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Archive mensuelle de janvier 2009

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Soubresauts / Samuel Beckett

Assis une nuit à sa table la tête sur les mains il se vit se lever et partir. Une nuit ou un jour. Car éteinte sa lumière à lui il ne restait pas pour autant dans le noir. Il lui venait alors de l’unique haute fenêtre un semblant de lumière. Sous celle-là encore le tabouret sur lequel jusqu’à ne plus le pouvoir ou le vouloir il montait voir le ciel. S’il ne se penchait pas au-dehors pour voir comment c’était en dessous c’était peut-être parce que la fenêtre n’était pas faite pour s’ouvrir ou qu’il ne pouvait ou ne voulait pas l’ouvrir. Peut-être qu’il ne savait que trop bien comment c’était en-dessous et ne désirait plus le voir. Si bien qu’il se tenait tout simplement là au-dessus de la terre lointaine à voir à travers la vitre ennuagée le ciel sans nuages. Faible lumière inchangeante sans exemple dans son souvenir des jours et des nuits d’antan où la nuit venait pile relever le jour et le jour la nuit. Seule lumière donc désormais éteinte la sienne à lui celle lui venant du dehors jusqu’à ce qu’elle à son tour s’éteigne le laissant dans le noir. Jusqu’à ce que lui à son tour s’éteigne.
Une nuit donc ou un jour assis à sa table la tête sur les mains il se vit se lever et partir. D’abord se lever sans plus accroché à la table. Puis se rasseoir. Puis se lever à nouveau accroché à la table à nouveau. Puis partir. Commencer à partir. Pieds invisibles commencer à partir. A pas si lents que seul en faisait foi le changement de place. Comme lorsqu’il disparaissait le temps d’apparaître plus tard à nouveau à une nouvelle place. Puis disparaissait à nouveau le temps d’apparaître plus tard à nouveau à une nouvelle place à nouveau. Ainsi allait disparaissant le temps d’apparaître plus tard à nouveau à une nouvelle place à nouveau. Nouvelle place à l’intérieur du lieu où assis à sa table la tête sur les mains. Même lieu et même table que lorsque Darly mourut et le quitta. Que lorsque d’autres à leur tour avant et après. Que lorsque lui enfin à son tour. La tête sur les mains mi-souhaitant mi-redoutant chaque fois qu’il disparaissait qu’il ne réapparaisse plus. Ou simplement se le demandant. Ou simplement attendant. Attendant voir si oui ou non. Si oui ou non à nouveau seul n’attendant rien à nouveau.
Vu toujours de dos où qu’il aille. Même chapeau et même manteau que du temps de l’errance. Dans l’arrière-pays. Maintenant tel quelqu’un dans un lieu inconnu à la recherche de la sortie. Dans les ténèbres. A l’aveuglette dans les ténèbres de jour ou de nuit d’un lieu inconnu à la recherche de la sortie. D’une sortie. Vers l’errance d’antan. Dans l’arrière-pays.
Une horloge lointaine sonnait l’heure et la demie. La même que du temps où parmi d’autres Darly mourut et le quitta. Coups tantôt nets comme portés par le vent tantôt à peine par temps calme. Des cris aussi tantôt nets tantôt à peine. La tête sur les mains mi-souhaitant mi-redoutant lorsque sonnait l’heure que plus jamais la demie. De même lorsque sonnait la demie. De même lorsque les cris cessaient un moment. Ou simplement se le demandant. Ou simplement attendant. Attendant entendre.
Il fut un temps où de temps en temps il soulevait la tête suffisamment pour voir les mains. Ce que d’elles il y avait à voir. L’une à plat sur la table et sur elle à plat l’autre. Au repos après tout ce qu’elles firent. Soulevait feue sa tête pour voir ses feues mains. Puis la reposait sur elles au repos elle aussi. Après tout ce qu’elle fit.
