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Archive mensuelle de octobre 2009

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A satiété / Sylvère Lotringer

Exciter.
Cette cassette de préparation est destinée à des individus dont le type de comportement risque de conduire à leur arrestation.
Vous êtes en train de visionner cette cassette parce que vous avez certaines attirances ou parce que vos comportements sexuels sont contraires à la loi ou mettent votre famille ou vos amis dans l’embarras. Sans ce processus d’excitation – aujourd’hui nous nous pencherons particulièrement sur les individus intéressés par les enfants –, sans cet attrait pour les enfants, sans votre désir d’avoir une relation d’ordre sexuel avec eux, votre vie serait bien plus facile – parce que ce désir que vous éprouvez pour les enfants a entraîné votre arrestation.
Vous allez maintenant suivre un traitement qui vous aidera à contrôler ces pulsions. Si vous n’en faites rien – et même si votre intérêt pour les enfants se trouve momentanément émoussé suite à votre arrestation, à la pression de votre famille ou parce que votre employeur est au courant de vos agissements – votre intérêt va renaître et vous vous retrouverez face au même problème : affronter les pulsions qui ont mené à votre arrestation.
Il y a différentes manières d’aborder ce problème. Nous allons discuter aujourd’hui d’une méthode thérapeutique que nous trouvons excessivement efficace pour détruire ou éliminer l’intérêt d’ordre sexuel que vous portez aux enfants…

