Bouvard et Pécuchet (2) / Gustave Flaubert

Enfin, ils résolurent de composer une pièce.
Le difficile c’était le sujet.
Ils le cherchaient en déjeunant, et buvaient du café, liqueur indispensable au cerveau, puis deux ou trois petits verres. Ensuite, ils allaient dormir sur leur lit ; après quoi, ils descendaient dans le verger, s’y promenaient, enfin sortaient pour trouver dehors l’inspiration, cheminaient côte à côte, et rentraient exténués.
Ou bien, ils s’enfermaient à double tour, Bouvard nettoyait la table, mettait du papier devant lui, trempait sa plume et restait les yeux au plafond, pendant que Pécuchet dans le fauteuil, méditait les jambes droites et la tête basse.
Parfois, ils sentaient un frisson et comme le vent d’une idée ; au moment de la saisir, elle avait disparu.
Mais il existe des méthodes pour découvrir des sujets. On prend un titre, au hasard, et un fait en découle ; on développe un proverbe, on combine des aventures en une seule. Pas un de ces moyens n’aboutit. Ils feuilletèrent vainement des recueils d’anecdotes, plusieurs volumes des causes célèbres, un tas d’histoires.
Et ils rêvaient d’être joués à l’Odéon, pensaient aux spectacles, regrettaient Paris.
– J’étais fait pour être auteur, et ne pas m’enterrer à la campagne ! disait Bouvard.
– Moi de même, répondait Pécuchet.
Une illumination lui vint : s’ils avaient tant de mal, c’est qu’ils ne savaient pas les règles.
Ils les étudièrent, dans la Pratique du Théâtre par d’Aubignac, et dans quelques ouvrages moins démodés.
On y débat des questions importantes : Si la comédie peut s’écrire en vers, – si la tragédie n’excède point les bornes en tirant sa fable de l’histoire moderne, – si les héros doivent être vertueux, – quel genre de scélérats elle comporte, – jusqu’à quel point les horreurs y sont permises ? Que les détails concourent à un seul but, que l’intérêt grandisse, que la fin réponde au commencement, sans doute !
« Inventez des ressorts qui puissent m’attacher », dit Boileau.
Par quel moyen inventer des ressorts ?
« Que dans tous vos discours la passion émue
Aille chercher le cœur, l’échauffe et le remue. »