Même lieu que celui d’où chaque jour il s’en allait errer. Dans l’arrière-pays. Où chaque nuit il retournait faire les cent pas dans l’ombre encore passagère de la nuit. Maintenant comme inconnu à celui vu se lever et partir. Disparaître et apparaître à nouveau à une nouvelle place. Disparaître encore et apparaître encore à une nouvelle place encore. Ou à la même. Nul indice que pas la même. Nul mur repère. Nulle table repère. Dans le même lieu que lors des cent pas toute place telle une seule. Ou dans un autre. Nul indice que pas un autre. Où jamais. Se lever et partir dans le même lieu que toujours. Disparaître et reparaître dans un autre où jamais. Nul indice que pas un autre où jamais. Seuls les coups. Les cris. Les mêmes que toujours.
Puis tant de coups et de cris sans qu’il soit reparu qu’il ne reparaîtra peut-être plus. Puis tant de cris depuis les derniers coups qu’il n’y en aura peut-être plus. Puis un tel silence depuis les derniers cris que même d’eux il n’y en aura peut-être plus. Telle peut-être la fin. Ou peut-être rien qu’une accalmie. Puis tout comme avant. Les coups et cris comme avant et lui comme avant tantôt là à nouveau tantôt à nouveau parti. Puis l’accalmie à nouveau. Puis tout à nouveau comme avant. Ainsi de suite et de suite. Et patience en attendant la seule vraie fin des heures et de la peine et de soi et de l’autre à savoir la sienne.

Tel quelqu’un ayant toute sa tête à nouveau dehors enfin ne sachant comment il ne s’y était trouvé que depuis peu avant de se demander s’il avait toute sa tête. Car de quelqu’un n’ayant pas toute sa tête peut-on raisonnablement affirmer qu’il se le demande et qui plus est sous peine d’incohérence s’acharne sur ce casse-tête avec tout ce qu’il lui reste de raison ? Ce fut donc sous les espèces d’un être plus ou moins raisonnable qu’il émergea enfin ne sachant comment dans le monde extérieur et n’y avait pas vécu plus de six ou sept heures d’horloge avant de commencer à se demander s’il avait toute sa tête. Même horloge dont inlassablement lors de sa réclusion les coups sonnaient l’heure et la demie et donc d’abord en un sens de nature à le rassurer avant d’être finalement une source d’inquiétude en tant que pas plus nets à présent que lorsque amortis en principe par ses quatre murs. Puis il chercha du réconfort en songeant à qui le soir venu se hâte vers le couchant afin d’obtenir une meilleure vue de Vénus et n’y trouva aucun. Du seul autre son à animer sa solitude celui des cris pendant qu’en perte de souffrance il subsistait à sa table la tête sur les mains il en allait de même. De leur provenance celle des coups et des cris il en allait de même en tant que tout aussi irrepérable à l’air libre que normalement depuis l’intérieur. S’acharnant sur tout cela avec tout ce qu’il lui restait de raison il chercha du réconfort en songeant que son souvenir de l’intérieur laissait peut-être à désirer et n’y trouva aucun. S’ajoutait à son désarroi sa marche silencieuse comme lorsque nu-pieds il arpentait son plancher. Ainsi tout ouïe de pis en pis jusqu’à cesser sinon d’entendre d’écouter et se mettre à regarder autour de lui. Résultat finalement il était dans un pré ce qui avait au moins l’avantage d’expliquer sa marche silencieuse avant un peu plus tard comme pour s’en racheter d’accroître son trouble. Car il n’avait souvenance d’aucun pré du coeur même duquel nulle limite n’était visible mais d’où toujours en vue quelque part une fin quelconque telle une clôture ou autre manière de borne à ne pas dépasser. Circonstance aggravante en regardant de plus près l’herbe n’était pas celle dont il croyait se souvenir à savoir verdoyante et broutée de près par les divers herbivores mais longue et de couleur grisâtre voire blanche par endroits. Puis il chercha du réconfort en songeant que son souvenir du dehors laisssait peut-être à désirer et n’y trouva aucun. Ainsi tout yeux de pis en pis jusqu’à cesser sinon de voir de regarder autour de lui ou de plus près et se mettre à réfléchir. A cette fin faute d’une pierre sur laquelle s’asseoir à la manière de Walther et croiser les jambes il ne trouva pas mieux que de se figer debout sur place ce qu’au bout d’une brève hésitation il fit et bien entendu de pencher la tête à l’image de quelqu’un abîmé dans ses pensées ce qu’au bout d’une autre brève hésitation il fit aussi. Mais vite las de fouiller en vain dans ces ruines il reprit sa marche à travers les longues herbes blafardes résigné à ignorer où il était ou comment venu ou où il allait ou comment retourner là d’où il ignorait comment parti. Ainsi allait tout ignorant et nulle fin en vue. Tout ignorant et qui plus est sans aucun désir de savoir ni à vrai dire aucun d’aucune sorte et par conséquent sans regrets sinon qu’il aurait désiré que cessent pour de bon les coups et les cris et regrettait que non. Coups tantôt à peine tantôt nets comme portés par le vent mais pas un souffle et cris tantôt nets tantôt à peine.