Le docteur Seymour Sachs parle sur un écran de la clinique de sexothérapie comportementale de Chicago, un édifice imposant qui surplombe le lac. Cette introduction est présentée aux nouveaux patients qui arrivent au laboratoire pour passer des tests. Le docteur Sachs est le directeur de la clinique.
– Pouvez-vous me dire à quoi servent toutes ces machines ?
Je pose la question à Ted Taylor, le technicien du laboratoire.
– Certainement, répond-il. Ici, nous mesurons l’excitation sexuelle.
– Comment ça se mesure ?
– Eh bien, nous utilisons la jauge de tension Barlow. On l’appelle également transducteur pénien. Cet appareil a une dizaine d’années. Il consiste simplement en un ruban de caoutchouc qui entoure le pénis. Permettez-moi d’en prendre un, pour vous montrer. En voici un. Il fait claquer l’élastique.
– C’est un tube en pastique rempli de mercure. Comme vous le voyez, il y a deux colonnes, l’une de mercure et l’autre de caoutchouc. Deux fils métalliques vont à ce point de jonction et, de là, ils forment un cercle. Le cercle est élastique, bien entendu, et on le place autour du pénis. Quand la bande élastique se détend, ou quand le pénis s’élargit, il fait pression sur la jauge. Je vais vous montrer comment ça fonctionne. C’est presque comme un thermomètre… Une fois que les patients se sont entretenus avec le docteur, ils viennent ici pour qu’on leur place la jauge autour du pénis.
– Un à la fois ?
– Oh oui, un à la fois.
– Le patient est nu ?
– Il est à moitié nu. Ses vêtements ne doivent pas toucher la jauge à cause de la sensibilité de la machine. On demande au sujet de placer la jauge aux trois quarts de son pénis. Ça empêche tout mouvement sur le membre et permet d’éviter les poils. On peut mesurer des réactions érectiles très faibles, très minimes, en augmentant la sensibilité de la machine. Si le pénis est petit, on utilise d’autres types de jauges. La seule difficulté qu’on rencontre, c’est quand la personne est obèse – le ventre peut en effet peser sur le pénis.
« Cette jauge est étalonnée grâce à un calibreur conique, c’est-à-dire un cône gradué en acrylique. Il est gradué par niveaux, partant d’un point inférieur de six centimètres et demi de circonférence jusqu’à quatorze centimètres de circonférence, par paliers de cinq millimètres. On utilise ce cône pour étalonner la jauge avec un polygraphe. Quand on la fait descendre sur le cône, on se rend compte qu’elle suit un mouvement linéaire : un millimètre de plus sur la circonférence du pénis équivaut à un écart d’un millimètre de l’aiguille sur le polygraphe.
– Ce genre de mesure est-il relativement répandu ?
– C’est utile pour le travail nocturne.
– Qu’entendez-vous par « travail nocturne » ?
– Les recherches sur le sommeil. On a découvert que les hommes ont des érections pendant le sommeil paradoxal. On appelle cela une tumescence pénienne nocturne. Si un homme n’a pas d’érection pendant le sommeil paradoxal, il se peut qu’il ait un problème physiologique. On utilise ce traitement dans des centres spécialisés en vue d’obtenir un diagnostic sur les troubles du sommeil et aussi dans les cliniques de sexologie. Seules quelques cliniques l’utilisent comme nous le faisons, pour contrôler les réactions érectiles.
– On a l’impression qu’il n’y a pas de femmes parmi les délinquants sexuels. Pourquoi ?
– Touché ! Personne ne m’a encore posé cette question.
– Votre population est entièrement masculine, n’est-ce pas ?
– C’est exact. C’est là que le problème semble résider.
– Et il n’y a pas de thérapie pour les femmes.
– Non.
– Aucune femme n’est soignée pour agressions sexuelles ?
– Nous n’en avons pas ici, mais il en existe incontestablement. Il serait naïf de croire que ce n’est pas le cas. William Masters a publié un article qui fait état de cinq hommes qui ont été victimes de viols commis soit par une femme seule, soit par un groupe de femmes. Dans les programmes concernant l’inceste, on trouve des femmes qui sont des délinquants sexuels. Mais peu. Le pourcentage est si infime que les gens ne souhaitent pas investir beaucoup d’argent là-dedans.
– Est-ce que cela signifie qu’il n’y a pas de procédure d’évaluation pour les femmes ?
– Oh, si. L’étude de l’excitation sexuelle chez la femme est capitale pour la compréhension des dysfonctionnements sexuels. La circulation du sang chez la femme peut aussi être mesurée car il se concentre dans une seule zone et modifie la température du corps.
– Et comment mesurez-vous cela ?
– On prend un petit thermistor – une jauge sensible à la chaleur – et on fabrique une petite pince, comme une épingle de sûreté, voyez-vous, qu’on place sur un thermographe. La femme prend la pince et la place sur les lèvres du vagin. Quand le sang afflue, ça modifie la température et ça correspond à une augmentation. L’autre moyen de mesurer consiste à prendre un petit tube, de deux à trois centimètres de longueur et d’un à deux centimètres de diamètre, et de le sectionner. Une pièce médiane occulte complètement la lumière, afin qu’elle soit reçue par une cellule photoélectrique d’un côté, et de l’autre lue par un luxmètre. La femme introduit le tube dans son vagin afin que le fil ressorte à l’extérieur. Le sang qui afflue modifie les capacités de réflexion des parois vaginales. On capte moins de lumière, et on peut faire des mesures… Mais revenons aux techniques utilisées ici.
(…)
– Cette machine est beaucoup plus encombrante que la jauge en caoutchouc. Elle gêne davantage les sujets. Ils doivent passer le harnais, introduire leur pénis dans un tube… Le transducteur est portable, alors que cet appareil-là ne l’est pas. La préparation est plus facile, plus rapide à expliquer, moins chère à réaliser et, franchement, on obtient des résultats équivalents.
– Et la machine qui se trouve là-bas, avec le polygraphe, à quoi sert-elle ?
– Il s’agit d’une machine Grass Polygraph, standard. Grass, c’est le nom du fabricant. Grass et Beckman. C’est celle que la plupart des chercheurs préfèrent. On peut aussi s’en servir comme détecteur de mensonges et pour de nombreux tests psychophysiologiques. Elle mesure le pouls, la respiration, l’électroencéphalogramme pendant le sommeil, le rythme cardiaque, l’électroencéphalogramme des ondes cérébrales, etc.
Quant à nous, nous l’utilisons uniquement pour mesurer les érections.
– Des érections en réaction à quoi ?
– Les patients écoutent des cassettes avec ces écouteurs. Les bandes sont de courtes descriptions de scènes sexuelles dans lesquelles figurent des enfants. Cela pourrait donner quelque chose du genre : « Vous vous trouvez avec une petite fille. Vous ôtez sa culotte. Vous lui faites toucher votre pénis. »
– Je vois.
– Ou quelque chose comme : « Vous tenez un petit garçon par derrière. Vous faites entrer et sortir votre bite de son trou du cul. »
– Je vois.
– Ou : « Vous êtes en train de suivre une fillette de dix ans dans le train. Il est bondé. Vous vous placez juste derrière elle et vous commencez à lui tripoter le cul et les seins. Elle a peur. »
– Euh… cette jauge autour du pénis, est-elle reliée à l’aiguille ?
– Quand j’écarte la jauge, la petite aiguille monte, comme vous le voyez.
– Oui, elle monte.
– On peut ainsi mesurer, sur un certain laps de temps, l’excitation due aux stimuli. Il y a seize cassettes en tout, chacune d’un genre différent. On a une situation de consentement mutuel entre un enfant et un adulte – l’enfant ne proteste pas. Sur une autre cassette, on a une coercition verbale – seulement verbale – pour pousser l’enfant à avoir un rapport sexuel. La cassette peut dire quelque chose du genre : « Vous dites à l’enfant qu’il ferait mieux d’enlever son slip sinon vous allez lui faire du mal. » C’est une description narrative, à la troisième personne. En fait, elle est à la deuxième personne : « Vous êtes en train de violer ceci, vous êtes en train de violer cela. »
– Je trouve intéressant que vous fassiez cette distinction, parce qu’en linguistique la deuxième personne implique la présence de la première, alors que la troisième, « il est en train de violer », est purement référentielle. Donc quand vous parlez à la deuxième personne, en disant « Vous êtes en train de violer »… en fait, vous et je deviennent interchangeables…
– Hum. Une autre cassette décrit une coercition physique – en fait un enfant est maintenu de force : « Vous êtes en train de maîtriser une jolie petite fille pendant que vous la broutez. Vous sentez votre bite durcir. »
– En fait…
– Quoi ?
– Rien. Pardon.
Sylvère Lotringer
A satiété / 1986
Autre extrait ICI
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De la castration physique ou comment optimiser la perversion / communiqués Socapsyleg et Syndicat de la Magistrature