Comment chauffer le cœur ?
Donc les règles ne suffisent pas. Il faut, de plus, le génie.
Et le génie ne suffit pas. Corneille, suivant l’Académie française, n’entend rien au théâtre. Geoffroy dénigra Voltaire. Racine fut bafoué par Subligny. La Harpe rugissait au nom de Shakespeare.
La vieille critique les dégoûtant, ils voulurent connaître la nouvelle, et firent venir les comptes rendus de pièces, dans les journaux.
Quel aplomb ! Quel entêtement ! Quelle improbité ! Des outrages à des chefs-d’œuvre, des révérences faites à des platitudes – et les âneries de ceux qui passent pour savants et la bêtise des autres que l’on proclame spirituels !
C’est peut-être au Public qu’il faut s’en rapporter ?
Mais des œuvres applaudies parfois leur déplaisaient, et dans les sifflées quelque chose leur agréait.
Ainsi, l’opinion des gens de goût est trompeuse et le jugement de la foule inconcevable.
Bouvard posa le dilemme à Barberou. Pécuchet, de son côté, écrivit à Dumouchel.
L’ancien commis-voyageur s’étonna du ramollissement causé par la province, son vieux Bouvard tournait à la bedolle, bref n’y était plus du tout.
Le théâtre est un objet de consommation comme un autre. Cela rentre dans l’article-Paris. On va au spectacle pour se divertir. Ce qui est bien, c’est ce qui amuse.
– Mais imbécile s’écria Pécuchet ce qui t’amuse n’est pas ce qui m’amuse – et les autres et toi-même s’en fatigueront plus tard. Si les pièces sont absolument écrites pour être jouées, comment se fait-il que les meilleures soient toujours lues ? Et il attendit la réponse de Dumouchel.
Suivant le professeur, le sort immédiat d’une pièce ne prouvait rien. Le Misanthrope et Athalie tombèrent. Zaïre n’est plus comprise. Qui parle aujourd’hui de Ducange et de Picard ? – Et il rappelait tous les grands succès contemporains, depuis Fanchon la Vielleuse jusqu’à Gaspardo le Pêcheur, déplorait la décadence de notre scène. Elle a pour cause le mépris de la Littérature – ou plutôt du style.
Alors, ils se demandèrent en quoi consiste précisément le style ? – et grâce à des auteurs indiqués par Dumouchel, ils apprirent le secret de tous ses genres.
Comment on obtient le majestueux, le tempéré, le naïf, les tournures qui sont nobles, les mots qui sont bas. Chiens se relève par dévorants. Vomir ne s’emploie qu’au figuré. Fièvre s’applique aux passions. Vaillance est beau en vers.
– Si nous faisions des vers ? dit Pécuchet.
– Plus tard ! Occupons-nous de la prose, d’abord.
On recommande formellement de choisir un classique pour se mouler sur lui mais tous ont leurs dangers – et non seulement ils ont péché par le style – mais encore par la langue.
Une telle assertion déconcerta Bouvard et Pécuchet et ils se mirent à étudier la grammaire.
Avons-nous dans notre idiome des articles définis et indéfinis comme en latin ? Les uns pensent que oui, les autres que non. Ils n’osèrent se décider.
Le sujet s’accorde toujours avec le verbe, sauf les occasions où le sujet ne s’accorde pas.
Nulle distinction autrefois entre l’adjectif verbal et le participe présent, mais l’Académie en pose une peu commode à saisir.
Ils furent bien aises d’apprendre que leur, pronom, s’emploie pour les personnes mais aussi pour les choses, tandis que où et en s’emploient pour les choses et quelquefois pour les personnes.
Doit-on dire cette femme a l’air bon ou l’air bonne ? – une bûche de bois sec ou de bois sèche – ne pas laisser de ou que de – une troupe de voleurs survint, ou survinrent ?
Autres difficultés : Autour et à l’entour dont Racine et Boileau ne voyaient pas la différence – imposer ou en imposer synonymes chez Massillon et chez Voltaire ; croasser et coasser confondus par La Fontaine, qui pourtant savait reconnaître un corbeau d’une grenouille.
Les grammairiens, il est vrai, sont en désaccord ; ceux-ci voyant une beauté, où ceux-là découvrent une faute. Ils admettent des principes dont ils repoussent les conséquences, proclament les conséquences dont ils refusent les principes, s’appuient sur la tradition, rejettent les maîtres, et ont des raffinements bizarres. Ménage au lieu de lentilles et cassonade préconise nentilles et castonade. Bouhours jérarchie et non pas hiérarchie, et M. Chapsal les œils de la soupe.
Pécuchet surtout fut ébahi par Génin. Comment ? des z’annetons vaudrait mieux que des hannetons, des z’aricots que des haricots – et sous Louis XIV, on prononçait Roume et M. de Loune pour Rome et M. de Lionne !
Littré leur porta le coup de grâce en affirmant que jamais il n’y eut d’orthographe positive, et qu’il ne saurait y en avoir.
Ils en conclurent que la syntaxe est une fantaisie et la grammaire une illusion.
En ce temps-là, d’ailleurs, une rhétorique nouvelle annonçait qu’il faut écrire comme on parle et que tout sera bien pourvu qu’on ait senti, observé.
Comme ils avaient senti et croyaient avoir observé, ils se jugèrent capables d’écrire. Une pièce est gênante par l’étroitesse du cadre ; mais le roman a plus de libertés. Pour en faire un, ils cherchèrent dans leurs souvenirs.