Ainsi allait avant de se figer à nouveau lorsqu’à ses oreilles depuis ses tréfonds oh qu’il serait et ici un mot perdu que de finir là où jamais avant. Puis long silence long tout court ou si long que peut-être plus rien et puis à nouveau depuis ses tréfonds à peine un murmure oh qu’il serait et ici le mot perdu que de finir là où jamais avant. En tout cas quoi que ça pût être que de finir et ainsi de suite n’y était-il pas déjà là même où il se trouvait figé sur place et plié en deux et sans cesse à ses oreilles depuis ses tréfonds à peine un murmure oh qu’il serait quoi et ainsi de suite ne se trouvait-il pas à en croire ses yeux déjà là où jamais avant ? Car même un tel que lui s’étant trouvé une fois dans un lieu pareil comment n’aurait-il pas frémi en s’y retrouvant ce qu’il n’avait pas fait et ayant frémi cherché du réconfort en songeant soi-disant qu’ayant trouvé le moyen d’en sortir alors il pouvait le retrouver pour en sortir encore ce qu’il n’avait pas fait non plus ? Là donc tout ce temps où jamais avant et quelque part qu’il cherchât des yeux nul danger ou espoir selon le cas d’en jamais sortir. Fallait-il donc comme si de rien n’était pousser de l’avant tantôt dans une direction tantôt dans une autre ou au contraire ne plus bouger selon le cas c’est-à-dire selon ce mot perdu lequel s’il s’avérait négatif tel que malheureux ou malvenu par exemple alors évidemment malgré tout l’un et au cas contraire alors évidemment l’autre à savoir ne plus bouger. Tel à titre d’échantillon le vacarme dans son esprit soi-disant jusqu’à plus rien depuis ses tréfonds qu’à peine de loin en loin oh finir. N’importe comment n’importe où. Temps et peine et soi soi-disant. Oh tout finir.
Samuel Beckett
Soubresauts / 1983-1986
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Sarkozy, l’homme aux rats / Alain Badiou / Nosferatu / Friedrich Wilhelm Murnau / Phil Glass

Je dois vous dire que je ne respecte absolument pas le suffrage universel en soi, cela dépend de qu’il fait. Le suffrage universel serait la seule chose qu’on aurait à respecter indépendamment de ce qu’il produit ? Et pourquoi donc ? Dans aucun autre domaine de l’action et du jugement sur les actions on ne considère qu’une chose est valide indépendamment de ses effets réels. Le suffrage universel a produit une quantité d’abominations. Dans l’histoire, des majorités qualifiées ont légitimé Hitler ou Pétain, la guerre d’Algérie, l’invasion de l’Irak… il n’y a donc aucune innocence dans les majorités « démocratiques ». encenser le nombre parce que les gens sont allés voter, indépendamment de ce que ça a donné, et respecter la décision majoritaire dans une indifférence affichée à son contenu est une chose qui participe de la dépression générale. Parce qu’en plus, si on ne peut même pas exprimer son dégoût du résultat, si on est obligé de le respecter, vous vous rendez compte ! Non seulement il faudrait constater la récurrente stupidité du nombre, mais il faudrait avoir pour elle le plus grand respect. C’est trop !
