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Archive mensuelle de juillet 2014

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Barbarie : ils tuent en Palestine grâce au silence de « la communauté internationale » / Union Juive Française pour la Paix

La logique criminelle et illégale de la vengeance israélienne s’étend à toute la Palestine et à Gaza une nouvelle tuerie de masse est en marche.

Pour la seule journée du 8 juillet, il y a eu plus de 220 raids israéliens. 28 Palestiniens sont morts (dont trois enfants et deux femmes) à la suite des bombardements aériens et par mer. Ils n’auront droit à aucune compassion de François Hollande. Pour « justifier » ces exécutions extrajudiciaires, l’occupant israélien qualifie à l’avance les victimes de « terroristes » ou de « membres du Hamas ». Depuis le début du blocus de Gaza, si l’on enlève les 1400 morts de « Plomb Durci » (2008-2009) et les 160 morts de « Piliers de la défense » (novembre 2012), près de 700 civils palestiniens ont été exécutés par des tirs aériens à Gaza.

Les principaux dirigeants français, européens ou américains ont manifesté leur émotion à la suite du kidnapping et de l’exécution des trois jeunes colons. Pas de condoléances pour le massacre d’un jeune Palestinien de 16 ans, Mohammad Abou Khdeir. L’occupant a longtemps fait croire qu’il s’agissait d’un règlement de compte inter-palestinien avant que les coupables, des colons pogromistes, ne soient découverts. Quelle crédibilité peut-on accorder aux accusations des autorités israéliennes contre le Hamas ?

Que signifie cette offensive générale, cette « punition collective » formellement interdite par le droit international ? Pourquoi ces bombardements massifs, ces arrestations de plusieurs centaines de personnes, dont des élus et des prisonniers récemment libérés, ce bouclage de toute la Palestine ?

Il n’y a aucune symétrie possible entre l’occupant et l’occupé, entre un régime colonial et un peuple qui a le droit de résister. Avec la mobilisation des réservistes en Israël, un nouveau crime de grande ampleur est en marche.

Comme nous l’écrit quotidiennement Ziad Medoukh depuis Gaza assiégée, Gaza résiste et conserve dignité et espoir.

Nous devons empêcher le massacre annoncé. Nous devons forcer nos dirigeants complices à exiger d’Israël l’arrêt immédiat de l’agression, des bombardements, des arrestations et des exécutions sommaires. Nous appelons à descendre dans la rue partout où il y a des manifestations en solidarité avec la Palestine.

Le Bureau National de l’UJFP le 9 juillet 2014

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Bêtise, marasme de la gauche et déni de la pulsion de pouvoir / Préambule / Elias Jabre / L’Anti-Oedipe en question

J’avais été prévenu, j’allais être contaminé (c’est déjà je qui parle, ça promet).

A travailler sur la bêtise, combien d’illustres prédécesseurs en avaient fait l’expérience, l’avaient ressenti et même formulé, à commencer par Flaubert victime de son célèbre duo qu’il avait répandu dans le décor : « Bouvard et Pécuchet m’emplissent à tel point que je suis devenu eux ! Leur bêtise est mienne, et j’en crève ! », menace destinée aux imprudents qui oseraient retenter l’aventure.

Se jeter à corps perdu dans la bataille (cette drôle de manie de vouloir en découdre tout le temps), ouvrir les questions du fond et du sans-fond, heureusement accompagné par des guides chevronnés, les plus audacieux et les plus solides (Deleuze et Derrida donc), deux guides qui ont laissé des traces de leur pas et de nombreuses balises sur ce territoire au sol incertain, où se dissimulent tant d’abîmes et de sables mouvants, et qu’ils ont parcouru de long en large (et bien sûr en travers).

Et une fois de retour (étais-je vraiment parti ? en revient-on jamais ?), se sentir détenteur d’un savoir en plus, d’un petit bout de clarté attrapé en plein cœur des ténèbres (mon petit côté fin XIXème), avance ô combien dérisoire, et qu’on insiste à balader dans le décor comme une luciole fragile cachée entre nos mains, qu’on découvre à quelques compagnons pressentis, à s’assurer que leurs yeux reflètent cette même lueur minuscule, inestimable vérité, comme si cette métaphore lumineuse n’était pas aussi usée que la croyance en ce pas décisif vers une résolution.

