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Archive mensuelle de octobre 2011

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Z, revue itinérante d’enquête et de critique sociale / n° 5, Edito

Pendant la préparation de ce numéro, la réforme du régime des retraites a porté un nouveau coup aux acquis sociaux, le monde arabe s’est soulevé, et le Soleil levant a recraché le feu inextinguible de la société nucléaire. Garé à Montreuil, Gigi, le camion de Z, ne démarrait plus. Nous constations plus tard qu’un inconnu s’y était installé pour y passer l’hiver. Alors, nous sommes restés là où nous étions, nous sommes même allés au plus près de nous-mêmes, fouiller dans les mondes de la précarité.

Au cœur de la ville aux mille extrémités, celle des tours de la Défense et des trottoirs de la misère, nous avons rencontré la foule – prétendument sans voix, mais assurément refoulée – des travailleurs pauvres, des chômeurs, des RSAstes ; et nous avons poussé la dérive jusqu’aux sans-abri, créchant sous la lune ou se réchauffant dans quelque centre d’hébergement.

Dans un monde où l’efficacité est le but ultime, et l’abondance le mythe régulateur, il y a une place assignée pour s’occuper de l’humanité que l’économie a rendue superflue : c’est le travail social. Z a voulu comprendre ce qui animait ces bénévoles ou ces professionnels dans leurs bricolages quotidiens – luttant pour éviter que leur pratique ne devienne, selon la tendance actuelle, une industrie de gestion de la misère humaine. Face aux assauts continus des fanatiques de la croissance, des travailleurs sociaux ou des « indignés » se mobilisent pour éviter que ce qui fait société ne cède sous les coups du « chacun-pour-soi, et sauve qui peut ». Mais au cours de nos enquêtes, un paradoxe nous a vite sauté aux yeux. Pourquoi persister à vouloir réinsérer les « exclus » à l’intérieur d’une société qui génère mécaniquement de l’exclusion ? Pourquoi dépense-t-on autant d’énergie pour aménager le capitalisme, et si peu pour transformer la structure même de notre organisation sociale, vers plus de dignité et d’autonomie ?

Pour saisir notre condition et proposer des perspectives, nous avons travaillé avec des collectifs de précaires qui mutualisent leurs forces, et tentent d’échapper à l’administration automatisée des pauvres. Nous avons croisé des Tunisiens élancés vers leurs désirs d’émancipation, et des Grecs attelés à un renouveau syndical. Nous avons recueilli les témoignages de ceux qui renouent avec l’éducation populaire, en cultivant une espèce de malice rare et contagieuse.

Bref, un numéro consacré à celles et ceux qui pensent la question sociale dans une langue étrangère à la tyrannie du management et de la gestion informatique. Dans le timbre de toutes ces voix, il nous semble avoir entendu le cri des solidarités à venir.
Z, revue itinérante d’enquête et de critique sociale
Edito du n° 5 / septembre 2011

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Philosophie, politique et cinéma / Séminaire par Jean-Louis Déotte, Adolfo Vera et Roman Dominguez

De Rancière à Badiou, de Didi-Huberman à Jean-Luc Nancy, de Stanley Cavell à Slavoj Žižek, semblerait-il que chaque philosophe ait son mot à dire sur le cinéma. Tout se passe comme si le cinéma, par-delà les modes intellectuelles, était désormais le lieu, la khôra ou la surface privilégiée pour comprendre, lire et esquisser les signes de notre temps. Comme si le philosophe devrait passer au moins une fois par le crible de l’image en mouvement pour devenir contemporain.
À cet égard, il ne suffit pas de dire que le cinéma met en lumière les vieux problèmes philosophiques, par exemple la Caverne de Platon, le sublime kantien, ou encore le meurtre originel, comme si l’image pouvait rendre compte de la pensée sans changer la nature de la pensée elle-même et de ses problèmes. Nous pensons que le problème de l’époque n’est plus, comme pour le XXème siècle, le langage, en tant que système de signes indépendant d’une surface technique, mais justement le gouffre qui se dessine entre le langage, voire le logos, et la technique, c’est-à-dire la techno-logie, dans l’image en mouvement. Nous croyons que ce gouffre, cet abyme ou écart, n’est rien d’autre que le temps. Mais là encore faut-il désigner de quel temps s’agit-il, et comment ce temps abrite et parfois refoule les questions de l’époque : le témoin, la violence, la communauté ou la disparition de celle-ci, c’est-à-dire la politique elle-même. C’est parce que les techniques du cinéma, suivant le mot de Tarkovski, scellent le temps, que notre approche sur le cinéma ne se restreint pas à analyser les théories sur le cinéma, si incontournables qu’elles soient, mais à suivre de très près l’acte de sceller, de monter le temps. D’où l’importance de l’analyse de l’image et du film. D’une part des œuvres marquantes du cinéma (Eisenstein, Ozu, Godard, Resnais, Béla Tarr, Ruiz), et d’autre part des opérations spécifiques comme le contre-champ chez Farocki, la déformation de l’image chez Sokourov, la voix-off dans le documentaire.
On peut donc faire l’hypothèse suivante : une pensée qui s’intéresse aux conflits, aux paradoxes et aux différends qui constituent notre « époque » doit nécessairement revenir au cinéma, même si l’on peut bien assimiler que le cinéma, en tant qu’appareil « analogique » (et l’on sait bien que toute une définition et une pratique de la mémoire et du temps s’y jouaient), a été concurrencé par d’autres appareils (numériques) plus puissants techniquement et, peut-être, plus performants politiquement. Cet intérêt ne porte pas uniquement sur des questions généalogiques ou archéologiques, même si cela justifiera encore pour longtemps les recherches autour du cinéma, cet appareil du XXème siècle. On voudrait souligner une question encore plus pressante : jusqu’à quel point peut-on justifier un type d’analyse de l’appareil cinématographique qui ne se réduise pas aux exigences académiques d’étudier un phénomène historique qui a changé nos modalités de perception mais qui serait – on l’entend partout – en train d’être dépassé ? Ne faudrait-il pas aussi questionner cette notion de « dépassement » souvent utilisée d’une façon trop naïve ? La temporalité que le cinéma a imposée à la perception, celle du montage, est aussi celle de l’anachronisme (la non-coïncidence des temporalités particulières), de la survivance (Warburg) ou de la spectralité (Derrida). Or, peut-on affirmer si facilement qu’on a déjà dépassé cette temporalité-là ?
Séances les mardis de 10h à 13 h
Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord
11, 18 et 25 octobre, 8, 15 et 29 novembre, 6 et 13 décembre 2011
3 et 10 janvier 2012

Informations complémentaires :
roman.dominguez@club-internet.fr
adolfovera27@gmail.com

Plaquette à télécharger :
Philosophie, politique et cinéma / Séminaire par Jean-Louis Déotte, Adolfo Vera et Roman Dominguez dans Cinéma pdf cinepolitique20112012.pdf
Egalement : revue Appareil n°6, Philosophie et Cinéma
Deleuze et le cinéma (enregistrements audio et transcriptions de cours) :
Image-mouvement
Une classification des signes et du temps
Vérité et temps, la puissance du faux
Cinéma / Pensée 1
Cinéma / Pensée 2

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Kiss Me Deadly / Robert Aldrich / Lost Highway / Mulholland Drive / David Lynch

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Robert Aldrich
Kiss Me Deadly / 1955
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David Lynch
Lost Highway / 1997
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Mulholland Drive / 2000-2001

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