En réalité, ce qui est là pressenti, sans que les gens puissent vraiment faire le pas, c’est que les élections sont au moins autant un instrument de répression que l’instrument d’expression qu’elles prétendent être. Rien ne produit une plus grande satisfaction des oppresseurs que d’installer les élections partout, que de les imposer, au besoin par la guerre, à des gens qui ne les ont pas demandées. Notre président n’a pas manqué de dire que, pour ce qui était de la grève, par exemple, on allait voir ce qu’on allait voir. Grâce à Sarkozy, cela va être terriblement électoral la grève, il faudra une majorité absolue, avec des bulletins secrets, des huissiers derrière les urnes, etc. Est-ce pour « démocratiser » les grèves ? Allons donc ! C’est pour les rendre aussi difficiles que possible, en prenant les « usagers » comme prétexte, du reste mensonger. Sur ce point, il faut quand même se souvenir de Mai 68. On a des millions de grévistes, des manifestations tous les jours, une alliance sans précédent entre des jeunes qui ont des trajets différents, ouvriers et étudiants. tout le monde est emporté par une nouveauté massive. On voit même des drapeaux rouges chez les habitants de certains beaux quartiers ! Partout l’extravagance, en somme, partout l’espoir d’une diminution des asservissements. Eh bien, il a suffi que les gens au pouvoir, nommément De Gaulle et surtout Pompidou, arrivent à organiser des élections : on a eu la chambre la plus massivement réactionnaire qu’on ait vue depuis 1919, une chambre bleu horizon. Il n’y a aucun doute que l’élection a été le recours essentiel pour la dissolution et l’écrasement du mouvement. Et ce n’est certes pas par extrémisme, mais dans la lucidité la plus complète, que les militants criaient alors dans les rues : « Elections, piège à cons ! » Je ne dis pas que l’essence des élections est répressive. Je dis qu’elles sont incorporées à une forme d’Etat, le capitalo-parlementarisme, appropriée à la maintenance de l’ordre établi, et que, par conséquent, elles ont toujours une fonction conservatrice, qui devient, en cas de troubles, une fonction répressive. Tout cela, qui est aujourd’hui représenté de façon plus claire, provoque un sentiment accru d’impuissance : si l’espace de la décision étatique ne nous laisse comme part, à nous citoyens ordinaires, que le vote, alors on ne voit plus très bien, du moins pour le moment, quelles sont les voies de passage pour une politique d’émancipation.
Et donc, au terme de toutes ces considérations, je crois qu’on peut analyser la situation subjective des débris de la gauche en France, et plus généralement des hommes et des femmes de bonne volonté, sous l’effet du triomphe de Sarkozy, comme un mélange de pulsion négative, de nostalgie historique et d’impuissance avérée.
(…) mon diagnostic, si vous voulez : une asthénie dépressive. C’est donc le moment de s’appuyer sur la définition que Lacan donne de la cure analytique. Puisque nous sommes tous déprimés, la cure s’impose. Lacan disait que l’enjeu d’une cure c’est « d’élever l’impuissance à l’impossible ». Si nous sommes dans un syndrome dont le symptôme majeur est l’impuissance avérée, alors nous pouvons élever l’impuissance à l’impossible. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Beaucoup de choses. Cela veut dire trouver le point réel sur lequel tenir coûte que coûte. N’être plus dans le filet vague de l’impuissance, de la nostalgie historique et de la composante dépressive, mais trouver, construire, et tenir un point réel, dont nous savons que nous allons le tenir, précisément parce que c’est un point ininscriptible dans la loi de la situation. Si vous trouvez un point, de pensée et d’agir, ininscriptible dans la situation, déclaré par l’opinion dominante unanime à la fois (et contradictoirement…) absolument déplorable et tout à fait impraticable, mais dont vous déclarez vous-mêmes que vous allez le tenir coûte que coûte, alors vous êtes en état d’élever l’impuissance à l’impossible. Si vous tenez un tel point, alors vous devenez un sujet enchaîné aux conséquences de ce qui, unanimement tenu pour une désastreuse lubie heureusement tout à fait impossible, vous accorde au réel et vous constitue en exception au syndrome dépressif.
Toute la question est : que veut dire « tenir » un point réel de ce type, à supposer qu’on le trouve ? Tenir un point, c’est exposer l’individu animal que l’on est à devenir le sujet des conséquences du point. C’est s’incorporer à la construction de ces conséquences, au corps subjectivé qu’elles constituent peu à peu dans notre monde. Ce faisant, c’est aussi construire, dans la temporalité d’opinion, une autre durée, distincte de celle à laquelle on a été acculé par la symbolisation étatique.