Après la mal nommée castration chimique, voici celle qui ne peut être nommée autrement de manière jubilatoire que castration physique.
Inutile d’avancer des arguments scientifiques pour dénoncer l’inefficacité de la méthode sur les pulsions sexuelles.
Inutile d’avancer des arguments éthiques pour s’offusquer de ces fantasmes sadiques.
Inutile d’essayer de faire un parallèle entre les conduites sadiques des « mauvais » et des « bons ».
Inutile de raisonner la frénésie législative des politiques, acteurs d’une dangerosité politique sans traitement connu, sans références éthiques.
Inutile de vouloir lutter contre la frustration ancienne populaire d’abandon de la castration capitale.
Il faut donc couper quelque chose.
La voix des politiques, ce serait pas mal.
Le son des médias souvent qui amplifie le sadisme collectif.
Mais non, on préfère couper le présumé corps apparent du délit.
En fait, la mutilation pénienne serait plus efficace que celle des testicules, car sait-on que l’érection reste possible après l’ablation des testicules, mais on ne peut quand même pas empêcher la miction. Quoique, en mettant une sonde urinaire à demeure…. Voltaire dans son dictionnaire philosophique à l’article « Joseph » n’écrivait-il pas avec élégance : « Cet eunuque avait une femme, ce qui n’est point du tout étonnant; le kisler-aga, eunuque parfait, à qui on a tout coupé, a aujourd’hui un sérail à Constantinople : on lui a laissé ses yeux et ses mains, et la nature n’a point perdu ses droits dans son coeur. Les autres eunuques, à qui on n’a coupé que les deux accompagnements de l’organe de la génération, emploient encore souvent cet organe ». Mais l’élégance ne semble plus être de ce monde.
On pourrait envisager de couper ou détruire toute autre partie du corps ayant contribué à une agression/violence sexuelle : doigts, main, langue, énucléation (pour les voyeurs et les surfeurs sur internet à la recherche de sites pédophiles), destruction de l’oreille interne (pour les harceleurs téléphoniques) etc. La vieille loi du Talion. Et pour amener des recettes (entendre le double sens) supplémentaires aux hôpitaux en déficit financier permanent pourquoi ne pas vendre aux enchères les rognons blancs humains ainsi acquis ? Il faut optimiser la perversion et renflouer les caisses.
Pour les médecins des temps barbares (avant 1981), il fut difficile pour certains d’être expert judiciaire à cause de la peine capitale ; pour les médecins des temps contemporains ayant un minimum de sens éthique, il sera difficile d’être médecin coordonnateur à cause des castrations physiques et chimiques.
Et les politiques vont s’étonner de ne pas trouver de médecins voulant s’occuper des délinquants sexuels : à leur difficile mission va s’ajouter celle de vérifier l’adage de certification papale
conjugué maintenant au passé : Duos habebat et bene pendetes (Il en possédait deux et bien pendues), après qu’un « chirurgien » ait accepté de pratiquer une mutilation volontaire sans assurance thérapeutique indéniable contrairement à l’article 41 du code de déontologie médicale : « Aucune intervention mutilante ne peut être pratiquée sans motif médical sérieux et, sauf urgence ou impossibilité, sans information de l’intéressé et sans son consentement ».
Rappelons toutefois qu’une démarche structurée et rationnelle existe pour traiter les délinquants sexuels :
D’abord constater que le traitement (médicamenteux ou psychothérapeutique) d’un auteur de violences sexuelles doit reposer sur les critères médicaux suivants :
1. Poser un diagnostic
2. Relever les indications aux traitements
3. Eliminer les contre-indications
4. Informer le patient et obtenir son libre consentement (sans pression, ni chantage sinon il n’y a ni liberté, ni efficacité du traitement)
5. Réaliser le cas échéant le bilan somatique et biologique préalable au traitement médicamenteux
6. Assurer la surveillance et le suivi du traitement
7. L’ajuster ou l’interrompre selon l’évolution de la situation, l’apparition d’effets secondaires graves etc.
Ensuite, la connaissance des traitements des auteurs de violence sexuelle (médicamenteux, psychothérapeutiques etc.) étant encore soit insuffisante, soit peu répandue, il faut aider à l’amélioration de ces connaissances ou au développement des dispositifs existants mais encore peu développés.
Deux outils spécifiques peinent à se mettre en place :
• Le dispositif de la loi du 17 juin 1998 avec ses différents acteurs professionnels : Juge d’application des peines ; Service pénitentiaire d’insertion et de probation ; Médecin coordonnateur ; réseau de médecins et de psychologues traitants.
• Les Centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violence sexuelle (CRAVS) dont la fonction est non seulement d’aider à la formation des professionnels devant prendre en charge les auteurs de violences sexuelles mais qui peuvent mener un travail de sensibilisation et d’information en partenariat avec d’autres professionnels pour prévenir les premières violences sexuelles qui sont plus nombreuses que les récidives. Une association de professionnels très spécialisés et parfaitement au fait de ces sujets comme l’Association pour la Recherche et le Traitement des Auteurs d’Agressions Sexuelles (ARTAAS) participe à la diffusion des connaissances et à la recherche sur ces problématiques. L’ARTAAS représente une source d’information et de compétences de premier ordre à l’usage de tous (www.artaas.fr).
Quelle efficacité politique ! Savoir écouter la demande torse des sujets délinquants sexuels pour rameuter les voix d’un électorat obscurantiste et apeuré.
Nous connaissons tous la stratégie des pédophiles qui proposent des bonbons aux enfants pour les attirer ; maintenant, ils offrent les leurs aux politiques pour se faire élire….
Dites merci au Monsieur !
Certains malades mentaux délirants revendiquent leurs crimes et demandent un châtiment exemplaire. Y répond-on ?
Même conclusion que pour la castration chimique. Face au potentiel destructeur que porte en elle toute agression sexuelle, il appartient aux Pouvoirs publics de ne pas s’aligner en miroir sur ce comportement délétère mais de proposer des actions réfléchies, rationnelles, réalisables sous tendues par l’empathie due aux victimes mais dénuées de démagogie et d’irresponsabilité.
Dr Michel David, psychiatre des hôpitaux
Président de Socapsyleg / 25 octobre 2009

