il faut me demander les choses gentiment. Je me limitai donc à répondre que non seulement il n’est pas défendu de prendre des photos dans des lieux publics, mais que cet art jouit de la plus grande estime officielle et privée. Ce disant, je savourai malicieusement le plaisir de voir le jeune garçon se replier, rester en retrait – simplement en ne bougeant pas – et soudain (cela semble presque incroyable) il fit demi-tour et se mit à courir, croyant sans doute, le pauvre, qu’il marchait, mais en réalité il prit ses jambes à son cou, passa à côté de la voiture et se perdit comme un fils de la vierge dans l’air du matin. Mais les fils de la vierge s’appellent aussi dans mon pays la bave du diable et Michel dut supporter de minutieuses invectives, s’entendre appeler sans-gêne et imbécile, à quoi il se contentait de sourire et de décliner par de simples mouvements de tête des envois si bon marché. Je commençais à me lasser quand j’entendis claquer la portière d’une voiture. L’homme au chapeau gris était devant nous et nous regardait. C’est alors seulement que je compris qu’il jouait un rôle dans cette comédie. Il s’avança vers nous, tenant à la main le journal qu’il prétendait lire. Ce dont je me souviens le mieux, c’est de la moue qui tordait sa bouche et couvrait son visage de rides car sa bouche tremblait et la grimace glissait d’un côté à l’autre des lèvres comme une chose indépendante et vivante, étrangère à la volonté. Mais tout le reste du visage était immobile, clown enfariné ou homme exsangue, à la peau sèche et éteinte, aux yeux profondément enfoncés ; et les trous de son nez étaient noirs et visibles, plus noirs que les sourcils, que les cheveux, que la cravate noire. Il marchait avec précaution comme si les pavés lui faisaient mal aux pieds ; il portait des souliers vernis à semelle si fine qu’il devait sentir toutes les aspérités de la chaussée. Je ne sais pas pourquoi je descendis du parapet ni pourquoi je décidai de ne pas leur donner la photo, d’opposer un refus à leur prétention où je devinais de la peur et de la lâcheté. Le clown et la femme se consultaient du regard, nous formions un triangle parfait, insoutenable, une figure qui allait se rompre en un éclatement. Je leur ris au nez et je m’en allai, un peu plus lentement que le garçon, j’espère. A la hauteur des dernières maisons, du côté de la passerelle en fer, je me retournai pour les regarder. Ils ne bougeaient pas, mais l’homme avait laissé tomber son journal ; il me sembla que la femme, adossée au parapet, passait sa main sur la pierre avec ce geste classique et absurde de la personne traquée qui cherche à s’échapper.

Julio Cortazar
les Fils de la vierge / 1959 / 
in les Armes secrètes
A lire également : un extrait de Marelle
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Michelangelo Antonioni
Blow Up / 1966
Autre scène sur le Silence qui parle : cliquer ICI

Marelle / Julio Cortázar

Je touche tes lèvres, je touche d’un doigt le bord de tes lèvres, je dessine ta bouche comme si elle naissait de ma main, comme si elle s’entrouvrait pour la première fois, et il me suffit de fermer les yeux pour tout défaire et tout recommencer, je fais naître chaque fois la bouche que je désire, la bouche que ma main choisit et qu’elle dessine sur ton visage, une bouche choisie entre toutes, choisie par moi avec une souveraine liberté pour la dessiner de ma main sur ton visage et qui, par un hasard que je ne cherche pas à comprendre, coïncide exactement avec ta bouche qui sourit sous la bouche que ma main te dessine.
Tu me regardes, tu me regardes de tout près, tu me regardes de plus en plus près, nous jouons au cyclope, nos yeux grandissent, se rejoignent, se superposent, et les cyclopes se regardent, respirent confondus, les bouches se rencontrent, luttent tièdes avec leurs lèvres, appuyant à peine la langue sur les dents, jouant dans leur enceinte où va et vient un air pesant dans un silence et un parfum ancien. Alors mes mains s’enfoncent dans tes cheveux, caressent lentement la profondeur de tes cheveux, tandis que nous nous embrassons comme si nous avions la bouche pleine de fleurs ou de poissons, de mouvements vivants, de senteur profonde. Et si nous nous mordons, la douleur est douce et si nous sombrons dans nos haleines mêlées en une brève et terrible noyade, cette mort instantanée est belle. Et il y a une seule salive et une seule saveur de fruit mûr, et je te sens trembler contre moi comme une lune dans l’eau.
Julio Cortázar
Marelle (Rayuela) / 1963
Marelle / Julio Cortázar dans Cortazar davidlynchisabellarossellini

