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Archive mensuelle de janvier 2010

Page 6 sur 7

Puissances du communisme / Daniel Bensaïd

Dans un article de 1843 sur Les progrès de la réforme sociale sur le continent, le jeune Engels (tout juste vingt ans) voyait le communisme comme « une conclusion nécessaire que l’on est bien obligé de tirer à partir des conditions générales de la civilisation moderne ». Un communisme logique en somme, produit de la révolution de 1830, où les ouvriers « retournèrent aux sources vives et à l’étude de la grande révolution et s’emparèrent vivement du communisme de Babeuf ».
Pour le jeune Marx, en revanche, ce communisme n’était encore qu’ « une abstraction dogmatique », une « manifestation originale du principe de l’humanisme ». Le prolétariat naissant s’était « jeté dans les bras des doctrinaires de son émancipation », des « sectes socialistes », et des esprits confus qui « divaguent en humanistes » sur « le millenium de la fraternité universelle » comme « abolition imaginaire des rapports de classe ». Avant 1848, ce communisme spectral, sans programme précis, hantait donc l’air du temps sous les formes « mal dégrossies » de sectes égalitaires ou de rêveries icariennes.
Déjà, le dépassement de l’athéisme abstrait impliquait pourtant un nouveau matérialisme social qui n’était autre que le communisme : « De même que l’athéisme, en tant que négation de Dieu, est le développement de l’humanisme théorique, de même le communisme, en tant que négation de la propriété privée, est la revendication de la vie humaine véritable. » Loin de tout anticléricalisme vulgaire, ce communisme était « le développement d’un humanisme pratique », pour lequel il ne s’agissait plus seulement de combattre l’aliénation religieuse, mais l’aliénation et la misère sociales réelles d’où naît le besoin de religion.
De l’expérience fondatrice de 1848 à celle de la Commune, le « mouvement réel » tendant à abolir l’ordre établi prit forme et force, dissipant les « marottes sectaires » et tournant en ridicule « le ton d’oracle de l’infaillibilité scientifique ». Autrement dit, le communisme, qui fut d’abord un état d’esprit ou « un communisme philosophique », trouvait sa forme politique. En un quart de siècle, il accomplit sa mue : de ses modes d’apparition philosophiques et utopiques, à la forme politique enfin trouvée de l’émancipation.
1 Les mots de l’émancipation ne sont pas sortis indemnes des tourments du siècle passé. On peut en dire, comme des animaux de la fable, qu’ils n’en sont pas tous morts, mais que tous ont été gravement frappés. Socialisme, révolution, anarchie même, ne se portent guère mieux que communisme. Le socialisme a trempé dans l’assassinat de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, dans les guerres coloniales et les collaborations gouvernementales au point de perdre tout contenu à mesure qu’il gagnait en extension. Une campagne idéologique méthodique est parvenue à identifier aux yeux de beaucoup la révolution à la violence et à la terreur. Mais, de tous les mots hier porteurs de grandes promesses et de rêves vers l’avant, celui de communisme a subi le plus de dommages du fait de sa capture par la raison bureaucratique d’Etat et de son asservissement à une entreprise totalitaire. La question reste cependant de savoir si, de tous ces mots blessés, il en est qui valent la peine d’être réparés et remis en mouvement.
2 Il est nécessaire pour cela de penser ce qu’il est advenu du communisme au XXème siècle. Le mot et la chose ne sauraient rester hors du temps et des épreuves historiques auxquelles ils ont été soumis. L’usage massif du titre communiste pour désigner l’Etat libéral autoritaire chinois pèsera longtemps beaucoup plus lourd, aux yeux du plus grand nombre, que les fragiles repousses théoriques et expérimentales d’une hypothèse communiste. La tentation de se soustraire à un inventaire historique critique conduirait à réduire l’idée communiste à des « invariants » atemporels, à en faire un synonyme des idées indéterminées de justice ou d’émancipation, et non la forme spécifique de l’émancipation à l’époque de la domination capitaliste. Le mot perd alors en précision politique ce qu’il gagne en extension éthique ou philosophique. Une des questions cruciales est de savoir si le despotisme bureaucratique est la continuation légitime de la révolution d’Octobre ou le fruit d’une contre-révolution bureaucratique, attestée non seulement par les procès, les purges, les déportations massives, mais par les bouleversements des années trente dans la société et dans l’appareil d’Etat soviétique.