Si vous êtes prisonniers de la temporalité d’opinion, vous allez vous dire, comme tant de caciques ou d’électeurs socialistes, « Nom de Dieu ! On subissait Chirac depuis douze ans, et maintenant il va falloir attendre le prochain tour ! Dix-sept ans ! Peut-être vingt-deux ! une vie entière ! Ce n’est pas possible ! » Et alors, au mieux vous êtes déprimé, au pire vous devenez un rat. Le rat est celui qui, interne à la temporalité d’opinion, ne peut supporter d’attendre. Le prochain tour commandé par l’Etat, c’est très loin. Je vieillis, se dit le rat. Lui, il ne veut pas mariner dans l’impuissance, mais encore moins dans l’impossible ! L’impossible, très peu pour lui.
Il faut reconnaître à Sarkozy une profonde connaissance de la subjectivité des rats. Il les attire avec virtuosité. Peut-être a-t-il été rat lui-même ? En 1995, quand, trop pressé, d’en venir aux choses ministérielles sérieuses, il a trahi Chirac pour Balladur ? En tout cas, trouvant les usages d’Etat de la psychologie du rat, il mérite un nom psychanalytiquement fameux. Je propose de nommer Nicolas Sarkozy « l’homme aux rats ». Oui, c’est juste, c’est mérité.
Le rat est celui qui a besoin de se précipiter dans la durée qu’on lui offre, sans être du tout en état de construire une autre durée. Le point à trouver doit être tel qu’on puisse lui annexer une durée différente. N’être ni rat ni déprimé, c’est construire un temps autre que celui auquel l’Etat, ou l’état de la situation, nous assigne. Donc un temps impossible, mais qui sera notre temps.
Alain Badiou
De quoi Sarkozy est-il le nom ? / 2007

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Friedrich Wilhelm Murnau
Nosferatu / 1922
Music by Phil Glass

le Grand palindrome / Georges Perec

Un palindrome de 1247 mots.

Trace l’inégal palindrome. Neige. Bagatelle, dira Hercule. Le brut repentir, cet écrit né Perec. L’arc lu pèse trop, lis à vice-versa.
Perte. Cerise d’une vérité banale, le Malstrom, Alep, mort édulcoré, crêpe porté de ce désir brisé d’un iota. Livre si aboli, tes sacres ont éreinté, cor cruel, nos albatros. Etre las, autel bâti, miette vice-versa du jeu que fit, nacré, médical, le sélénite relaps, ellipsoïdal.
Ivre il bat, la turbine bat, l’isolé me ravale : le verre si obéi du Pernod – eh, port su ! – obsédante sonate teintée d’ivresse.
Ce rêve se mit – peste ! – à blaguer. Beh ! L’art sec n’a si peu qu’algèbre s’élabore de l’or évalué. Idiome étiré, hésite, bâtard replié, l’os nu. Si, à la gêne secrète – verbe nul à l’instar de cinq occis -, rets amincis, drailles inégales, il, avatar espacé, caresse ce noir Belzébuth, ô il offensé, tire ! L’écho fit (à désert) : Salut, sang, robe et été. Fièvres.
Adam, rauque ; il écrit: Abrupt ogre, eh, cercueil, l’avenir tu, effilé, génial à la rue (murmure sud eu ne tire vaseline séparée ; l’épeire gelée rôde : Hep, mortel ?) lia ta balafre native. Litige. Regagner (et ne m’…). Ressac. Il frémit, se sape, na ! Eh, cavale! Timide, il nia ce sursaut. Hasard repu, tel, le magicien à morte me lit. Un ignare le rapsode, lacs ému, mixa, mêla : Hep, Océano Nox, ô, béchamel azur ! Éjaculer ! Topaze ! Le cèdre, malabar faible, Arsinoë le macule, mante ivre, glauque, pis, l’air atone (sic). Art sournois : si, médicinale, l’autre glace (Melba ?) l’un ? N’alertai ni pollen (retêter : gercé, repu, denté…) ni tobacco. Tu, désir, brio rimé, eh, prolixe nécrophore, tu ferres l’avenir velu, ocre, cromant-né ?
