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Archive journalière du 16 déc 2008

les Origines humaines / Jean-Pierre Brisset

Les cris de la grenouille sont l’origine du langage humain.
Lorsqu’elles chantent en réunion, c’est de loin un brouhaha de foule humaine. Leur langage actuel ne peut d’ailleurs que donner une idée imparfaite de ce qu’il était, alors que l’esprit qui anime toute l’humanité, se mouvait sur la surface des eaux et était concentré sur ces animaux qui se transformaient lentement en hommes par une chaîne d’anneaux qui restèrent longtemps unis, avant que le Tout-Puissant annéantît les intermédiaires. Le son de la voix et la modulation du chant de la grenouille ont déjà quelque chose d’humain. Ses yeux, son regard, certains tics du visage, sont semblables aux nôtres ; et aucun animal ne possède une grâce corporelle du talon au cou qui le rapproche autant du corps humain ; peu de personnes, même jeunes, ont cette partie aussi élégante. De plus la grenouille a une vessie et urine par l’anus. Sa vessie la place infiniment au-dessus des poissons, des serpents et des oiseaux. C’est la marque évidente d’une perfection future qui a été atteinte en nos corps animaux, car certainement les grenouilles sont plutôt appelées à disparaître qu’à se transformer de nouveau d’une manière quelconque. En attendant, la grenouille, comme l’homme, peut fumer la cigarette ; le singe ne sait pas fumer. La grenouille n’a ni sexe, ni pouce, ni cou, ni poils, ni dents. Ses jambes sont terminées en une double queue de poisson, comme les Tritons et les Sirènes de la Fable. Elle est de jour comme de nuit, aime les soirées chantantes, mais reste le matin dans son lit, le limon de la terre. Elle devient promptement familière et aime alors le voisinage des hommes, au point de venir se placer hors de l’eau, tout près de celui qui l’observe, dans une rassurante immobilité. Nos grenouilles parlent notre langue, nous avons noté les cris : coaque, coèque, quequête, que re r’ai haut, cara, cara, cate, cate, et aussi couique. On leur attribue : ololo, brekekex, que nous n’avons pas entendus. Qu’ai haut, co = viens. C’est le co ; origine de encore. J’ai co, as-tu co, etc… rien de plus familier. A que = au cul, en arrière. Co ac vaut encore accède, c’est un appel à la coaction, et le mâle y obéit, coèque dit la même chose, c’est l’origine de coexister, et aussi de quoique. Coaque, coèque, quoique, valait : viens encore, et on demandait : quoi que tu veux? quoi que tu dis ? co èque, on fais à ce, on noeud peux ; quoi qu’on fasse, on ne peut.
Le cri quéquête est un appel dans les près fleuris et dit : qu’ai quète = viens chercher. On en dit qu’elle demande une quéquête. Le petit enfant a une quéquête, le dictionnaire ignore ce nom ; la grenouille n’en a pas. Le que r’ai haut est le cri du mâle qui se fait entendre bruyamment dans les assemblées de Mai, au milieu des eaux, où se réunit la famille aquatique. Ce cri est l’origine de créer, créo. C’est un premier cri du créateur. Co est devenu core, corps, et en core, en corps, encore. On entend encore et en corps par les oreilles : on respire encore et en corps par les narines etc… Ai co valait : j’ai encore. E qu’ai haut, é qu’ai eau, éque ai o, écho, écot, ecco. L’italien ecco = voici. On présentait son écot avec l’esprit de l’italien ecco. La ninfe Echo répondait à l’écho en présentant son objet : ecco. Queue r’ai haut, à ce mets en ; croassement. Les grenouilles croassaient, coassaient, et coaxaient, quoi que c’est? Cela indiquait qu’elles croassaient, faisaient leur croisement et accroissement : se croisaient et se livraient à la coaction.
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Toutes les langues ont conservé le souvenir des temps où l’on vivait de mouches.
Mouche = bouche et prends. Ce mouche ai ; avant de donner la mouche au nez malpropre, on le forçait à se moucher. L’ancêtre s’emplissait la bouche de mouches, c’était un vrai gobemouche, ainsi que l’est la grenouille. Qu’on ne croie pas que la petitesse de la mouche la garantit contre la bouche de forts ancêtres : car les nègres de l’Ouganda se nourrissent encore d’insectes, de sauterelles, de moucherons qu’ils capturent au moyen de filets promenés vivement dans l’air.
Toutes les langues ont conservé le souvenir des temps où l’on vivait de mouches. Celui qui faisait mouche à tout coup était fort adroit, car prendre les mouches était un art difficile, et on sait encore qu’on n’en prend pas avec du vinaigre. C’était double joie de happer et de dévorer la mouche, ce voisin bourdonnant et sans cesse attaquant ; cet ennemi juré du repos de l’ancêtre, comme il l’est du nôtre.
