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Richard Seymour : «David Cameron incarne un libéralisme post-thatchérien» / Thomas Cantaloube / Mediapart

L’élection britannique du 7 mai se joue autour de deux enjeux : la participation des nationalistes écossais à une coalition avec les travaillistes (et donc la reconnaissance tacite que le Royaume-Uni peut éclater) et la réputation de compétence économique de l’équipe Cameron. Lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir en 2010, dans la foulée de la crise financière de 2008 et de l’essoufflement de treize années de gouvernance travailliste, les conservateurs de David Cameron ont désigné leurs prédécesseurs comme responsables de la mauvaise passe économique, pour avoir, selon eux, « dépensé sans compter ».
Cette mise en cause a servi de justification à des politiques d’austérité assez sévères, qui ont sauvagement taillé dans les dépenses sociales. Mais, en 2012, le redémarrage économique promis n’étant toujours pas au rendez-vous, le gouvernement a assoupli sa politique d’austérité. Et, en 2014, l’économie britannique a commencé à redresser le nez (même si la plupart des études économiques indiquent qu’en raison de ces politiques, la Grande-Bretagne a perdu au moins 5 points de PIB et que les emplois créés sont des temps partiels ou des emplois de services très mal payés).
Aujourd’hui, David Cameron fait donc campagne sur sa compétence économique et la petite étincelle aperçue depuis un an, en promettant de poursuivre les politiques d’austérité. Les Tories ont d’ores et déjà annoncé qu’ils entendaient couper 16 milliards d’euros par an dans les budgets sociaux. Les travaillistes promettent eux aussi de poursuivre la lutte contre le déficit budgétaire, tout en disant vouloir revenir sur certaines coupes dans les allocations sociales. Le très respecté et très indépendant Institute for fiscal studies a publié une étude soulignant les conséquences sociales probables de ces mesures qui, pour l’essentiel, restent très floues.
Nous avons interrogé Richard Seymour, brillant économiste de gauche, ancien membre du Socialist Workers Party, auteur de plusieurs ouvrages et d’un blog très suivi (« La tombe de Lénine »), pour avoir son avis sur cette question économique au centre de l’élection.

Comment qualifieriez-vous les cinq années du mandat de David Cameron ?

Richard Seymour. Je dirais qu’il s’agit d’un libéralisme post-thatchérien. L’époque du thatchérisme agressif est terminée, elle s’est achevée en 1989-90. Après cette période, tous les partis se sont rassemblés autour du consensus thatchérien de l’État néolibéral. Le parti conservateur a essayé de s’éloigner d’un programme de droite dure, nationaliste, eurosceptique et raciste. Le thatchérisme était un mélange complexe d’économie néolibérale, de nationalisme politique et d’autoritarisme. Les thatchériens les plus traditionnels voulaient poursuivre cette voie-là. Ils ont essayé en 2001 et 2005, mais ils ne sont pas parvenus à remporter l’élection où ils ont rassemblé à peine plus de 30 % des voix.
David Cameron, lui, s’est fait élire à la tête du parti conservateur en tant que libéral qui accepte le consensus multiculturel des années Blair. C’est-à-dire qu’en plus de son côté libéral, il a accepté les fondamentaux du « New Labour » de Tony Blair : le multiculturalisme et les dépenses publiques. Jusqu’à la crise financière de 2008, les conservateurs promettaient de maintenir le niveau de dépenses publiques des travaillistes.
Quand les conservateurs sont arrivés en tête de l’élection de 2010, ils n’avaient pas la majorité. Ils se sont donc alliés aux libéraux-démocrates pour former le gouvernement. Cela a conduit les dirigeants des deux partis à se couper de leur base. Les conservateurs ont cessé de se préoccuper de leur base de la classe moyenne inférieure et ils ont fait passer des lois favorables aux libertés civiles comme le droit d’asile ou le mariage homosexuel, pour faire plaisir aux lib-dems (libéraux-démocrates).
Dans le même temps, ils ont mis en place des politiques d’austérité agressives. Le résultat de cela, c’est que leur base populaire de droite s’est réfugiée chez UKIP (le mouvement conservateur anti-européen et désormais xénophobe). Voilà donc le gouvernement que nous avons depuis quatre ans : un gouvernement libéral post-thatchérien qui promeut l’austérité ; une forme concentrée de gestion par les élites, très à l’aise avec les financiers, les chefs d’entreprise et les fonctionnaires.