Pécuchet se rappela un de ses chefs de bureau, un très vilain monsieur, et il ambitionnait de s’en venger par un livre.
Bouvard avait connu à l’estaminet, un vieux maître d’écriture ivrogne et misérable. Rien ne serait drôle comme ce personnage.
Au bout de la semaine, ils imaginèrent de fondre ces deux sujets, en un seul – en demeuraient là, passèrent aux suivants : – une femme qui cause le malheur d’une famille – une femme, son mari et son amant – une femme qui serait vertueuse par défaut de conformation, un ambitieux, un mauvais prêtre.
Ils tâchaient de relier à ces conceptions incertaines des choses fournies par leur mémoire, retranchaient, ajoutaient. Pécuchet était pour le sentiment et l’idée, Bouvard pour l’image et la couleur – et ils commençaient à ne plus s’entendre, chacun s’étonnant que l’autre fût si borné.
La science qu’on nomme esthétique, trancherait peut-être leurs différends. Un ami de Dumouchel, professeur de philosophie, leur envoya une liste d’ouvrages sur la matière. Ils travaillaient à part, et se communiquaient leurs réflexions.
D’abord qu’est-ce que le Beau ?
Pour Schelling c’est l’infini s’exprimant par le fini, pour Reid une qualité occulte, pour Jouffroy un trait indécomposable, pour De Maistre ce qui plaît à la vertu ; pour le P. André, ce qui convient à la Raison.
Et il existe plusieurs sortes de Beau : un beau dans les sciences, la géométrie est belle, un beau dans les mœurs, on ne peut nier que la mort de Socrate ne soit belle. Un beau dans le règne animal. La Beauté du chien consiste dans son odorat. Un cochon ne saurait être beau, vu ses habitudes immondes ; un serpent non plus, car il éveille en nous des idées de bassesse. Les fleurs, les papillons, les oiseaux peuvent être beaux. Enfin la condition première du Beau, c’est l’unité dans la variété, voilà le principe.
– Cependant, dit Bouvard, deux yeux louches sont plus variés que deux yeux droits et produisent moins bon effet, – ordinairement.
Ils abordèrent la question du sublime.
Certains objets, sont d’eux-mêmes sublimes, le fracas d’un torrent, des ténèbres profondes, un arbre battu par la tempête. Un caractère est beau quand il triomphe, et sublime quand il lutte.
– Je comprends dit Bouvard le Beau est le Beau, et le Sublime le très Beau.
Comment les distinguer ?
– Au moyen du tact, répondit Pécuchet.
– Et le tact, d’où vient-il ?
– Du goût !
– Qu’est-ce que le goût ?
On le définit un discernement spécial, un jugement rapide, l’avantage de distinguer certains rapports.
– Enfin le goût c’est le goût, – et tout cela ne dit pas la manière d’en avoir.
Il faut observer les bienséances ; mais les bienséances varient ; – et si parfaite que soit une œuvre, elle ne sera pas toujours irréprochable. – Il y a, pourtant, un Beau indestructible, et dont nous ignorons les lois, car sa genèse est mystérieuse.
Puisqu’une idée ne peut se traduire par toutes les formes, nous devons reconnaître des limites entre les Arts, et dans chacun des Arts plusieurs genres. Mais des combinaisons surgissent où le style de l’un entrera dans l’autre sous peine de dévier du but, de ne pas être vrai.
L’application trop exacte du Vrai nuit à la Beauté, et la préoccupation de la Beauté empêche le Vrai. Cependant, sans idéal pas de Vrai ; – c’est pourquoi les types sont d’une réalité plus continue que les portraits. L’Art, d’ailleurs, ne traite que la vraisemblance – mais la vraisemblance dépend de qui l’observe, est une chose relative, passagère.
Ils se perdaient ainsi dans les raisonnements. Bouvard, de moins en moins, croyait à l’esthétique.
– Si elle n’est pas une blague, sa rigueur se démontrera par des exemples. Or, écoute. Et il lut une note, qui lui avait demandé bien des recherches.
Bouhours accuse Tacite de n’avoir pas la simplicité que réclame l’Histoire. M. Droz, un professeur, blâme Shakespeare pour son mélange du sérieux et du bouffon, Nisard, autre professeur, trouve qu’André Chénier est comme poète au-dessous du XVIIe siècle, Blair, Anglais, déplore dans Virgile le tableau des harpies. Marmontel gémit sur les licences d’Homère. Lamotte n’admet point l’immoralité de ses héros, Vida s’indigne de ses comparaisons. Enfin, tous les faiseurs de rhétoriques, de poétiques et d’esthétiques me paraissent des imbéciles !
– Tu exagères ! dit Pécuchet.
Des doutes l’agitaient – car si les esprits médiocres (comme observe Longin) sont incapables de fautes, les fautes appartiennent aux maîtres, et on devra les admirer ? C’est trop fort ! Cependant les maîtres sont les maîtres ! Il aurait voulu faire s’accorder les doctrines avec les œuvres, les critiques et les poètes, saisir l’essence du Beau ; – et ces questions le travaillèrent tellement que sa bile en fut remuée. Il y gagna une jaunisse.
Elle était à son plus haut période, quand Marianne la cuisinière de Mme Bordin vint demander à Bouvard un rendez-vous pour sa maîtresse.
La veuve n’avait pas reparu depuis la séance dramatique. Était-ce une avance ? Mais pourquoi l’intermédiaire de Marianne ? – Et pendant toute la nuit, l’imagination de Bouvard s’égara.