Les poissons étaient abondants, les c’est assez, les cétacées était le nom des plus gros. Le poisson se nomme Fisch, en allemand, et je m’en fiche, indique le mépris du poisson. Les oeufs se montrèrent en abondance dès que l’ancêtre arriva à sa perfection ; enfin tous nos animaux domestiques naquirent à mesure des besoins. Les chèvres allaitaient les petits en aidant aux mères, les vaches se montrèrent vers ce même temps. Nous verrons plus tard que les gros mangeaient les petits et se dévoraient entre eux, sans que cela fût indispensable.
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La pousse du poil.
Le poil a donné un nom à tout ce qui recouvre plus ou moins le corps de tous les animaux, ce qui se comprend d’autant mieux que ces derniers ont reçu leur nom d’un ancêtre de l’homme. Ecoutons le mouton : Là, l’aine ai ; là est né, l’alène ai, l’haleine ai, laine, ai. L’ancêtre du mouton avait donc de la laine, à l’aine, où il était né, autour de son alène. A ce moment l’haleine se fit sentir. Elle est désagréable. Laine ai, l’est né, l’aîné : le premier lainé fut l’aîné, le premier né. Vie l’ai ain, vilain. Le vilain montrait son lin et la vilaine sa laine. Le mâle consentit à être vilain mais la femelle se refusa à être vilaine et s’épila le plus longtemps. C’est pourquoi le nu féminin ne montre point son bas de laine. La peau tire son nom du poil, qui se trouvait autour du pot de la chapelle. Ce poil était un poële à cause de la chaleur du lieu, que la pudeur fit couvrir. A peau est le : il est à poil ; l’animal à poil n’avait que sa peau.
Les barbus furent les premiers barbares. Le pelu plut tant qu’il plut, ou jeta son eau; mais quand il fut pelu, et que le pelu devint méchant, il ne plut plus. Ce fut d’abord pour se plaire que les ancêtres se pelèrent ; ils se à cou pelèrent et s’accouplèrent, ça coupait l’aire. Pour se complaire, ils se con pelèrent.
C’est un pelé aisé ire : c’est un plaisir.
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Les dents.
Les dents de lait chez l’enfant sont au nombre de dix à chaque mâchoire. Or, comme on a compté les cinq doigts de chaque main avant de compter la dizaine des deux mains, on compta longtemps les dix dents de chaque mâchoire avant de compter les vingt dents de la bouche. Les dents de lait qui se forment dans le sein de la mère correspondent à la dentition parfaite du diable, qui était laid, dont le lait était un vilain lait. En grec, le diable se dit diabolos, c’est le dei abolos ; abolos, qui n’a pas perdu ses premières dents.
Aine = un. Dix aines = dix unités, dizaine. La première dent se nomma aine et devint haine, car la haine montrait les dents ; c’est pourquoi on dit : il a une dent, il a une haine contre moi.
On commença donc à compter les dents à leur venue, et c’est là semble-t-il, l’origine des nombres.
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l’Apparition du sexe.
L’ancêtre n’avait point de sexe apparent ; c’est à sa venue que la parole commença à se développer pour atteindre une quasi-perfection chez les êtres de première formation. Cela causait des sensations et des surprises.
Eh ! qu’ai ce ? exe. Sais qu’ai ce ? sais que ce ? ce ex-ce, c’est un sexe.
Sais que c’est ? ce exe c’est, sexe est, ce excès.
Le sexe fut le premier excès ; il causa et cause tous les excès.
On ce exe y t’ai, on exe y t’ai, on s’excitait.
Qu’ai qu’ai ? qué qu’ai ? quéque ai. Qu’ai que c’est ? quéque c’est. Qué qu’es te ? quéquette.
Qu’est-ce, que sexe ai à ?
qu’est que c’est que ça ?
Les questions les plus fréquentes furent créées à la venue du sexe.
Je ou jeu sais que c’est bien, jeu sexe est bien. Tu sais que c’est bien, tu sexe est bien. On sait que c’est bien, on sexe est bien. Chacun sait que c’est bien, chacun sexe est bien. Pierre, Jean, Julie, sait que c’est bien et sexe est bien.
Tout ce qui peut savoir quelque chose est un sexe. Tous les hommes sont des sexes, puisqu’ils sont tous membres de Jésus-Christ ou de la parole, et aussi membres les uns des autres. Or, le sexe est le membre par excellence.
Le verbe naître va nous montrer notre véritable naissance. Le premier objet neuf fut le noeud. J’ai un noeud, aie ; jeune est, jeu né est, je nais, genets. On naissait à la floraison des genets.
Les jeux amoureux amenaient la naissance. On naissait en se suçant, en ce sue séant.
Percer et naître était une même chose. Pour naître il fallait percer ; pour percer, il fallait que l’ouverture de la vessie qui, chez le rain, se trouve dans l’anus, se fermât. Il en résultait pour le sexe une inflammation, un abcès donnant la fièvre ; jusqu’à ce que le sexe perçant, perd sang, l’eau s’échappait par sa voie nouvelle, alors on était né ou percé. On facilita la chose au moyen du scie l’exe, silex.
Jean-Pierre Brisset
les Origines humaines / 1912
les Origines humaines / Jean-Pierre Brisset dans Eros pdf marcdecimo.pdf
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