David Cameron a-t-il poursuivi la volonté de Margaret Thatcher, et à un certain niveau celle de Blair, de se débarrasser de l’État providence ?

Je pense que l’objectif n’a jamais été de se débarrasser de l’État providence mais de le restructurer dans une direction autoritaire. C’est une tendance générale au sein de la plupart des démocraties capitalistes, qui vise à transformer un État providence basé sur la citoyenneté en un État providence moralisateur. Avec la baisse des ressources économiques et la compétition pour l’emploi, l’État providence se structure autour d’une question morale : est-ce que vous méritez ce que vous obtenez ? C’est un terreau fertile pour le ressentiment. Beaucoup de gens, n’obtenant pas ce qui leur est dû en raison des politiques d’austérité budgétaire, regardent autour d’eux et trouvent par exemple des gens qui boivent ou qui fument et ils se disent : ces gens ne devraient pas obtenir de l’argent de l’État pour s’acheter de l’alcool ou des cigarettes ! Cela conduit à un discours moralisateur sur qui peut obtenir des aides sociales ou pas.
Du point de vue économique, cela matérialise la doctrine néolibérale de la compétition. Pour les conservateurs, l’État providence introduit une culture de dépendance qui éloigne les gens du cycle du travail, de l’investissement et de la prise de risques. C’est pour cela qu’ils ont créé avec les travaillistes sous Blair, les programmes de « workfare », où il faut travailler pour toucher ses allocations chômage.

Les conservateurs sont arrivés au pouvoir en 2010 avec un programme d’austérité. Au bout de deux ans, comme cela ne produisait pas les effets escomptés, ils l’ont assoupli et l’économie est un peu repartie. Mais aujourd’hui, ils proposent de nouveau un programme d’austérité pour cette élection.

L’idée qu’une politique d’austérité puisse faire redémarrer l’économie est un mythe. À chaque fois que des politiques d’austérité ont été appliquées, la croissance s’est arrêtée. Mais ces politiques conduisent aussi à l’affaiblissement des syndicats, à la baisse du coût du travail et donc à une baisse du coût de l’investissement pour les entreprises. Après quelques années, on relâche les cordons de l’austérité et un nouveau cycle d’investissements démarre. Mais sur une nouvelle base, où l’on fait davantage de profit avec les investissements. Le but de l’austérité est donc de restaurer des profits pour les entreprises dans un système devenu de moins en moins rentable et de moins en moins dynamique.
Ce que les conservateurs ont fait a donc marché, de leur point de vue. Ils voulaient réformer le service public afin d’éliminer les derniers restes de « collectivisme ». Ils s’en sont donc spécialement pris au NHS [National Health Service – ndlr], le système de santé auquel ils ont fait beaucoup de dégâts. Un des véritables enjeux de cette élection, c’est la privatisation ou non du NHS. Ils disent toujours qu’ils veulent réduire la taille du gouvernement, mais si l’on regarde, depuis les années 1980, cela n’arrive jamais. C’est normal : plus on taille dans les budgets de l’État, plus on essaie de rationaliser et plus l’économie devient dysfonctionnelle, et l’État doit intervenir. On l’a vu avec les faillites bancaires et on le voit bien en période de récession puisqu’il faut payer plus d’allocations chômage, plus de dépenses d’infrastructures, etc.
Les conservateurs ne peuvent pas vraiment réduire la taille de l’État, mais par contre, ils peuvent s’attaquer aux mécanismes de redistribution et privatiser des services gouvernementaux. C’est ce qu’a fait le gouvernement de David Cameron en privatisant des pans entiers du gouvernement : le NHS, mais aussi l’éducation ou la gestion des allocations sociales.