Le Dossier 57-C / Marco Candore

« Toute l’écriture est de la cochonnerie. »
Antonin A., schizophrène dangereux à Marseille, Mexico, Ville-Evrard, Rodez, Paris.

Note : les hyperliens des notes continuent le jeu de piste, ce texte est en extension permanente.

C’est en 2009, à Prague, que London Smooth1 rencontre secrètement Vladimir H.2 par l’entremise de Lenka B., bibliothécaire à Paris. Au cours de l’entretien, qui a probablement lieu en fin de matinée au Grand Café Orient de la Maison à la Madone noire3, H. remet à Smooth une enveloppe de papier brun d’un format 13×21 contenant un manuscrit inconnu de 158 pages noté J.-K. / F.-B.4. Sur le document on peut lire, en exergue , écrit à la main (comme l’ensemble du manuscrit) : « Ne cherchez pas ».
Le texte est constitué de strates, « couches » et sédiments, architecturé en parties / séries répétitives. Sa forme se veut poétique et présente tous les traits du cryptogramme et du jeu de piste5.
L’existence d’un auteur unique est douteuse : si le manuscrit, visiblement inachevé, ne semble comporter qu’un seul type d’écriture, celle-ci peut n’être, tout simplement, qu’un travail de copiste. Quant à sa datation, on peut raisonnablement l’estimer autour des années 1910-1930 – et peut-être s’écoulant sur toute cette période -, mais sans plus de précision ; écrit en plusieurs langues (Allemand, Anglais, Yiddish, Araméen, et au moins trois langues ou dialectes inconnus) les problèmes de traduction sont considérables et ne concourent pas à résoudre le problème6.
Le manuscrit répète cent onze fois une série polyglotte, un procédé, voire une procédure, à chaque fois composé(e) de six « couches évanescentes » imperturbablement ponctuées par une « suite potentielle »6 bis.
Plus étrange, le document n’est pas sans présenter de troublantes similitudes avec plusieurs œuvres littéraires antérieures ou postérieures au dit manuscrit. Ainsi, la version théâtrale de l’Augmentation de Georges Perec7, composée de six « personnages » / formes rhétoriques plus une septième, la Rougeole, qui sort du cadre de la rhétorique et fonctionne sur le mode de la contamination, de l’excès proliférant ; dans la « neuvième série », la « sixième couche » et sa « suite potentielle » ne sont pas non plus sans rappeler le début de Bouvard et Pécuchet de Flaubert8, mais un Bouvard et Pécuchet atonal, beckettien9 ; la « quatrième couche » peut aussi bien évoquer Finnegans Wake de Joyce50. Les autres séries fourmillent d’exemples tout aussi troublants, où l’on peut tour à tour « reconnaître » (?) Don Quichotte, le Tristram Shandy de Sterne 10, le Coup de dés de Mallarmé, la « canaille » Abou’l-Qâsim Ibn-’Ali al-Tamîmi d’Abou Moutahhar Al Azdi, dans un ouvrage sulfureux du XIème siècle jamais publié dans le monde arabe, seulement édité en langue française à la fin du XXème siècle51.
Les « auteurs » pré-cités auraient-ils compté parmi les « initiés » d’une invisible confrérie mondiale, trans-historique et cosmopolite ? Ou aurions-nous affaire à une triste vérité de plagiats, de monstrueuses escroqueries littéraires ? Comment expliquer ces télescopages de l’espace et du temps ? Ou bien le texte plongerait-il tout lecteur dans un délire de sur-interprétation, lui tendant un redoutable piège en face-à-face, en jeux de miroirs, renvoyant à l’image de l’iceberg, de l’archéologie et autres cartographies de la psyché ?