Et une fois l’énigme résolue (voyez comme la bêtise insiste), c’est un souffle qui renouvelle le paysage. Regarde bien, ne sens-tu pas cette douce fraîcheur qui glisse sur tes joues ? Avoue ! Ose me dire que tu ne respires pas mieux ! (eh oui, jusque-là encore, et toujours la même violence démonstrative)

Ne fallait-il pas profondément être bête (mais qui est bête, dirait l’autre, ça ou moi ?), ne fallait-il pas profondément être bête et plus bête encore à vouloir transformer cette aventure en thèse ? D’autant que ce supposé savoir (en plus ? de trop ?) invalidait jusqu’à la forme tranchée de ce mode d’affirmation.

Préalable, frapper à la porte des institutions, des écoles doctorales en philosophie, où les budgets s’amenuisent d’année en année, et où les rares directeurs de thèse croulent sous la charge magistrale des travaux de tous ces échoués du temps qui misent leur vie sur cette perversion défraîchie.

Une fois que deux ou trois interlocuteurs dûment habilités vous proposent leur accompagnement dans le cadre de l’université, cette vieille dame sérieuse et digne qui détient le pouvoir de légitimer vos recherches,  plusieurs cas de figures se dessinent. (…)

Trouver le moyen de les (de se faire) éconduire, de signifier la mise au rancart d’une institution délabrée dont les murs risquent de vous tomber sur la tête.

Quelle inspiration perfide m’a donc traversé et transi (Heidegger, sors de ce corps !), que je me sente dévolu à ce délire messianique partagé par tous ces prophètes ratés (tous les apprentis thésards sans doute) qui se croyaient élus, et que l’histoire (enfin, ce qu’il en reste, bref des décombres) a fort heureusement balayé pour leur plus grand nombre sans laisser la moindre trace (quant aux autres, nous ne les aimons plus qu’en fragments pour leur plus grande chance, et même la nôtre).

J’ai fait du porte à porte, dénichant des interlocuteurs potentiels, des spécialistes du champ que j’investissais, et après un premier mail timide qui demandait l’autorisation d’ouvrir le jeu, je dévoilais ce que j’appelais « mon intuition » :

L’intuition de ce travail serait de cet ordre : il y aurait un lien entre le marasme de la gauche actuelle et le déni de la pulsion de pouvoir. Or la psychanalyse, et notamment Deleuze-Guattari et Derrida (plutôt que les institutions psychanalytiques elles-mêmes dupes de cette pulsion de pouvoir), auraient dû conduire à des traductions de ses concepts dans le domaine juridico-politique afin de déconstruire la vieille souveraineté qui encadre encore l’Etat Nation et la notion de sujet juridique aujourd’hui. Il n’existerait pourtant pas de courant, à ma connaissance, qui travaillerait autour de cette problématique.

Il s’agirait d’interroger les positions politiques en termes de pulsion de pouvoir, de résistance et d’auto-immunité en partant d’un cas précis : la résistance de la psychanalyse à la critique deleuzo-guattarienne avec en parallèle, la résistance deleuzo-guattarienne à la pulsion de pouvoir (tel que je l’analyse à partir du dernier séminaire de Derrida sur la question de la bêtise, La bête et le souverain, Galilée, 2008). 

En essayant d’éclaircir des résistances dans des champs ou chez des auteurs qui n’auraient pas dû être dupes des jeux de l’inconscient pourtant au cœur de leurs pensées, l’objectif serait peut-être de proposer d’autres machinations politiques qui prendraient en compte la pulsion de pouvoir.