Mais ne pensez-vous pas qu’avec la réforme du NHS le gouvernement est tombé sur un os, car une majorité de Britanniques n’en veulent pas ? Ils veulent garder le NHS tel qu’il existe.

Certes, mais le gouvernement a quand même entamé son processus de privatisation. Il faut bien admettre que quand ce gouvernement est arrivé au pouvoir, certains aspects de sa politique d’austérité étaient très populaires. Après la crise financière, les gens étaient d’humeur punitive. Or punir les pauvres fait malheureusement partie de la culture britannique. À gauche, nous espérions que ces privatisations, en particulier celle du NHS, mobiliseraient les gens. En 2011, il y a eu des manifestations très importantes, mais elles étaient particulièrement prévisibles : les gens ont manifesté une journée avant de rentrer chez eux.
Les manifestations en défense du service public se sont achevées sur un compromis du type de celui qu’auraient proposé les travaillistes. Le gouvernement n’a donc rencontré aucune opposition sérieuse. Malheureusement, une grande partie du mécontentement populaire s’est transformé en populisme de droite qui a bénéficié à UKIP.

Ed Miliband, le leader du parti travailliste, s’est fait élire à la tête de son parti grâce aux syndicats. S’est-il pour autant éloigné du blairisme ?

Si l’on oublie la politique d’austérité qu’il veut poursuivre, son discours est marginalement plus à gauche que celui de Blair. Il veut limiter les dépenses énergétiques, il promet un contrôle des loyers, il veut taxer les expatriés fiscaux… Ce ne sont pas des mesures extrêmement significatives – rien que le FMI refuserait – mais cela donne un discours plus à gauche que sous Tony Blair.
Mais il y a également un mouvement rétrograde sous Miliband. Avec Blair, une partie des travaillistes étaient pro-immigration, pro-européens, internationalistes. Il existait aussi une aile, minoritaire, qui était autoritaire et un peu raciste. Sous Miliband, on a assisté à la fusion entre cette aile et une autre, qui promouvait l’esprit communautaire : cela a produit cet enfant bâtard qu’est le « Blue labour ». Ils veulent rétablir une définition de la solidarité autour de valeurs comme la foi, le drapeau et la famille. Miliband s’est détaché d’eux lorsqu’ils ont commencé à déraper, mais cela fait partie de son idée de retrouver une nouvelle synthèse entre la gauche et la droite qui soit différente de celle de Blair.

Est-ce que, dans le cas d’une coalition des travaillistes avec les partis nationalistes écossais et gallois, ces derniers pourraient tirer le Labour vers la gauche ?

Initialement, ces partis nationalistes étaient plutôt modérés. Ils séduisaient les classes moyennes de l’Écosse et du pays de Galles qui avaient le sentiment que, après la fin de l’empire, le Royaume-Uni s’effondrait. Depuis les années 1990, ces partis se sont retrouvés à la gauche des travaillistes. Cela est dû au fait que les travaillistes se sont droitisés. Mais c’est aussi parce que leur base sociale s’est diversifiée, et ils ont su attirer les déçus du travaillisme. Quant aux Verts, ils sont devenus très à gauche. Avec ces trois partis (nationalistes écossais et gallois et Verts), Miliband pourrait construire une sorte de coalition arc-en-ciel, mais il a déjà prévenu qu’ils ne participeraient pas au gouvernement. C’est le résultat le plus probable de l’élection, mais cela produira un gouvernement très instable.
Les nationalistes écossais et gallois alliés aux Verts s’opposeront probablement aux politiques d’austérité, mais cela n’aura aucun impact sur les travaillistes qui feront passer ce genre de mesures avec les conservateurs. Néanmoins, si les travaillistes ne veulent pas suivre le chemin du Pasok, ils devront prendre en compte ces alliés de gauche et leur faire quelques concessions.