En tout état de cause, tout indique une intention à faire de l’Infini une œuvre ; l’ambition d’un document délibérément interminable.
Au cours des mois suivants London Smooth se consacre assidûment à l’étude du manuscrit, sans toutefois parvenir à en décoder le sens profond – ou sa fonction. Canular, squelette d’un Léviathan littéraire, ou trompe-l’œil, masque de toute autre chose ?
C’est à la British Library, en 2010, que Mr. Stoned, archiviste, « recommandé » par H. dans son poème codé le Chemisage de la nubilité ou la planification de Thétis (traduction : Lenka B., bibliothécaire à Paris)11 livre à Smooth un second manuscrit, similaire dans sa forme (111 séries constituées de 6 « couches » et d’une « suite potentielle », écrites dans les mêmes langues), mais plus ancien (XVIIIème siècle) et dont l’ordre des « couches » est inversé. Il est signé de « Julio-Felix Castanedeleza »12, accompagné d’un tableau chiffré13, qui, par bien des aspects, n’est pas sans présenter de troublantes similitudes avec les travaux ultérieurs de Jean-Pierre Brisset, chef de gare, linguiste, spécialiste en grenouilles et origines humaines14.
Les deux documents, mis en regard, forment un gigantesque palindrome15. Décodé (partiellement) à l’aide du tableau chiffré, émerge alors un autre texte dont on peut avec certitude attribuer la paternité à Klaus Maus, anthropologue et ethnologue16, au titre interminable et énigmatique : le Triangle du lieu-non-lieu de la Sagesse : Yaqua, la Communauté inconnue des Douze sons ou la série infinie. Le Territoire nomade ou Mille Padoks, l’ordre du chaos révélé.
Il y est question, semble-t-il (bien que « décodé », le texte demeure largement abscons), de la vie sous toutes ses formes. Des descriptions peu compréhensibles de « visions » mais aussi de pures sensations donnent corps à une approche cosmogonique évoquant la physique quantique et une psyché collective littéralement sur-humaine, inconnue. L’ensemble – si l’on peut dire, car ce « rapport poétique » est ouvert sur l’infini, pouvant se lire dans une multiplicité d’ordres qui rejettent à chaque fois les dés – constitue une « cuisson du hasard », une sorte d’ADN cosmique et textuel en perpétuelle métamorphose.
Au début de l’année 2011, Manola A., philosophe à Paris, sollicite London Smooth à faire part de l’état de ses travaux au colloque « Ecosophie » de Nanterre, non loin des tours Aillaud17.
Mais il ne pourra produire cette communication, car il disparaît dans la nuit du 15 au 16 mars – soit la veille dudit colloque -, au cours de laquelle il aurait été aperçu en grande conversation au sujet des Demoiselles d’Avignon avec une jeune femme blonde18 sur la plateforme arrière d’un autobus de la ligne Z19.
Seules quelques notes éparses, au rapport probable avec cette affaire, sont retrouvées le 1er avril, dissimulées sous la machine à calculer de Blaise Pascal, au musée des Arts et Métiers, par Kadidiatou C., technicienne de surface à Paris.
L’enquête, menée par l’agent de police 57-C, est rapidement classée. La piste officiellement retenue est la « fuite probable à l’étranger pour cause de surendettement ».