3 On n’invente pas un nouveau lexique par décret. Le vocabulaire se forme dans la durée, à travers usages et expériences. Céder à l’identification du communisme avec la dictature totalitaire stalinienne, ce serait capituler devant les vainqueurs provisoires, confondre la révolution et la contrerévolution bureaucratique, et forclore ainsi le chapitre des bifurcations seul ouvert à l’espérance. Et ce serait commettre une irréparable injustice envers les vaincus, tous ceux et celles, anonymes ou non, qui ont vécu passionnément l’idée communiste et qui l’ont fait vivre contre ses caricatures et ses contrefaçons. Honte à ceux qui cessèrent d’être communistes en cessant d’être staliniens et qui ne furent communistes qu’aussi longtemps qu’ils furent staliniens !
4 De toutes les façons de nommer « l’autre », nécessaire et possible, de l’immonde capitalisme, le mot communisme est celui qui conserve le plus de sens historique et de charge programmatique explosive. C’est celui qui évoque le mieux le commun du partage et de l’égalité, la mise en commun du pouvoir, la solidarité opposable au calcul égoïste et à la concurrence généralisée, la défense des biens communs de l’humanité, naturels et culturels, l’extension d’un domaine de gratuité (démarchandisation) des services aux biens de première nécessité, contre la prédation généralisée et la privatisation du monde.
5 C’est aussi le nom d’une autre mesure de la richesse sociale que celle de la loi de la valeur et de l’évaluation marchande. La concurrence « libre et non faussée » repose sur « le vol du temps de travail d’autrui ». Elle prétend quantifier l’inquantifiable et réduire à sa misérable commune mesure par le temps de travail abstrait l’incommensurable rapport de l’espèce humaine aux conditions naturelles de sa reproduction. Le communisme est le nom d’un autre critère de richesse, d’un développement écologique qualitativement différent de la course quantitative à la croissance. La logique de l’accumulation du capital exige non seulement la production pour le profit, et non pour les besoins sociaux, mais aussi « la production de nouvelle consommation », l’élargissement constant du cercle de la consommation « par la création de nouveaux besoins et par la création de nouvelles valeurs d’usage » : d’où « l’exploitation de la nature entière » et « l’exploitation de la terre en tous sens ». Cette demesure dévastatrice du capital fonde l’actualite d’un éco-communisme radical.
6 La question du communisme, c’est d’abord, dans le Manifeste communiste, celle de la propriété : « Les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette formule unique : suppression de la propriété privée » des moyens de production et d’échange, à ne pas confondre avec la propriété individuelle des biens d’usage. Dans « tous les mouvements », ils « mettent en avant la question de la propriété, à quelque degré d’évolution qu’elle ait pu arriver, comme la question fondamentale du mouvement ». Sur les dix points qui concluent le premier chapitre, sept concernent en effet les formes de propriété : l’expropriation de la propriété foncière et l’affectation de la rente foncière aux dépenses de l’Etat ; l’instauration d’une fiscalité fortement progressive ; la suppression de l’héritage des moyens de production et d’échange ; la confiscation des biens des émigrés rebelles ; la centralisation du crédit dans une banque publique ; la socialisation des moyens de transport et la mise en place d’une éducation pu,blique et gratuite pour tous ; la création de manufactures nationales et le défrichage des terres incultes.
Ces mesures tendent toutes à établir le contrôle de la démocratie politique sur l’économie, le primat du bien commun sur l’intérêt égoïste, de l’espace public sur l’espace privé. Il ne s’agit pas d’abolir toute forme de propriété, mais « la propriété privée d’aujourd’hui, la propriété bourgeoise », « le mode d’appropriation » fondé sur l’exploitation des uns par les autres.