Le lendemain, vers deux heures, il se promenait dans le corridor et regardait de temps à autre par la fenêtre ; un coup de sonnette retentit. C’était le notaire.
Il traversa la cour, monta l’escalier, se mit dans le fauteuil – et les premières politesses échangées, dit que las d’attendre Mme Bordin, il avait pris les devants. Elle désirait lui acheter les Écalles.
Bouvard sentit comme un refroidissement et passa dans la chambre de Pécuchet.
Pécuchet ne sut que répondre. Il était soucieux ; – M. Vaucorbeil devant venir tout à l’heure.
Enfin, elle arriva. Son retard s’expliquait par l’importance de sa toilette : un cachemire, un chapeau, des gants glacés, la tenue qui sied aux occasions sérieuses.
Après beaucoup d’ambages, elle demanda si mille écus ne seraient pas suffisants ?
– Un acre ! Mille écus ? jamais !
Elle cligna ses paupières : – Ah ! pour moi !
Et tous les trois restaient silencieux. M. de Faverges entra.
Il tenait sous le bras, comme un avoué, une serviette de maroquin – et en la posant sur la table :
– Ce sont des brochures ! Elles ont trait à la Réforme – question brûlante ; – mais voici une chose qui vous appartient sans doute ? Et il tendit à Bouvard le second volume des Mémoires du Diable.
Mélie, tout à l’heure, le lisait dans la cuisine ; et comme on doit surveiller les mœurs de ces gens-là, il avait cru bien faire en confisquant le livre.
Bouvard l’avait prêté à sa servante. On causa des romans.
Mme Bordin les aimait, quand ils n’étaient pas lugubres.
– Les écrivains dit M. de Faverges nous peignent la vie sous des couleurs flatteuses !
– Il faut peindre ! objecta Bouvard.
– Alors, on n’a plus qu’à suivre l’exemple ! …
– Il ne s’agit pas d’exemple !
– Au moins, conviendrez-vous qu’ils peuvent tomber entre les mains d’une jeune fille. Moi, j’en ai une.
– Charmante ! dit le notaire, en prenant la figure qu’il avait les jours de contrat de mariage.
– Eh bien, à cause d’elle, ou plutôt des personnes qui l’entourent, je les prohibe dans ma maison, car le Peuple, cher monsieur ! …
– Qu’a-t-il fait, le Peuple ? dit Vaucorbeil, paraissant tout à coup sur le seuil.
Pécuchet, qui avait reconnu sa voix, vint se mêler à la compagnie.
– Je soutiens reprit le comte qu’il faut écarter de lui certaines lectures.
Vaucorbeil répliqua : – Vous n’êtes donc pas pour l’instruction ?
– Si fait ! Permettez ?
– Quand tous les jours dit Marescot on attaque le gouvernement !
– Où est le mal ?
Et le gentilhomme et le médecin se mirent à dénigrer Louis-Philippe, rappelant l’affaire Pritchard, les lois de septembre contre la liberté de la presse.
– Et celle du théâtre ! ajouta Pécuchet.
Marescot n’y tenait plus. – Il va trop loin, votre théâtre !
– Pour cela, je vous l’accorde ! dit le comte ; des pièces qui exaltent le suicide !
– Le suicide est beau ! – témoin Caton, objecta Pécuchet.
Sans répondre à l’argument, M. de Faverges stigmatisa ces œuvres, où l’on bafoue les choses les plus saintes, la famille, la propriété, le mariage !
– Eh bien, et Molière ? dit Bouvard.
Marescot, homme de goût, riposta que Molière ne passerait plus – et d’ailleurs était un peu surfait.
– Enfin dit le comte Victor Hugo a été sans pitié – oui sans pitié, pour Marie-Antoinette, en traînant sur la claie, le type de la Reine dans le personnage de Marie Tudor !
– Comment ! s’écria Bouvard moi – auteur – je n’ai pas le droit…
– Non, monsieur, vous n’avez pas le droit de nous montrer le crime sans mettre à côté un correctif, sans nous offrir une leçon.
Vaucorbeil trouvait aussi que l’Art devait avoir un but : viser à l’amélioration des masses ! Chantez-nous la science, nos découvertes, le patriotisme et il admirait Casimir Delavigne.
Mme Bordin vanta le marquis de Foudras.
Le notaire reprit : – Mais la langue, y pensez-vous ?
– La langue ? comment ?
– On vous parle du style ! cria Pécuchet. Trouvez-vous ses ouvrages bien écrits ?
– Sans doute, fort intéressants !
Il leva les épaules – et elle rougit sous l’impertinence.
Plusieurs fois, Mme Bordin avait tâché de revenir à son affaire. Il était trop tard pour la conclure. Elle sortit au bras de Marescot.
Le comte distribua ses pamphlets, en recommandant de les propager.
Vaucorbeil allait partir, quand Pécuchet l’arrêta.
– Vous m’oubliez, Docteur !
Sa mine jaune était lamentable, avec ses moustaches, et ses cheveux noirs qui pendaient sous un foulard mal attaché.
– Purgez-vous dit le médecin ; et lui donnant deux petites claques comme à un enfant : Trop de nerfs, trop artiste !
Cette familiarité lui fit plaisir. Elle le rassurait ; – et dès qu’ils furent seuls :
– Tu crois que ce n’est pas sérieux ?
– Non ! bien sûr !
Ils résumèrent ce qu’ils venaient d’entendre. La moralité de l’Art se renferme pour chacun dans le côté qui flatte ses intérêts. On n’aime pas la Littérature.
Ensuite ils feuilletèrent les imprimés du Comte. Tous réclamaient le suffrage universel.
– Il me semble dit Pécuchet que nous aurons bientôt du grabuge ? Car il voyait tout en noir, peut-être à cause de sa jaunisse.
Gustave Flaubert
Bouvard et Pécuchet / 1872-1880
bonnard.jpg

