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Tous Coupat, tous coupables (2) / Alain Brossat

Ce texte, cette décision se fondent en effet sur une certitude : devenir, aujourd’hui, ingouvernable, être en quête d’effets politiques, d’effets de déplacement ou de choc qui ne soient pas reconductibles aux conditions générales du gouvernement des vivants ou de la police
pastorale – cela suppose nécessairement de vifs mouvements d’excentrement, des exils consentis, une forme de solitude organisée, et la recherche assidue de limites, de confins, de points de rupture – non pas, certes, « sortir du système » en créant des isolats, mais bien susciter
toutes sortes de blocages, d’effets d’entrave, exhiber les points de faiblesse du perpetuum mobile, sortir des logiques purement défensives, exposer de nouveaux possibles en s’exposant soi-même, etc. Ceux et celles qui sont habités par ce discours stratégique savent que la politique vive, aujourd’hui, ne peut être en ce sens qu’une activité se déployant non pas sur les marges, au sens social, mais bien sur les bords, au sens politique, et qui, à ce titre, s’associe nécessairement, pour les gouvernants, à la dangerosité. Ceux qui, à l’heure où l’extrême gauche normalisée donne toujours davantage de gages de respectabilité et tend, nolens volens,à
trouver sa place dans le dispositif parlementaire, recherchent les voies de ce que Foucault nomme l’inservitude volontaire et mettent en scène des insurrections de conduite – ceux-là sont dangereux et savent que leur politique fait d’eux, au regard de toutes les polices associées, des coupables plutôt que des innocents (16). La dénonciation de la grossièreté des constructions policières hâtives ne devrait pas nous faire oublier cette condition propre à toute politique radicale aujourd’hui, celle qui énonce : nous ne voulons pas être gouvernés ainsi, nous ne voulons pas être gouvernés par ces gens-là, ce gouvernement est l’intolérable même et nous
nous déclarons en conflit ouvert et perpétuel avec lui. On pourrait aller même un peu plus loin : aujourd’hui, être identifié comme dangereux par ceux qui gouvernent est une distinction et un motif de fierté, non moins que le fait de faire l’objet d’incriminations bâclées et hyperboliques constitue « un scandale » au regard des normes de l’ »État de droit ». La question préoccupante
serait bien, aujourd’hui, celle de savoir pourquoi, parmi ceux-là mêmes qui se solidarisent avec les inculpés, s’impose l’affect scandalisé – « Comment, on emprisonne des innocents ! » –, plutôt que le diagnostic qu’appelle cette affaire : oui, dans les conditions du présent, le simple fait d’énoncer les prémisses d’une politique vraiment radicale expose pleinement ceux qui s’y risquent, car tel est bien l’état du présent… Insistons : l’évidence qui s’énonce ici est, bien entendu, assez dure à avaler. Elle est tout simplement qu’une politique (une stratégie politique et les actions qui en découlent) distinctement agencée autour de cette notion de l’intolérable ne peut être qu’une politique dangereuse et coupable, une politique qui rend vulnérable ceux qui s’y vouent aux représailles de l’État et aux attaques de toutes les polices assemblées (presse, directions syndicales, intellectuels enrégimentés…). Il faut le dire ouvertement : l’état présent de dégradation des libertés publiques, de prolifération du régime de l’exception rampante fait que toute politique fondée sur le refus effectif d’être « gouverné ainsi » et « gouverné par ces gens-là » voue ceux (celles) qui s’y essaient à être placés dans l’illégalité et réprimés en conséquence.
C’est bien là la première des leçons de l’affaire de Tarnac qui n’est pas une « bavure », un abus, mais bien la manifestation de la rigueur de cette nouvelle règle. Or, toute la campagne qui s’est développée en faveur des inculpés est portée par un si vif et si constant désir d’innocence, de si persistantes références à la légalité, à l’inoffensive innocence des inculpés qu’il apparaît très distinctement que, pour l’essentiel, le référent démocratique indistinct continue à obscurcir la perception du présent politique de ceux qui s’y trouvent mobilisés. Pour être dans l’esprit du temps, la victimisation des inculpés, innocents par position et définition, va dans le sens de cet
effacement hâtif et compulsif de tout ce que l’expérience qu’ils avaient entreprise comportait d’inéluctablement insupportable aux yeux des gouvernants. On ne le dira jamais trop : nul ne saurait aujourd’hui entreprendre une politique rétive aux prises du dispositif parlementaire, médiatique, pastoral (etc.) s’il n’entre pas dans la peau du coupable et de l’individu dangereux (ce qui ne signifie en rien, faut-il le préciser, se plier aux conditions d’une incrimination fondée sur une construction discursive hallucinatoire). C’est cela que fait disparaître la campagne de tonalité si morale, si vertueusement indignée, en faveur des inculpés et dont le présupposé implicite et aveugle est donc nécessairement que nous vivons, aujourd’hui comme hier, sous le régime d’un état de droit auquel ferait exception de manière si scandaleuse le traitement réservé à nos amis de Tarnac. sur ce point, d’ailleurs, le parti d’ « invisibilité » mis en avant par ceux qui endos-sent la responsabilité de l’Insurrection qui vient (« Comité invisible ») trouve ici ses limites distinctes : survient rapidement ce moment, lorsqu’on s’engage dans une action politique, lorsqu’on propose des analyses susceptibles de fonder des actions, lorsqu’on énonce des prescriptions, où le parti de l’anonymat débouche sur des impasses et des contradictions inextricables ; survient toujours ce moment où, dès lors qu’il s’agit de ne pas se cantonner dans le domaine de l’ »action directe », il importe que les mots aient une signature, que les propositions un nom, les actions un sigle, etc.