FICHE ANNEXE (source : notes de London Smooth – les notes à l’intérieur de la fiche sont de la rédaction). En 1912, Klaus Maus20 découvre involontairement21 une micro-région inexplorée22 de l’Amazonie23. L’événement est rapporté dans son carnet de bord24 en date du 16 novembre 191225. L’anthropologue y désigne alors26 le territoire27 et sa population28 d’un même nom, Gemeinschaft II29 ou G2. L’ethnie de G2 semble n’avoir aucun lien de parenté, même lointain, avec les autres groupes peuplant cette partie septentrionale de la forêt amazonienne30. Les habitants de G2 sont décrits31 comme n’étant de toute évidence pas indiens32 et leur langue ne ressemble à aucune autre connue33. Sa découverte est, dès son retour en Europe, le 28 juin 191434, classée Secret-Défense par le roi Boris IV35 et Klaus Maus disparait mystérieusement le 1er août, à seize heures, au cours d’un déjeuner sur l’herbe36. Ses notes et effets personnels ne seront – partiellement – retrouvés que bien plus tard, en France, chez Jacques L., psychanalyste à Paris, dans un container à double fond dissimulé derrière un célèbre tableau lui-même masqué par un cache dont la réalisation est attribuée à son beau-frère37. Cependant sa découverte n’est pas révélée et le coffre blindé, dont l’ouverture est commandée par un mécanisme complexe et sophistiqué38, est rapidement égaré. Dysfonctionnement bureaucratique de la haute administration, guerre des polices ? Toujours est-il qu’on retrouve sa trace en 2004 au cours d’une retentissante affaire. C’est dans le mécanisme de l’horloge monumentale du Panthéon récemment restaurée39, qu’un nano-theremine40 placé là par une jeune mexicaine perforative et performante, Auxilio L.,41 envoie ses ondes42 en direction de l’église Saint Germain-l’Auxerrois. Les fouilles, menées dans le plus grand secret sous la crypte de l’église, permettent la mise à jour du container43, habilement dissimulé dans l’ossuaire-reliquaire de Marie l’Egyptienne ou Sainte Marie d’Egypte44. Afin d’apaiser les tensions historiques, vives et anciennes, entre la France et la Bordavie, les autorités de la toute jeune Oligamonarchie française45 remettent le coffre à la toute récente République de Bordavie46 dans une valise diplomatique le 23 novembre 200747, signe d’une ère diplomatique nouvelle entre les deux pays48.
Marco Candore
le Dossier 57-C / avril 2012
Publié dans Chimères n°76 / Ecosophie
Le jeu de piste continue, entre autres, sur Mécanoscope.