7 Entre deux droits, celui des propriétaires à s’approprier les biens communs, et celui des dépossédés à l’existence, « c’est la force qui tranche « , dit Marx. Toute l’histoire moderne de la lutte des classes, de la guerre des paysans en Allemagne aux révolutions sociales du siècle dernier, en passant par les révolutions anglaise et française, est l’histoire de ce conflit. Il se résout par l’émergence d’une légitimité opposable à la légalité des dominants.
Comme « forme politique enfin trouvée de l’émancipation », comme « abolition » du pouvoir d’Etat, comme accomplissement de la République sociale, la Commune illustre l’émergence de cette légitimité nouvelle. Son expérience a inspiré les formes d’auto-organisation et d’autogestion populaires apparues dans les crises révolutionnaires : conseils ouvriers, soviets, comités de milices, cordons industriels, associations de voisins, communes agraires, qui tendent à déprofessionnaliser la politique, à modifier la division sociale du travail, à créer les conditions du dépérissement de l’Etat en tant que corps bureaucratique séparé.
8 Sous le règne du capital, tout progrès apparent a sa contrepartie de régression et de destruction. Il ne consiste in fine « qu’à changer la forme de l’asservissement ». Le communisme exige une autre idée et d’autres critères que ceux du rendement et de la rentabilité monétaire. A commencer par la réduction drastique du temps de travail contraint et le changement de la notion même de travail : il ne saurait y avoir d’épanouissement individuel dans le loisir ou le « temps libre » aussi longtemps que le travailleur reste aliéné et mutilé au travail. La perspective communiste exige aussi un changement radical du rapport entre l’homme et la femme : l’expérience du rapport entre les genres est la première expérience de l’altérité, et aussi longtemps que subsistera ce rapport d’oppression ; tout être différent, par sa culture, sa couleur, ou son orientation sexuelle, sera victime de formes de discrimination et de domination. Le progrès authentique réside enfin dans le développement et la différenciation de besoins dont la combinaison originale fasse de chacun et chacune un être unique, dont la singularité contribue à l’enrichissement de l’espèce.
9 Le Manifeste conçoit le communisme comme « une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». Il apparaît ainsi comme la maxime d’un libre épanouissement individuel qu’on ne saurait confondre, ni avec les mirages d’un individualisme sans individualité soumis au conformisme publicitaire, ni avec l’égalitarisme grossier d’un socialisme de caserne. Le développement des besoins et des capacités singuliers de chacun et de chacune contribue au développement universel de l’espèce humaine. Réciproquement, le libre développement de chacun et de chacune implique le libre développement de tous, car l’émancipation n’est pas un plaisir solitaire.
10 Le communisme n’est pas une idée pure, ni un modèle doctrinaire de société. Il n’est pas le nom d’un régime étatique, ni celui d’un nouveau mode de production. Il est celui du mouvement qui, en permanence, dépasse/supprime l’ordre établi. Mais il est aussi le but qui, surgi de ce mouvement, l’oriente et permet, à l’encontre des politiques sans principe, des actions sans suites, des improvisations au jour le jour, de déterminer ce qui rapproche du but et ce qui en éloigne. A ce titre, il est, non pas une connaissance scientifique du but et du chemin, mais une hypothèse stratégique régulatrice. Il nomme, indissociablement, le rêve irréductible d’un autre monde de justice, d’égalité et de solidarité ; le mouvement permanent qui vise à renverser l’ordre existant à l’époque du capitalisme ; et l’hypothèse qui oriente ce mouvement vers un changement radical des rapports de propriété et de pouvoir, à distance des accommodements avec un moindre mal qui serait le plus court chemin vers le pire.
11 La crise, sociale, économique, écologique, et morale d’un capitalisme qui ne repousse plus ses propres limites qu’au prix d’une démesure et d’une déraison croissantes, menaçant à la fois l’espèce et la planète, remet à l’ordre du jour « l’actualité d’un communisme radical » qu’invoqua Benjamin face la montée des périls de l’entre-deux guerres.