Étrangement, le sens commun du sujet de l’État démocratique (« Nous sommes en démocratie, tout de même ! »), rudement mis à l’épreuve ces derniers temps, trouve matière à se raffermir sur ses bases à l’occasion de cette affaire : les incriminations volent en éclat, une partie des inculpés est remise en liberté, le procès s’annonce plutôt mal pour les instigateurs de l’affaire et, plus que jamais, Mme alliot-Marie est sur un siège éjectable – rêverait-on plus belle leçon de démocratie en acte ? Le malheur est que, à l’examen, c’est tout le contraire qui se discerne ici, au delà des effets de surface tranquillisants – l’implacable efficace des polices de tous ordres.
Le si louable désir de vie coupable (au sens que Foucault donne à cette expression) qui animait nos jeunes gens se trouve dérobé sous le drapé de leur native distinction ; le corporatisme des « élites » fait le reste et, la messe ayant été dite par tant d’esprits éminents et penseurs de renom mondial, le pouvoir intellectuel administre une correction bien méritée au pouvoir policier. Bref, les
choses rentrent dans l’ordre, l’erreur des agités sécuritaires qui conseillent le ministre de l’Intérieur ayant été de sous-estimer ces pesanteurs bien françaises (le juge « antiterroriste » Gilbert Thiel rappelait, à l’occasion de l’affaire, qu’un précédent au moins s’était présenté récemment dans l’usage indiscriminé de l’imputation de « terrorisme » – lorsqu’un jeune postier un peu exalté
avait fait sauter quelques radars routiers, se blessant gravement au passage (17) ; nul, alors, ne s’était soucié de pétitionner pour dénoncer l’extravagance de l’incrimination, ce n’était qu’un postier sans paillettes, qui n’avait jamais frayé avec la philosophie ni jamais rencontré Michel Drucker). Une telle involution du processus engagé par la publication de l’Insurrection qui vient et la création de la commune de Tarnac, détourné au profit d’une démonstration en faveur de la validité quand même, en dépit de tout, de la normativité démocratique – sinistre « leçon » – était-elle inévitable, dès lors que la machination policière avait pris forme ? On se permettra d’en
douter. Il y eut, dans un passé plus ou moins récent, des exemples inoubliables de rassemblements pétitionnaires autour d’acteurs politiques, de militants, d’activistes de différentes causes radicales, et dont le propre était non pas d’ensevelir leur combat sous les gravats de l’idéologie moyenne de l’État démocratique allié au discours moral de la présomption d’innocence, mais bien de se solidariser avec leur combat, dans les formes et dans les termes que celui-ci proposait. Ce fut le cas avec l’Appel des 121, pendant la guerre d’algérie, qui, se solidarisant avec les insoumis et les déserteurs de l’armée française, faisait de ses signataires non pas des grands témoins de moralité inspirés par la charte de l’État de droit, mais bien des coupables par association. Ce fut aussi le cas des femmes de renom qui, en solidarité avec d’autres, anonymes, inculpées pour avoir avorté, proclamaient non pas leur indignation face
à cette incrimination, mais déclaraient en avoir fait tout autant et réclamer leur propre mise en cause. On aurait aimé, dans le même esprit, voir les signataires de l’appel susmentionné non pas rappeler l’État démocratique à ses sacro-saints principes et l’exhorter à renoncer à l’usage de l’exception, mais bien plutôt se déclarer coupables des mêmes torts hétéroclites que ceux reprochés, aux accusés de Tarnac : détester les téléphones portables, être dissidents bien qu’issus de familles très convenables, rejeter le principe des prélèvements d’ADN, posséder une maison à la campagne, participer à des manifestations qui, parfois, tournent mal, citer Auguste Blanqui dans leurs écrits, avoir lu Pouget et Sorel, approcher, parfois, d’une voie ferrée, ne pas respecter la légalité en toutes circonstances et dans le moindre de ses détails, considérer
l’Insurrection comme un possible historique toujours actuel, récuser l’assimilation du mot communisme à la criminalité historique etc. en vertu de quoi, les signataires auraient demandé à être inculpés, pour les mêmes chefs d’accusation que Coupat et les autres emprisonnés. Assurément, un appel de cette tournure – tous Coupat, tous coupables ! – aurait produit un