Castration physique des délinquants sexuels : quand Michèle Alliot-Marie dérape
Dans une interview à paraître demain dans le Figaro Magazine, le ministre de la Justice et des Libertés affirme que « la castration PHYSIQUE » des délinquants sexuels « mérite une analyse » et qu’elle peut « être débattue, y compris au Parlement ».
Prenant acte de cet hommage au Moyen Age, le Syndicat de la magistrature suggère une simplification de l’échelle des peines :
- l’amputation de la main pour les voleurs et de l’autre main pour les voleurs récidivistes (dans le respect des principes qui gouvernent la loi sur les « peines-planchers ») ;
- l’ablation de la langue pour les escrocs et le prélèvement du foie pour les conducteurs sous l’empire d’un état alcoolique ;
- le supplice dit du « croc de boucher » pour les auteurs de dénonciations calomnieuses ;
- la lapidation des casseurs…
S’agissant des infractions économiques et financières, un simple retrait des boutons de manchette en place publique devrait suffire.
La suggestion de Michèle Alliot-Marie pourrait prêter à la dérision si elle ne traduisait une conception caricaturale et abjecte du traitement de la délinquance sexuelle. La « réflexion » que propose d’engager le garde des Sceaux consiste rien moins qu’à évaluer l’opportunité de recourir à un traitement inhumain et dégradant dans une logique de « précaution ».
On retrouve ici le fantasme malsain d’une justice d’élimination qui tend progressivement à défigurer notre droit pénal. Il s’agit en somme, comme avec la « »rétention de sûreté », de renoncer à l’effort de réinsertion en ciblant le corps du condamné. Ainsi, pour ceux qu’ils considèrent comme « irrécupérables », les idéologues de l’élimination n’ont d’autre projet que l’enfermement préventif, potentiellement perpétuel, ou la mutilation définitive.
Au fond, ces reculs de civilisation expriment la frustration de ceux qui n’ont jamais pu se résoudre à l’abolition de la peine de mort. Il est d’ailleurs significatif d’observer que Jean-Marie Le Pen n’a pas manqué cette occasion pour réclamer la « castration de la tête » des criminels les plus dangereux.
« La vérité est que, au plus profond des motivations de l’attachement à la peine de mort, on trouve, inavouée le plus souvent, la tentation de l’élimination (…). Ainsi, dans cette conception, la justice tuerait moins par vengeance que par prudence. Au-delà de la justice d’expiation, apparaît donc la justice d’élimination, derrière la balance, la guillotine. L’assassin doit mourir tout simplement parce que, ainsi, il ne récidivera pas. Et tout paraît si simple, et tout paraît si juste ! » (Robert Badinter, garde des Sceaux, discours à l’Assemblée nationale, le 17 septembre 1981)
Syndicat de la Magistrature / 23 octobre 2009