Daniel Bensaïd
Puissances du communisme / 2009
Paru dans Contretemps
markrothkodigital.jpg

Persona / Ingmar Bergman

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Ingmar Bergman
Persona / 1966
avec Liv Ullmann et Bibi Andersson
Photographie Sven Nykvist

Coréam / Sébastien Boussois / Chimères n°71, Dedans-dehors 2

L’UN DES TOUT PREMIERS FANTASMES de mon adolescence fut, dans la pénombre amortie de vitraux incandescents, celui d’un corps cru, dépouillé, dépenaillé, haillonneux, scarifié et, malgré tout cela, beau, serein, sage dans la souffrance. En pénétrant tous les dimanches matin dans l’église de mon enfance, afin d’y mettre en pratique la souplesse de mon catéchisme, à l’époque déjà quelque peu en sursis, je m’extasiais, sur le Jésus qui trônait au-dessus du maître-autel.
J’aurais voulu le déposer. Magnifiquement monté, il avait le torse ferme, les tétons stimulés, les cuisses viriles, la serviette en fichu découvrant le plus bas du ventre que j’étais le seul à chercher à percevoir, les mains pendantes, le nombril bien en chair. La statue de ce Jésus-ci avait dû faire le bonheur de nombreux hommes. Des hommes à genoux. J’étais un garçon d’église et de confessions, en adoration devant cet homme si simple.
J’éprouvais avec mesure de la piété pour ce corps beau, du respect et une délicate ferveur pour un homme aimé et reconnu de tant de monde. On est beau lorsque l’on est aimé et admiré. Il me fascinait et je crois bien qu’à huit ans, Jésus fut l’un de mes premiers amours idéalisés. Un amour absolu qui détenait déjà tant de qualités humaines rares. Quelque chose que l’on sent mais que l’on ne peut toucher. Quelqu’un qui sent bon avant que la vie ne vous rende mauvais. Une personne qui veille sur vous, vous donne confiance, vous rend bien et qui vous paraît être la personne idéale pour faire un bon chemin de vie. Mais comme tout absolu, on le fantasme bien plus qu’on ne doit le vivre. En tout cas, cela est mon cas. J’aimerai être un cas rare et précieux comme du marbre. L’Amour absolu peut me forger.
Comme le messie que l’on attend avec ferveur, je me demande si justement, cela n’est pas mieux qu’il ne survienne jamais. Justement parce qu’il tient en haleine toute une vie. Justement, parce que je m’imaginerai ainsi pouvoir avoir encore un peu plus, encore un peu mieux. En attendant, soit je consommerai, soit je me consumerai. Et je piocherai du relatif à gauche à droite pour recomposer patiemment l’absolu.
À trente-trois ans, Jésus respirait encore l’adolescence et ce corps d’éphèbe en bois ne devait être qu’une projection fantasmagorique des désirs de l’artiste. Tout comme certains de ces tableaux où Marie tient son fils avec amour, Christ descendu mort. Je suis allé à Rome. J’y ai vu plus tard et plus grand, il faut être grand pour voir cela, la Piéta de Michel-Ange à la Basilique Saint-Pierre. Je m’y suis fait draguer. La statue magistrale du Christ, beau dans l’au-delà, attire tous les fervents adorateurs d’ici bas, invertis ou non, de l’esprit mais surtout du corps. De toute façon, je pense que l’enveloppe charnelle de Jésus ne pouvait être que divine pour tout ce qu’elle représentait et devait symboliser. Moi aussi j’aurais aimé comme lui être battu de verges ! Est-il si loin de ce que j’aurais exécuté moi-même en qualité d’artiste si l’on m’avait passé commande d’un dieu Éros ? J’aurai fait un tableau encore plus provocant. Jésus aurait été nu, complètement nu.