tout autre effet que celui qui a si fortement contribué à installer la défense des inculpés dans cette espèce de marécage antipolitique, peuplé de sage indignation, de dénis obstinés et de tant de bons sentiments. Pour un peu, on en viendrait à se demander par l’action de quel malin génie funeste la rédaction d’un texte militant signé par le gratin de la philosophie contemporaine se trouve avoir été confiée à un bousilleur dont la pendule politique s’est arrêtée à l’heure de l’antifascisme des années 1930… D’une façon générale, autant que l’incapacité, ici manifeste, pour nos philosophes d’établir un geste politique sur leurs propres fondements théoriques,
apparaît l’extraordinaire difficulté pour un infracteur ou supposé tel, de faire entendre dans une telle configuration, sa propre parole et ses propres raisons, à propos des actions ou des conduites qui lui sont reprochées. Au nom de la nécessité d’une défense efficace et réaliste,
la parole de nos « communards » a été rigoureusement éteinte – et pas seulement parce que, pour certains d’entre eux, ils étaient enfermés –, de même que l’Insurrection qui vient a été déminé et pieusement rebaptisé « un essai politique qui tente d’ouvrir de nouvelles perspectives » (18)… Le « Comité invisible » est devenu inaudible, lui qui avait su trouver les mots les plus justes pour exposer ses analyses et ses motifs, au moment où sa parole était le plus nécessaire – celui où se déversaient sur lui les accusations les plus biaisées et où prenait corps le travestissement de tout ce qu’il avait entrepris. Les derniers à travailler à une telle disparition, une telle dépossession n’ont pas été ceux pour qui cette affaire a été l’occasion de réintensifier la classique opposition entre peuple et plèbe, gens du monde et hommes infâmes ; les uns pour opposer le peuple travailleur qui aime son labeur et soigne son outil de travail (par opposition à ceux qui se disent allergiques à l’emploi et sabotent le bien commun), les autres pour réintégrer de force dans le camp des gens convenables et innocents par origine et statut ceux qui, volontairement, avaient organisé des lignes de fuite hors de ce qui, socialement, les « destinait ». Dans les deux cas, il s’agit de faire en sorte que plus rien, ou le moins possible, ne demeure et s’exprime au grand jour de l’expérience propre de cette plèbe singulière et, surtout, que plus rien n’y fasse sens – seul étant appelé à persister le souvenir du rassemblement vertueux qui mit en échec (on peut, du moins, l’espérer à heure où l’on écrit) le montage policier – un concours de foule qui aura été, à l’échelle de Tarnac, l’équivalent de celui qui donna lieu, en mai 2002, au plébiscite « antifasciste » dont l’effet le plus manifeste a été d’ouvrir une voie royale à Sarkozy. Les nombreuses années passées dans les prisons italiennes par Paolo Persichetti, après son extradition expéditive et félonne par les autorités françaises, la réincarcération de Jean-Marc Rouillan montrent que
ceux qui se refusent jusqu’au bout à plier devant les injonctions d’avoir à admettre, la tête basse, que seule la violence de l’État est légitime, à entrer dans le jeu abject des rites de repentance, de reniement et de soumission sont voués à subir une peine infinie. La dignité, en politique, de ce point de vue, se trouve, au moment où le tout-venant des « élites » change de camp et de discours comme il change de voiture de fonction, repoussée au point le plus excentré – là où, envers et contre tout, ces militants se rendent insupportables à l’État et aux journaux en ne cédant rien, quoi qu’il doive leur en coûter, sur leurs convictions, sur leur passé. en ce temps où les palinodies, les reniements et la mise en œuvre de la règle « efface tes traces ! » font l’essentiel du bagage « éthique » de nos hommes politiques, il est remarquable que ceux des inculpés qui demeurent emprisonnés maintiennent, dans leur silence même, envers et contre tous les certificats de bonne conduite qui leur sont décernés par leurs soutiens bien intentionnés, ce cap de l’intraitable.