De la castration physique ou comment optimiser la perversion / communiqués Socapsyleg et Syndicat de la Magistrature dans Action a-clockwork-orange-19712-300x225

The Dream Machine (la Machine à rêver) / Brion Gysin

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Regarder les yeux fermés !

« Les jeunes voyous du rock n’ roll chambardent les rues du monde entier. Ils envahissent le Louvre et vitriolent la Joconde, ils ouvrent les grilles des zoos, des prisons et des asiles d’aliénés, ils crèvent les conduites d’eau au marteau pneumatique, défoncent à la hache le plancher des toilettes dans les avions de ligne, tirent à la cible sur les phares, liment les câbles d’ascenseur jusqu’au dernier toron, relient les tuyaux d’égout aux canalisations d’eau potable, jettent dans les piscines requins et pastenagues, anguilles électriques et candirous (minuscule poisson de la famille de l’urogymnus qui hante certains fleuves mal famés du bassin de l’Amazone, ressemblant à une anguille miniature dont la taille varie de quelques millimètres à cinq centimètres, le candirou s’insinue dans l’urètre ou l’anus du baigneur imprudent – ou encore, faute de mieux, dans une chatière de dame – et s’y cramponne à demeure avec ses petites griffes acérées, tout cela dans un dessein qui reste quelque peu obscur étant donné que nul ne s’est offert jusqu’ici pour étudier in situ le mode de vie du candirou), s’affublent en pirates pour éperonner le Queen Mary de plein fouet dans le port de New York, jouent aux James Dean au bord des falaises avec des autocars et des avions de transport, infestent les hôpitaux (déguisés en internes avec blouses blanches, hachoirs, scies et scalpels longs de trois pieds, ils démoulent les paralytiques de leurs poumons d’acier, singent leurs hoquets de suffocation en se trémoussant sur le carrelage les quatre fers en l’air, la langue pendante et les yeux révulsés, administrent des clystères avec des pompes à bicyclette, débranchent les reins artificiels, coupent une femme en deux avec une scie chirurgicale à quatre mains), lâchent des hordes de cochons grognonnants dans les coulisses de la Bourse, font caca sur le plancher de la salle des séances des Nations-Unies et se torchent avec les traités, les alliances et les pactes… »
William Burroughs / le Festin nu / 1959
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