2 Réponses à “Bouvard et Pécuchet (2) / Gustave Flaubert”


  • Cher monsieur Lesilenski-Parl,

    Pour guérir du syndrôme de Bouvard et Pécuchet, il existe quelques remèdes.
    Vous pouvez par exemple, comme Pepe Carvalho, brûler régulièrement un livre de votre bibliothèque pour alimenter votre cheminée. Ne vous y trompez-pas, ce geste provocant est moins radical qu’il n’y paraît. Il vous soulagera temporairement, et selon l’importance de votre bibliothèque, la cure pourrait prendre des dizaines d’années.
    Il y a des ouvrages pour arrêter de fumer. L’un des plus célèbres et efficace recommande d’arrêter totalement d’un coup d’un seul. On souffre, on est irritable, voire insupportable, pendant deux semaines et puis c’est fini. Fumer moins ne résoud rien, il faut être convaincu du fait que la clope ne parle qu’à la clope en soi-même.
    De la même façon, le très iconoclaste et fabuleusement intelligent ouvrage « Comment parler des livres qu’on a pas lu », de Pierre Bayard, aux éditions de Minuit vous parlera de la menace d’enlisement dans les livres des autres, à laquelle il est indispensable d’échapper pour faire soi-même oeuvre de créateur.
    La création implique de ne pas trop s’attarder sur les livres.
    Traversez les livres mais ne vous y attardez pas ! Ecrivez ! Jetez Finnegans Wake ! Echappez à la paralysie !

    Cordialement,
    Hellsy

  • Chère Hellsy,

    Je tâcherai de suivre vos conseils, au moins en partie !

    Vôtre

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