C’est évidemment aujourd’hui le rêve ardent du bunker sécuritaire, d’Alain Bauer à Sarkozy, en passant par tous les tâcherons de l’antiterrorisme, de mettre la main sur des groupes activistes dont ils pourraient dire : voilà, les héritiers de la bande à Baader et d’Action directe sont là, ils sont armés, prêts à tuer et en voici les preuves ! C’est leur rêve, car Dieu sait quelle providence
politique, électorale représenterait, à défaut de tout autre, une telle chance d’exhiber la preuve tangible des risques et menaces innombrables qui nous assaillent ! Mais comme une telle manne n’existe pas, il a bien valu l’inventer en travestissant des discours et des conduites, inséparables de formes nouvelles de résistance ou de riposte en « »terrorisme ». L’affaire de Tarnac aura eu au
moins le mérite de dégonfler cette baudruche du « terrorisme » à géométrie variable – mais sans que la critique de ce vocable corrompu aille jusqu’à sa complète récusation : nombreuses sont les bonnes âmes qui pensent que l’accusation de terrorisme lancée contre ces jeunes gens était abusive et scandaleuse, mais qu’au demeurant la lutte contre le vrai terrorisme justifie bien, dans
des circonstances données, quelques atteintes aux libertés publiques. Or, la validation du vocabulaire et des schèmes discursifs de nos gouvernants n’est jamais que le début du consentement à ce qui nous réduit aux conditions du gouvernement qui établit comme sa règle légitime ce dont se nourrit l’état d’exception proliférant. Et ce n’est pas parce que les inculpés de Tarnac ne sont rien de ce qu’en a dit Mme alliot-Marie relayée par quel-ques magistrats « antiterroristes » (encore le vocabulaire corrompu de l’ennemi) que l’Insurrection qui vient est une prophétie vide et une rodomontade sans conséquence ; n’est-il pas pour le moins singulier que les émeutes juvéniles qui ont éclaté en Grèce en décembre 2008, suite à l’assassinat d’un jeune par un policier à Athènes, aient sur le champ été entendues aussi bien
par la presse que par les gouvernants de ce pays, Sarkozy en tête, comme un avertissement, voire le signe avant-coureur de ce à quoi il conviendrait de se préparer ? Du côté de l’État, des « experts » de toutes sortes, le syndrome de l’explosion sociale se développe, en conséquence de quoi sont mises en place toutes sortes de dispositifs destinés à faire face au « coup dur », à la
situation d’urgence. On pourrait même dire qu’une telle commotion constitue pour eux l’un des scénarios non seulement du possible mais du souhaitable – tant ils sont en quête de dérivatifs autoritaires face aux effets durables du tsunami financier de l’année 2008.
« Nous n’avons rien fait de mal, nous sommes irréprochables – l’État de droit, la Ligue des Droits
de l’Homme et Daniel Cohn-bendit avec nous ! » demeurent, dans cette conjoncture, des réponses un peu courtes et surtout mal dirigées. Plutôt que de succomber au charme facile des prédictions apocalyptiques qui annoncent sans frais l’imminence de la chute de notre « ancien régime », nous gagnerions plutôt à dire : en de telles circonstances, il n’est pas exclu, en effet, que nous puissions devenir dangereux, que nous nous destinions à le devenir, tant ce qui nous gouverne est devenu abject, menaçant et insupportable ! Après tout, ce ne sont pas les exemples qui manquent, dans le présent, de pôles et de manifestations de radicalité qui, activement, organisent la résistance à cet insupportable – sans papiers, lycéens, enseignants, ouvriers grévistes, psychiatres même, que rien ne destine à se conduire en subversifs, révoltés par le décret présidentiel leur enjoignant de traiter désormais les malades mentaux
en criminels… Il est intéressant que, dans ce contexte où les lignes de tension et d’affrontement se multiplient, l’accent se trouve porté, en l’absence de toute capacité des appareils politiques traditionnels à se tenir à la hauteur de l’exaspération qui monte, sur les conduites davantage que sur les projets. une nouvelle subjectivité de résistance et de défection émerge, qui trouve son expression dans la multiplication des proclamations et manifestations de désobéissance. Il ne s’agit pas tant de renouer avec le grand mythe de l’illégalité, du soulèvement violent et massif que de dire, simplement : dans ces conditions, nous n’obéirons plus, nos conduites deviendront ingouvernables, cesseront d’être programmables. Nous cesserons d’être les agents de ce que tentent de produire et de reconduire ceux qui nous gouvernent, nous ne serons plus dans ces rôles, nous ne serons plus, si possible, là où nous sommes prévus et attendus.
C’est, pour l’essentiel, ce à quoi exhorte l’Insurrection qui vient, et cela va un peu plus loin que « planter des carottes ». Mais ce ne serait pas la première fois que des parents découvriraient après-coup ce qu’ils ont toujours préféré ignorer : les talents cachés de leur progéniture.
Alain Brossat
Texte mis en ligne le 14 janvier 2009
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16 Voir à ce propos Michel Foucault, Sécurité, territoire, population, Cours au Collège de France, 1977-78, leçon du 1/03/1978, Gallimard/Seuil, 2004.
17 Libération du 26/11/2008.
18 Lettre ouverte des familles, op. cit.

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