Rage, l’ara. Veuglaire. Sedan, tes elzévirs t’obsèdent. Romain ? Exact. Et Nemrod selle ses Samson !
Et nier téocalli ?
Cave canem (car ce nu trop minois – rembuscade d’éruptives à babil – admonesta, fil accru, Têtebleu ! qu’Ariane évitât net. Attention, ébénier factice, ressorti du réel. Ci-git. Alpaga, gnôme, le héros se lamente, trompé, chocolat : ce laid totem, ord, nil aplati, rituel biscornu ; ce sacré bedeau (quel bât ce Jésus !). Palace piégé, Torpédo drue si à fellah tôt ne peut ni le Big à ruer bezef. L’eugéniste en rut consuma d’art son épi d’éolienne ici rot (eh… rut ?). Toi, d’idem gin, élèvera, élu, bifocal, l’ithos et notre pathos à la hauteur de sec salamalec ? Élucider. Ion éclaté : Elle ? Tenu. Etna but (item mal famé), degré vide, julep : macédoine d’axiomes, sac semé d’École, véniel, ah, le verbe enivré (ne sucer ni arrêter, eh ça jamais !) lu n’abolira le hasard ? Nu, ottoman à écho, l’art su, oh, tara zéro, belle Deborah, ô, sacre ! Pute, vertubleu, qualité si vertu à la part tarifé (décalitres ?) et nul n’a lu trop s’il séria de ce basilic Iseut.
Il a prié bonzes, Samaritain, Tora, vilains monstres (idolâtre DNA en sus) rêvés, évaporés : Arbalète (bètes) en noce du Tell ivre-mort, émeri tu : O, trapu à elfe, il lie l’os, il lia jérémiade lucide. Pétard ! Rate ta reinette, bigleur cruel, non à ce lot ! Si, farcis-toi dito le coeur ! Lied à monstre velu, ange ni bête, sec à pseudo délire : Tsarine (sellée, là), Cid, Arétin, abruti de Ninive, Déjanire… Le Phénix, éve de sables, écarté, ne peut égarer racines radiales en mana : l’Oubli, fétiche en argile. Foudre. Prix : Ile de la Gorgone en roc, et, ô, Licorne écartelée, Sirène, rumb à bannir à ma (Red n’osa) nière de mimosa : Paysage d’Ourcq ocre sous ive d’écale ; Volcan. Roc : tarot célé du Père. Livres.
Silène bavard, replié sur sa nullité (nu à je) belge : ipséité banale. L’(eh, ça !) hydromel à ri, psaltérion. Errée Lorelei… Fi ! Marmelade déviré d’Aladine. D’or, Noël : crèche (l’an ici taverne gelée dès bol…) à santon givré, fi !, culé de l’âne vairon. Lapalisse élu, gnoses sans orgueil (écru, sale, sec). Saluts : angiome. T’es si crâneur !


Rue. Narcisse ! Témoignas-tu ! l’ascèse, là, sur ce lieu gros, nasses ongulées…
S’il a pal, noria vénale de Lucifer, vignot nasal (obsédée, le genre vaticinal), eh, Cercle, on rôde, nid à la dérive, Dèdale (M. . . !) ramifié ?
Le rôle erre, noir, et la spirale mord, y hache l’élan abêti : Espiègle (béjaune) Till : un as rusé.
Il perdra. Va bene.
Lis, servile repu d’électorat, cornac, Lovelace. De visu, oser ?
Coq cru, ô, Degas, y’a pas, ô mime, de rein à sonder : à marin nabab, murène risée.
Le trace en roc, ilote cornéen.
O, grog, ale d’élixir perdu, ô, feligrane! Eh, cité, fil bu ! ô ! l’anamnèse, lai d’arsenic, arrérage tué, pénétra ce sel-base de Vexin. Eh, pèlerin à (Je : devin inédit) urbanité radicale (elle s’en ira…), stérile, dodu. Espaces (été biné ? gnaule ?) verts.