1 London Smooth (1959 – ?), philologue à Paris, Londres, Bâle, Turin, Mexico. Ouvrages principaux : Introduction critique à l’Echo-Phobie, Pouf, Paris, 2001, et Langues chargées, Bouches inutiles I et II, Paf, Turin, 1998 et 1999, trad. Federico Bolcevita.
2 Vladimir H., poète tchèque, 1905-2009, oeuvre majeure : La Nuit avec moi, 1964, Prague, traduit en langue française par Lenka B., éd. Benef, Paris, 1972.
3 Voir la note de frais, archives personnelles London Smooth.
4 La mention J.-K. / F.-B. n’apparaît qu’une seule fois, en haut du feuillet n° 1 du document. Rien ne permet d’affirmer qu’il s’agit là de l’auteur, ou des auteurs, cette mention pouvant désigner son ou ses propriétaires, le ou les copistes, ou toute autre chose. Les 79 feuillets ne sont pas reliés entre eux mais les pages sont, heureusement, numérotées (il ne manquerait plus que ça, ndlr).
5 voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-111-9-1.html
6 « Nous avons un problème », notes préparatoires à l’ouvrage inachevé de Smooth, Les Idiomes démarrés, carnet noir n° 7, page 92. Extrait sous forme d’auto-entretien, voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-ls-lid-cn-7-92.html
6 bis voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-111-9-666666.html
7 voir  : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-2817-1982.html
8 voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-1872-1931-36.html
9 voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-1906-1946-1989.html
50 Il y a des sauts dans le texte, d’où cette note n°50.
10 voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-1760-70.html
51 Voir note 50.
11 http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-bb-jlb.html
12 Pseudonyme à peine masqué désignant de toute évidence Julio Deleza-Milplata (1725-1795) et Felicio Gastanetari (1730-1792), auteurs d’ouvrages ésotériques dont le célèbre et énigmatique L’Ethique à mots couverts (Bibliothèque nationale de Mexico) ; voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-17-25-95-30-92.html
13 voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-ls-1-618-033-989.html
14 http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-bkkx-jpb.html
15 voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-ls-0000100120020110111121120220122.html
16 voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-km.html
17 L’objet d’étude de Smooth étant des plus obscurs, on peut cependant déduire de sa participation attendue à ce colloque qu’il devait bien s’agir, peu ou prou, d’écosophie : voir à ce sujet Yaqua, le Peuple du Moteur halluciné, notes de Smooth, voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-ls-y-pmh.html
18 Sur ce point les témoignages divergent : voir http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-zzz-433433433.html
19 Afin de préserver la tranquillité des riverains, la lettre désignant l’autobus a été changée.
20 Voir note 16.
21 Voir note précédente.
22 Par définition, il est impossible d’en dire davantage. Voir à ce sujet les travaux de Stanley Living-Beck, Comment je n’ai pas retrouvé le Peuple manquant, British Library, 1871, trad. tardive, Manola A., très jeune philosophe à Paris, 1972.
23 Voir une carte du monde.
24 Voir le carnet de bord.
25 Cette date correspond sans doute à un anniversaire.
26 C’est-à-dire : à cette date-là.
27 Voir note 22.
28 Voir plus loin.
29 Il s’agit bien sûr des Yaquas.
30 Les croquis et descriptions de Maus ne laissent planer aucun doute ; voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-km-y.html
31 Voir note précédente.
32 Voir note précédente.
33 Voir note précédente.
34 Une spectaculaire opération de diversion est orchestrée ce jour-là, afin de masquer l’événement essentiel : les révélations que Klaus Maus s’apprêtait à faire.
35 Boris IV, roi de Bordavie, 1863-1883-1953, dit « le Mentaliste » ; voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-b4rdb.html
36 Amoureux de la nature et échangistes, Klaus Maus et son ami Arnø Nøss pique-niquent régulièrement en compagnie de leur(s) épouse(s). Le jour de sa disparition est réitéré le procédé décrit à la note 34, à moins que ce ne soit cette fois une coïncidence.
37 Bricoleur, et peintre à ses heures.
38 Au point de nécessiter l’intervention de plusieurs spécialistes.
39 Par l’heureux bénévolat d’un groupe de jeunes gens dynamiques et généreux.
v. http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-uguxlkmp.html
40 Modèle extrêmement réduit, pouvant tenir dans une petite boîte d’allumettes, à condition, bien sûr d’avoir ôté les allumettes.
41 Poétesse d’inspiration réal-viscéraliste ; voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-alrb-53-03.html.
42 voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-c1-3741510-16-wm2sr-1-c1-1-1-90510.html
43 Encore une fois avec l’aide de spécialistes.
44 voir : http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-v-12-29-47.html
45 Aux Délices de Paris, Mille ans de bonheur et de prospérité à partir de l’an 2007, Année du Cochon, Xu Xi Xao, éditions de Pékin.
46 La Bordavie est entrée dans le concert des nations démocratiques le 21 avril 2002 avec la « Révolution des Œillades ».
47 Le même jour a lieu un procès retentissant, manoeuvre de diversion ou coïncidence, voir notes 34, 36, 39, 41, cela commence à faire système et cela fatigue un peu aussi.
voir http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-c70.html
48 .
49 Pas d’origine à la note 49.
v. http://ledossier57c.blogspot.com/2011/12/57-c-49.html

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