Publié sur Mediapart le 6 mai 2015

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Entretien avec Pascal Auger : autour de Deleuze et du cinéma / Nicolas Rousseau

« Je m’intéressais au cinéma de recherche. J’avais vu à la télé des films de Norman MacLaren, tournés image par image, qui m’avaient bien plu. Je me disais que ce serait bien de trouver, s’ils existaient, des enseignants ayant à me dire des choses là-dessus, sur ces voies un peu inexplorées du cinéma. Je ne savais pas pourquoi, mais même si j’aimais comme tout le monde les films de fiction, ce n’était pas ce que je voulais tourner. Dans la réalité, à la fac de Vincennes, il n’y avait à cette époque presque pas de matériel pour réaliser des films. Les films coûtaient très cher, même en 16mm. On avait droit à environ trente mètres de pellicule par an, ce qui représente deux minutes trente de tournage. Ce n’est presque rien. La vidéo est arrivée au tournant des années 1980. »

Lire l’entretien intégral ICI / Actua Philosophia

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Manifester en France, c’est risquer de finir en prison / Jacques Rancière, Ken Loach, Judith Butler et une cinquantaine de personnalités

Le droit à manifester est un droit non négociable. Mais ce qui se dessine localement, c’est une société construite sur la criminalisation des luttes sociales et politiques.
Il plane dans ce pays une atmosphère bien étrange. Quoi que l’on puisse penser du douteux cortège de tête de la mobilisation fleuve ayant défilé dans les rues de Paris, le 11 janvier, après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, ce sont bien quatre millions de personnes qui ont choisi de manifester pour dire leur rejet des attentats et leur attachement à un certain nombre de valeurs démocratiques. Comme le notaient alors les correspondants de la presse internationale, c’est au travers de la «manif», sorte de paradigme hexagonal de l’expression collective, que les Français avaient décidé d’exprimer leur émoi. Hollande et son gouvernement, eux, jouaient la carte de l’émotion et de la responsabilité, n’hésitant pas à se présenter comme les hérauts de la liberté d’expression. Mais celle-ci, en France, avant comme après ce défilé historique, n’est pas un étalon universel, loin de là. Il existe des territoires et des villes où manifester peut conduire derrière les barreaux.
Que ce soit à Notre-Dame-des-Landes, à Sivens, à Nantes, à Lyon ou à Toulouse, ce n’est pas tous les jours le 11 janvier. Manifester oui, mais pas pour saluer la mémoire du jeune militant écologiste tué par un tir de grenade de la gendarmerie, Rémi Fraisse, dans la nuit du 25 au 26 octobre. Manifester oui, mais pas contre la série de violences policières commises par la suite à l’occasion de plusieurs manifestations interdites en préfecture. Manifester oui, mais pas contre l’interdiction de manifester elle-même. Ces interdictions qui se sont répétées sur l’ensemble du territoire sont une atteinte grave et révoltante à un droit démocratique fondamental. Nombreux sont celles et ceux qui, en novembre, n’ont pas accepté les diktats vigipiratesques et les arrêtés préfectoraux. Des dizaines ont alors été arrêtés, gardés à vue, déférés devant la justice et souvent condamnés. Qui à une peine de sursis et une amende, qui à une peine de prison ferme. C’est le cas de Gaëtan, étudiant toulousain en histoire de l’art au Mirail, militant politique et syndical, arrêté en marge de la manifestation interdite du 8 novembre. En première instance, il a écopé d’une peine de prison avec sursis et d’une amende. En appel, le juge a choisi d’aggraver la sentence, en le condamnant à six mois de prison, dont deux fermes.
Bien sûr la justice officielle sait toujours trouver des motifs pour transformer une résistance politique en un crime de droit commun, en inventant des chefs d’inculpation et en faisant témoigner ses propres policiers. La justice officielle, d’ailleurs, leur en sait gré puisqu’elle sait être reconnaissante avec eux, lorsqu’ils sont les auteurs de «bavures». Clémente avec les meurtriers de Malik, de Zyed ou de Bouna (le verdict sera rendu en mai), jamais condamnés à de la prison ferme, elle est impitoyable avec celles et ceux qui revendiquent le droit élémentaire de dire leur opposition à la société telle qu’elle est organisée, ou aux politiques telles qu’elles sont menées. Ce qui se renforce et se dessine localement, à partir de manifestation, piquet de grève ou mobilisation, c’est une société construite sur la criminalisation des luttes sociales et politiques, dont on peut craindre, si l’on n’y prend garde, qu’elle ne devienne le lot commun dans tout le pays. Aujourd’hui à Toulouse, sorte de ville-laboratoire, la moindre mobilisation revêtant une dimension un tant soit peu politique, féministe, antiraciste ou de solidarité internationale avec le peuple palestinien est encadrée, lorsqu’elle n’est pas interdite, comme si le moindre acte militant public portait en lui le germe du «terrorisme».
Dans son message de soutien à Gaëtan, Erri De Luca souligne combien «le droit à manifester est un droit non négociable». Il en sait quelque chose. «Pas de prison pour Gaëtan et tous les condamnés pour avoir manifesté», tel est le nom de la campagne actuellement menée pour dénoncer toutes ces atteintes, auxquelles on voudrait nous habituer, aux libertés démocratiques élémentaires. Nous nous associons ici à ce refus et témoignons de notre solidarité à son égard et à celui des autres condamnés après les manifestations contre les violences policières. Nous invitons chacune et chacun, en conscience, à mesurer la gravité de la situation actuelle.