Nomade, il rue, ocelot. Idiot-sic rafistolé : canon ! Leur cruel gibet te niera, têtard raté, pédicule d’aimé rejailli.
Soleil lie, fléau, partout ire (Métro, Mer, Ville…) tu déconnes. Été : bétel à brasero. Pavese versus Néandertal ! O, diserts noms ni à Livarot ni à Tir ! Amassez. N’obéir. Pâli, tu es ici : lis abécédaires, lis portulan : l’un te sert-il ? à ce défi rattrapa l’autre ? Vise-t-il auquel but rêvé tu perças ? Oh, arobe d’ellébore, Zarathoustra! L’ohcéan à mot (Toundra ? Sahel ?) à ri : Lob à nul si à ma jachère, terrain récusé, nervi, née brève l’haleine véloce de mes casse-moix à (Déni, ô !) décampé.
Lu, je diverge de ma flamme titubante : une telle (étal, ce noir édicule cela mal) ascèse drue tua, ha, l’As.
Oh, taper ! Tontes ! Oh, tillac, ô, fibule à rêve l’Énigme (d’idiot tu) rhétoricienne. Il, Oedipe, Nostradamus nocturne et, si né Guelfe, zébreur à Gibelin tué (pentothal ?), le faiseur d’ode protège. Ipéca… : lapsus.
Eject à bleu qu’aède berça sec. Un roc si bleu ! Tir. ital. : palindrome tôt dialectal. Oc? Oh, cep mort et né, mal essoré, hélé. Mon gag aplati gicle. Érudit rossé récit, ça freine, benoit, net. Ta tentative en air auquel bête, turc, califat se (nom d’Ali-Baba !) sévit, pure de – d’ac ? – submersion importune, crac, menace, vacilla, co-étreinte… Nos masses, elles dorment ? Etc… Axé ni à mort-né des bots. Rivez ! Les Etna de Serial-Guevara l’égarent. N’amorcer coulevrine. Valser. Réfuter. Oh, porc en exil (Orphée), miroir brisé du toc cabotin et né du Perec: Regret éternel. L’opiniâtre. L’annu-lable. Mec, Alger tua l’élan ici démission. Ru ostracisé, notarial, si peu qu’Alger, Viet-Nam (élu caméléon !), Israël, Biafra, bal à merde : celez, apôtre Luc à Jéruzalem, ah ce boxon! On a écopé, ha, le maximum Escale d’os, pare le rang inutile. Métromane ici gamelle, tu perdras. Ah, tu as rusé! Caïn ! Lied imité la vache (à ne pas estimer) (flic assermenté, rengagé) régit. Il évita, nerf à la bataille trompé. Hé, dorée, l’Égérie pelée rape, sénile, sa vérité nue du sérum : rumeur à la laine, gel, if, feutrine, val, lieu-crèche, ergot, pur, Bâtir ce lieu qu’Armada serve : if étêté, éborgnas-tu l’astre sédatif ? Oh, célérités ! Nef ! Folie ! Oh, tubez ! Le brio ne cessera, ce cap sera ta valise ; l’âge : ni sel-liard (sic) ni master-(sic)-coq, ni cédrats, ni la lune brève. Tercé, sénégalais, un soleil perdra ta bêtise héritée (Moi-Dieu, la vérole !) Déroba le Serbe glauque, pis, ancestral, hébreu (Galba et Septime-Sévère). Cesser, vidé et nié. Tétanos. Etna dès boustrophédon répudié. Boiser. Révèle l’avare mélo, s’il t’a béni, brutal tablier vil. Adios. Pilles, pâle rétine, le sel, l’acide mercanti. Feu que Judas rêve, civette imitable, tu as alerté, sort à blason, leur croc. Et nier et n’oser. Casse-t-il, ô, baiser vil ? à toi, nu désir brisé, décédé, trope percé, roc lu. Détrompe la. Morts : l’Ame, l’Élan abêti, revenu. Désire ce trépas rêvé : Ci va ! S’il porte, sépulcral, ce repentir, cet écrit ne perturbe le lucre : Haridelle, ta gabegie ne mord ni la plage ni l’écart.
Georges Perec
la Clôture et autres poèmes / 1980.

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