Comment un fichu peut-il résister à tant d’atrocités d’ailleurs et être si peu souillé ? J’aime la provocation et je n’aurais sûrement pas manqué de devenir la verge de la fureur de Dieu en réalisant cela. J’ai aimé très tôt l’art et je m’en fous bien des foudres divines : je continuais enfant à regarder Jésus avec désir parce qu’il m’a offert avec précocité des chairs auxquelles je n’aurai véritablement eu accès que bien plus tard. Chaque semaine, je touchais les pieds de Jésus et je crois bien que cela excitait chaque fois un peu plus mon désir. Oui, je sentais de l’excitation à lui caresser les pieds. Mes parents appréciaient ma religiosité et mon sérieux à me rendre à la messe. Je crois qu’ils étaient fiers de m’avoir fait découvrir un nouvel univers, auquel eux-mêmes n’adhéraient finalement plus. Ils avaient ainsi mis toutes les chances de mon côté.
Mon âme et mon corps aiment depuis toujours les âmes et les corps des jeunes hommes. L’Église m’a quitté depuis comme une maîtresse ingrate. Une maîtresse qui n’était plus une pièce maîtresse de mes échappées lyriques et sexuelles. Je passais à un autre stade. Aujourd’hui, je suis loin d’être redevenu un enfant de choeur. De la stimulation, de la perdition, de l’amour, de la déperdition. Voilà ce que je ressens au quotidien lorsque je traîne mes guêtres dans la vie habillée de ce tissu social qui nous étreint parfois à nous étouffer. Je regarde. Je détourne les yeux, mais jamais le regard. Je le soutiens même. Sur une chevelure, un nez, une oeillade, des mains fines, des épaules larges, un pantalon tombant, un caleçon rose froncé apparent, des chaussures converse bleues marine, une belle paire de pieds dessous comme ceux de Jésus. Une posture élégante ; du naturel.
J’aime me rassurer et inquiéter. Je renvoie la balle. L’arrogance du jeu de séduction. Parce que souvent, j’indispose. Mais je suis enfin devenu moi-même pour ne pas avoir à me soucier de ce que l’un ou l’autre de mes objets de contemplation pourrait penser ou dire. Ça accroche ou ça glisse. Tellement peu de fois les deux l’un dans l’autre. Trop souvent l’un à côté de l’autre. On dit que tous les enfants sont des « pervers polymorphes ». Serais-je demeuré l’enfant aux amours infantiles ? Et pourquoi ma passion de la jeunesse ne pourrait-elle être un chemin de vie ? La question serait de savoir ce que je recherche vraiment : ça, je pense le savoir enfin, c’est le bonheur de l’instant qui conduit ma conduite et rien d’autre. Je jouis. Des fois, je ne veux pas toucher. Exprès. Un corps frêle et féminin, des mains aux ongles soignés, de longs cils courbés, un regard doux et rassurant, j’aime tant tout ce qu’il y a de féminin en un jeune homme. Pour le simple plaisir d’irriguer son regard de plénitude. Platon dans son Lysis est comme moi. Nous sommes tous, comme tous les autres. Comment refréner nos pulsions ? Et pour quoi faire ? Socrate n’était pas qu’un précepteur sans désirs détournés.
Il faut cesser avec cela: Socrate avait des ardeurs, des envies humaines, comme tout le monde.
Nous ne sommes pas que des précepteurs, non. Nous aimons l’enveloppe charnelle. Socrate aimait aussi les jeunes pour leur corps. Des organismes particuliers. À la croisée des chemins, des corps comme l’androgyne et le bonheur de l’amour pour le troisième sexe. Platon s’explique à ce sujet dans le Banquet : « D’abord, il y avait chez les humains trois genres, et non pas deux comme aujourd’hui, le mâle et la femelle. Il en existait un troisième, qui tenait des deux autres ; le nom s’en est conservé de nos jours, mais le genre, lui, a disparu; en ce temps-là, en effet, existait l’androgyne, genre distinct, qui pour la forme et pour le nom tenait des deux autres, à la fois du mâle et de la femelle. Aujourd’hui, il n’existe plus, ce n’est plus qu’un nom déshonorant. »
Sébastien Boussois
Coréam / 2009
Extrait du texte à paraître en janvier 2010
dans Chimères n°71 Dedans-Dehors, 2

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