Jacques Rancière, Ken Loach, Judith Butler et une cinquantaine de personnalités

Parmi les signataires : Marc Abélès, anthropologue, directeur de recherches au EHESS et CNRS ; Gilbert Achcar, professeur, Université de Paris-8 et SOAS, Université de Londres ; Tariq Ali, écrivain et réalisateur ; Etienne Balibar, professeur émérite, Université de Paris-Ouest ; Ludivine Bantigny, historienne, maître de conférences, Université de Rouen ; Emmanuel Barot, philosophe, maître de conférence HDR, Université Jean Jaurès/Mirail de Toulouse ; Enzo Traverso, historien, Cornell University ; Michel Broué, mathématicien, Professeur, Université Paris-Diderot ; Sébastien Budgen, éditeur ; Judith Butler, philosophe, Université de Berkeley, Californie ; Vincent Charbonnier, ingénieur d’études, IFÉ- ENS de Lyon ; Anne Clerval, maître de conférences en géographie, Université Paris-Est Marne-la-Vallée ; Alexis Cukier, docteur en philosophie, ATER, Université de Poitiers ; Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue, professeure émérite, Université Paris Diderot-Paris 7 ; Jean-Numa Ducange, historien, maître de conférences, Université de Rouen ; Cédric Durand, économiste, Université Paris 13 ; Franck Fischbach, philosophe, professeur à l’Université de Strasbourg ; Geneviève Fraisse, philosophe, directrice de recherche émérite, CNRS ; Bernard Friot, sociologue et économiste, Université de Paris-Ouest ; Franck Gaudichaud, maître de conférences en Civilisation hispano-américaine, Université Grenoble-Alpes ; Barbara Glowczewski, anthropologue, directrice de recherches au CNRS et Collège de France ; Fabien Granjon, sociologue, professeur, Université Paris 8 ; Razmig Keucheyan, sociologue, maître de conférences, Paris Sorbonne-Paris IV ; Stathis Kouvélakis, philosophe, King’s College, Londres ; Ken Loach, réalisateur ; Frédéric Lordon, économiste, CNRS ; Michael Lowy, philosophe, CNRS ; Olivier Neveux, historien d’art, professeur, Université Lyon 2 ; Ugo Palheta, maître de conférences en sciences de l’éducation, Université Lille-3 ; Willy Pelletier, sociologue, Université de Picardie ; Paul B. Preciado, philosophe, Université de New York ; Jacques Rancière, philosophe, professeur émérite, Université Paris 8 ; Kristin Ross, professeure de littérature comparée, New York University ; Valentin Schaepelynck, maître de conférences en sciences de l’éducation, Université Paris 8 ; Guillaume Sibertin-Blanc, philosophe, maître de conférences HDR, Université Jean Jaurès/Mirail, Toulouse ; Eduardo Viveiros de Castro, anthropologue, Museo Nacional, Rio de Janeiro ; Slavoj Žižek, philosophe, Université de Ljubljana, Slovénie.

Publié dans Libération le 19 avril 2015

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