Elias Jabre
Bêtise, marasme de la gauche et déni de la pulsion de pouvoir /Préambule / 2014
l’Anti-Oedipe en question

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Photo : Lydie Jean-Dit Pannel

Plantes colonisatrices, plantes colonisées / Karine Bonneval / Chimères 82 / L’Herbe

Liliana Motta a conçu un jardin pour le palais de la Porte Dorée de Paris, dans lequel elle a privilégié ces espèces végétales dites invasives dont la dissémination est avant tout le fruit d’échanges commerciaux ou de migrations humaines, traçant ainsi une géographie parallèle.
En revenant sur l’histoire de plantes voyageuses, il est intéressant de constater que le mot « exotique » a d’abord été employé pour les végétaux venant d’un pays lointain (XVIIIe siècle).
Les végétaux exotiques viennent principalement de toutes les nouvelles colonies d’Europe, grâce aux progrès des architectures de verre et d’acier : serre portative pour les voyages aux longs cours de Nathaniel Ward (1830), puis serres de plus grande taille (Kew Gardens, 1841).
Des plantes indigènes sont ainsi extraites de leur milieu naturel et déplacées vers un site complètement artificiel. La serre permet de recréer des espaces propices à respecter les taux d’humidité et de chaleur nécessaires à tout végétal tropical. Un engouement bourgeois se développe autour de ces microcosmes vitrés. Ce sont des plantes rares, devenues des objets de curiosités que l’on acclimate ici. La bonne sauvage que l’on domestique. La plante colonisée.
De curiosité, d’objet d’art au XIXe siècle, beaucoup de ces végétaux « exotiques » (dans l’acceptation plus contemporaine de « bizarre ») ont changé de statut et sont devenus aujourd’hui banals : des plantes de salle d’attente, des objets bon marché de décoration qui prennent la poussière. Il en va de même pour tous les fruits et légumes importés hier du monde entier comme des trésors vivants. Qui se rappelle encore des origines lointaines de la tomate, du maïs ou de la pomme de terre ? Il est intéressant de pointer cette manière très humaine de ramener le « sauvage » à soi, de le dénaturer. Privées de leur aura tropicale et reproduites à l’infini, les plantes incroyables hier deviennent ordinaires.
Pour retrouver leur exotisme, les plantes colonisées ont à nouveau besoin de l’intervention humaine : j’ai imaginé un nouveau genre végétal, la phylloplastie. Mot inventé à partir du Grec ancien phyllo, feuille et de plastie, invoquant ici l’univers de la chirurgie esthétique. Construction née d’une supposition : si l’homme a besoin d’être amélioré avec du silicone, il faudrait également tourner cette pratique vers ses autres compagnons vivants domestiqués. On crée alors une nouvelle nécessité : embellir les plantes dites d’intérieur avec du synthétique, les augmenter avec les codes esthétiques actuels, dictés par un quotidien qui se doit d’être spectaculaire. Les plantes exotiques, devenues plantes d’appartement banales, sont ainsi à nouveau étranges et dignes d’intérêt.
À partir de ce nouveau genre, je suis intervenue sur des végétaux en pots avec des ajouts, des implants artificiels, dont l’aspect visuel joue avec la confusion formelle d’une extravagance « naturelle », car la chirurgie esthétique se doit de faire vrai.
La réussite du projet des phylloplasties tient dans la manière dont les plantes augmentées s’adaptent une nouvelle fois, c’est-à-dire qu’elles ne font pas de rejet (mot chirurgical et botanique) des implants. J’utilise ici une faculté naturelle : ces plantes tropicales sont génétiquement constituées de manière à ne pas trop souffrir d’attaques extérieures en milieu naturel et ces implants collés, cousus, ces perforations n’empêchent pas la plante de suivre sa croissance normale, et n’affectent pas l’aspect de son feuillage.
Les jardins et les champs sont déjà en réalité bien remplis de phylloplasties aux aspects plus discrets : espèces botaniques sélectionnées, améliorées, graines génétiquement modifiées.
Le végétal est un être vivant qui doit se soumettre au bon vouloir des hommes. Domestiquée, modifiée, la plante colonisée doit rester à sa place utilitaire ou décorative, et la plante colonisatrice se doit d’être éradiquée. Heureusement des jardiniers de génie comme Gilles Clément se font depuis de nombreuses années les apôtres des « mauvaises herbes ». Ainsi il plaide pour un jardin à l’échelle de la planète : « Le jardin planétaire ne saurait se soumettre à une cartographie classique, il est partout, il occupe la biosphère, son territoire est l’épaisseur du vivant ».
Karine Bonneval
Plantes colonisatrices, plantes colonisées / 2014
Extrait du texte publié dans Chimères 82 / L’Herbe

anthupilus

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