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Archive journalière du 29 mai 2009

Zone d’opacités offensives / Tiqqun / Ricardo Silva

http://www.dailymotion.com/video/x7nyyr

image Ricardo da Silva
musique Nicolas Mounoud
Lausanne / 2008

Dans les métropoles de l’information, l’espace- temps social se décalque sur le schéma d’un univers prévisible, probabiliste, en équilibre précaire, modulaire, où chaque exécutant oeuvre encapsulé, à l’intérieur d’un rôle collectif précis. Univers régulé par des dispositifs sélectifs et affectés à la neutralisation d’éventuelles perturbations. Pour l’idéologie du contrôle en cours, individu est déjà synonyme de fou terroriste potentiel, d’éclats de matière sociale ; probabilités explosives du quotidien médiatique. Preuves rétroactives de la nécessité de l’instauration d’un statu quo disciplinaire perpétuel, il s’agit alors de figures traquées, espionnées, filées, que la société cybernétique suit discrètement mais continuellement. Figures qui, pour ces mêmes raisons, se trouvent placées au centre d’un intense bombardement sémiotique intimidatoire tendant à prêter main-forte aux lambeaux de l’idéologie mercantiliste officielle. C’est ainsi que la métropole accomplit sa qualité spécifique d’univers réifié et qui pour détourner d’elle l’antagonisme social incessamment généré, intègre et manoeuvre simultanément les artifices de la séduction et les fantasmes de la peur, qu’assument de manière centrale le système nerveux de la culture et qui reconfigurent la métropole en des immenses quartiers de haute sécurité, sections de contrôle continu, cages à fous, containers pour détenus, réserves pour esclaves métropolitains volontaires, zones bunkérisées pour fétiches déments. Dans ce type de régime de signes, chacun est fatalement pris dans une injonction paradoxale – pour parler il faut renoncer à communiquer, pour communiquer il faut renoncer à parler – dés lors s’affirment des stratégies de communication antagonistes, décentrées : productions aux bords du capitalisme spectaculaire intégré, illégitimes en soi, mais qui constellent et composent un réseau underground d’actes de résistance.

Exercer la violence contre les fétiches nécrotropes du Capital est le plus grand acte conscient possible dans la métropole, parce que c’est à travers cette pratique sociale que NOUS construisons de manière différenciante – en nous appropriant le processus productif vital – notre SAVOIR et notre MEMOIRE, c’est-à-dire de l’emprise sur des parts de Réel. NOUS refusons les régimes de production d’anges de séduction et de petits monstres de peur afin de les exhiber à de misérables parterres, à travers les réseaux et les circuits qui transmettent l’hallucination généralisée. NOUS créons de l’imaginaire en délirant la vie réelle, mais en l’inscrivant dans la complexité du processus insurrectionnel métropolitain ; NOUS déterritorialisons les régimes sémiotiques de communication absurdes et insoutenables pour détruire le fétiche de la représentation.

Commentaires :
Ce film part à l’origine d’une volonté de collaborer de manière transdisciplinaire entre d’une part Nicolas Mounoud et moi-même. Sous la forme d’un jeu à contraintes (2 semaines pour trouver un concept, des images et une musique). Deux semaines plus tard, le film était donc achevé, une bande sonore impressionnante et des images très fortes. Le concept du film est un détournement/réappropriation d’un des manifestes des légendaires Brigades Rouges de la fin des années 1970 et un hommage à une revue circulant ici ou là sous le manteau, à savoir TIQQUN, organe de liaison du parti imaginaire. Avec un tel background, que nous reconnaissions tous les deux comme un acte fondateur et dans lequel nous reconnaissions une valeur critique de la vie quotidienne et de l’omniprésence d’un bomabrdement sémiotique par tous les médias confondus.

Du point de vue des images, j’ai recours abondamment à quelques séquences trouvées (found footage) et je suis allé puiser dans la grande Histoire du cinéma en ressortant une séquence de l’un des premiers Westerns. J’utilise aussi la satuaration numérique du bruit sous forme de larcens numériques comme effet texturant et homogénéisateur.

Pourquoi les clowns ? Car la figure du clown incarne plusieurs masques (le souffre douleur, le bouffon de l’époque contemporaine ?) Il est aussi l’être du masque par excellence, à travers la figure du clown se dessine la figure de Monsieur tout le monde bombordé de stimulis extérieurs qu’on ne peut contrôler, une emprise perdue sur notre monde.
Ricardo Silva
Voir : Opacity Zone




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